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DES PHÉNOMÈNES TERRESTRES

Si Ton vent, dans un ouvrage où Ton dispose d'un matériel immense formé des objets les plus divers, dominer ces matériaux, c*est-à-dire ordonner les phénomènes de telle manière que Ton en puisse facilement saisir la liaison, le seul moyen de rendre l'exposition lumineuse, c'est de subordonner les notions spéciales, particulièrement dans le champ si longtemps sillonné de Tobservation, au point de vue plus élevé de l'unité du monde. La sphère terrestre, opposée à la sphère céleste, se divise en deux parties : la nature inorganique et la nature organique. La première comprend la grandeur, la forme et la densité de la Terre ; sa chaleur interne, son activité électro-magnétique, la constitution minéralogique de son écorce, la réaction de l'intérieur contre la surface, qui se produit dynamiquement par voie d'ébranlement, chimiquement par les phénomènes qui forment et transforment les roches, l'envahis-

sèment partiel de la surface solide par Télément liquide ou la mer; le contour et les articulations de la partie solide qui s'élève au-dessus des flots, c'està-dire des continents et des îles; enfin l'enveloppe gazeuse qui recouvre le globe de toute part, en d'autres termes, l'atmosphère. Le domaine de la nature organique comprend non pas les formes particulières de la vie, dont la description est proprement l'objet de l'Histoire Naturelle, mais bien les relations de localité qui existent entre les êtres et les parties solides ou liquides de la surface terrestre, c'est-à* dire la Géographie des plantes et des animaux, et les gradations de l'espèce humaine en races et en tribus, malgré son unité spécifique.

Cette division appartient dans une certaine mesure à l'antiquité. On distinguait dès lors les deux ordres de faits : d'une part, les phénomènes élémentaires et la transformation des substances; de l'autre, la vie des plantes et des animaux. A défaut de moyens pour augmenter la force visuelle qui manquaient presque absolument (11), la distinction entre les végétaux et les animaux était purement intuitive ou reposait uniquement sur le pouvoir qu'ont les animaux de se nourrir eux-mêmes et sur le ressort intérieur qui leur permet de se mouvoir (12). L'espèce de conception intellectuelle que j'appelle intuition, et plus encore l'association des idées, si pénétrante et si féconde chez Aristote, lui révélèrent le passage apparent de l'animé à l'inanimé, de la substance élémentaire à la plante, et l'ame-

nèreDt à cette vue que, la vie tendant toujours à s^élever dans Téchelle des êtres, il existe des gradations insensibles des plantes aux animaux inférieurs (13). L'histoire des organismes, en prenant le mot d'histoire dans son sens originaire, c'est-à-dire en nous reportant à Tépoque des Faimes et des Flores antiques, est si intimement liée avec la Géologie, avec la superposition des couches terrestres et Tâge des soulèvements, soit des pays entiers, soit simplement des montagnes, que je n'ai pas cru devoir, dans un ouvrage tel que le ÇpsmoSy prendre pour point de départ la division, d'ailleurs très-naturelle, de la nature organique et de la nature inorganique, et en faire l'élément principal de ma classification. La grande division que j'ai suivie m'a paru plus appropriée au but que je me propose , en ce qu'elle représente mieux l'enchaînement de vastes phénomènes, occupant une place considérable dans l'Univers. Je ne puis, en effet, me tenir ici à un point de vue morphologique. Ce dont il s'agit surtout, c'est de tracer un tableau général de la Nature, qui permette d'embrasser l'ensemble de toutes les forces qui concourent à l'animer.

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