‹ Cosmos (volume 2)Chapitre 8 sur 36 · DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

DU TRADUCTEUR

L'Eutottr du Cost^o^, ainsi qu'il en avait aanoneé le dessein, a faraité dans ce volume toutes les gestions littécaipes ou historiques qui se pattaehent à son sujet. Le volume déjft publié comprenait F étude de la nature en elle? même; dans celui-ci, M. A. de fi[umholdt intFpr duit si|r la scène un personnage q)ii en renour velle l'intérêt. Spectateur ému du magnifique tahleçfu qui se déroule à ses regarda ^ l'bpmmp en reflète les beautés daua son imaginatipu, et

leur donne une seconde existence, en fixant par la plume ou par le pinceau les grands traits qui l'ont frappé. Mais la nature n'est pas seulement pour l'homme une source de jouissances esthétiques ou morales; elle est aussi un problème dont son intelligence pénètre peu à peu les mystères. L'auteur a conservé cette distinction de la poésie, de l'art et de la science. Il a voulu revoir encore la nature à travers les émotions qu'elle a causées aux âmes tendres de tous les pays et de tous les temps. Il a cherché la trace du sentiment de la nature chez les poètes, chez les peintres et chez les voyageurs, qui ont été au loin contempler les constellations australes et la végétation des tropiques, ou même chez les observateurs moins heureux, qui doivent se borner aux collections de plantes entretenues artificiellement dans les serres. Puis après avoir appliqué à la contemplation du monde des procédés pour ainsi dire psychologiques, M. de Humboldt a fait l'histoire de la connaissance humaine. Il a raconté et apprécié avec l'autorité de son expérience les efforts ten-

tés par les anciens et par les modernes pour s'élever à l'idée du Cosmos ; il a passé en revue tous les événements qui ont pu avoir des conséquences pour le progrès des sciences physiques ou pour l'étude plus générale de la nature. Ainsi une part est faite à chacune de nos facultés^ et nous pouvons suivre l'éducation du genre humain , en voyant, à côté des images gracieuses ou sublimes de la poésie de la nature, les traits mieux arrêtés de la science se graver dans la raison de l'homme.

Quelques mois plus tôt, le succès de ce livre n*eût été dx)uteux pour personne. Triompherat-il aujourd'hui des préoccupations qui assiègent tous les esprits? Si dans ce grand naufrage qui , il y a peu de jours encore , ipenaçait de tout engloutir, c'est un devoir pour chaque homme, en droit de compter sur l'efficiacité de ses efforts, de se vouer sans réserve à la chose publique, jamais aussi le grand nombre de ceux dont tout le rôle se borne à gémir, n'ont dû sentir plus vivement le besoin de fortifier leur âme par la contemplation des

— w — graades chosies, et de sje réfugier daps ces t$mpl^ sereins, bâtis à Tc^bri des orages, suiy^^t la magnifique expr^ssion de Lucrèce :

Edita doctrina sapientûm templa serena, Despicére unde queas alios

De ces refuges, le mieux assuré peutrétre est robsepvatiQU de la uature dqut l'ordre iualtér^^ble fait bpute è uos étera^U déebireffie»t3 , ou, pour ceux qui ne peuvent interroger la nature elle-mêine, l'étude de^ livres où elle est le mieux représentée dans son engeml^le majestueux. La littérature frivole, qui n'a d'ftutrp but qu'elle-wêipe et a longtemps rempli nos loisirsf, tend chaque jour k se discréditer day^tage. Il semble que la poésie, pour satisfaire aux besoins des intelligences, dpive subir une transfornafttion nouvelle, qu'en se gar4apt soigneusement de la sécheresse didactique, elle doive, compie au temps des antiques oosmqgor nies, pénétrer de plus en plus 1^ philospphie et la science, a mesure que la science elle-jijêipe s'élève à la hauteur de Iq. poésie, et, pçir la

gtandéur de se» découvertes ^ ilous révèle déis sburces d'inspiratioii ignoréëts. S'il en est ainsi ^ aveo, quelle reconnaissance ti'accueillerons-nous pas r<Buvre d'un hemme dans lequel se fondent harmonieusement ces deux éléments divers ^ d'uil vieillard dont le temps semble avoir conservé la jeunesse , qui sait si bien faird pàrlét* à laaéienoei Mil s lui rien enlever de sa dignité ni de sa oartitudêy le langage de l'imagination. M. Faye a jugé que le sujet de ce volutne s'écarte trop de ses études habituelles , pour entreprendre de le traduire. Il ft i*éSîstê aux prières de M. de Hiunboldt, en réservant son zèle pbiir là dernière partie, qui doit être purement scientifique , et en m'offrant d'ailleurs ses conseils avec une grande bienveillance. Je m'applaudis d'avoir été chargé de le remplacer. Ma tâche a été rendue plus facile par les secours que j'ai trouvés auprès de M. Letronne et de M. Guigniaut. L'intérêt actif que M. Guigniaut avait pris à la traduction du premier volume était un engagement auquel il est resté fidèle. 11 a bien voulu accepter, de concert avec ,

M. Letronne, la haute direction de ce travail. C'est de la part de tous deux une marque de dévouement pour l'auteur, un témoignage de l'admiration que son ouvrage et toute sa vie leur inspirent; en reconnaissant ce que je leur dois, j'ose à peine les en remercier pour moi-même. Il m'est doux d'autre part de pouvoir rapporter à un sentiment personnel d'amitié les avis qu'a bien voulu me donner M. E. Egger et qui m'ont souvent profité.

Juillet 4848.

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