‹ Cosmos; essai d'une description physique du monde; (volume 2)Chapitre 26 sur 36 · DIAMÈTRE · texte numérisé non relu

DIAMÈTRE

UASSE.

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Si, par conséquent, la fraction 1/10&7,879 exprime la masse <le Jupiter el de ses satellites réunis, la masse de la planète, sans les satellites, est de i/10Jï8,059, c'est-è-dire qu'elle perd par celte soustraction environ 4/6000.

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— Û52 — On a déjà comparé plus haut tes satdiites de Jupiter avec les satellites des autres systèmes, sous le rapport des grandeurs, des distances et des excentricités. (Voyez t. III, p. 507-510.) L'intensité d'éclat des satellites de Jupiter ne varie point proportioDnelleinent à leur volume, puisque, en g^ oéral, le troisième et le premier, dont les diamètres EODt comme 8 est à 5, paraissent les plus éclatants, et que le second, le plus petit et le plus dense de tous, est ordinairement plus lumineux que le quatrième, désigné d'habitude comme le moins brillant. On a remarqué aussi, dans l'éclat lumineux de ces sat^ lites, des variatioDS accidentelles, que l'on a attribuées, tantôt à des modifications de la surface, tantAt à des obscurcissements dans l'atmosphère qui les eoveloppe (15). Tous semblent, du reste, réfléchir une lumière plus intense que la [Janète elle-même. Quand la Terre se trouve entre Jupiter et le Soleil, et que les satellites, en se mouvant de l'Est à l'Ouest, paraissent entrer dans le bord oriental de la planète, ils nous cachent peu à peu diverses parties du disque planétaire, et se détachant comme des points lumineux sur ce fond plus obscur, peuvent être aperçus, au passage, même avec de médiocres grossissements. Ils sont de plus en plus difficiles à disUnguer, à mesure qu'ils s'approchent du centre de la ptanèlfl. Pound, l'ami de Newton et de Bradley, avait condu de cette observation déjà ancienne que le disque de Jupiter était mwns éclatant sur les bords qu'an centre. Suivant Arago, cette assertion, renouvelée par Messier,

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453 — est sujette à des objections qui nécessitent des expériences nouvelles et plus délicates. Jupiter a été aperQU sans aucun de ses satellites, par Molineux au mois de novembre 1681, par William Herschell le 23 mai 1802, et par Griesbach le 27 septembre 18/|3. Cette invisibilité des satellites doit être entendue uniquement dans « sens qu'ils correspondaient au disque de Jupiter, et n'est pas en contradiction avec le théorème d'où l'on a déduit que les quatre satellites ne peuvent être éclipsés à la fus.

La durée de la révolution sidérale ou vraie de Saturne est de 29 ans 166 jours 23 heures 16' 32'. Son diamètre moyen est de 11507 myriamètres, c'est- Mire qu'die est h celte de la Terre comme- 9,022 est à 1. La durée de la rotation, déduite de l'observaticni de quelques taches sombres, que produit sur la surface le renflement des bandes, est de 10^ SO* 17' (16). A une telle vitesse correspond un aplatissement considérable. William Herschell évaluait cet aplatisseoynt, en 1776, à 1/10,&. Bessel, iptis plus de trois années d'observations concordantes, a trouvé pour la grandeur apparente du diamètre polaire, è distance moyenne, 15", 381; pour le diamètre équatorial, 17",053; il reste ainsi pour l'aplatissement 1/10,2 (17). Le corps de la planète présente aussi des bandes, mais moins feciles à apercevoir que celles de Jupiter, birai qu'un

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peu plus taises. La plus coDStante de toutes est une bande grisâtre, située à l'équateur, et suivie de plusieurs aub%s, dont les formes cbaageantes iodiquent uue origioe ataiosphérique. William Herscbell n'a pas toujours trouvé ces bandes parallèles à l'anneau qui entoure la planète; elles ne s'étendent pas non plus jusqu'aux pâles. II est ^ remarquer que les régions polaires sont soumises à des changemrats d'éclat, dépendant des saisons qui se succèdent sur la planète. Dans l'hiver, le pôle devient toujours plus lumineux, phénomène qui rappelle les variations alternatives produites dans les régions neigeuses de Mars, et qui n'avait pas échappé îi la sagacité de William Herschell. Que l'on doive attribuer cet accroissement d'intensité à la formation temporaire de glaces et de neiges, ou à l'accumulation des nuages, toujours esl-U qu'il témugne des eGEits produits sur une atmosphère par des variations de température (16).

Nous avons déjà donné, comme exprimant la masse de Saturne, la fraction 1/3501,6; te volume de cette planète est relativement immense , puisque son -diamètre est les b/â du diamètre de Jupiter, d'où l'on conclut qu'elle a une densite trè|^ible qui doit décroître encore vers la surface. Si la densité était partout la même, c'est-à-dire égale aux 0,76 de celle de l'eau , l'aplatissemrat serait encore plus considérable.

La planète est entourée, dans le plan de son équateur, de deux anneaux au moins, tous deux fort minces et librement suspendus. Ils ont plus d'éclat que la planète elle-même; l'anneau extérieur est le plus

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/i55 — brillant des deux (19). La division de l'anneau que Huygbens avait découvert et signalé comme unique, en i655 (20), fut bien remarquée d'abord par Dominique Cassini, en 1675, mais ne fut exactement décrite que par William Herschett, de 1789 à 1793. Depuis tes observations de Schort, on a constaté plusieurs fois que l'anneau extérieur était divisé par des lignes légères, mais ces lignes n'ont jamais été bien constantes. Tout récemment, le 11 novembre 1850, Bond, se servant à Cambridge, dans les Étals-Unis, de la grande lunette de Merz, munie d'un objectif de 1& pouces, a découvert, entre l'anneau dit intérieur et la planète, un troisième anneau plus sombre; et presque simultanément, le 35 novembre de la même année, Maidston'e signalait le même fait en Angleterre. Ce troisième anneau est séparé du secood par une ligne noire; il rraaplit un tiers de l'espace qu» jusqu'à présent on croyait libre entre le deuxième anneau et le corps de la {danëte et à travers lequel les astronomes prétendent avoir tu de petites étoiles.

Les dimensions de l'anneau inuUiple de Satume ont été déterminées par Besse) et par Stmve. Diaprés Struve, le diamètre extérieur de l'anDeati qui earelo{^ les autres nous apparaît, à distance moyenne de la planète, sous un angle de 40",09, correspondant à 38300 milles géographiques, et le diamètre intérieur, sous un angle de 35",29, qui équivaut à 33700 milles; le diamètre extérieur du second anneau est de 3&",A7; le diamètre intérieur de 36",67. L'intervalle qui sépare le second anneau de la surface

' de la planète serait, d'après Struve, de A",3f|. La largeur totale de ces deux anneaux réunis est de 3700 milles géographiques, la distance de l'anneau à la surface de Saturne d'environ 5000. Le vide qui sépare le premier anneau du second, et qu'indique le trait noir aperçu par Cassini, n'est que de 390 milles. On ne croit pas que l'épaisseur de ces anneaux dépasse 30 milles; leur masse est, d'après Bessel, 1/118 de la masse de Saturne. Ils ofOrent quelques inégalités de surface et quelques éminences, au moyen desquelles on a déterminé, d'une manière approximative, la durée de leur rotation, absolument égale à celle de la planète (21). Les irrégularités de leur Tonne se manifestent lors de la disparition de l'anneau, dont généralement une anse devient invisible avant l'autre.

Un phénomène très-remarquable est ta position excentrique de Saturne, découverte par Sdiwabe à Dessau, en septemLi-e 1827. Le globe de la planète n'est pas concentrique avec l'anneau, mais incline un peu vers l'ouest. Cette observation a été vérifiée, en partie à l'aide de mesures micrométriques, par Uarding, Struve (22), John Herschell et South. De petites différences constatées dans la valeur de l'excentricité, è la suite d'une série d'observations faites concurremment par Schwabe» Harding et de Vico, différences qui paraissent périodiques, ont peul-étre pour cause une oscillation du centre de gravité de l'anneau autour du point central de Saturne. C'est un fait curieux que, dès la Hn du xvii' siècle,

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UD ecclésiastique d'Avignon, nommé Gallet, ait cherché vainement à fixer l'atteotion des astronomes sur la position excentrique de cette planète (23) . Il est' difficile, d'après la densité de Saturne, égale à peine' aux 3/5 de celle de l'eau, et qui décrott encore vers " la surface, de se représenter son état moléculaire et sa constitution matérielle, ou seulement de décider si le corps de la planète est à l'état fluide, qui est celui où les molécules ont le moins d'adhérence eutre elles, ou à l'état solide, comme permettent de le croire les analogies souvent citées du bois de sapin, du liège, de la pierre ponce, ou d'un liquide solidifié, la glace. L'astronome attaché à l'expédition de Krusenstem, Homer, est d'avis que l'anneau de Satome est une ceinture de nuages, et prétend que les montagnes de la planète sont formées par des masses de vapeurs et de brouillards vésiculaires (2A), L'astronomie conjecturale a ici le champ libre, mais les spéculations de deux astronomes américains. Bond et Peirce, sur les conditions de stabilité de l'anneau, ont une tout autre portée (25). C'est en partant de l'observation et de l'analyse mathématique que tous deux s'accordent à admettre la fluidité de l'anneau, ainsi que des variations continues dans la Tonne et la divisibilité de l'anneau extérieur. Si cet ensemble se conserve tel qu'il est, cela tient, suivant Peirce, à la position des satellites : sans cette influence conservatrice, l'équilibre ne pourrait se maintenir, malgré les inégalités de l'anneau.

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«ATBLLITEB DE SATCBmS.

Les cinq plus anciens satellites de Saturne forent découverts entre les années d655 et 168it, à savoir : Titan, le 6* dans l'ordre d^ distances, par Huygbens; Japbet, le plus extérieur de tous, Rhéa,Téthys et Dioné, par Cassini. Ces découvertes furent suivies, en 1789, par une autre, due à William Hersdiell, qui révâa l'existence des deux satellites les plus voisins de la plauète, Mimas et Eocelade; enfin le septième satellite, l'avant-dernier dans l'ordre des distances, HypériOD, fut découvert presque simultanément par Bond à Cambridge, dans les États-Unis, et par Lassell, à Liverpool, en septembre 18Zl8. Nous avons déjà indiqué plus haut (Cosmos, t. I, p. 105 et t. III, p. 510) les volumes de ces satellites et leurs distances relatives à la planète principale. Je joins ici le tableau de leurs révolutions et de leurs distances moyennes, exprimées en fractions du rayon équatorial de Saturne, d'après les observations faites par sir.Jobn Herscbell au cap de Bonne-Espérance, de 1835 k 1837 (26) :

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