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PLANÈTES SECONDAIRES OU SATELLITES

Les considérations générales auxquelles peut donner lieu la comparaison des planètes secondaires ont élé exposées déjà assez en détail dans le Tableau de la nature qui remplit le premier volume du Cosmos (p.163-109. A l’époque où ce volume parut, on ne connaissait encore que 14 planèles principales et 18 planètes secondaires. Parmi les astéroïdes ou petites planètes télescopiques, 4 seulement avaient été signalées: Cérès, Pallas, Junon et Vesta. Aujourd’hui, au mois d'août 1851, nous connaissons 22 planètes principales et 21 satellites. Après une interruption de 58 ans dans les découvertes des planètes, depuis l'année 1807 jusqu’au mois de décembre 1845, commence avec l'Astrée d'Hencke une série d'observations heureuses qui révèlent lexistence de 10 petites planètes. Dans ce nombre, 2 ont été vues pour la première fois à Driesen, par Hencke (Astrée et HGbé); 4 à Londres, par Hind (ris, Flore, Victoria et Irène); 1 à Markree Castle, par Graham (Métis), et 5 à Naples, par de Gasparis (Hygie, Parthénope et Egérie). La plus éloignée de toutes les grandes planètes, Neptune, signalée par Leverrier à Paris et reconnue à Berlin par Galle, suivit Astrée à dix mois d'intervalle. En ce moment les découvertes se multiplient avee une telle rapidité, qu'après un laps de quelques années, la topographie du système so-

laire semble avoir autant vieilli que les statistiques géographiques.

Des 21 satellites aujourd'hui connus, 1 appartient à la Terre, # appartiennent à Jupiter, 8 à Saturne, parmi lesquels le dernier découvert, Hypérion, est le 7° dans l'ordre des distances ; Uranus en à 6, dont le 2° et le 4° sont déterminés surtout avec une grande certitude : Neptune en ad

Les satellites tournant autour des planètes principales, forment des systèmes subordonnés, dans lesquels ces planèles jouent le rôle de corps central, el constituent des systèmes particuliers de dimensions très-différentes, qui reproduisent en petit l’image du système solaire. Dans l'état actuel de nos connaissances, le domaine de Jupiter, a, en diamêtre, 980 000 myriamètres; celui de Saturne en a 780 000. Ces analogies entre les systèmes subordonnés et le système solaire ont contribué, au temps de Galilée, où lexpression de Monde de Jupiter (Mundus Jovialis) devint d'un usage fréquent, à répandre d’une manière plus générale et plus rapide la théorie de Copernic. Elles rappellent ces ressemblances de forme et de position que la nature organique se plail aussi à répéter souvent à des degrés inférieurs de la création.

La réparution des satellites dans le système solaire est tellement inégale, que, bien que les planètes principales accompagnées de satellites soient à celles qui en sont dépourvues dans le rapport de à à 5, les premières, à l'exception de la Terre, font toutes partie du groupe extérieur, situé au delà des astéroïdes aux orbites entrelacées. Le seul satellite qui se trouve dans le groupe intérieur, la Lune, offre celle particularité que son diamètre est d’une grandeur excessive relativement à celui de la Terre. Ce rapport est de 1/5,8, tandis que dans le plus grand des satellites de Saturne, le 6° par ordre de position, dans Titan, le diamètre n'est guère que 1/15,5 de celui de la planète prinapale, et que dans le plus grand des satellites de Jupiter, qui est le 5° par ordre de position, ce rapport n’est que de 1/25,8.

Cette grandeur toute relative doit être, du reste, distinguée avee soin de la grandeur absolue. Le diamètre proportuonellement si large de la Lune n’a en définitive que 454 milles géographiques, et le cède par conséquent en grandeur absolue aux diamètres des quatre satellites de Jupiter, qui en ont respectivement 776, 664, 529 et 475. il s’en faut de très-peu que le diamètre du 6° satellite de Saturne p’atleigne le diamètre de Mars, qui a 892 milles géographiques (). Si les résultats fournis par le télescope dépendaient uniquement du diamètre du satellite et n'étaient point subordonnés au voisinage de la planète principale, à l'éloignement et à la constitution de la surface qui réfléchit la lumière, on serait autorisé à considérer les deux premiers satellites de Saturne, Mimas et Encélade, ainsi que Je 2° et le 4° des satellites d'Uranus, comme les plus petites de toutes les planêtes secondaires. Mais 1l est plus sûr de les désigner seulement comme les plus petits points lumineux. Un fait qui paraît acquis à la science, c'est que lon doit chercher parmi les petites planètes, et non parmi les satellites, les plus petits de tous les corps planétaires (*).

Ïl n’est nullement exact de dire que la densité des satellites soit toujours moindre que celle des planètes principales, comme cela est le cas pour la Lune, dont la. densité est à celle de la Terre dans le rapport de 0,619 à 1, ainsi que pour le 4° satellite de Japiter. Dans le système de Jupiter, le 5° satellite, qui est le plus grand, a la même densité que la planète, le 2° est plus dense. Il n’est pas vrai non plus que les masses augmentent avec les distances. Si l'on suppose que les planètes furent formées d'anneaux se mouvant en cercle dans l’espace, il faut que des causes, qui resteront peut-être éternellement un mystère, aient déterminé autour de tel ou tel noyau des agglomérations de grandeurs différentes, et diversement condensées.

Les orbites de satellites appartenant au même groupe ont des excentricités très-différentes. Dans le système de Jupiter, les deux premiers satellites décrivent presque des cercles parfaits ; l’excentricité dans les deux suivants s'élève à 0,0015

et 0,0072. Dans le système de Saturne, l'orbite du satellite le plus rapproché, de Mimas, est déjà beaucoup plus excentrique que celle d'Encélade et ceile de Titan, si nettement détérminé par Bessel, et qui est à la fois le plus grand et le plus anciennement découvert des satellites de Saturne. L’excentricité de Titan n'est, à la vérité, que de 0,02922. D'après ces données, qui méritent confiance, Minas seul est plus excentrique que la Lune, dont l'excentricité, égale : à 0,0548%, à cela de particulier qu'elle est la plus grande excentricité connue, relativement à celle de la planète principale autour de laquelle elle fait sa révolution. Ainsi l’excentricité de Mimas est à celle de Saturne comme 0,068 est à 0,056 ; cclle de Ja Lune est à celle de la Terre comme 0,054 est à 0,016. Sur les distances des satellites aux planètes, on peut voir le premier volame du Cosmos (p. 76). La distance de Mimas à Saturne n’est plus évaluée aujourd’hui à 14 837 myriamètres, mais à 48 995, en partant du centre de la planète, où à 12 946, en partant de la surface; d’où il résulle que la distance de ce satcilite à l'anneau de Saturne est de plus de 5009 myriamètres, en défalquant 5409 myriamètres pour l'intervalle entre la planète et l'anneau, et 486 pour la largeur même de l'anneau ($°). Le système de Jupiter présente aussi, avec une certaine harmonie générale, des anomalies singulières dans les orbites de ses satellites, qui se meuvent tous à une faible distance et dans le plan de l'équateur de la planète. Parmi les satellites de Saturne, 7 font leur révolution à très-peu près dans le plan de Panneau; le 8° et dernier, Japhet, est incliné sur ce plan de 12° 14.

Dans ces considérations générales sur les orbites planélaires, nous sommes descendu da système solaire, le plus vaste des systèmes connus, mais qui vraisemblablement n'est pas encore la manifestation suprême de l'attraction céleste, aux systèmes partiels et subordonnés de Jupiter, de Saturne, de Neptune, d'Uranus ($1). Si, d’un côté, il y a dans la pensée et dans l'imagination de l’homme une tendance innée à la généralisation, un besoin insatiable d'agrandir encore le

monde par ses pressentiments, et de chercher dans le mouvement de translation qui emporte notre système solaire l’idée d’une coordination plus vaste et plus élevée (#2), on a conjecturé, d'autre part, que les satellites de Jupiter pouvaient être autant de centres autour desquels tournaient des corps célestes que leur petitesse dérobe à la vue. D’après cette hypothèse, chacun des membres dont se composent Jes systèmes partiels qui ont leur siége principal dans le groupe des planètes extérieures aurait au-dessous de Jui d’autres systèmes analogues et subordonnés. L'esprit symétrique de l’homme se complait dans la reproduction successive des mêmes formes, alors même aw’il est forcé, pour se satisfaire, d'inventer des analogies; mais un examen sérieux ne permet point de confondre le monde idéal avee le monde réel, les hypothèses simplement probables avec les résultats fondés sur des observations certaines.

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