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CHAPITRE XIV

LA CHIROiMANCIE

La définition de la Chiromancie est simple : c'est l'art et la science de déterminer le tempérament, le caractère et les mœurs d'une personne, lui indiquer les maladies et accidents physiques de sa vie et annoncer les événements moraux qui la frapperont dans ses sentiments. Dire ce que pourront être ses enfants et même si elle terminera ses jours dans sa patrie.

C'est évidemment beaucoup présumer de cette science qui sort du domaine de toutes les autres tout en semblant les contenir toutes. Nous n'écrivons pas un ouvrage de critique et nous l'avons déjà fait comprendre, nous acceptons d'avance tous les événements de la vie. Actions et réactions sont dans l'ordre de l'harmonie, car rien ne se produit sans la volonté de Dieu. Ce que nous dirons sur le passé, sera simple constatation de faits acquis et s'ils se sont produits c'est bien pour que chacun puisse les apprécier à son point de vue.

Nous dirons donc que ce ne sont pas les propa-

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gatcurs do ces Sciences, depjiis nos plus éminenls occultistes jusqu'aux cartomanciennes et chiromanciennes qui ont pu attirer l'attention des esprits réfléchis sur le domaine des sciences divinatoires. Celles-ci sont depuis longtemps méconnues et tombées dans les mains des charlatans, des ig-norants, des superstitieux et ne sont considérées en général que comme amusement de société.

La publication de vieux grimoires et d'un tas de stupidités faite pour répondre à la curiosité du public, et cela très souvent par des gens qui semblaient être très versés dans ces questions, n'a pas peu contribué à éloigner les hommes sincères et sérieux de toutes ces sciences dites occultes. Mais il se produisait un travail beaucoup plus important dans un autre milieu d'observations plus extérieures sans doute, mais contenant en ellesmêmes tous les mystères. Depuis 1821 les études Egyptologi(|ues et Asiatiques se sont poursuivies sans relâche; depuis Champollion, un pas immense a été fait dans la connaissance du Passé et le Zodiaque de Dendéra aura bientôt révélé à l'homme tout son mystère. Nous devons à M. Guimet un monument précieux qui est, en dehors de son merveilleux Musée sa belle collection des Annales, dans lesquelles dorment encore délaissés de nombreux et précieux dorii monts. Un grand savant archéologue qui vient de mourir. M, Maspéro aura plus fait pour l'avenir des connaissances mélaphysiquos que n'imporlo (juel occultiste. (îràce à ces savants, dans un avenir prochain, tandis (jue les peuples se rossaisironl cl lépareront leurs désastres dans le silence et

la pensée repliée sur elle-même par le chang-emenl des éléments sociaux et des mœurs, chacun pourra relire les œuvres méconnues laissées par les Grecs et les Latins. Homère s'illuminera et toutes les sciences profiteront de cette nouvelle Lumière.

Le prestig-e occulte de la Religion s'est opposé à juste raison à toutes ces sciences qui touchent toutes à la Théurgie, mais est-ce que par hasard on Ignorerait que la Science est justement le patrimoine de la Théurgie?.. Il suffît de se reporter au début de notre travail pour s'en rendre compte.

Disons-le sans hésitation, la Chiromancie est la plus merveilleuse des sciences, car elle résume en elle toute la vie et tout l'avenir de cette vie dans l'immortalité. Elle ne s'occupe pas seulement du corps, mais des penchants, des événements et de I ame.

Et nous ne pouvons mieux faire que de citer l'ouvrage qui fut le point de départ de nos recherches quoique nous l'ayons à maintes reprises repoussé de nos mains, considérant comme insensées les significations qu'il contenait. Cet ouvrage auquel nous allons emprunter la grande partie expérimentale qui va suivre a servi à quantité d'autres auteurs qui ont oublié de le citer :

LA SCIENCE CVRIEVSE ov TRAITE DE LA CHYRO- MANCE, Récueilly des plus graues Autheurs qui ont traité de celle matière, et plus exactement recherché qu'il na esté cy-deuant par aucun autre. ENRIGHY DTN GRAND NOMBRE de figures pour la facilité du lecteur. Ensemble la méthode de s'en seruir. [Qui in manu omnium signât vt nouerint singuli opéra sua.) Job. cap. 37. v. 7. —

Paris M.D.G.LXV. Avec privilège dv Roy.

Tel est le titre de ce précieux ouvrag-e où l'auteur s'exprime dans les termes suivants sur la Cliiromancie : « Pour avoir d'abord une parfaite intelligence de la Ghyromance conformément au dessein que nous avons d'en traiter dans ce petit raccourci, il faut savoir que c'est une Science occupée à la connaissance des lignes et linéaments qui sont tracés dans nos mains : elle prend sa dénomination des Grecs, qui dans l'assemblage de deux mots en un seul nous exprime cette Science sous le nom de Ghiromance ; c'est-à-dire Science, ou si vous voulez, divination de la main, par laquelle l'on connaît la complexion, les accidents, les infortunes, les avantages, le bonheur, et les inclinations des Hommes.

« Je sais bien qu'il s'est rencontré des Philosophes, (jui voulant détruire son principe lui ont disputé cette excellente qualité de Science qu'elle possède avec tant de justice, et qu'on ne lui peut dénier, sans lui faire injure, puisque malgré tous les raisonnements, elle en possède les plus excellentes conditions : elle a son sujet, son genre, sa différence, et ses solides démonstrations, et toutes ces parties (|ui la composent contribuent non seulement à lui donner la (|ualité de Science, mais encore de la plus belle Science de tontes les Sciences qui sont fondées d.uis la nature, son sujet étant l'un des plus nobles, lui donne sans difficulté cette haute excellence, et il su Hit de la considérer toute occupée à la connaissance de l'Homme dans son être naturel et raisonnable, aussi bien (jue dans la conduite de sa vie pour la croire la première de toutes les sciences naturelles, puiscjue rilomme étant comme le Monar(|ue

de la naturelle, lui donne ce glorieux avanlai»e par lui-même : son genre est des ])lus nobles, puisqu'il approche le plus près de la Divinité, vers laquelle elle suppose toujours une excellente subordination ; sa différence ajoute encore à sa noblesse, puisqu'on peut assurer avec vérité que le sujet de toutes les autres Sciences étant incomparablement au-dessous de l'Homme, sera par conséquent moindre que celuici, quicomme j'ai déjà dit, est absolument occupé non seulement à la connaissance, et intérieure, et extérieure, mais encore à l'exacte considération de tous les événements de sa vie : enfin sa démonstration n'est pas moins certaine, puisque son principe est infaillible, et que raisonnant non pas seulement sur de simples lignes, qui comme a voulu dire Porpliire, avec quelques autres philosophes, naissent et disparaissent dans les mains, et qui ne sont jamais dans un même état, mais que de ces lignes tracées dans nos mains, en tire des conséquences assurées, non pas comme lignes seulement, mais comme correspondantes aux principales parties du corps humain : comme au cœur, à la lête, au foie, et ainsi des autres, qui étant infaillibles, et elles-mêmes conduites par les quatre humeurs qui établissent nos corps dans leur être, et dans leur existence, et qui font toujours infailliblement leur effet, rendre par conséquent toutes les conséquences qu'on en peut tirer, infaillibles.

« Mais pour mieux encore établir son excellence audessus de toutes les autres Sciences : et pour ne rien omettre de tout ce qui peut contribuer à son élévation ; il ne faut qu'à considérer soigneusement, et le

sujet des autres Sciences par rapport à la Cliiroinance, et le mérite particulier des grands hommes qui en ont si dignement traité : pour le premier ne pouvons-nous pas dire, que si la physique parmi les pliilosophes, passe pour une des plus importantes, et des plus utiles Sciences, c'est à son sujet qu'elle doit cet avantage, et c'est assez de l'avoir occupée à la considération de toute la nature précisément, sans aucune abstraction pour bien juger de son mérite ; si la Médecine nous paraît une Science presque plus qu'humaine, si les premiers auteurs ont eu rang- parmi les Dieux anciens, que les Idolâtres adoraient avec tant de superstition, et si Dieu même nous a prescrit l'honneur que nous leur devons par leur nécessité, les avantages qu'en reçoivent les Hommes dans la g-uérison de leurs corps, leur a procuré cet honneur.

« Cela donc supposé du mérite, et de la dig-nité des autres Sciences, ne faut-il pas avouer que la Chiromance exactement considérée, et avec toutes ces circonstances, est encore incomparablement au-d<\ssus, en elFet la physique considère la nature en g-énéral, celle-ci considère l'Homme en particulier, cjui est dans cet ordre la plus excellente, et la plus noble des productions de Dieu ; si la Médecine considère le même homme, comme sujet de son application, dans la guérison de son corps, par l'usage de ses remèdes ; la Ghiromance prédisant les événements divers de sa vie, et la disposition de ses parties intérieures, semble par cette connaissance les précautionner contre le mal à venir, soit en les prévenant p;ir les remèdes, soit en faisant violence à son Icin-

pérament par une vertu préméditée ; et c'est ainsi qu'en parle le Saint-Esprit clans les Saintes Lettres par la bouche du Patriarche Job, lorsqu'il assure que Dieu, dont la conduite a si sagement disposé de toute la nature, a mis dans les mains des Hommes des sig-nes qui expriment leurs opérations, et qui marquent précisément les différentes affections de leurs âmes : In manu omnium hominum Deus signa posuit; vt nouerint singiili opéra sua. Et si je ne me trompe, c'est la même raison qui a enseigné à la nature, en mettant les enfants dans le monde, de leur faire dans ce premier moment ouvrir la main, comme pour donner l'intelligence, et la parfaite connaissance des différents événements de leur vie, Dieu ni la nature ne faisant rien en vain.

« Pour ce qui regarde l'honneur qu'elle mérite, et l'excellence des grands hommes qui en ont si dignement traité, il ne faut qu'en juger, sans parler de l'autorité des Saintes Lettres ci-dessus rapportées par le mérite, et l'Excellence du Prince des philosophes Aristote, ce merveilleux génie de toute la nature, qui semble être né pour ne rien ignorer dans l'heureuse rencontre qu'il fit d'un livre de cette merveilleuse Science sur un autel dédié au Dieu Hermès, écrit en lettres d'Or pour marque de la noblesse, et de l'excellence de son sujet, suivant le témoignage qu'il en rapporte lui-même, lorsqu'avec une joie inconcevable il l'envoya à son disciple Alexandre, lequel livre fut depuis traduit de langue Arabique en Latin, en laquelle langue il était composé par Jean Hispanus, célèbre personnage, à quoi vous pouvez ajouter Albert le Grand, qui a composé

un livre tout entier, Ptolémée, Avicène, Averroes, Platon, Gallien, Antioclius, Tibertus, Indagine, Tricasse, Taisnier, Belot, Goclenius Froelichius, Deperuchio, et plusieurs autres très grands, et très sig-nalés philosophes, qui tous ensemble ont merveilleusement et très doctement écrit de cette curieuse Science, i)0ur nous en exprimer plus parfaitement l'estime et l'excellence particulière que nous en devons faire et avoir. »

Au XVII* siècle il y avait donc des hommes à l'esprit religieux qui avaient une grande vénération pour cette Science ; l'auteur de ce livre le démontre par ce qui précède. A cette époque il y eut un grand mouvement vers les sciences mystérieuses, puisque tous les ouvrages sur l'Alchimie sont de ce temps-là et nombre d'autres sur les sciences divinatoires. Ce mouvement s'est éteint à la Révolution.

La Chiromancie contient en elle-même toute l'Astrologie, toute la Physiognomonie, toute la Plirénologie et toute la Graphologie, mais ces sciences sont sœurs et se tienneiiL par la main comme les Grâces, et se soutiennent l'une l'autre. Pourquoi donc tant de délaissement de la part de l'homme pour toutes ces belles connaissances que lui a laissé le passé ? Ah ! la question est facile à résoudre car l'homme possédé par la puissance du mal s'empare de tout et s'oppose à tout, mais ici il ne put combattre sans être vaincu d'avance ; s'il s'opposait publiquement, il obligeait à chercher, à observer et il travaillait contre lui-même. Il lui était donc plus facile de laisser traîner dans l'ornière des deux partis positif et négatif la lumière qui pouvait éclairer ses lur-

pitudes et ses mensonges. C'était du bon combat, car tout ce que Dieu créa pour le bien, pour le bonheur, pour l'intelligence, fut, est, et sera mis par l'homme au service du mal.

Nous n'avons pas la prétention d'ag-ir en prophète ni de nous imposer en aucune manière, mais puisque nous sommes né pour accomplir ce que notre conscience a le pouvoir d'accomplir à travers les nombreuses difficultés de l'heure présente, nous disons que demain sera encore fait de la méchanceté de l'homme et qu'à mesure qu'il se remémorera ses puissantes facultés, il les emploiera à la destruction de ses frères, jusqu'à l'heure où la Volonté suprême marquera la fin du châtiment.

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