PLANÈTES SECONDAIRES OU SATELLITES
Les considérations générales auxquelles peut donner lieu ta comparaison des planètes secondaires ont été exposées déjà assez en détail dans le Tableau de la Nature qui remplit le premier volume du Cosmos (p. 103-109). A l'époque où ce volume parut, on ne connaissait encore que 11 planètes principales et 18 planètes secondaires. Parmi les astéroïdes ou petites planètes lélescopiques, h seulement avaient été signalées : Cérès, Pallas, Junon et Vesta. Aujourd'hui, au mois d'août 1851, nous connaissons S!2 planètes principales et 21 satellites. Après une interruption de 38 ans dans tes découvertes des planètes, depuis l'année 1807 jusqu'au mois de décembre 18/|5, commence
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avec l'Astrée d'Ëncke une série d'observations heureuses qui révèlent l'existeDce de 10 petites planètes, jusqu'au milieu de 1351. Dans ce nombre , 2 ont été vues pour la première fois à Driesen, par Ëncke (Astréo et Hébé] ; h à Londres, par Hind (Iris, Flore, Victoria et Irène) ; 1 h Markree Gastle, par Graham (Métis) , etSè Naples, par de Gasparis (Hygie, Partbénope et Égérie). La plus éloignée de toutes les grandes planètes, Neptune , signalée par Le Verrier h Pariset reconnue è Berlin par Galle, suivit Aslrée à dix mois d'intervalle. Go ce moment les découvertes se multiplient avec une telle rapidité, qu'après on laps de quelques aonées, la topographie du système solaire semble avoir autant vieilli que les statistiques géographiques.
Des 2i satellites aujourd'hui connus, 1 appartient à la Terre, h appartiennent à Jupiter, 8 à Saturne, parmi lesquels le dernier découvert, Hypérion, est le 7' dans l'ordre des distaoces ; Uranus en a 6, dont le 3* et le h' sont déterminés surtout avec une grande certitude ; Neptune en a 2.
Les satellites tournant autour des planètes principales, forment des systèmes subordonnés, dans les- (piels ces planètes jouent le rôle de corps central , et constituent des systèmes particuliers de dimensions tiès-différmtes qui reproduisent en petit l'image du système solaire. Dans l'état actuel de nos conaaissances, le dtnnaine de Jupiter a, en diamètre, 380 000 myriamètres; celui de Saturne en a 780 000. Ces analogies «itre les systèmes subordonnés et le ^fstème solaire ont contribué, au temps de Galilée,
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où l'expresaon de Monde de Jupiter (Mundus Jovialis] devint d'un usage fréquent, à répandre d'une manière plus génén^ et plus rapide, la théorie de C(^)eniic. Elles rappellent ces refiaernUances de forme et de position que la nature oi^ianîque se platt aussi à répéter souvent à des d^rée inférieurs de la créatioD. La répartititm des satellites dans le système solaire est teU^nent inégale, que, bien que les planètes principales accompagnées de satellites soient k celles qui en sont dépourvues daos le ra[^rt de 5 à S, les premières , à l'exception de la Terre , font toutes partie du groupe extérieur, situé au-ddà des asléroldee aux oti)ites entrelacées. Le seul satellite qui se trouve dans le groupe intérieur, la Lune, offre cette particularité que son diamètre est d'une grandeur excessive relativement à celui de la Terre. Ce rapport est de 1/3,8, tandis que dans le plus grand des satelliles de Saturne, le 6* par ordre de position , dans HtaB, le diamètre n'est guère que de 1/15,5 de oeluï de la planète principale , et que dans le plus grand des satellites de Jupiter, qui est le 3* par ordre de position, œ rapport n'est que de 1/25,8. Cette grandeur toute rdative doit être, du reste, distinguée avec soin de la grandeur absolue. Le diamètre prop(H>tioDuellemait si large de la Lune n'a, en déSnitÎTe, que &5& milles géographiques, et le cède par conséquent &i grandeur absolue aux diamèbvs des quatre satellites de Jupiter, qui en ont respectivement 776, 66&, 5S9 et fi75. II s'ai faut de trèe-pen que le diamètre du G* satellite de Saturne n'atteigne
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le diamèlra de Mars, qui a 893 milles géograpbiqoes (86). Si ks résultats foDrois par le télescope dépendaient miiquameDt du diamètre du satellite et n'étaient point subordonnés au voisinage de la planète principale , à l'éloignement et à la oonstitutioa de la surface qui réfléchit la lumière , on sarait ankHÎsé à coosidérBr les deux premiers satellites de Satoroe, Mimas et Ëncelade, ainsi que le 3* et le i* des satellites d'Uranus , comme les plus petites de toutes les {Poètes secoudaires. Hais il est jAvè sur de les désigner seul«iient comme les plus peUts points lamineuK. Un fait qui parait acquis à la science, c'est que l'on doit chercher parmi les petites planètes, et KHI parmi les satellites, les plus petits de tous les corps planélairee (S7).
11 n'est DoJlement exact de dire que la densité des nidtites soit toujours mcundre que celle des planètes principalefl, comme cela est le cas pour la Lune, dont la deuailé est à cdle de la Terre dans le rapport de 0,619 à 1, ains que pour le /i* satellite de Jupita*. Dans le sjfstème de Ju[Hter, le 3* satellite, qui est le pins grand, a la même densité que la planète; le 2* est [dus dense. Il n'est pas vrai non plus que les masses augmentent avec les distances. Si l'on suppose que les (danètes furent fCHmées d'anneaux se OMHmiit en cetde dans l'espace, il faut que des anses qui resteront peut-être étemdlement un nystère, aient déterminé autour de tel ou tel noyau des agglomérations de grandeurs diffiireotes, et divers nment condensées.
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Les oii>iles de satellites apparteaant au même groupe ont des exceotricités très-différeDles. Dans le syslème de Jupiter, les deux premiers satellites décrivent presque des cercles parfaits; l'excentricilé daos les deux suivants s'élève à 6,0013 et 0,0072. Dans le système de Saturne, l'orbite du satellite le plus rapproché, de Mimas, est déjà beaucoup [dus excentrique que celle d'Encelade et celle de Titao, si oeltemeot déterminé par Bessel, et qui est à la fois le plus grand et le plus ancieDDement découvert des satellites de Saturne. L'excentricité de Titan n'est, à la vérite, que de 0,02922. D'après ces données, <|ui méritent confiance. Mimas seul est plus excentrique que la Lune , dont l'excentricité , égale à 0,05û8ft , a cela de particulier qu'elle est la plus grande excentricité connue, relativ^nent à celle de la planète principale autour de laquelle elle fait sa révolution. Ainsi l'excentricité de Mimas est à celle de Saturne comme 0,068 est à 0,056; celle de la Lune est à celle de la Terre comme 0,05/i est à 0,016. Sur les distances des satellites aux planètes, od peut vcur le premier volume du Cosmos (p. 106). I^ distance de Mimas à. Saturne n'est plus évaluée aujourd'hui à 1^,857 myriamètres , mais à 18,995 , en partant du centre de la planète, ou à 12,9/|6, en partant de la surface; d'où il résulte que la dislance de ce satellite k l'anneau de Saturne est de plus de 5000 myriamètres, ea défjdquant â&09 myriamètres pour l'intervalle entre la planète et l'anneau, et kh^ pour la largeur même de l'anneau (38) . Le système de Jupiter présente aussi,
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avec une œrtaiae harmonie générale, des aDomalies singulières dans les orbiles de ses satellites , qui se oKUTeDt tous à une faible distance et dans le plan de l'équateur de la planète. Parmi les satellites de Saturne, 7 font leur révolution à très-peu près dans le plan de l'anneau; le S* et dernier, Japhet, est incliné sur ce plan de 13' !&'.
Dans c^ considérations générales sur les orbites [^nétaires , nous sommes descendu du système solure, le plus vaste des systèmes connus, mais qui vraisemblablement n'est pas encore la manireslalion suprême de l'attraction céleste , aux systèmes partiels et subordonnés de Jupiter, de Saturne, de Neptune, d'Uranus (39). Si, d'un côté, il y a dans la pensée et dans l'imagination de l'bomme une tendance innée à la généralisation , un besoin insatiable d'agrandir encore le monde par ses pressentiments, et de chercher, dans le mouvement de translation qui emporte noire système solaire, l'idée d'une coordination plus vaste et i^us élevée (&0}, on a conjecturé, d'autre part, que les satellites de Jupiter pouvaient êUe autant de centres autour desquels tournaient des coqis célestes que leur petitesse dérobe à la vue. D'après cette hypothèse, diacun des membres dont se composent tes systèmes partiels qui ont leur siège principal dans le groupe des planètes extérieures aurait au-dessous de lui d'autres systèmes analogues et subordonnés. L'esprit symétrique de l'homme se complaît dans la reproduction successive des mêmes formes, alors même qu'il est forcé, pour se satisfaire, d'inventer des analogies; mais un examcii
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