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L'histoire de la contemplation physique du monde est l'histoire de la connaissance de la nature prise dans son ensemble; c’est le tableau du travail de lhumanité cherchant à embrasser l’action simultanée des forces qui s’exercent dans la terre et dans les espaces célestes. Cette histoire a donc pour but de décrire les progrès successifs par lesquels les observations ont tendu à se genéraliser de plus en plus. Elle tient aussi une place dans l'histoire du monde intellectuel , en tant que l'intelligence s'applique aux objets sensibles, au développement organique de la matière agglomerée et aux forces qu'elle recele dans son sein.
Dans la prennère partie de cet ouvrage, dans le chapitre sur les Limites et l'Exposition méthodique de la Descriplion physique du Monde, je crois avoir fait voir clairement quel rapport lie les sciences naturelles isolées à la description de l'univers, c’est-à-dire à la doctrine du Cosmos ; comment cette doctrine ne peut emprunter autre chose aux con-
naissances spéciales que les matériaux sur lesquels repose son existence scientifique (1). L'histoire de la connaissance du monde dont j'expose ici les idées essentielles , et que je nommerai tantôt l'histoire du Cosmos, tantôt l'histoire de la contemplation physique du monde, ne doit donc pas être confondue avee l'histoire des sciences naturelles, telle que nous la présentent quelques-uns de nos meilleurs ouvrages de physique, de botanique et de zoologie.
Le meilleur moyen de donner une idée de la nature des choses qui doivent trouver place dans ce tableau, est de citer quelques exemples. A lhistoire du monde appartiennent les découvertes du microscope coniposé, du télescope, et de la polarisation de Ia lumière, parce qu’elles ont fourni les moyens de déméler ce qui est commun à tous les organismes, de pénétrer dans les espaces les plus reculés du ciel, et de distinguer la lumière propre de la lumiere réfléchie, c'est-à-dire de reconnaitre si la lumiére solaire émane d’un corps solide ou d’une enveloppe gazeuse. Au contraire, l’énumération des essais qui, depuis Huyghens, nous ont successivement amenés à la découverte de M. Arago sur la polarisation colorée, doit être réservée pour Fhistoire de optique. De même, il faut laisser à l’histoire de la Phytognosie où botanique le développement des principes d’après lesquels la masse innombrable des végétaux peut se partager en familles, tandis que la géographie des plantes, c’està-dire la distribution locale et elimatologique des végétaux qui s'étendent sur tout le globe, en y comprenant les algues qui garnissent le bassin des mers, forme une division importante dans un essai historique sur le développement de l’idée de l'univers.
L'observation raisonnée des progrès qui ont pu amener l’homme à embrasser le corps de la nature n’est pas plus l'histoire générale de la culture de l’humanité qu’elle ne peut être, ainsi que nous venons de le rappeler, l’histoire des sciencies naturelles. Sans doute ce coup d’æil jeté sur l’ensemble des forces vivantes de la création doit être considére comme le plus noble fruit de la civilisation humaine, comme l'effort suprême de l'intelligence vers le but le plus