‹ Cosima, ou, La haine dans l'amourChapitre 36 sur 55 · SCÈNE XI Les Mêmes, ORDONIO · texte numérisé non relu

SCÈNE XI Les Mêmes, ORDONIO

Cosima sur le banc à droite. Alvise à gauche, dans l'obscurité, tâchant^de voir et d'entendre sans être vu. Ordonio, sortant des bosquets, le chapeau sur la tête et le fouet à la main, se jette aux pieds de Cosima, qui pousse un cri de surprise.

COSIMA

Vous! — A quoi songez-vous? Vous me perdez!

Ne crains rien. J'ai feint d'être emporté par mon cheval, et, pendant qu'ils cherchaient à mejoindre, j'ai sauté le fossé du parc et me voici. (Riant.) Ce pauvre Néri galope après moi, certes, comme il n'a galopé de sa vie.

ALVISE, à part.

Ah! ce n'est pas Néri qui me trahit du moins!

11 se rapproche.

• COSIMA

Que voulez-vous? Partez! nous n'avons plus rien à nous dire.

ORDONIO.

Orgueilleuse, qui m'aime et qui ne veut pas me l'avouer!

ALVISE, à part.

C'est la voix d'Ordonio !

COSIMA

El vous, vous ne m'aimez pas. Ce n'est pas moi que vous aimez !

COSIMA 67

ORDOXIO.

Toi seule.

COSIMA

Non, ce n'est pas moi, vous dis-je, vous me trompez!

ORDONIO.

Jalouse ! oh ! dis-moi que tu es jalouse.

Taisez- vous; mon oncle est ici, il peut nous surprendre; partez, hâtez-vous.

ORDOXIO.

Dis-moi de revenir demain... ou je reste...

COSIMA

Eh bien, restez à Florence jusqu'au retour d'Alvise; mais fuyez maintenant! — Tenez! (Elle baisse la voix.) Ne voyezvous pas là, sous ces arbres,... comme une personne qui nous écoute?

ORDOXIO, de même.

Non, ce n'est rien!... Sois tranquille. A bientôt, ma bienaimée !

Il s'éloigne, Cosinia rentre dans la maison.

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