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LA LUNE

Les lunaires ont tout le caractère phjsiognomoiiiquc de l'astre qui les influence, la lete est ronde, les pariétaux larges, proéminents, le front en avant, penchant du haut en arrière, il est plus développé en hauteur qu'en largeur, les sourcils sont blonds et fins, proches des yeux et légèrement arqués. Les yeux sont humides, d'un g-ris bleu, saillants et ronds, la paupière est larg-e, très fine, la conjonctive très blanche, le regard doux, calme, rêveur est souvent absorbé ou vague. Le nez est court, un peu creusé au milieu et rond du bout, la bouche est petite, à peine fermée, avec des lèvres très fortes, très arrondies et d'un rouge très pâle; le menton rond n'est pas saillant, les cheveux sont blondcendré, fins, souples et peu épais; le teint est blanc et pale, et la tête est un peu relevée sans raideur. Le visag-e est empreint d'une douce mélancolie, le sourire est rêveur et triste, les lunaires rient rarement; la voix est faible, agréable et sans éclat, le ton en est timide et incertain. Le cou est long-, gras et très blanc; les épaules sont rondes mais modérément larges, plus grosses que charnues, le dos est rond; les hanches sont larges; les pectoraux sont développés et les membres ronds et gros. La peau est molle, froide et très blanche ; les veines petites, bleues et sans apparence, le corps est sans poils, il se rai)i)roche de la conslilnlion féminine. Chez la femme, l'influence de la Lune donne au regard et à l'expression générale du visage une allure qui fascine

et attire. La voix est prenante, enjôleuse et douce et tout le corps est d'une blancheur de lait, les formes rondes, un peu dodues sont très élégantes, les seins sont ronds et placés haut ce qui fait la taille mince. La démarche est lente et enlaçante, pleine de séduction, le regard est tendre, mélancolique, enveloppant et possède quelque chose de fatidique. Les lunaires sont changeants, capricieux, mystiques, superstitieux, impressionnables, timides, peu confiants on eux-mêmes, ils aiment le repos, la tranquillité et se résignent facilement à leur destinée ; ils aiment la campagne, les bois, la solitude, le couchant des soirs d'été, la nuit.

Une analogie fera mieux comprendre le caractère lunaire. Le lever du Soleil c'est le jour qui commence et avec lui toute l'activité de la vie, toute l'ambition d'arriver au but que l'on poursuit, celle de posséder et de vivre. Le soir, c'est le déclin de l'activité, c'est la lune montante, c'est le calme qui vient, le repos. Sous l'action de la lumière qui décroit, l'aspect des choses chang-e, s'amplifie et s'estompe de multiples tonalités ; un charme étrange, mystérieux s'étend sur la nature et impressionne les moins sensibles. Les visages lunaires sont ainsi impressionnants, leur regard est une eau qui reflète les tons lumineux d'un ciel couchant, et leur chair est colorée de nuances douces et vaporeuses. Puis la nuit tombe, avec elle c'est le retour au foyer, le repas du soir, les enfants et les vieillards autour de l'âtre ; ce sont les contes et les vieilles légendes, le passé transmis par les ancêtres, l'histoire, la mémoire. Ensuite, c'est la prière, le sommeil et l'heure de la partie inférieure

et mystérieuse de notre corps qui accomplit le même amour que la nature, le même mystère que le Soleil et la Lune. Au dehors, à travers champs, bois et forêts, au bord des étangs aux mystérieux reflets vivent toutes les ombres de la nuit, sous les rayons de la Lune qui éclaire les voyageurs attardés dans les ténèbres. C'est le moment des mirages, des reflets, l'heure des consciences inquiètes et troublées de mauvais rêves. Ce sont les apparitions fantastiques, l'heure du Dragon, du serpent Python... l'heure de l'illusion et du mensonge de la vie. Ainsi sont le cœur et l'âme des lunaires et l'on peut s'imaginer combien leur ambiance peut produire d'erreurs, de phénomènes curieux, impressionnants par leur étrangeté et pourtant sans réalité.

Le mauvais lunaire sera facile à reconnaître, puisque nous savons que la Lune préside à toutes ces humeurs de la vie. L'humidité élargissant les corps, épaississant les traits, on trouvera ces physionomies grossières, lourdes et souvent bestiales. Grosses lèvres, gros nez, creusé au milieu, regard mort mais mauvais, ayant au fond une lueur inquiétante, le teint est pâle, d'un blanc sale, la j)eau est molle, flasque et visqueuse au toucher; les yeux sont gros et saillants. Ces individus sont parleurs, médisants, menteurs, la j)lupart sont gros n>angeurs, grands buveurs et alcooli{jues invétérés, paresseux, lâches, ils usent quand ils peuvent de leur influence maléh(|ue et menacent ceux qui leur résistent; parmi eux beaucoup de sorciers de campagne et de rel)outeurs. Les femmes dominées par la mauvaise influence de la Lune sont les plus dan-

gereuses et il est bien rare que leur vie ne se termine d'une façon tragique.

La bonne influence de la Lune donne l'esprit subtil, de bonnes mœurs, la sincérité et l'honnêteté et elle facilite les honneurs. Dans sa mauvaise influence, elle rend l'esprit obtus, vaniteux, peureux, se troublant facilement; elle rend vagabond, faux et sans réputation.

La Lune domine sur les veuves, les navigateurs, les pêcheurs, les coureurs, le peuple et l'enfance. Elle préside aux heureux mariages et à toutes les g-randes dignités. Elle gouverne le cerveau, l'œil g-auche, le côté gauche chez l'homme et le droit chez la femme, les intestins, les cavités de l'organisme, les organes génitaux de la femme. Ses maladies sontlecrétinisme, l'épilepsie, la folie, les pleurésies, les rhumes, le flux de ventre, hydropisie. Elle cause aussi les aveuglements et on trouve chez les lunaires beaucoup de louches.

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