LE SOLEIL ET LA LUNE Q
Nous analyserons ces deux astres ensemble attendu qu'ils sont inséparables comme la nuit et le jour, l'homme et la femme, etc. Nous voici parvenus au centre du système planétaire, au cœur de la vie stcllaire, celle de l'Univers qui est également celle de notre corps. Au-dessus s'élève le triangle supérieur formé par Saturne ;5 ^ Mars 0* et Jupiter 'j/^ dont le reflet, triangle inférieur sera formé par Vénus Ç, Mercure ^ et la Lune C? puis la Terre, soleil noir de ce triangle.
C'est le Soleil qui fournit l'existence à toutes les choses et à tous les êtres, et c'est de lui que partent ces innombrables rayons qui portent la vie dans tout l'Univers. C'est aussi de notre cœur, soleil de vie, situé au centre du corps que partent les esprits vitaux de notre sang- pour porter la vie à tous nos organes. Le Soleil et la Lune, tels sont les deux astres de vie où la nature chaque jour puise ses forces et se renouvelle. Le cœur et le cerveau, tels sont les deux centres moteurs de notre être.
Le Soleil se lève au-dessus des montag"nes et se couche le soir dans l'abîme des eaux, puis la Lune se lève et vient continuer l'œuvre du Soleil en reflétant sa chaleur et sa lumière. L'homme s'éveille, la vie de son cerveau commence et s'active jusqu'au soir, puis il s'endort, et la vie continue sous l'action de son cœur (jui renouvelle les forces de son corps. Ainsi l'homme vit en harmonie avec l'Univers depuis le plus g-rand des rois de la terre juscju'au
LES SEPT TYPES FLAN'ETAlUES
dernier des parias. La Nuit et le Jour, telle est toute la vie. Apollon et Diane, le Dieu du Jour et la Déesse de la Nuit, tels sont les Dieux qui veillent sans cesse sur nos destinées.
Avant dépasser à l'explication de quelques fables mytholog-iques, regardons en essayant de comprendre l'action du Soleil et de la Lune à l'intérieur et à la surface de la Terre. Contemplons tout d'abord la Terre dans l'espace, zodiaque terrestre par rapport au zodiaque céleste ; ce dernier est fait d'une lumière continuelle, celui de la Terre est plongé à demi dans les ténèbres. D'une part, le jour présidé par le Soleil supposé à son midi ; d'autre part la nuit présidée par la Lune et supposée à minuit. La puissance des rayons solaires pénètre la surface de la terre et sa chaleur traverse son novau central; elle traverse cette demi-sphère et chaque rayon de feu est le principe d'une action créatrice. Si nous considérons cette action calorique et pénétrante comme une unité, nous la représenterons comme un glaive pénétrant cette demi-sphère égale au croissant lunaire. La Lune à l'opposé de l'action solaire et recevant ses rayons maintient par ce reflet le principe humide ou aqueux de la terre qui sans cela se congèlerait. La Nuit représente donc le repos de la Nature qui s'endort, mais recevant encore l'influx de son esprit vital qui maintient la vie de ses multiples semences par le flux constant de ses eaux, sang de la Terre et source de toute végétation. Puis à son tour la partie éclairée passera dans les ténèbres et le feu substantiel qu'elle aura absorbé générera dans l'ombre sous l'influx lunaire cette vie
mystérieuse des mondes et des êtres. C'est pourquoi le Soleil et la Lune sont les principes de toute existence ; on a donné à la Lune divers noms qui la font présider à la naissance des êtres. C'est ainsi que s'accomplit le mariag-e du Ciel et de la Terre et que cette dernière devient le Soleil de ces trois planètes : la Lune, Vénus et Mercure.
Vénus, nous le savons est cette ardeur procréatrice que produit la chaleur de l'atmosphère et Mercure représente cette jonction génératrice du Ciel et de la Terre figurés parle croissant lunaire au-dessus du Soleil, et au-dessous par la croix des quatre Eléments, ce que les Egyptiens représentaient par un Soleil cornu (fig. 18). Le triangle supérieur est dominé par le Soleil, le triangle inférieur est dominé par la Terre. Ces deux triang-les s'unissant dans une révolution de 24 heures forment l'étoile de Salomon et superposent la Terre, triangle inférieur, sur le Soleil, triangle supérieur et la terre apparaît ainsi entourée d'un cercle de feu. Les pointes de cette étoile à droite et à gauche forment la partie mâle et femelle de la génération animale avec leurs deux lobes cérébraux et symbolisent le genre humain, nous l'avons expli([ué plus haut (fig. 20).
De cette action du Soleil doivent donc dépendre suivant rélal des éléments, les nombreux phénomènes (|ui se passent à l'intérieur et à la surface de la terre ainsi (juc dans l'atmosphère ; c'est ce que les anciens ont figuré dans les emblèmes de leurs fabh^s. On dit qu'Aj)ollon et Diane sont les enfants de .hipiter et de Lalone, nom (jui signifie oubli, douceur et bonté, ce (jui revient à dire(|u'ils ont élé
créés par Dieu. On attribue à Apollon l'invention de la musique et de la harpe à sept cordes, nombre des sept planètes, car les Pythagoriciens croyaient que le mouvement de ces planètes autour du Soleil produisait dans l'espace un concert d'une harmonie des plus douces et d'autre part la musique élève, transporte, enflamme, toutes qualités altribuables au Soleil. La médecine, la divination et l'adresse à tirer de l'arc lui sont ég-alement consacrées, son nom signifie dissoudre, projeter, délier, il est l'emblème de la pureté et de la simplicité. En ce qui concerne la médecine, Esculape est dit fils d'Apollon, car ce nom ne signifie ni plus ni moins que l'atmosphère est favorable ou bienfaisante à l'existence et qu'elle contient une égale proportion de chaleur et d'humidité. Car c'est de l'exagération de cette chaleur que naît la corruption des choses et c'est aussi dans l'état particulier du mélang-e de l'atmosphère terrestre avec Içs rayons du soleil que naissent les épidémies et chacun de ces phénomènes a reçu divers noms dans la mythologue. Quant à son adresse à lancer ses flèches, c'est qu'il envoie de très loin ses rayons sur la terre sans se lasser et sans diminuer d'intensité; on l'appelle Phébus à cause de sa clarté qui lui fait donner le nom de devin. En effet, qui est-ce (|ui découvre le plus de vérité que le Soleil et qui chasse plus que lui les ténèbres et l'obscurité de l'esprit humain? Qu'est-ce qui sert davantage aux recherches scientifiques, qui fait croître les herbes et leur donne toutes leurs vertus V C'est certainement le Soleil. C'est lui également (jui est la raison même des destinées puisqu'il les engendre et les facilite
sans cesse par la loi immuable d'actions et de réactions de l'éternel équilibre. Cette puissance qu'il détaclie de lui-même s'allie aux éléments et aux corps composés et leur donne le moyen des formes pour accomplir le cours de leur existence; il y a donc par ce fait une chimie physique, une chimie morale ou sociale, et une spirituelle. Pénétrons plus avant dans le mystère, entrons dans le tourbillon Typhonien avec la lég-ende symbolique.
Le Soleil on le comprend est la raison même de l'existence de tous les Dieux, c'est-à-dire de toutes les forces de la vie. Il porte les noms d'Apollon, dePluton,deBacchus, de Pan, et même de Jupiter, comme celui du Drag-on etduSerpent Python, et ces noms ne signifient (jue les difFérentes maiiifeslations de la formidable puissance de l'astre du Jour. La Lune à son tour prendra les noms d'Hécalc, de Diane, de Proserpine et de Lucine pour- indi(juer les fonctions négatives du Soleil. Nous allons parler du terrible Dieu que les uns prennent pour le Diable et dont tous les occultistes parlent avec terreur. 11 représente la puissance attractive de la Tone, c'est-à-dire des éléments assoiffés de vie (jue la mythologie a si bien figurés dans le Dieu Pan. Le voici : I^acchus demi-homme, affublé d'une mitre et presque toujours ivre, efféminé, mou et toujours enfantin qui du soir au malin sentait le vin. avait introduit celle troupe de Dieux difformes et sauvag-es. Pan, Silène et les Satyres, hommes rusti(|ues et gardeurs de chèvres, adonnés aux danses et dont les formes du corps élaienl si laides (ju'ils en étaient beaux ! Le iKJiu de Pan signifie Tout parce (ju'il est le iruit
d'amour de tous les amants de Pénélope sa mère. Homère dit qu'il donna beaucoup de joie et de plaisir aux Dieux de l'Olynipe en jouant de la harpe et du luth aussitôt qu'il fut né. Orphée dit qu'il faut entendre par Pan la nature universelle dont les Eléments et le Ciel sont les membres. Il écrit: j'invoque Pan, ce Dieu qui contient tout le Monde, le Ciel et ses astres, la Mer et la Terre fécondes et cet éternel Feu qui sont les membres de Pan. On le prend aussi pour le Soleil gouverneur et modérateur de tout l'Univers ; on le dit aussi fils de Mercure parce que Mercure est cette vertu de la volonté divine qui amène les choses et les êtres au point de leur naissance. Pan ainsi que les corps simples et naturels sont donc tous gouvernés par cette volonté éternelle, cette force et cette vertu que l'on nomme Jupiter dont Mercure est dit le fils. Or Pan n'est autre chose que la nature même procédant à la g-énération par la providence de Dieu. Pan dans la première partie de son corps était de belle taille et ressemblait à un homme, l'autre partie était laide et difforme. Platon le fait ainsi procéder de Mercure, c'est-à dire des pensées et des raisonnements de l'esprit, voulant faire comprendre que la vérité est dans les Dieux, et le mensonge et la laideur dans la plus grande partie des hommes. Quand on dit que Pan est né de tous les amants de Pénélope, cela signifie qu'il contient tous les corps de la nature comme l'indique son nom et c'est pour cela qu'on le dit né de la génération de tous. On raconte (ceux qui le disent fils de Mercure) que son père l'enveloppa dans une peau de chèvre et l'emporta au Ciel, tel que le dit Homère
dans ses hymnes, cela signifie que dès que la nature des choses de ce monde fut créée, elle commença à se dilater et à se propager dans tout l'Univers d'une manière constante et rapide. On dit encore que les Nymphes le nourrirent et relevèrent, et ceux qui croyaient non seulement que l'eau et l'humeur avaient été la matière avec laquelle le Monde avait été créé et composé disaient que l'Univers avait pour père l'Océan et pour mère Téthys fille de la Terre, et que Pan ensuite ayant embrassé toutes les choses était devenu le chef et le prince des Nymphes qui sont elles-mêmes toutes les formes de la nature. Examinons la forme et la taille de son corps: la partie qu'il a de forme humaine depuis la ceinture dénote le Ciel (jui gouverne tout l'Univers, la couronne de pins qui ceint son front dénote son origine rustique et sauvage, car il erre le plus souvent parmi les profondes forets, les rochers, les cavernes, les montagnes et les lieux solitaires ; cela signifie que ce Tout nommé Pan a été créé seul et qu'il n'y en a qu'un. Sa face rouge cramoisi représente la région éthérée qui est de la nature du feu ; l'expression de mécontentement qui contracte son visage et qui le l'ail tenir- de la chèvre ou du bouc démontre les brns(jues chang(MTients de l'air ainsi que cet animal (pii est des plus inquiets et des plus agités. Ses cornes représentent la Lune dans laquelle se rassemblent et se condensent toutes les inlluences des corps célestes (ju'elle transmet ensuite ici-bas à tous les éléments et à tous les corps composés; ses cheveux et sa barbe sont les rayons du Soleil qui se répandent dans tout l'Univers.
Les sept chalumeaux joints ensemble en guise de tuyau d'orgue représentent les sept planètes et leur sphère produisant par leur cours et leur mouvement les sept tons musicaux. Le souffle dont il les anime, c'est l'esprit de vie qui est dans ces astres et la variété des vents qui animent également l'air produit par la chaleur solaire. Son bâton courbé signihe la révolution de l'année sur elle-même et la puissance de la naCure en toutes choses, attendu qu'il lui sert de sceptre. Les parties inférieures de son corps témoignent à là fois des mouvements souterrains du globe terrestre, de l'inégalité de son sol, de sa solidité et de tous les mouvements de l'atmosphère, car ceux qui lui ont donné la nature du Soleil disent que ses pieds de chèvre sont dans la Terre et sa tête dans le Ciel. Pan fut amoureux de la Lune parce que c'est par l'influence des astres et particulièrement par celle de la Lune que la matière de toutes choses naturelles prend forme et se dispose à la reproduction : voilà l'explication de la fable mythologique.
Suivons encore l'action de cette puissance devenue par son incarnation terrestre la vie mystérieuse de la terre et de l'air. Le Soleil s'est levé, il répand sa chaleur et sa clarté sur notre hémisphère ; dans l'autre ce sont les ténèbres et la Lune qui préside à la nuit ; au centre de la terre sont les puissantes forg-es de Vulcain (fig-. 31 bis) qui sont tous les corps élémentaires en fusion dont les vapeurs s'échappent par l'ouverture des volcans et les nuages qui montent de la Terre au Ciel. Dans la profondeur des eaux, les innombrables vies et les incalculables formes
grouillent, circulent ou stagnent, de leur surface aux plus g-randes profondeurs. Dans la terre comme à sa surface sont les multitudes des vég-élaux, des animaux et toutes les sociétés humaines. Dans l'atmosphère sont toutes les vapeurs, toutes les exhalaisons, tous les souffles de toutes les vies, souffles vivant eux-mêmes dans les formes sans nombre qui contiennent les germes de toutes les transformations de la matière, puissances de vie qui montent et descendent sans cesse dans l'embrasement de cet air pénétré par le feu et dans la rapidité de la course de la Terre. De l'autre côté dans la nuit profonde, la blanche Lune envoyant les reflets du Soleil et pénétrant tous les corps d'une chaleur moite, maintient l'humidité aqueuse de cette humeur qui donne le corps et la forme à toute la matière vivante. O ! divin Prométhée tu as ravi le feu du Ciel pour le donner aux hommes et leur égoïsme immense et leur cruel orgueil appela la justice de Jupiter (jui t'a puni de ton audace.
Divin Pluton maître des richesses de la Terre, Dieu de la paix, force centrale qui préside à la naissance de toute la vie élémentaire. Dieu des trépassés, car tout ce qui sort de la terre retourne à la terre. Dieu (jui lient les clefs de l'enfer, car les richesses qui engendrent Tenviesoiit bien les peines infernales, c'est toi (jui dans le mystère réalises le destin de la vie universelle dans tous ses moindres détails et dont Hécate est la déesse. Hécate est fille de Juj)iter et d'Astérie, c'est-à-dire de l'Elher cl des astres; on l'appelle aussi lille de la nuit et porte lumière. Son reg-ard est terrible et hideux, sa taille
est prodigieuse, ses pieds sont entortillés à la façon d'un serpent ; au lieu de cheveux, elle possède une quantité de serpents et de vipères en tortillons qui se répandent en sifflant sur ses épaules. Elle découvrit la composition des poisons les plus redoutables dont elle faisait l'essai sur ses hôtes, elle eut deux filles bien opposées de nature : Circée qui se livra aux sortilèges, aux charmes et empoisonna son père et Médée qui tout au contraire s'évertuait à soigner et à préserver les étrangers, à faire le bien et à soigner les malades. Tout cela représente cette dualité du Destin dont chacun ignore l'ordre et la raison, car si nous pouvons en découvrir une partie elle est bien certes la plus minime. C'est pourquoi on l'appelle fille de la Nuit, son nom de Lucifer ou porte feux signifie que la destinée descend des astres où elle est inscrite depuis le commencement des Temps. La forme hideuse d'Hécate, ses serpents et vipères, les chiens enragés qui la suivent représentent les maux de la vie et toutes les épouvantes que sèment sur leur route les haines et toutes les passions. Quand on la dit sorcière, capable de déplacer les astres, les cours d'eaux, de transporter le blé d'un champ dans un autre et de produire quantité de prodiges, tout cela signifie qu'aucune chose ici-bas ne peut éviter la Volonté et la Justice de Dieu. L'homme qui se targue de s'emparer des puissances maléfiques ou bénéfiques de la vie, qui se dit être ordonnateur, possesseur, commandeur par sa propre volonté et sans la permission de Dieu, c'est-à-dire de l'équilibre ou de la destinée est un fou, et la folie c'est le diable et toutes les mons-
truosilés imbéciles et désordontiées de la vie des hommes.
Quand on désic-ne l'influence lunaire sous le nom de Proserpine, elle devient les semences de la terre dont s'empare Pluton gardien des richesses du sol, comme il est dit dans la fable, et l'emprisonne. 11 est évident que la semence est ravie à la récolte précédente et c'est pourquoi il est dit que Plulon enleva Proserpine qui cueillait des fleurs de narcisse (plante somnifère) et l'emmena dans les enfers où elle fut prisonnière; c'est-à-dire que la semence reste endormie dans la terre jusqu'à ce que l'air soit propice à sa végétation.
Sous le nom de Diane, la Lune devient fille de Jupiter et de Latone et est sœur d'Apollon. Latone signifie la douceur, l'oubli et la clémence; elle est donc fille de la bonté divine, mais Latone dérive aussi de Létho, matière confuse et sans forme que l'on nomme aussi Chaos ; Apollon et Diane seraient alors nés des Ténèbres. Junon (ou l'Air) se serait longtemps opposée à leur naissance ; cette fable explique la naissance du Monde. La terre était couverte par les eaux, comme l'enfant qui va venir au monde se trouve au milieu des eaux du cor[)s, le Soleil échauffant la surface des eaux faisait mouler d'épaisses vapeurs, formait des nuages qui remplissaient l'espace et obstruaient à la terre la vision des deux astres ; puis par reiitremise de Neptune (Fair (jui s'ét(Mid sur les eaux et (|ui n'est com|)Osé <jue par elles et la chaleur), la Terre apparut et les eaux se retirèrent. Mais cette masse était une pourriture, un amas fétide, gluant, épais, contenant eu lui-
même toutes sortes de germes ; elle avait été formée parla chaleur du Soleil et ainsi transformée prit le nom de Typhon. Le Soleil continuant de darder ses rayons sur cette substance, véritable chaos, la dessécha et alors la terre ferme apparut pour servir d'appui aux animaux.
Sous le nom de Lucine, la Lune se rapporte particulièrement à la lymphe, aux humeurs, à l'entretien de la moiteur et de l'humidité dans les organes et les jointures. Elle se rapporte au sentiment, à la tendresse et on la dit vierge car le tempérament lymphatique est le contraire du sanguin, il sert à faciliter la génération, aussi préside-t-elle aux accouchements par les eaux qui précèdent la sortie de l'enfant. Elle préside à la chasse et aux sports, au grand air, pour indiquer l'action que réclament les humeurs pour faciliter leur circulation. Son naturel étant de rendre humide engendre la peste et toutes les épidémies, crée les illusions, les ramollissements et la folie. On la représente ailée, avec des flèches, montée sur un char traîné par deux biches blanches : illusion, mouvement, douceur et blancheur. Enfin sous son nom propre, la Lune a la réputation de présider à la magie et à la sorcellerie, on l'invoque alors avec Hécate ; on croyait que les sorciers pouvaient la faire descendre du Ciel, et qu'ils pouvaient également abolir le Soleil et la Lune ; Abolition était le nom des éclipses. Les Anciens disent que cette opinion est venue de ce qu'on fabriquait des miroirs ronds faits de telle sorte qu'ils représentaient la Lune comme si on V avait arrachée du Ciel. On cite ce trait de Fin-
veniion de Pythagore : quelqu'un écrivit tout ce qu'il voulut sur un miroir, puis le lut à une autre personne en se tenant derrière elle, et en tenant du côté de la Lune ce qu'il avait écrit; la personne fixant alors la Lune aperçut tout ce qui était sur le miroir. On cite ce fait : pendant la g-uerre que livrait François l" à Charles V pour le Duché de Milan, plus d'une fois ce qui s'était passé le jour à ÎMilan était su la nuit à Paris. On accorde donc à la Lune de refléter la nuit les événements qui se sont passés le jour dans une autre contrée. Elle n'est ni mâle, ni femelle, fournissant aux animaux l'humeur et la nourriture, et la nuit faisant office de mâle en envoyant une certaine chaleur qui sert à faire pourrir enterre et germer les g-rains et toutes choses propres à l'entretien de l'existence. C'est pourquoi dans les sacrifices, les hommes s'habillaient en femmes et les femmes en hommes, usage qui s'est continué avec le carnaval.
Terminons cette longue étude du Soleil et de la Lune qui nous a conduit au seuil du mystère de cet agent magique que les anciens ont appelé le diable, le dragon, le serpent, Nahasli ou le bouc de Mendès et qui n'est autre, sous ces différents noms comme nous l'avons déjà dit, que l'attract originel.