LA LÉGENDK, LES QUATRE RACES
le signe du Bélier, l'année astrologique commençant à l'entrée du O dans le «[? .
En face du Capricorne est le Cancer, montrant la double marche du Soleil, et le Çl, maison du 0 a pour opposé le ;^, maison de ï) ; le ^(s est maison de ï) .
Le Christ est d'une physionomie solaire sur laquelle Saturne pose une tristesse profonde et douce; le Rédempteur est né entre l'âne et le bœuf, c'est-àdire entre le Taureau et la Balance. 11 est né de la Vierge Marie, par l'opération de l'Esprit-Saint ; son père Joseph, menuisier de son métier ne concourut pas à sa conception. Le signe de la np est d'un côté, les ^ sont de l'autre, et Mercure est maitre de ce signe ; or Ç est principe créateur sans coopération. L'homme élémentaire travaillant le bois, l'agriculteur, celui-là même qui procurera la croix, ne pouvait concourir à la naissance du Christ qui repi'ésente ici l'âme et ses quatre éléments purs (on figure le Christ, au-dessus des portiques d'Eglise, entouré des éléments ailés : ange, taureau ailé, lion ailé et aigle), il pouvait ainsi naître dans le corjis d'une vierge, car la nature est ainsi fécondée par le pi'incipe divin.
Enfin si nous regardons notre Schéma, nous retrouvons ici l'enfant divin placé au centre de la croix, et les trois mages venant déposer leurs offrandes auprès de son berceau. Nous pourrions faire ici quantité de rapports analogiques, mais là n'est pas notre but, nous dirons simplement ce que nous avons dit pour Moïse.
Le Chi'ist, par sa naissance est venu annoncer la loi (l'ainonr, et en rannoncant il a dit : Jr n'apporte
pas la paix sur la terreymais la guerre. Et il venait s'immoler pour celteliumanité dont il savait, comme Moïse tout le funeste avenir. Sa vie et sa mort sont marquées sur notre Schéma, et son cœur est cloué au centre de la croix, car cette croix descend dans l'empire des morts et nous montre la seconde alliance que Dieu a faite avec nous dans notre cœur. Après Moïse, la transgression des lois et l'ingratitude la plus révoltante de son peuple. Après leChrist, le déploiement de tous les sensualismes, de toutes les violences et de toutes les guerres. Les puissances de feu sont découvertes, et le Lion mugissant traverse riiumanité, détruisant et brûlant tout.
L'Evangile est la prophétie de tout ce que l'humanité allait accomplir de hideux; mais elle annonçait aussi le dégag-ement de plus en plus grand de l'àme humaine. Le Christ prit douze apôtres, comme le Soleil a douze maisons ; il enseigna surtout l'humilité et la charité; il se dit vivant en ses membres : « Moi je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron, tous les sarments qui ne portent pas de fruits en moi, il les retranchera, et tous ceux qui portent des fruits il les émondera pour qu'ils portent plus de fruits encore. ^ Et maintenant que son apostolat est terminé, que l'apog-ée de son action spirituelle a priK'héles âmes, son sang va couler et pénétrer la terre. Chacun de ses membres sera cloué sur la croix cl le nombre de cette justice divine sera résolu : puis cnliu, il sera frappé de la lance, comme Mars p;ii- Pallas. I^es douze apôtres représentent les douze |iarties ég-oïstes de notre être formant le serpent ({iii enserre notre àme. Toutes les âmes sont enfermées
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dans ces douze parties qui figurent chacune une partie du corps social de l'humanilé. Ayons pitié d'elles, soyons humains et bons, mais soyons sans pitié pour le mal ; appliquons la Justice avec rigueur, car l'âme est immortelle et quand nous frappons le cœur plein de pitié, le mal expire et l'âme est délivrée.
La mylholog-ie n'avait rendu par ses fables que le côté terrible de cette justice, par l'existence extraordinaire des Dieux et par tous les sacrifices qu'ils réclamaient. Les anciens avaient exposé sous des formes purement humaines, la vie et le mélang-e des éléments pour bien démontrer nos faiblesses, et le sacerdoce en décadence vécut des superstitions du peuple.
Nous retrouvons dans la Pâque Juive, le bâton du Tarot égyptien, symbole du mouvement cyclique, du principe végétant et de l'action constante du principe spirituel. L'agneau symbolise le sacrifice de l'âme pure qui sera la nourriture de la famille et le moyen de cette réunion de charité et d'humanité. Les Hébreux se lèvent contre Pharaon et contre les Dieux, et la transition commence, Pagneau du sacrifice apparaît. Nous le retrouverons sur les monuments chrétiens avec la croix.
Jésus-Christ paraît, et à son tour il s'élève contre les Juifs et contre les païens et après avoir accompli sa mission, il devient lui-même l'Hostie du Sacrifice et institua la Pâque Chrétienne.
La Paque Juive
Avant de sortir de Mizraïm, les Hébreux furent maintes fois en péril ; Moïse fut en butte aux mena-
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CCS de Pharaon qui, endurci par le mal voulut einpi^cher le peuple d'Israël de partir pour servir son Dieu. De là les dix plaies qui affligèrent l'Egypte et (jui décidèrent enfin le Pharaon à laisser partir le peuple d'Israël.
« La nuit si terrible pour l'Egypte et si heureuse pour Israël est arrivée. Pendant que les descendants d'Abraham se relèvent de leur longue oppression et chantent des cantiques au Très-Haut, Pharaon et ses serviteurs et tout son peuple poussent un immense cri de terreur, car la mort frappe dans toutes les maisons. Ils pressent les Hébreux de partir et leur donnent volontiers leurs ol)jels les plus précieux. Le roi sollicite seulement la bénédiction de ses victimes : il est vaincu ; ses dieux sont dans la poussière... Israël sort de Mizraïm armé pour tous les combats de l'avenir ; il célèbre sa Paque et son affranchissement j)our toute l'éternité. « Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois^ le commencement de l'année. » Voilà les premiers mots de' l'institution pascale israélile ; car, pour l'individu comme pour les peuj)les, la vie réelle ne commence que par l'émancipation, par l'affranchissement, par la liberté. L'existence de l'esclave, de l'homme soumis à la servitude et à l'oppression n'a ni jours, ni saisons, ni fêtes ; pour lui, le temps ne marche pas et le soleil ne se lève jamais. Son existence est une nuit éternelle, une solitude et un chaos où la souffrance et la mort ont éteint ia lumière et l»risé tous les ressorts et les mouvements. Ce n'est (\ui{ 1 licui-e dr leur di-IIvrance (jue nos ancélres ont
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« rommencé à compter le temps, les pulsations de « la vie, la dale de leur naissance, l'histoire de leur « ronstilution sociale et politique. La nuit terrible « de l'Egypte était l'aurore radieuse de leur nais- « sauce véritable, de leur existence immortelle.
« Et pour célébrer la Pâque, Dieu dit à Israël : « Chacun de vous prendra un agneau par famille, « par maison ; si la famille est trop peu nombreuse (( pour le consommer seule, elle se réunira à ses « voisins pour avoir le nombre nécessaire. » Voilà « l'union religieuse, le lien sacré du culte, la com- « munauté du Seigneur. Et l'homme soumis aupa- (( ravant à la servitude et à l'oppression est devenu, « par ce sacrifice de Pâques, un pontife inviolable « du Très-Haut.
« La liberté matérielle pour exister une heure sur « la terre a besoin de l'inégalité sociale, d'hommes « armés de pouvoir et d'autorité sur les autres pour « la protéger et la maintenir. La liberté morale et « spirituelle proclame une égalité parfaite dans le (( sanctuaire du Seigneur. H n'y a là ni riches ni « pauvres, ni grands ni petits, ni puissants ni fai- « blés, mais des frères devant la vérité, des enfants « devant Dieu, des âmes devant lesquelles s'ouvrent « également les trésors de l'infini et les portes du <( Ciel...
« Par sa liberté morale et spirituelle, l'Israélite « est affranchi de toutes les servitudes de la terre ; ;( rien n'est plus capable d'enchaîner son esprit, « d'affaiblir son regard, d'abaisser ses aspirations « élevées, d'arrêter ses élans par les misères et les « entraves du monde. C'est pour cela qu'il a été dit
« à nos pères : « Vous niang-erez (l'ag-neau) ainsi :
« les reins ceints, vos chaussures aux pieds et un
« bâton à la main ; vous le mangerez précipitam-
« ment », car le vrai israélite doit toujours être prêt
« à tout abandonner pour suivre dans le désert la
« voix de son Dieu, et lui élever un tabernacle. —
« Vous devez le manger dans la même maison, vous
« n'en porterez rien au dehors, vous n^en briserez
<( pas les os ; toute la communauté d'Israël l'accom-
« pi ira (I).
Ce qui précède nous montre la Pâque de la liberté, la Pâque de l'esprit, c'est-à-dire de la manifestation extérieure du Verbe ; aussi la loi apparaît, la parole de Dieu se manifeste à l'homme, et les prophètes vont annoncer la venue du Christ.
Voici la Pâque du Christ, soleil et cœur de Thumanité. Comme l'astre radieux arrive à la fin du jour, il annonce que la lumière de son Verbe, dont il a inondé le monde va descendre dans les ténèbres et dominer la mort, et il s'écrie pour montrer la division des deux hémisphères et de leurs maisons : N'y a-t-il pas douze heures de jour ? et encore : // // a plusieurs demeures dans la maison de mon père.
Nous sommes au signe de la Balance, symbole tie l'équilibre, c'est la Lune qui monte et la nuit qui commence ; la maison de la Mort (le m) va suivre, et ensuite le retour à l'éternité (le »*).
(1) Hloch. Méditations Bihliquca.