OES ÉTOILES
p Bélier.
S Capricorne.
iPégMe.
f Argo.
1 Sagittaire.
ï Aigte.
t Balance.
t Cjgne.
1 Sagittaire.
T Pcrsée.
PUup.
1* Ourse.
. ViergeT
p Triangle boréal.
.Colombe.
it Scorpion.
tCoclier.
6 UèvrB.
t Hercule.
iLoup.
t Centaore.
JPersée.
i Capricorne.
♦ Ourse.
» Corbeau.
• Cocher (var.)
s Cblensdcchasso.
» Scorpion.
^ OpbiuGus.
• Orion.
1 Cygne.
1 Ijni.
iPeraée.
ï Dragon.
ïTaureaoï
> Autel.
SÉndio.
n Sagittaire.
lArso.
n Hercule.
SOjdre.
^ Petit Cbieoï
[Posée.
î Taureau.
3Ji2
! Bercole.
«Dragon.
iCorbe&a.
n Gënieaux.
1 Cocher.
1 Bouvier.
3Ji3
T Petite Ourse.
• Gémeaux.
SJ0
«Pégase.
. Mouche.
P Autel.
a Hydreî
I Toucan.
. Scorpion.
3Ji4
3iqiiii=dbvGoogIe
ÉTOILES DE 3* GRASDEUR (auitt).
NOUS
DBS âTOILES.
If
NOMS
DBS ÉTOILBS.
la
î Hercule.
n Cocher.
3Ji6
i Gémeaux.
7 Lyre.
q Orion.
11 Gémeaoï.
p Céphée.
1 Céphée.
e Ourse.
X Ourse.
3Ji9
C Hydre.
• Cassiopée.
1 Hydre.
• Aigle.
P TriEuigle austral.
a ScorpioD.
1 Ourse.
r Argo. .
IL Le petit tableau suivant peut encore offirir de linlérét : les nombres désignent les quanlitis de lumière de 17 étoiles de l'* grandeur, telles qu'elles résultent des grandeurs photométriques :
Sirius 4,165
1 Argo —
Ganopus 2,041
a Centaure 1,000
ArcturuB 0,718
RIgel 0.661
La Chèvre 0,510
« Lyre 0,510
Procyon 0,510
a Orion 0.48B
a Érldan 0,Wi
Aldébaruii 0,444
p CenUure 0,401
3,q,i,i=dbvGoogIe
a Croix 0,391
Antarèa 0,391
k Aigle 0,350
L'Épi 0,312
• Voici, de plas, les quantités de lumière des étoiles qui sont juste de 1", de 2", de 3" grandeur, etc. :
Onnddu Quutitd
fa^ri* récballa ordlDura. de lumlin.
■ Partout la quantité de lumière de x du Centaure est prise pour unité, n
3,q,i,i=dbvGoogIe
NOHBRB, DISTRIBUTION BI COULBURS DES ÉTOILES. — AHAS STELLA1BES. — YOK LACTÉE PARSEMÉE DE BARB8 NÉRVLBUSBS.
Dans la première partie de ces fragments d'astrogD05ie,.j'ai rappelé une conception originale d'OIbers (67) : Si la voûte du ciel était entièreinent tapissée de points steilaires qui correspondissent à d'inoombrables couches d'étoiles, placées les unes derrière les autres dans toutes les directions possibles; si, de plus, la lumière traversait l'espace sans y subir d'extinction; alors le fond du ciel présenterait un éclat uniforme, insupportable; aucune constellation ne pourrait être distinguée; le Soleil ne serait reconnaissable que par ses taches, et la Lune, par un disque obscur. Cette singulière hypothèse reporte mon esprit vers un firmament diamétralement opposé, quant à l'apparence, identique, au fond, pour l'obstacle qu'il opposerait au développement de la science, si la nature ne l'eût circonscrit aux plaines du Pérou. Là, entre les côtes de la mer du Sud et la chaîne des Andes, un brouillard épais masque le firmament pendant des mois entiers. C'est la sai:^on
3,q,i,i=dbvGoogIe
qu'on nomme el liempo de la ganta.
alois de distinguer uoe seule planète, une seule de ces bdles étoiles de l'hémisphère austral , CaDopus, la Croix du Sud, ou les pieds du Centaure. Â peine si l'on parrient à deviner parfois le lieu qu'occupe la îme. Le jour, quand il arrive par hasard que les contours du Soleil sont reconnaissables, son disque ipparail sans rayons, comme s'il était vu à travers un verre noir \ sa couleur est jaune rougeâtre, quelquefois blanche, plus rarement d'un bleu verdâtre. Le navigaieur, entraîné dans ces parages par le courant froid <pii règne sur les côtes du Pérou, ne peut recoDiialtre le rivage; sans moyens pour déterminer sa latitude, ii dépasse souvent le port oîi il se proposait d'arriver. Heureusement la configuration locale des owiites magnétiques lui offre une dernière ressource; j'ai montré ailleurs commeDt l'aiguille d'inclinaison peut encore le guider, quand les astres lui font début (68).
Longtemps avant moi, Bouguer et son collaboralenr don Jorge Juan, se sont plaints « du ciel si peu astronomique du Pérou. » Mais une considération pins grave encore se rattache à ce phénomène d'une condie atmosphérique imperméable à la lumière , incapable de retenir l'électricité, où jamais un orage ne se forme, et d'où s'élancent vers des régions plus pures les hauts plateaux des Cordillères, avec leurs sommets twiverts de neiges étemelles. D'après les idées que la Géologie moderne s'^t formées de l'état de l'atmosphère, dans les temps primitifs, il est à présumer que
3,q,i,i=dbvGoogIe
l'air, alors plus opaque et mélangé de vapeurs épaisses, devait être peu propre à transmettre les rayons lumineux. Si donc on rénéchit aux actions complexes qui ont déterminé, dans le monde primitif, la séparaUon des éléments solides, liquides et gazeux, et qui ont constitué finalement l'écorce terrestre avec s^s enveloppes actuelles, il sera impossible de se soustraire à l'idée que l'humanité a couru le danger de vivre dans une atmosphère opaque, favorable encore, il est vrai, à plusieurs espèces végétales, mais qui aurait voilé à nos regards les merveilles du firmament. La structure ' des Gieux aurait échappé è l'esprit d'analyse; hors la Terre, rien n'existerait pour nous dans la création, si ce n'est peut-être le Soleil et ]a Lune; l'espace semblerait uniquement fait pour ces trois corps. Privé de ses notions les plus élevées sur le Cosmos, l'homme aurait manqué de ces incitations qui le lancent depuis des siècles à la poursuite de la vérité, et qui posent incessamment de nouveaux problèmes, dont 1^ difficultés ont exereé tant d'influence sur l'admirable essor des sciences mathématiques. Il est bien permis de considérer un instant cette possibilité funeste, avant d'^umérer ici les conquêtes de l'esprit humain, conquêtes que te plus simple obstacle eût suffi, on le voit, à étouffer en germe.
Quand il s'agit du nombre des astres qui remplissent les espaces célestes, on doit distinguer trois questions différentes. Combien d'étoiles peut-on voir à l'œil nu? Combien nos catalogues en contiennent-ils, c'està-dire, quel est le nombre de celles dont la position esl
3,q,i,i=dbvGoogIe
exactement coQoue? Combien y a-t-il d'étoile com- [ffises dans les divers ordres d'éclat, depuis la l" jusqa'à la 9* et à la 10' grandeur? On peut actodlement répondre à ces trois questions, au moins d'ooe manière approximative; la science possède pour cela des matériaux suSisants. Il eo est autrement de ces recherches purement conjecturales qu'on a voulu baser sur les jauges stellaires de certaines parties isolées de la Voie lactée, aBn d'arriver à résoudre théoriquement cette question : Combien d'étoiles peutH^n discerner sur la voûte entière du àel, à l'aide du télescope de 20 pieds d'Herschell? FnMème qui doit comprendre les astres dont la koière emploie, dit-on, 2000 ans à venir jusqu'à QOQs (69).
Les résultats numériques que je publie ici sur ce atjet sont dus, eo grande partie, aux recherches de ma honorable ami Argelander, directeur de l'Obsernloire de Bonn. J'avais prié l'auteur de la névintn du Ciel boréal, de soumettre les données actuelles (fcno6 catalogues à un nouvel examen. Pour la dernière classe de grandeur, il y' a quelque incertitude prorenant des divergences de l'appréciation individodle; ces divergences se font sentir surtout vers les fimitesde la visibilité à l'œil nu, quand il faut séparer les étoiles de 6' à 7* grandeur des étoiles de 6' graniatr. Ai^landera trouvé, en moyenne, par un grand Moibre de combinaisons, que le nombre des étoiles veiks à l'œil nu, dans tout le ciel, est de 5000 1 5800, e( qae les étoiles comprises dans chaque classe
3,q,i,i=dbvGoogIe
forment à peu près ta série des nombres suivants, en allant jusqu'à la 9' grandeur (70) :
1" graodeur, 20 étoiles.
8' — ZiOOOO —
Le nombre des étoiles que l'on peut nettement distinguer à la vue simple, en un lieu donné, paratt au premier coup d'œil extrêmement faible : on en voit kikG dans la portion du ciel visible sur l'horizon de Paris et /i6â8 à Alexandrie (71). Le rayon moyen du disque de la Lune étant de 15'33'',5, il faut 195391 aires égales au disque de cet astre pour couvrir la surface entière du ciel. En admettant donc que les 200000 étoiles (en nombre rond) , comprises entre la 1" et la 9' grandeur, soient réparties uniformément, il n'y aurait qu'une étoile pour cbacune de ces aires égales au disque entier de la Lune; et comme cet astre emploie lih" 30' pour décrire sur le ciel une aire égale à celle de son propre disque, il ne saurait rencontrer plus d'une étoile, en moyenne, dans ce même laps de 'omps. Si donc on voulait étendre jusqu'aux étoiles de grandeur l'annonce calculée des occultations d'elles par la Lune, on trouverait qu'un phénomène de genre doit se reproduire, en moyenne, à chaque io-
BiqiiiicdbvGoogle
tenaOe de U" 30*. Oo comprend, d'après cela, commeol il se iait que la Lune occulte si peu d'étoiles Tisibles k l'œil nu, dans sa marche à travers les constel- UtioDS.
H D'est pas sans intérêt de comparer les énuméradoDS des andeos avec celles des moderaes. Or Pline, qui coonaissait certainement le catalogue d'Hipparque, et le nommait une entreprise audacieuse, disant que ■ Hippaïque avait voulu léguer le ciel à la postérité, » Pline oe comptait que 1600 étoiles visibles sur le beau del de l'Italie (72)! Il avait pourtant fait entrer largonent les étoiles de 5' grandeur dans son énuméralioD. Un demi-siècle plus tard, le catalogue de Pto~ lànée indique seulement 1025 étoiles, jusqu'à la 6' grandeur.
Depuis qu'on ne se borne plus à classer les étoiles d'après les diverses parties qu'elles occupent dans leurs coKldlatioiis respectives, mais d'après leur position par rapport à l'équateur ou à l'écliptique, les progrès de celle branche de la science se sont réglés constam- Bwnt sur ceux des instruments de mesure. Aucun alalogue ne nous est parvenu de l'époque d'Aristille tt de Timocharis (â8â ans avant I. C). Leurs obserntiooB étaient ^tes grossièrement (mcvu iXuaytf&i) , d'après un fragment d'Hipparque sur la Longueur de fimée, cité dans le T livre de l'Almageste (cap. III, ;jag. 15, éd. Halma); cependant il parait certain qu'ils ODi déterminé les dédinaisons d'un nombre d'étoiles foofiidérable, près de 150 ans avant l'époque du ca(alogoe stellaire d'Hipparque. On sait comment l'appa-
3,q,i,i=dbvGoogIe
rition d'une étoile nouvelle engagea Hi[^rque ^ feire une réviBioD complète des étoiles; maie nous n'aroas sur ce point d'autre lémoigtiage que celui de Pline, témoignage accusé plus d'une fois de n'être que l'écho d'un bruit inreoté après coup (7S) ■ Ptolémée n'en parie point. Toujours est-il que le grand catalogue de Tycho a précisémmt cette origine. Gomme Hipparque, Tycho fut déterminé h entreprradre son catalogue par l'apparition subite d'une étoile brillante dans Cassiopée, vers le mois de novembre 1572. Sir John Herschfdl pense qu'une étoile nouvelle, vue dans le Scorpion iâ& ans avant notre ère, pouirait bien être celle dont Pline a parlé (7k) • D'après les annales chinoises, elle parut au mois de juillet, sous te règne de Vou-ti, de la dynastie des Han, six années avant l'époque à laquelle les recherches d'Ideler fixent l'élaboration du catalogue d'Hipparque. C'est Edouard Biot, dont les sciences regrettent la perle prématurée, . qui a découvert la mention de ce curieux phénomène dans la célèbre collection de Ma-tua-lin,où sont rapportées toutes les apparitions de comètes et d'étoiles singulières qui ont eu lieu entre l'an 613 avant J. C. et l'an 1222 de l'ère chrétienne.
Le poëme didactique d'Aratus, auquel nous devons le seul écrit d'Hipparque qui nous soit parvenu, remonte aux temps d'Ératosthène, de Timodiaris et d'Arislille (75). La partie astronomique de ce poëme, qui contient aussi une partie météorologique, est bas^ sur la sphère d'£udoxe de Cnide. Le catalogue d'Hipparque ne nous a point été conservé, quoiqu'il ftl
3,q,i,i=dbvGoogIe
putù, d'après Ideter. et même partie esseatielle de l'œuTrt citée par Suidas sur la Distribution des Étoiles H des Astres (76) . Cette table Fenfermait les positions de 1080 étoUes pour l'an lââ avant ootre ère. Les positioas doDoées par Hipparque, dans son Commentaire SOT Aratus, ont été déterminées, sans doute, à l'aide de l'anniUe équatoriale, non avec l'astrolabe; car dies sont toutes rapportées à l'équateur d'après la «lédinaisoD et l'asceDsion droite. Au contraire, le catalogue de Ptolémée, où l'on trouve 1025 positions d'étoiles et 5 stellœ nebulosœ, est rapporté à l'écliptiqne (77), et ne contient que les latitudes et les longitudes (Almagesle, éd. flalma, t. 11, p. 83). On croit q« c'est une simple reproduction du catalogue d'Ripparque transformé par le calcul. Voici comment ces étoiles sont réparties entre les différentes classes de grandeurs :
1" grandeur, 15 étoiles.
Od devait s'attendre à trouver des nombres beaucoup trop faibles pour la 5' et la 6* classe; mais la richesse de la â* et de la &* est remarquable. Toute autre comparaison plus détaillée entre ce vieux catalogue et les catalogues modernes serait d'ailleurs nécessairement iUusùre , à cause du vague qui affecte toi^ours l'eslimaUon des grandeurs.
3,q,i,i=dbvGoogIe
Nous avons vu que le catalogue stellaire, dit de Ptolémée, coutient seulement le cpiart des étoiles visibles à l'œil nu sur l'horizon de Rhodes ou d'Alexandrie : il faut ajouter que, par suite des réductions basées sur une fausse valeur de la précession, les positions d'étoiles qu'on y trouve paraîtraient avoir été observées, non à l'époque d'Hipparque, mais vers l'an 63 de notre ère. Dans les seize siècles suivants, nous ne trouvons plus que trois catalogues complets et fondés sur des observations originales; celui d'Oulough Beg, en 1&37; celui de Tycho. eo 1600, et celui d'Hévélius, en 1660. Au milieu des ravages de la guerre et des plus sauvages bouleversements, c'est h peine si les science purent mettre à profit de rares intervalles de repos entre le ix* siècle et le milieu du xv°; mais ce furent là des époques de splendeur pour l'astronomie observatrice. Elle fut brillamment cultivée parmi les Arabes, les Persans, les Mogols, depuis Al-Mamoun, fils de Haraoun Al-Raschid, jusqu'au fils du Schah Rokh, le Timouride Mohammed Taraghi Oulough Beg. Les tables astronomiques d'Ebn- Jounis, composées en 1007 et nommées tables bakémitiqu^ en l'houDeur du calife fatimite Aziz Ben- Hakem fiiamrilla, ainsi que les tables ilkhaniennes (78) de Nazir-Eddin Tousi, fondateur du grand observatoire de Meragfaa, qui datent ^e 1359, nous montrent assez quels progrès avait faits la comaissance des mouvements planétaires, et combien on avait su perfectionner les instruments de mesure et las méthodes de Ptolémée. Déjà même les oscillations du pendule
3,q,i,i=dbvGoogIe
étaient employées pour la mesure du temps, concur- RUioeDt arec les clepsydres (79). Il faut reconnattre au Arabes le grand mérite d'avoir montré comment on peut perfectionner les tables aslronomiques, en les comparaot assidûment aux observations. Le catalogue d'Oulougb Beg, primitivement écrit en persan, est basé sur les observations originale du gymnase de Samarcande, sauf quelques étoiles australes invisibles sous la latitude de 39* 52' (?) et empruntées à Pu>léfliée (80). Il ne contient aussi que 1019 positions d'âules réduites à l'an làâ7. Un commentaire subséquent contient 300 étoiles de plus, dont les positions ool été déterminées en 15â3 par Abou-Bekri ÂlUzini. Nous arrivons ainsi, par les Arabes, les Persans et les Hogols, à la grande époque de Copernic et presque à c^ de Tycho.
Dès le commencement du xvi' siède, les progrès de la navigation, entre les tropiques et sous les hautes btitodes australes, contribuèrent puissamment à l'extension incessante de nos connaissances sur le ciel éimté, bien moins pourtant que ne Bt , un siècle plus tard, l'invention des lunettes. Ces deux conquêtes donnaient acc^ à de nouvelles régions, à des espaces auparavant inconnus dans le ciel. J'ai dit ailleurs ce que nous devons, potu* le ciel austral, aux premiers navi~ pteurs, à Amerigo Vespucci, puis à Pigafetta, comp^non de Magellan et d'Elcano. Vicenle Yanez Pinzon et Acosta nous firent connaître, les premiers, ces taches noires du ciel austral surnommées Sacs à Charbon; Anghiera el Andréa Corsafl décrivirent les Nuées
3,q,i,i=dbvGoogIe
de MagellaD (81) . Là encore l'astroDomie d^criptive précéda l'aslronomie des mesures. It y eut aussi des exagérations i l'ingéDieux Cardan affirmait que dans les régions célestes, voisines du pâle austral, si pauvre en ^iles comme on sait, Amerigo Vespucci en avait compté 10000 à l'œil nu (82). Après avoir décrit, on commença ea&n à mesurer. Frédéric Hoqbnan et Pierre Theodori van Ëmden ou DirI» Kejf&er, car Olbers croit que ces deux noms s'appliquent à la même personne, mesurèrent, à Java et à Sumatra, les distances angulaires des étoiles. Grâce à ces observalions, les étoiles australes purent être inscrites dans les cartes célestes de Bartsch, de Hondius et de Bayer; Kepler en egouta les positions au catalogue de Tycbo, dans tes Tables Rudolphines.
Un demi-siècle à peine s'est écoulé depuis le voyage de Magellan autour du monde, et Tycbo commence ses travaux sur le ciel étoile, travaux admirables dont l'exactitude suipasse tout ce que l'astronomie pratique avait produit jusqu'alors, même sans en excepter les diservations du landgrave Guillaume lY, à Cassel. Cependant le catalogue de Tycbo, calculé et édité par Kepler, ne comprend encore que iOOO étoiles dont le quart tout au plus se compose d'étoiles de 6* grandeur. Ce catalogue et celui d'Héi^ius, qui est beaucoup moins employé et contient 156/t positions pour l'an 1660, sont les derniers produits de l'observation à l'œil nu, dont le règne a été prolongé par l'obstination d'Hévélius, qui repoussa constamment l'application des lunettes aux instruments de mesure.
db,GoogIe
Cttte applicalioQ permit enfin d'étendre au-^elà de la 6> gnuodeur la détermîDation des lieux des éloiles. De ce moment les astronomes sont entrés, pour ainsi dire, ea poEsessÛD de l'univers sidéral. Mais si l'étude des étotleB (élescopiques, la délenninalioD de leur nombre etde leurs positions ont étmda le champ de nos idées toi l'univers, ce n'est pas là l'unique avantage qu'on a ait tiré. Cette étude a exercé, ce qui est d'une bien autre importance, une influence essentielle sur la conouvance de notre propre monde, en amenant la décoorerte de planètes nouvelles, et en donnant aux calculateurs les moyoïs de déterminer plus promptement leurs orbites. Lorsque William Herschell eut conçu rhaireuse idée de sonder les profondeurs de l'espace et de compter, dans ses jauges à différentes distances de la Voie lactée (83), les étoiles qui traversaient le tiiat^ de ses grands télescopes, il devint possible de saisir la loi suivant laquée les étoiles s'accumulent dans les diverses régions. Cetle loi fit naître, à son loor, les conceptions grandioses par lesquelles on se Rprésente la Voie lactée, avec ses divisions multiples, ramme ta perspective d'une séiie d'immenses anneaux slellaires concentriques, et contenant des millions d'étoiles. D'un autre côté, l'étude minutieuse des plus petites étoiles et de leurs positions relatives a singu- Kfnneia aidé à la découverte des planètes qui «Dfagent au milieu d'îles, comme les eaux d'un Bevre entre des rives immobiles. Voyez, en effet, avec tfiék facilité Galle a pu trouver Neptune, sur la pre- ■lière indication de Le Verrier, et combien de petites
3,q,i,i=dbvGoogIe
— i24 — planètes ont été découvertes, grâce à la connaissance approfondie du ciel, jusque dans ses moindres détails. Mais on va sentir encore mieux toute l'importance que peuvent acquérir des catalogues aussi comi^ets que possible. Dès qu'une nouvelle planète a été découverte au ciel, les astronomes s'efforcent aussitôt de la découvrir une seconde fois, pour ainsi dire, dans les anciens catalogues. Si cet astre a été pris autrefois pour une étoile ordinaire, s'il a été observé et inscrit à ce titre dans un catalogue, ce document rétrospectif sera souvent plus utile pour déterminer une orbite dont la forme se dessine avec lenteur, que ne seraient plusieurs années d'observations postérieures. C'est ainsi que le n* 964 du catalogue de Tobie Mayer a joué un grand rôle dans la théorie d'Uranus, et le a* 26266 de Lalande dans celle de Neptune (Sd). Avant qu'on n'y eût reconnu une planète, Uranus avait été d)servé 21 fois : 7 fois par Flamsteed, 1 fois par Tobie Hayer, 1 fois par Bradiey, 12 fois par Le Monnier. L'espérance de voir augmenter encore le nombre des astres de notre monde planétaire ne repose pas seulement sur la puissance actuelle de nos lunettes ; il faut peut-être compter encore plus sur l'étendue de noâ catalogues et le soin des observateurs. Quand on découvrit Hébé, cette planète était de 8' à 9* grandeur (juillet 18&7); lorsqu'on la revit en mai 18&9, elle n'était plus que de 11' grandeur.
Le premier catalogue qui ait paru, depuis l'époque oîi Morin et Gascoigne enseignèrent à réunir les lu-
3,q,i,i=dbvGoogIe
oeties aux instnimenls de mesure, c'est le catalogue des étoiles australes dont Halley avait délerroÎDé la posilioo pendant le court séjour qu'il fit à Saiote- Hélène en 1677 et 1678. Il est assez étrange que ce catalogue ne contienne point d'étoiles au-dessous de ta 6' grandeur (85) . Flamsteed avait entrepris longtemps auparavant la construction de son grand Atlas céleste ; mais l'œuvre de ce célèbre astronome parut seulement ai 1713. Puis viorent les travaux de Bradiey qui conduisirent à la découverte de l'aberration et de la nulaido, et sa belle série d'observations, Faites de 1750 à 1762, dont Bessel a fait connaître toute la valeur, m 1818, par ses Fundamenta Astronomiœ (86). Enfin parurent les catalogues de Lacaille et de Tobie Mayer, œnx de Gagnoli, de Piazzi, de Zach, de Pond, de Taylor et de Groombridge, ceux d'Argelander, d'Airy, de Brisbane et de Riimker.
Choisissons, parmi tant de travaux remarquables, les catalogues qui se recommandent par leur grande étendue, et qui comprennent une bonne part des élmles de la 1' à la 10* grandenr. Nous rencontrons d'abord VHùloire céleste française de Jérôme de Lalande, à laquelle on vient de rendre une ta^ive mais éclatante justice. Ce catalogue est fondé sur des obser- Tations foites de 1780 à 1800, par le Français de Lalande et Burckhardt. Calculé et réduit soigneusenient, par ordre de l'Association Britannique pour fAtaneement des Sciences, et sous la direction de F^nris Baily, il contient &7 390 étoiles ; beaucoup sont de 9* grandeur, quelques-unes sont plus Taibles eu-
3,q,i,i=dbvGoogIe
— i26 — core. HardÏDg, auquel on doit la découverte de Juood, a œnsigné, dans son Atlas en 37 cartes, plus de 50000 positions d'étoiles tiré^ de la vaste collection française. Les zones de Bessel, cootenant 75000 observations, depuis le parallèle céleste de — 15* jusqu'à celui de -\- k5', ont exigé huit années de labeur. Commencé en 1825, ce grand travail a été terminé en i S33. De 18/il à 18&3, Argelander a continué ces zones jusqu'au parallèle de 80°, et a fixé, avec une admirais exactitude, les lieux de 22000 étoiles (87). Enfin les . zones de Bessel ont été réduites et calculées, en grande partie, par les soins de l'Académie de Saiot-Pétov bourg : Weisse, directeur de l'observatoire de Cracovie, chargé de ce travail, a calculé, pour 1825, les positions de 31895 étoiles dont 19738 seulement sont de 9* grandeur (88).
Il me reste à mentionner les Cartes de l'Académie de Berlin. Pour parler dignement de cette œuvre immense, je ne crois pas pouvoir mieux faire que d'emprunter le passage suivant à l'éloge de Bessel, prononcé par Encke (89) : « On sait qne Harding a puisé, dans YHistoire céleste de Lalande, les éléments de son Atlas, où le ciel étoile se trouve si admirablement représenté. De même Bessel, après avoir terminé, en 182&, la première partie de ses zones, proposa de baser des cartes célestes encore plus détaillées sur ces nouvelles observations. D'après le plan de Bessel, il ne s'agissait pas de retracer seulement les lieux observés, il fallait encore rendre ces cartes assez complètes pour qu'en les comparant plus tard avec !e ciel, il fût
poestMe de reconnaître immédiatement les planètes les {dos faibles» et de les distinguer au milieu des étoiles fixes, sans avoir besoin d'attendre un cbangentent de position, toujours long et difficile à consialer. Le projet de fiessel n'a pas encore été exécuté dans tmite son étendue, et déjà cependant les Caries de l'Académie de Berlin ont réalisé, de la manière la pins brillante, les espérances du promoteur de celte entreprise. Ce sont ces cartes, en effet, qui ont amené oadn moins facilité la découverte récente de sept nouvelles planètes (1850). » Des 2/t cartes qui'doivent refréseuler une zone comprise entre les parallèles de 15", de chaque côté de l'équateur, l'Académie de Berlin en a iéji puUié 16, où l'on s'est astreint à représenter, aulani que possible, toutes les étoiles comprises dans les 9 premiers ordres de grandeur, et même une partie des étoiles de 10* grandeur.
C'est ici le lieu de rappder les tentatives qu'on a biles pour estimer le nombre des étoiles rendues visibles, dans tout le ciel, par les puissants instruments optiques dont l'astronomie dispose aujourd'hui. Struve admet que le cél^re télesa^ de iO pieds, employé par W. Herschell dans ses jauges igmget, sweeps) avec un grossissement de 180 fois, fait voir 5800000 étoiles dans les deux zones qui s'éttodent à 30° au nord et au sud de l'équateur, et MS7&000dan3 le ciel entier. Avec un instrument encore {dus puissant, le télescope de kO pieds , sir Wit- Ham Hersdiell portait à 18000 000 le nombre des étmles contenues dans la seule Voie lactée (90).
3,q,i,i=dbvGoogIc
BomoDS-Dous ici aux énumérations basées sur les observations eRectives et sur tes catalogues actuels, tant pour les étoiles visibles à l'œil du, que pour les étoiles télescopiques , et voyous maintenant de quelle manière ces astres sont dissémioés ou groupés sur la voûte céleste. Nous avons vu déjà que les étoiles peuvent servir de points de repère dans l'immensité de l'espace; malgré les petits mouvements apparents ou réels dont elles sont animées, l'astroDome rapporte à ces points fiaies tout ce qui se meut plus rapidement dans le ciel, les comètes, par exemple, ou les planètes de notre système. Au premier coup d'œil jeté sur le firmament, ce sont les étoiles qui, par leur multitude et la prépondérance de leurs masses, saisissent d'abord notre intérêt; elles soot ta source des sentiments d'admiration ou d'étonnement que l'aspect du ciel fait naUre en nous. Mais les mouvements des astres errants répondent mieux à la nature scrutatrice de la raison, car là est l'origine et le but de <xs difficiles problèmes dont la solution provoque incessamment l'essor de la science.
Au milieu de cette multitude d'astres grands et petits, dont la voûte céleste est semée comme par hasard, le regard s'arrête spontanément sur des groupes d'étoiles brillantes, associées en apparence par une proximité frappante, ou bien sur des étoiles remarquables par leur éclat et par un certain isolement dans la région qu'elles occupent. Ces groupes naturels font pressentir obscurément un lien , une dépendance quelconque entre les parties et l'ensemble. Ils ont été re-
DiqiiiicdbvGoogle
maïqnés à toutes les époques, même par les races dlHHumes les plus grossières. Les recherches que l'on a b\\es, dans ces derniers temps, sur les langues de piosienrs tribus dites sauvages en ^nt foi ; on retrouve mËme pte^ue toujours, d'une race à l'autre, des groupes j^entiques sous des noms différents, et ces Doms, empruntés d'ordinaire au règne orogénique, don- Deot une vie fantastique à la solitude et au silence des <xaï. Ainsi furent distinguées de bonne heure les 7 étoiles des Pléiades ou la Poussinière, les? étoiles du Grand Chariot, celles du Baudrier d'Orion (bâton de Jacob), de Cassiopée, du Cygne, du Scorpion, de la Croix du Sud, si remarquable par son changement de direction au lever et au coucher, de la Couronne australe, dés. Pieds du Centaure, qui forment une espèce (te coostellalion des Gémeaux dans l'hémisphère austral, etc. Quant au Petit Chariot, c'est une constellatioQ moins ancienne qui ne doit son origine qu'à DDe répétition frappante de la forme du Grand Qiariot.
là où des steppes, de vastes prairies ou des déserts de sable présentent un large horizon, le lever et te coodier des constellations, variant sans cesse avec les saisons, les travaux de l'agriculture et les occupations despeof^ pasteurs, ont été, dès les premiers âges, Tobjet d'une étude attentive et d'une associatio» d'idées q-mboliques. C'est ainsi que l'astronomie conleiuplaliK, non pas celte qui a pour objet les mesures et tes calcals, a commencé à se développer. Outre le mouvraient diurne, comme à tous les corps célestes, on
3,q,i,i=dbvGoogIe
reconnut bientôt au Soleil un autre moljvemeat beaucoup moins rapide, qui s'accomplit dans une direction opposée. Les étoiles que l'on voit le soir à roccident se rapprodient du Soleil et finissent par se perdre dans ses rayons pendant le crépuscule, tandis qyekles étoiles qui brillent au ciel avant l'aurore s'écarteoti^n Soleil, et le devancent de plus en plus. Le spectacle mouvant du ciel offre sans cesse à nos yeux de nouvelles constellations. Mais, avec un peu d'attention, il fut facile de reconnaître que les étoiles du matin étaient les mêmes étoiles qu'on avait vues auparavant disparaître dans l'ouest, et que les constellations, d'abord voisines du Soleil, se retrouvaient six mois après à l'opposile, se couchant quand )e Soleil se lève , et se levant à l'heure de son coucher. D'Hésiode à Eudoxe, d'Eudoxe à Aratus, la littérature des Grecs est remplie d'allusions à ces phénomènes annuels du lever et du coucher béliaque des étoiles. C'est dans l'observa^Mi exacte de ces phénomènes que furent puisés les premiers éléments de l'art de m^urer le temps : éléments que déjà la science naissante exprimait froidement par des nombres, tandis que l'imagination sombre ou riante des peuples livrait les espaces célestes aux caprices de la mythologie.
Les Grecs enrichirent peu à peu leur sph^ primitive de constellations nouvelles, bien avant de songer à les coordonner d'une manière quelconque avec l'écliptique. On voit que j'adopte encore \à, comme dans Y Histoire de l'Étude du Monde physique, les vues de mon célèbre et regrettable ami Le-
3,q,i,i=dbvGoogIe
troone (9t). Ainsi Homère et Hésiode connaissaiect déjà certaines coostellatioDS et DommaieDt certaines étoiles. Homère cite la Grande Ourse qu'on appelait d^à le Chariot céleste et qui « ne se baigne pas dans les ^ux de l'Océan » ; il parlé du Bouvier et du Chiea d'OrioD. Hésiode nomme Sirius et Arctûrus. Homère el Bésiode connaissaient les Pléiades, les Hyades et la coostéllation d'Orion (92). Si le premier dit, à deai reprises, que l'Ourse seule ne se plonge jamais ans la mer, il s'ensuit uniquement qu'on n'avait pas eacore formé,* à cette époque, les constellations du DngoD, de Céphée et de la Petite Ourse qui ne se ctncbent pas davantage. C'étaient les astérismes, Don les étoiles dont ils se composent, qu'on ignorait siors. Un long passage de Strabon, souvent mal interprété (Strabo, lib, I, p. 3; éd. Casaubon), établit compiétODeat la thèse capitale dont il s'agit ici, à savoir : rmlroduction successive des constellations dans la ipkère grecque, u C'est à tort, dit Strabon, que l'on Kcose Homère d'ignorance, parce qu'il n'a parlé que d'une des deux Ourses célestes. Probablement la seconde constellation n'avait point encore été formée à loo époque. Ce sont les Pbéniciens qui la formèrent ks premiers et s'en servirent pour naviguer; elle vint phs tard chez les Grecs. » Tous les Scoliastes d'Ho- Bfae, Hygin et Diogène deLaërte attribuent à Thaïes râtroduction de cette constellation. Le Pseudo-ËratMttène nomme la Petite Ourse 4>oiv(xt, pour indiquer qi'eBe servait de guide aux Phéniciens. Un siècle (*w lard, vers la 7i* Olympiade, Cléoslrale, de Té-
DiqiiiicdbvGoogle
nédos, enrichit ta sphère du Sagittaire, ToXinn, et du Bélier, Kpioç.
C'est de cette époque, c'est-à-dire de la tyrannie des Pisistratides, que Letronne fait dater l'introduction du zodiaque dans l'aDciénne sphère des Grecs. Eudémus, de Rhodes, un des élèves les plus distingués du Stagirite et auteur d'une Histoire de l'Astronomie, attribue l'introduction de la zone zodiacale {-li toù ^mimxoù âiaCûxnî, ou ÇwiSwî )tuiii.o() à CEûopide, de Chio, contemporain d'Ânaxagore (93). L'idée de rapporter les lieux d% planètes et des étoiles à torbite eolaiFe, la division de l'écliptique en douze parties égales [dodécatémories), appartient à l'antiquité cbaldéenne, d'oii elle parvint directement aux Grecs, sans passer, comme on l'a cru, par la vallée du Nil. La date de celte transmission ne remonte même pas au-delà du commencement du V' ou du VI' siècle avant notre ère (9/i). Les Grecs se bornèrent à subdiviser, dans leur sphère primitive, les constellations qui se rapprochaient le plus de l'écliptique et qui pouvaient servir de constella^ons zodiacales. La preuve en est simple : si les Grecs avaient pris à un peuple étranger un zodiaque complet, au lieu de borner leurs emprunts à l'idée de partager l'écliptique en dodécatémories, on ne retrouverait point chez eux onze constellations seulement dans le zodiaque, une d'entre elles, le Scorpion, ayant été partagée en deux pour compléter le nombre nécessaire. Leurs divisions zodiacales auraient été plus régulières; elles n'auraient point embrassé des espaces de 35 à A8 degrés, comme le Taureau, le Lion,
3,q,i,i=dbvGoogIe
les Poissons et la Vierge, tandis que le Cancer, le Bélier et le CapricorDe eo compreonent de i9 à 33 seulement. Leurs coostellalions n'auraient point été j disposées irrégulièFement au Dord et au sud de l'écliplique, (aotôt occupaot sur ce cercle de grands ioternlles, tantôt resserra, au contraire, et empiétant l'ime sur l'autre, comme le Taureau et le Bélier, le Verseau et le Capricorne. Preuves évidentes que les Grecs ont Tait les signes du zodiaque avec leurs anciennes constellations.
D'après Lelronne, le signe de la Balance a été introduit da temps d'Hipparque, et peut^tre par Hipparqne lui-même. Eudoxe, Archimède, Autolycus n'en fiât pas mention. Hipparque lui-même n'en parlé pcnot dans le peu qui nous reste de lui, excepté dans ai sail passage qui a été Talsiâé probablement par un copiste (95). II est question pour la première fois de ce Doaveau signe, dans les écrits de Geminus et de VaiTOD, un demi-siècle à peine avant notre ère ; et muiDe la passion de l'astrologie 6t irruption dans le lunde romain, entre le règne d'Auguste et celui d'AniBDin, il arriva aussi que les constellations « situées m le chemin céleste du Soleil » acquirent une imporbnee démesurée, chimérique. C'est à la première Boitié de cette période de la domination romaine qu'appartiennent les représentations zodiacales des temples deDendéra et d'Esné, celles des propylônes de PanopoGset des edTelo[:^)es de plusieurs momies. Ajoutons ^ CCS vérités désormais acquises avaient été déjà sooleaues par-Visconti et Testa, avant même que les
DiqiiiicdbvGoogle
— iU — preuves décisives eussent été rassemblées, dans un temps où l'on donnait cours aux plus singulières théories sur la signification symbolique des représentations zodiacales et sur leurs prétendus rapports avec la précessJOQ des équinoxes. Quant à la haute antiquité que A. W. de Scblegel attribuait aux zodiaques indiens, en se fondant sur quelques passages des Lois de Manou, du Ramayana de Vatmiki ou du dictionnaire d'Amarasinha, c'est un point devenu bien douteux depuis tes ingénieuses recherchesd' Adolphe Holtzmitnn (96).
Ces coDSIellations formées au hasard, dans le cours des siècles, sans but déterminé, la grandeur incommode, l'indétermioatioD de leurs contours, les désignations compliquées des étoiles cocpposantes pour lesquelles il a fallu parfois épuiser des alphabets entiers, témoin le Navire Argo, le peu de goût avec lequel on a introduit dans le cid austral la froide nomradature d'instruments usités dans les sciences, tels que la Pendule ou le Fourneau de Chimie, à côté des allégories mythologiques, tous ces défauts accumulés ont déjà suggéré plusieurs fois d^ plans de réforme pour les divisions stellaires et le projet d'en bannir toute configuration. Il faut l'avouer, la tentative a dû paraître moins hasardée pour l'hémisphère austral que pour le nôtre; car, dans le premier, le Scorpion, le Sagittaire, le Centaure, le Natfre et rËridan senties seules constellations auxquelles'' la poésie ait donné droit de cité (97).
Ces mots de voûte éloilée (orbis inerrans d'Apulée)
3,q,i,i=dbvGoogIe
oa d'ék^ fixes [atira fixa de MaDilius) sont autant d'es|H«ssioD8 impropres qui rappellent, avons-nous i\\ (98), que l'on a réuai, ou plutôt conrondu, deux idées dilérentes. Qiutnd Aristote emploie l'expression de Me&Efiiva (xc-rfa (astres fixés) pour désigner les étoiles; quand Ptolémée les nomme ^potnccpuxôriï (adbéfenls), il est bien évident que ces désignations se npporleDt à la sphère cristalline d'Ânaximèoe. Le mouvement diume qui entraîne tous ces astres de l'est à l'ouest, sans changer leurs dislances mutuelles, avait dû coadoire tout d'abord à des idées ou à des hypodièws de ce genre : « Les étoiles (àTiovîj aoTpa) appartiennent aux régions supérieures; elles ysont fixées et comme douées sur une sphère de cristal ; les plaoètes (ôffTpK Tç'iMé^'vtt ou TÙJxrriTé) qui ont un autre DwuTemmt en sens inverse, appartiennent à des répons inférieures et plus voisines de nous (99). » Si, dès tes premiers temps de l'ère des Césars, on trouve, dans Manilius, le terme de Stella fixa au lieu de infuxt flu affixa, il est à croire qu'on s'en était tenu d'abord, dans l'écde romaine, au sens primitir dont nous ve- DDos de parler, mais qu'à la longue, le mot fixus mportant avec lui le seus d'mmo/uf et A'immobilii, il s'est fait peu à peu, dans la croyance populaire, ou plDtAtdans le langage même, une confusion où l'idée d'immobilité a dû prévaloir; de telle sorte que les étoiles sont devenues fixe* (stellœ Gxse), indépendamment de la Epbère à laquelle on concevait autrefois qu'elles étaient attach^. Voilà comment Sénèqiie a pu dire, du monde des étoile, fixum et immobilem populum.
3,q,i,i=dbvGoogIe
Si nous preooDS pour guides Stobée et le cjillecteur des u OpiniOQS des Philosophes », et que. nous suivions la trace de celte idée d'une sphère de cristal jiisqu'à l'époqtie antique d'Anaximène, nou» la retrouvons encore plus nettement formulée par Elmpédocle. Ce philosophe considère la sphère des fixes comme une masse solide, formée d'une partie de l'éther que l'élément igné aurait converti en cristal (100). La lune est, à ses yeux, une matière que la puissance du feu a coagulée en forme de grêlon et qui reçoit sa lumière du Soleil. Dans la physique d£s anciens , et d'après leur manière de concevoir le passage de l'état fluide à l'état solide, les conceptions précédentes n'étaient point en relation nécessaire avec les idées de refroidissement et de congélation; mais l'affinité du mot xfûma'k'isti; avec xpuo; et xfu(rratvb), et un rapprochement naturel avec la m4r lière qui sert vulgairement de type pour la transparence, ont donné corps à des idées d'abord moins précises (1) ; OD en est venu à voir, dans la voûte céleste, une sphère de glace ou de verre, et Lactance a pu dire : Cœlum aerem glaciatum esse, et ailleurs : Vttreum cœlum. Sans doute Empédocle n'a point songé au verr^ invention phénicienne, mais bien à l'air que l'éther igué aurait transformé en un corps solide éminemment translucide. Au reste, quand il s'agissait de cette glace (xpuOTct>,\o;), ou sent bien «|ue l'idée de transparence était l'idée dominante; on écartait celle d|} froid pour ne songer qu'à un corps devepu solide, tout en restant transparent. Le poêle employait le mot cris-
3,q,i,i=dbvGoogIe
tal; mais le prosateur disait seulemeDt xpuoraXWiÂift, Eemblable au cristal , témoio ce pasBage d'Achille Tatios, le commentateur d'Aratus, que j'ai rapporté daas l'aTaDt-deniière note. De niême, le mot tdrpç (de icé{*wAm, se 6olidi6er) veut bien dire aussi un morceau de glace, mais il faut se borner ici au sens relatif ï la soHdiâcation.
Ce sont les Pères de l'Église qui oàt* transmis au nuyen âge l'idée d'une Toûle de cristal. Ils l'avaient prise au pied de la lettre, et, renchérissant encore m l'idée primitive, ils imaginaient ud ciel de verre iamé de huit è dix couches superposa à peu près coDDte les peaux d'un oignon. Cette conception sin~ Snli^ se serait même perpétuée dans certains cloitres de-l'Eorope méridionale, si j'ai bien compris le IROpos que me tenait un vénérable prince de l'Église, iD sujet du fameux aérolidie d'Aigle , dont on était aliHs vivement préoccupé. Celte prétendue pierre météoriqoe, recouverte d'une croûte vitrifiée, n'était point b pi^re elle-même, disait-il, à ma grande surprise, mais on simple fragment du ciel de cristal qu'elle avait dû briser en tombant. Kepler s'était vanté, deux siècles et demi auparavant, d'avoir brisé les 77 sphères hontocentriques du célèbre Girolamo Fracastoro et tous les épicycles des anciens, en démontrant que les comètes coupent et traversent en tous sens les orbites ptiDélaires (3) . Quant à savoir si de grands esprits, tdsqu'Endoxe, Ménecbme, Aristote et Apollapius de fer^, OÊi cru à la réalité de ces sphères emboîtées l'âne dans l'autre et conduisit! les planètes, ou si .
3,q,i,i=dbvGoogIe
cette conceplion n'était pas plutôt pour eux une combioaison active, servant à simplifier les calculs et à guider l'esprit à travers les difficiles détails du problème des planètes, c'est un point que j'ai traité ailleurs, et dont il est impossible de méconnattre l'importance, lorsqu'on veut recherch» dans l'histoire de l'astronomie les phases successives du développuneot de l'esprit t^ribaln (3).
Laissons désormais l'antique , mais artificielle division des étoiles en constellatioDS zodiacaleb, et la sphère solide à laquelle on les croyait bseéee. Hais avant de passer à l'étude des groupes nalui^fa qu'dies forment en réalité et aux lois de leur distribution dans l'espace, arrêtons-nous un instant à quelques phâumènes particuliers , tels que les rayons parasites, les diamètres Tactices et les couleurs variées des étoiles. J'ai déjà mentionné, à propos des lunes de Jupiter (&), les rayons qui paraissent, à l'œil nu, émaner des étoiles brillantes, sortes de queues dont le nombre, la position et la longueur varient, au reste, pour chaque observateur. La vision indistincte est due à plusieurs causes de nature organique; elle dépend de l'aberration de sphéricité de l'œil, de la diâraction qui se produit aux bords de la pupille ou des cils, et de la manière irrégulière dont l'irritabilité de la rétine propage, autour de chaque point, l'intpression directemrat reçue (5). Je vois très-régulièrement hu^t rayons, inclinés l'un sur l'autre de k5', autour des étoiles de i", 2* et 3" grandeur. D'après ta théorie d'Assenfratz, ces queues sont tes cjiusliques du cristallin formées
par l'ialersectioD mutuelle des rayons réfractés; elles suivent doDc les mouvemeots de la tête, et s'incliDent arec elle à droite ou à gauche (6) . Quelques astro- DOtnes de mes amis voient au-dessus des étoiles trois on quatre rayons, et n'en voient point au-dessous. Il m'a toujours paru bien remarquaible que les ancieiis Égyptiens ateot donné constamment aux étoiles cÎDq rayons disposés è 72* d'intervalle ; d'après Horapolki, l'image d'une étoile signifie le nombre 5 dans le langage hiéroglyphique (7).
Les queues des étoiles disparaissent, quand on les r^arde à travers un très-petit trou percé dans une carte avec une aiguille; j'ai Tait souvent cette-preuve nr Sinus et sur Canopus. Il en est de même lorsqn'oo emploie des lunettes armé^ de grossissements notables; alors les étoiles apparaissent comme des points d'un éclat très-intense, ou plutôt comme des disques excessivement petits. Ces détails ne sont point sans intérêt ; les effets dont il s'agit concourent à la magnificence de la voûte étoilée. Peut-être la vision indistincle favorise-t-e)fô cti^ effet; car la faible scintillation et l'absence compl^ de ces 'rayons stdlaires, GDas le ciel des Tropiques, m'ont toujours paru aug- Benter le calme de la nuit et dépeupler en quelque sorte la voûte étoilée. Voici encore, à ce sujet, une qwsUon^'Arago a soulevée depuis bien longtemps : IVMrqaoi ne peutKïn pas voir les étoiles de première gnuitaur è leur lever, malgré leur vif éclat, tandis ip'ou voit le premier bord de la Lune, dès qu'il atteint rboriiOB (8)?.
3,q,i,i=dbvGoogIe
Les inslraments optiques les plus parfaits, muoië des plus forts grossissements, doaoeat aux étoiles des diamètres factices (spurious disks) , lesquels devienuent d'autant plus petits, d'après la remarque de sir John Hersdiell , que l'ouverture de la lunette est elle-même plus grande (9) . Les occultations d'étoiles par la Lune sont exemptes de cette cause d'erreur : aussi l'immersion et l'ëmersion se font-elles instantanément; il est impossible d'assigner une fraction quelomque de seconde pour la durée de ce phénomène. Si l'étoile occultée a paru quelquefois empiéter sur le disque lunaire, c'est là un fait de dilTraction (^ d'inflexion des rayons de lumière dont on oe saurait rien conclure quant aux diamètres réels dss étoiles. Nous avons eu, ailleurs, occasion de rappeler que sir William Herschell trouvait un diamètre de 0',SG k Téga de la Lyre, en employant un grossissement de 6500. Une autre fois, Arcturus étant vu à travers un brouillard épais, son disque se trouvait réduit à moicis de 0',,2. Ce sont les rayons parasites qui faisaient attribuer des diamètres si consijlérables aux étoiles, avant rinvenlion des lunettes : Tycbo et Kepler assignaient, par exemple,, à Sirius, un diamètre de k' et de S'âO" (10). Les anneaux alternativement lumineux et obscurs qui entourent les faux disques stellairee, quand on emploie des grossissements de 200 ii 300 fois, 'et qui deviennent irisés lorsqu'on recouvre l'objectif avec des diaphragmes de difl^éreates formes, sont deS phénomènes d'interférence et de -diffraction : c'est un point désormais élabii par les travaux d'Artgo et
3,q,i,i=dbvGoogIe
— l/ll —
iTAiry. Lorsque les étoiles sont extrêmement faibles, cesanoeaux disparaissent; leurs images se réduisent i de simples points lumineux dont on peut se servir ptnr éprouver la perfection et la puissance optique des grandes lunettes ou des télescopes réflecteurs. Telles sont les composantes d'une étoile deux fois double, • de la Lyre, ou la 5' et la 6' étoile qui furent décourertes par Stmve, en 1^6, et par sir Jobn Herscfaell, eu 1832, dans le trapèze de la grande nébuleuse d'Orion, trapèze qui constitue l'étoile multiple 0 d'Orion (li;^
Od a remarqué depuis longtemps que les étoiles et même les planètes présentent des différences de colonlioQ assez Irancbées; mais cet ordre de faits n'a pris loale son extension et son importance qu'à partir de l'époque où i) a pu être étudié à l'aide des télescopes, surtout depuis qu'on a donné aux étoiles doubles une aUenlion si vive et si soutenue. Il n'est pas question ici des cbang«nents de couleur d^à décrits plus haut, diMitla scintillation est accompagnée, même dans les étoiles du blanc le plus pur. Il s'agit encore moins de h coloration passagère en rouge que la lumière stellaire éprouve !i l'horizon, par suite des propriétés spéciales du milieu atmosphérique. Je veux seulement pario' de la couleur propre, essentielle, de la lumière sieltaire, couleur qui varie d'une étoile à l'autre, en îam des lois particulières au développement de la lomiëre dans chaque corps, et suivant la nature de la sor&ee dont elle émane. Les asbY)nomes grecs ne coonaisBaient que des étoiles blanches et rouges ;
3,q,i,i=dbvGoogIe
— 1Ù2 — aujourd'hui la vision tétescopique a permis de retrouver dans les espaces célestes, comme dans les corolles des phanérogames ou les oxydes métalliques, presque toutes les nuances que le spectre présente entre les limites extrêmes de la réfrangïbilité, depuis les rayons rouges jusqu'aux rayons violets. Ptolémée cile, dans son catalogue, 6 étoiles couleur de feu, înc(îx(pfo( (12), à savoir : Arcturus, Aldébaran, Poltux, Antarès, a d'Orion [l'épaule droite) , et Sirius. Gléomède compare Même la couleur rouge d' Antarès h celle de Blars (13^, auquel on donnait tantôt l'épithèle de m^fk, tantôt celle de
Des 6 étoiles que nous venons de citer» 5 ont eâcore aujourd'hui une lumière rouge ou du moins rougeâlre. On range encore PoUux au nombre des étoiles rougeâtres, mais Castor est ver! pâle (14). Sirius offre donc l'unique exemple d'un changement de couleur constaté historiquement, car la lumière de Sirius est aujourd'hui d'une blancheur parfaite. Il n'y a qu'une grande révolution, soit à la surface, soit dans la photosphère de cette étoile, de ce soleil éloigné, suivant l'antique expression d'Aristarque de Samos, qui ait pu produire ce changement de couleur, en troublant l'action des causes auxquelles était due la prédominance des rayons rouges. Cette prédominance ellemême peut être attribuée à ce que les rayons complémentaires des rayons rouges étaient absori)és par la photosphère même de l'étoile, ou par des nuages cosmiques qui se transporteraienl lentement d'un point
3,q,i,i=dbvGoogIe
— 1Û3 — à Vautre de l'espace (15). Comme les rapides progrès de l't^lique moctenie donneot uq vif intérêt à celle question, il serait à désirer que l'époque de ce graad éféDemeot signalé par la disparitioQ de ia couleur rooge de Sinus, pût être détenuinée entre certaines limites. Du temps de Tycho, Sirius était déjà bien certaioemeot de couleur blanche; car lorsqu'on vit avec surprise la nouv^e étoile qui apparut en 1572, dans la constellatioD de Cassiopée, avec une lumière d'âne blancheur éblouissante, passer au rouge dans le iiK»s de mars 1573, et redevenir blanche en janvier 157&, oa la comparait bien, pendant la seconde finolk, avec Mars et Aldébaran, mais jamais avec Sfflus. Peut-être Sédillot ou d'autres savants philologues versés dans l'astronomie des Arabes et des Perses réossiraienl-ils à découvrir quelque témoignage ancien sur la couleur de Sirius, s'ils voulaient diriger leurs rediodies vers l'époque comprise enU« El-Batani (Albal^us) ou El-Fergaoi (Alfraganus) et AbdurrahnuD-SouG ou Ebn-JouDis, c'est-à-dire de 880 à 1007. Ils pourraient prolonger leurs investiga^ons jusqu'au lemps de Nassir-Eddin et d'Oulough-Beg. Mohammed Ebo-Kethir Bl-Pergani, qui observait à Rakka, sur les bords de l'Eupbrate, vers le milieu du x' siècle, si- Snaie comme rouges Aldébaran et même la Chèvre, dont la couleur est aujourd'hui jaune ou tout au plus jaune rougeâtre (16) ; il ne parie point de Sirius. En tout cas, si Sirius avait déjà perdu sa couleur rouge avanl cette époque, il serait singulier que El-Fergani, <|ui suit Ptolémée en toutes choses, eût négligé d'iodi-
3,q,i,i=dbvGoogIe
- iaa —
de couleur d'une éUxle si céiy)re.
es sont, à la vérité, rarement suffi-
teigeuze (« d'Onoo), qui est rouge
aujourd'hui comme du temps de Ptolémée, a été passée
sous silence, dans te même endroit du livre d'EI-Fei^
gani (c).
Od s'est toujours accordé à donner, au point de vue historique, le premier ranÉP panni les étoiles brillantes à Sinus, à cause du rôle capital qu'il a joué longtemps dans la chronologie, et de sa liaison intime avec les premiers dévetoppemeats de la civilisation sur les bords du Nit. D'après les récentes recherches de Lepsius (17), la période sothiaque et les levers liélislt ques de Sothis (Sirius), sur lesquels Biot a publié ;û|f9 excellente dissertation, ont réglé complètement l'insdtution du calendrier égyptien, à partir d'une époque que l'on peut faire monter à près de 33 siècles avant notre ère, « époque à laquelle le lever héliaque de Sirius coïncidait avec le solstice d'été, et où, par suite, le débordement du Nil commençait avec le premier du mois de Pachon (le mois de l'inondation) . » J'ai réuni, dans une note, des recherches très-récentes et encore inédites sur Sothis ou Sirius; elles reposent sur les relations étymologiques du copte, du zend, du sanscrit et du grec; mais elles s'adressent uniquement aux personnes qui aiment les origines de rastronomie,el qui, dans les affinités des langues, retrouvent de prédeux vestiges des connaissances de l'antiquité (18).
(c) Voir aux Observaliojis complémentaires, page 30i, de ia première partie du tome III.
3,q,i,i=dbvGoogIe
Outre Sirius, on compte aujourd'hui coninie étoiles btaDcbes Véga, Deneb, Régulus et l'Épi de la Vierge. Parmi les petites étoiles doubles, Struve a trouvé 300 cooples dont les deux composantes sont blancbes ^9} . La couleur jaune ou jaunâtre se remarque dans ProcyoD, Ataïr, la Polaire et surtout dans ^ de la petite Ourse. Nous avons déjà dit que Béteigeuze, Arcturus, Aldébaran, Autarès et Pollux sont rouges oa rougefltres. Rumker a trouvé y de la Croix d'une couleur rouge décidée ; et mon ami le capitaine Bémd, excellent observateur, écrivait en 18&7, de Ma- <l^ascar, qu'il voyait la couleur de a de la Croix fOSEer aussi au rouge depuis plusieurs années. Une ikiBë da Navire, d d'Argo, que les observations de sir lobn Herschell ont rendue célèbre, varie non-seu- Imeot d'éclat, mais encorede couleur; il en sera parlé fhs loin d'une manière plus détaillée. En 18fi3, H. Hackay trouvait, à Calcutta, que cette étoile avait fvécisânent la couleur d'Aroturus, c'est^-à-dire qu'elle Ml d'oQ jaune rougeâtre (20). Depuis, des lettres du lÎMlaiant Gilliss, écrites de Santiago (Chili) en 1850, nous apprennent que sa couleur est devenue encore pios foncée que celle de Mars. A la suite du Voyaye n Cap, sir John Herscbell a donné un petit catalogue de 76 étoiles comprises entré la 7* et la 9* grandeur; tontes ces étoiles sont d'un rouge de rubis (ruby cokaitA). Qaelques-unes paraissent vermeilles comme de petites gouttes de sang. Au-delà de la 9* ou 10* grandeur, il devient réellement impossible, dit Struve, de distinguer les couleurs des étoiles. La plu-
3,q,i,i=dbvGoogIe
part des descriptions d'étoiles variables lâar aEsigarat une couleur rouge ou du moins rougeStre (21). Mira de la Baleine, la première étoile changeante que l'on ait découverte (22), est d'une teinte rouge&tre trèspronoDcée. Mais la coloration en rouge n'est point nécessairement liée au phénomènedekvariabililéd'édat; car, sans parler d'un grand nombre d'étcùles rouges qui ne sont pas vaiiables, on peut citw plusieurs étoiles vanables qui sont ^tièrement blanches ; par exonple : Algol , dans la tête de Méduse, p de la Lyre, « du Cocher... Quant aux ^iles bleues, dont l'existraice a été signalée, pour la première fois, par MarioitB dans son Traiié des Couleurs (23), on peut en dter plusieurs types remarquables : k de la Lyre est bleuâtre; Dunlop a découvert, dans l'hémisphère au£r tral, un petit amas de 3' 1/2 de diamètre, dmt toutes les étoiles sont bleues. Il y a beaucoup de systèmes binaires où Tétoile principale est blanche et le compagnon bleu; dans d'autres, les deux étoiles sont bleues à la fois (2k) , comme par exemple, ^ cbi Serpent, ta 59* d'Andromède.... Laceille avait trouvé, près de K de la Croix du Sud, un amas d'étcules auquel ses bibles instruments donnaient l'aspect d'une nébuleuse. Avec de puissants t^eeactpsB, on y a trouvé plus de cent étoiles diversem^it colorée^, rouges, vertes, bleu^, bleu verdâtre. Ces étoiles sont si rapprochées, qu'où dirait un écrin de pierrœ précieuses polychromes (lit» a superb pièce of fancy j«wellery) (25).
Les anciens ont on reconnaître une symétrie r»-
MbvGoogle
marquUe dans tes positions relatives de certaines éloileG de i" grandeur. Ils avaient distingué surtout qntre toiles diamétralement opposées dans la sphère, AUébaran et Aotarès, R^;ulus et Fomalhaut, auxqariks <mi avait dooné te nom d'étoiks royales. Un éomin de l'époque de Goustaitin, Julius Firmicus Malenius (36), fournit des détails curieux sur cette ifapositioD r^iulière dont j'ai parlé ailleurs (27). Les iaBbmces d'ascension droite des étoiles royales {stelUe ngala) sont 11" 57*" et 13" k^. L'importance qu'on Inr attribuait venait sans aucim doute dee traditions de l'Orient qui pénétrèrent, sous les Césars, dans le monde romain, où elles inspirèrent un goût si vif poor Tastrologie. On retrouve, jusque dans le livre de Job, des tracée de cette habitude antique de désigner les quatre régions du ciel par quatre constellations oi>pmées : un passage obscur du 9' chapitre (verset 9) opfOK, « aux chambres de l'Orient, » la Cuisse, c'estk-dire la constellation boréale de la Grande Ourse, celte mâme Cuisie de Taureau que l'on a tant remarqaée dans le zodiaque de Dendera et dans les papyrus Bortoures des Égyptiens (28).
Un siècle avant l'invention du télescope, on corn- Beaçail à s'occuper du ciel austral , dont une grande (* belle partie, commençant au 5â* degré de déclinùon, était restée comme voilée pour l'antiquité f* nGoie jusque vers la fin du moyen âge. Du temps de Ptolémée, <hi voyait sur l'horizon d'Alexandrie : l'Autel; les Pieds du Centaure; la Croix du Sud, compile alors dans le Centaure et nommée aussi plus
3,q,i,i=dbvGoogIe
— I£l8 — lard, Cœsaris Tkronus, en l'honneur d'Auguste, aiosi que le témoigne Pline (29); enfin Canopus, dans le Navire, que le Scoliaste de Gennanicus appelle Ploletnœon (30). On trouve encore, dans le catalogue de l'Âlmageste, une étoile de 1" grandeur, Achernar (ea arabe, Achir el-nahr), la dernière du fleuve Éridan, bÎMi que cette étoile soit située 9* au-dessous de i'horizon d'Alexandrie. Ptolémée doit donc la connaissance de cette étoile aux relations des navigateurs qui Tréquenlaient la partie ausbrale de la mer Rouge, ou la mer d'Arabie, entre Ocelis et Huziris, une des échelles du Malabar (SI) . Les progrès croissants de l'art nautique permirent aux modernes de poussa leurs recherches bien au delà de t'équateur, en suivant les côtes occidentales de l'Afrique. En l(i8&, Diego Gam accompagné de Uartin Behaim ; en i&87( Barthélémy Diaz; en 1&97, Vasco de Gama atteignirent le parallèle de 35' de latitude sud, danB leurs expéditions vers les Indes orientales. Hais c'est à l'époque de Vincent YaDez Pînzon, d'Amerigo Vespucci et d'Andréa Corsali, entre 1500 et 151S, que revient l'honneur des premières études qui aient été faites sur le ciet austral, les Nuées de Magellan, tes Sacs de Charbon; c'est alors que l'Europe put connaître « les merveilles d'un ciel qu'on ne voit pas sur la Méditerranée. » Les mesures stellaires proprement dites commencèrent beaucoup plus tard, vers la fin du xvi' siècle et le commencement du xvn' (32).
S'il est possible, aujourd'hui, de reconnaître cer-
3,q,i,i=dbvGoogIe
UÙMS !(M& dans la dislributioD des étoiles et dans leurs divers degrés de condeosalion, c'est à une heureuse inspiratioD de sir William Herschell que nous en aommes redevables. En 1785, Herschell appliqua, k l'étude du cieU sa méthode des jauges (en anglais, process of gauging the heaveos, star-gauges) dont il a été plus d'une Fois question dans cet ouvrage. Cette laborieuse méthode consistait à diriger successivement vers différentes régions du ciel un télescope de 30 pieds (6 mètres), et à compter minutieusement tes . étales qui se trouvent comprises dans le champ. Le diaiDètre du champ de vision souslendant un angle de 15', le télescope embrassait chaque fois 1/833000 Emlement de la surface du ciel; aussi ces jauges auraient-elles exigé 88 ans de travaux continus, d'après sne remarque de Struve, s'il avait fallu les étendre i la ^ère entière (33). Dans les recherches de ce gmre, où il s'agit d'étudier le mode de distribution des étoiles, il est nécessaire de tenir compte des ordres ^ grandeur pholométrique auxquels ces étoiles appartiennent. Si on se borne aux étoiles brillantes des 3 ou & premiers ordres, on trouve, en général, qo'elles sont réparties avec assez d'uniformité (34). SIes paraissent toutefois ptos condensées localement dans l'hémisphère austral, depuis e d'Orion jusqo'à et de la Croix. Là elles forment une zone res- {deodissante, qui suit ta direction d'un grand cercle de ta ^hère. Les voyageurs s'accordent peu dans les jugements qu'ils portent sur la beauté relative du ciel atislral et du cif 1 boréal ; leurs divergences
3,q,i,i=dbvGoogIc
Uennenl le plus souvent, selon moi, à ce que pla> sieurs observateurs ont visité les régiims du sut pendant une saison où les plus belles conslellattoDS culminent de jour. Il résulte des jauges exécutées par les deux Herschell, sur la voûte entière du ciel, qve les étoiles comprises entre la 5* et la 10' ou même la 15' grandeur, étoiles pour la plupart lélescopiques, paraissent d'autant ^us condensées que l'on se rapproche davantage de la Voie lactée (â ycikii^titi kjtùjx;). Il y aurait donc sur la sphère un équateur de richesse siellaire, et des pôles de pauvreté Claire, si l'on peut s'exprimer ainsi. Le premier coïncidant avec la direction générale de la Voie lactée, l'inteasilé de la lumière stellaire est à son minimum vers les pôles du cercle galactique; elle croit rapidement à partir de ces pôles, et dans tous les sens, à me»ire qœ la distance polaire galactique va elle-même en augmentant.
Struve a soumis à une discussion approfondie les matériaux fournis par les jauges actuellement connues. Il trouve, pour résultat définitif de son travail, qu'il y a, en moyenne, dans la Voie lactée, 30 fois plus d'étoiles (plus exactement 29,& fois) que dans les régions des pôles galactiques. Pour des distances au pôle nord de la Voie lactée, exprimées par 0°, 30°, 60", 75" et 90°, la richesse en étoiles est représentée par&,15; 0,52; 17,68; 30,30; 122,00. Ces nombres inifiquent aussi combien d'étoiles un télescope de 20 pieds, dont le champ aurait 15' de diamètre, ferait voir dans ces diverses régions. Des deux côtés de la
Voile ladée, la disbibution des étoiles paratt suivre à peo près les mêmes lois ; cependant la richesse, stellaire abaolne est un peu plus grande du côté du sud (35) ; sous ce rapport, le ciel austral l'emporte encore sur la régicm opposée.
J'avais prié le capitaine du génie Schvrinck d'examiner comment les 121&8 étoiles^ (de la 1" à la ? gtsndenr) dont il a retracé les positions sur sa MapjM cœlestis, se distribuent entre les différentes boires d'ascension droite; voici les résultats qui m'ont élé commoniqoés :
De 3* 2e-> & V-2V d'Asc. dr., nombre des étoiles 31â7 9* 20- i 15^0" — — — 2627
Ces quatre groupes s'accordent avec les résultats encore plus exacts des Étttdes stelUâres de Struve. D'après ■ Slnive, les maxima. tombent, pour les étoiles de la 1" et de la 9* grandeur, par &' ÛO"" et IS*" iO"; les miûima, par 1" 30" et IS" 30" d'ascension droite (36) .
Si l'on veat se hire une idée de la structure de rnirers et de la position ou de l'épaisseur des coudKS stellaires, il est essentiel de distinguer, parmi les astres innombrables qui brillent au firmament, les étoiles qui sont sporadiquement disséminées, de cdles qui forment des groupes indépendants où leur condeosation suit des lois particulières. Ces groupes sont des amas steliaires; ils contiennent souvent des milliers d'étoiles téiescopiques, reliées entre elles par
3,q,i,i=dbvGoogIe
une d^ndance évidente, et ils apparaissent à l'œil DU sous forme de nébuleuses arrondies, d'une lueur et d'un aspect cométaire. Ce sont là les étoiles nébuleuses d'Ératostfaène (37) et de Ptolémée, les nefrulûsœ des Tables Alphonsines de 1252, et celles qui, suivant Galilée, « sicut areolae sparsim per aethera subfulgent. »
Ces amas d'étoiles, à leur tour, peuvent être isolés dans le ciel, ou rassemblés et comme entassésdans certaine régions, telles que la Voie lactée bu les Nuées de Magellan. La région la plus riche en amas
' globulaires {gtobutar clîislers) appartient à la Voie lactée; elle en forme même la partie la plos importante. Elle se trouve dans le ciel austral (3S] , entre la Couronne australe, le Sagittaire, la queue du Scorpion, et l'Autel, c'est-à-dire entre le** 45*° et i9^ d'ascension droite. Mais les amas qui se trouvent à l'intérieur ou dans le voisinage de la Voie lactée ne sont pas tous ronds ou sphériques. On en trouve beaucoup dont les contours sont irréguliers ; ils renferment alors
•moins d'étoiles, et leur condensation centrale est moins marquée. Dans un grand nombre d'amas globulaires, les étoiles sont toutes d'égale grandeur; dans d'autres, ^les sont fort inégales. Quelquefois il y a, au centre, une belle étoile rouge (39), comme dans l'amas situé par S* lO"" d'ascension droite, et 56° 2i' de déclinaison boréale. Comment ces systèmes isolés peuvent-ils se maintenir? comment les soleils qui fourmillent à l'iolérieur de ces mondes peuvenlrils arromplir leurs révolutions libi^menl et saift chocs?
3,q,i,i=dbvGoogIe
c'ttt assurément un des plus difficiles problèmes que la dynamique puisse aborder. Les nébuleuses ne se duliDgnent plus guère des amas stellaires, puisqu'on les regarde maintenant comme étant formées , elles iQsà, d'étoiles, mais d'étoiles plus petites ou beaucoup plus éloignées de nous. Cependant les nébuieuses paraissent suivre, dans leur distribution, des lois particulières. La connaissance de ces lois aura aniout pour effet de modifier profondément nos idées SOT ce que l'on nomme, avec tant de hardiesse, la Ebucture de l'univers. Gtons seulement ici un fait bien r«narquable : à parité de grossissement et d'ou- Terture du télescope, tes nébuleuses rondes sont plus bdiement résolubles en étoiles que les nébuleuses mks (&0).
Noos signalerons maintenant quelques-uns de ces amas stellaires qui forment des systèmes isolés, véritables lies dans l'océan des mondes.
la PUiadet : Conaues dès la plus haute antiquité et des peuples 1^ plus grosâers. C'était la constellation des navigaleors : Pleias, ârô toù itVïv, comme dit l'ancien scoliaste d'Anlos. Cette étymologie est bien plus juste que celle des KtiniDs plus modernes, qui la déduisent de iTiXof, pluralité. Dus la Méditerranée, la navigation durait depuis mai jusqn'tn commencement de novembre, c'est-à-dire depuis le lerer héliaque jusqu'au coucher héliaque des Pléiades.
La Crèche, dans l'Écrevisse :" Nubecula quara Prœsepia ïoeant inlef Asellos, comme disait Hine, un mç^wv d'Ératuslbhie.
L'amas qui se trouve dans la poignée de l'épée de Perséc; If^ i^tronomes grecs en onl souvent fait mention.
^laiiizMbvGoO^k"'
Ca Ghtvelto'e de Bérénice : viâUe à la ^mple vue, ainsi que les trois amas précëdenU.
Un amas situé près d'Axcturus (n" 166S), par 13'' Zk' 13* d'asc. dr. et 29° IW de déc).. il contient plus d'un millier de petites étoiles de 10' à 12' grandeur.
Amas placé entre ti et t d'Hercule ; visible à l'œil nu pendant les belles nuits; un magnifique objet, tu k l'aide d'un 1968); il est frangé, sur les bords, de projuliers. AR. 16" 35» 37' décl. + 3' kT; re fois en 171(i, par Ualley.
e u du Centaure : décrit par Halley dËs 1677; paraissant à l'œil nu coname une tache ronde d'aspect cométaire; presque aussi britlant qu'une étoile de &* à 5*grandeur. A l'aide de télescopes puissants, on le décompose en petites étoiles de 13* à 15* grandeur, esset fortement condensées vers le centre; AB. 13^ 16i> 38*, déci. — &&" 35'; c'est le n° 350/i du Catalogue des nébuleuses du ciel austral de sir John Uerschell; il a 15' de diamètre. {Voyage au Caf, p. SI et 105; OuUines of Âslr., p. 595.)
Amas voisin de x de la Croix du Sud (n° 3435) : composé d'étoiles multicolores de 12* h 16* grandeur. Ces étoiles sont distribuées sur une aire de l/AS de degré carré. C'est une nébuleuse de Lacaille; elle a été si complètement résolue par sir John Herscbell , qu'il ne restait plus de traces de nébulosité. L'étoile centrale est absolument rouge. {Yoyage au Cap, p. 17eti02, pi. I.iig. 2.)
L'amas txl du Toucan, de Bode, n" 2322 du Catalogue de sir John Herschell, un des plus merveilleux objets du ciel austral. Lorsque je vins au Pérou pour la première fois, et que je vis cet amas plus élevé au-dessus de l'horizon, je le pris d'abord pour une comète. Il a 15 ou 30' de diamètre, et quoiqu'il soit situé près de la petite Nuée de Mageilan, sa visibilité à l'œil nu est singulièrement favorisée par sa situation dans un espace entièrement vide d'étoiles. Il est intérieurement coloré en rose pâle, entouré d'uue bordure blanche
3,q,i,i=dbvGoogIe
craeentrique, et formé d'étoiles égales de ili* à 16* grandeur. Il présente d'ailleurs tous les signes caractéristiques de la fbnne globulaire ou sphérique (41).
La Nibuletue d'Andromède, près de v de cette constellatiOD. La résolution en étoiles de cette célèbre nébuleuse est une des plus remarquables découvertes qu'on ait faites , à notre époque, dans l'attronomic adérale. Cette découverte ta due & Geonges Bond (kS.) , adjoint de l'observatoire de Camtffidge, aux Ëtats-Uni^ et fut fiiite en mars 18I|8 ; elle montre (oate la puissance optique de la lunette de cet établissement (son objectifest de 38 centimètres de diamètre); car un excellent télescope, dont le miroir n'avait pas moins de A9 cenUmitres de diamètre, n ne laissait pas même soupçonner la présence d'ace seule étoile dans cetta nébideuse » (A3). Or la hmette de Cambridge en fait distinguer pins de 1500. Pentétie l'amas stellaire d'Andromède a-t-il été connu, dès la Bn (ta x*ûècle, comme une nébuleuse de forme ovale; il est certain du moins que Simon Marins ou Mayer, de Guntzenhtoso], auquel on doit la remarque des changements de coul«ir qni accompagnent la scintillation (fiti), a signalé cet amas le 15 décembre 1612, comme un nouvel astre singulier, dépourvu d'étoiles et inconnu à Tycho^ c'est lui aussi qui en a donné la première description détaillée. Cinquante ans plus taid, Bouillaud, l'auteur de YAstronomia PhUolaka, s'est ooeapé du même sujet. Ce qui donne à cet amas, dont la longueur est de 2" 1/2 et la largeur de plus de 1", un caractère toQt particulier, ce sont deul bandes noires très-étroites qui taTCfsent, oMnme des fissures, ta figure entière, parallèlement à son grand axe. Cette con6guralion , observée par Bond, rappelle la singulière fissure longitudinale qui traverse ^^alement une nébuleuse non résolue de l'hémisphère ausloi, le n" 3501, dont Herschell a donné la description et le ifcsiîn, dans son Yoyage au Cap, p. 20 et 105, pi. IV, fig. 2.
l'omets à dessein la grande nébuleuse d'Orion dans
3,q,i,i=dbvGoogIe
ce choix d'amas stellaires remarquables, malgré les découvertes importantes que lord Rosse, aidé de son télescope gigantesque, a faites sur cette D^uleuse. Il m'a paru plus convenable de renvoyer au chapitre des nébuleuses la description des parties actuellemrat résoellation d'Orioo.
e accumulation d'amas d'étoiles, mais f, se trouve dans-la Voie lactée (45), luve céleste des Arabes) (Ei6), qui . grand cercle de la sphère incliné à l'équateur sous un angle de 63". Le pôle nord de la Voie lactée se trouve par 12' â.7" d'asc. dr. et 27* de décl. boréale, et son pôle sud par 0'' 47" d'asc. droite et 37" de décl. australe. On voit que le pôle boréal de la Voie lactée est situé près de la Chevelure de Bérénice, et que son pôle austral tombe entre le Phénix et la Baleine. S'il est naturel de rapporter les lieux des planètes à l'écliplique, c'est-à-dire au grand cercle de la sphère que le Soleil décrit dans sa course annuelle, il ne t'est pas moins de rapporter l'ensemble des configurations stellaires au grand cerde de ta Voie lactée, surtout quand il s'agit de rechercher le mode suivant lequel les étoiles se -groupent et s'accumulent dans les diverses régions de la voûte céleste. En ce sens, la Voie lactée a le même rôle, dans l'univers sidéral, que l'écliptique dans notre monde planétaire. Elle coupe l'équateur en deux points : le premier est situé entre Procyon et Sirius, par 6^ 5ft" d'asc. dr.; le second point se trouve vers la main gauche d' Antinous, par ig*" iS" d'asc. dr. (en 1800). I^ Voie
3,q,i,i=dbvGoogIe
lactée divise donc la spbère céleste en deux parties un çea inégales, dont les surfaces sont dans le rapport de 8 à 9. C'est dans la plus petite que se trouve le point équinoxial du printemps. La largeur de la Voie laclée est très-variable (&7). La parue la plus étroite et aussi la plus brillante a seulement 3* ou &* de large; eUe se trouve entre la proue du Navire et la Croix. AîOeurs, sa largeur va à 16° et même à 32°, par exemple eatre le Serpentaire et Antinous; il est vrai que cette partie est divisée en deux branches (A8). W. Herschell a remarqué qu'ea plusieurs endroits la Voie lactée est plus large de 6° ou 7', d'après ses jauges, qu'elle ne te parait à l'œil nu, quand on en juge seulement par l'effet de sa lueur stellaire (â9) .
La blancheur lactescente de cette zone a été attribtiée longtemps à la présence d'une nébulosité généra non résoluble. Huyghens avait été conduit à cette idée dès 1656, en étudiant la Voie lactée avec une lunette de T'fÔ. Mais ou est parvenu plus tard, en empfofant toute la puissance optique des plus grands télescopes, à démontrer que celle lueur générale ne devait pas être attribuée à la présence de quelques rares n^uleuses, mais bien à des strates d'étoiles accumulées dans la même région. C'est la justification <les idées que Démocrite et Manilius s'étaient formées aairefiHS sur « la Voie suivie par Pbaéton. » Là où la Vcse lactée a été décomposée en étoiles, on a vu ces éloilefl ■ se projeter sur uo fond noir entièrement dégagé de toute nébulosité : » or, la lueur générale de la Voie lactée est partout la même (50) .
3,q,i,i=dbvGoogIe
C'est an caractère général et très-reniarqu^le de la Voie lactée, que les amas globuiairm et les nâmieusea ovales de fonae régulière s'y troavent si clairsemées (51), tandis qu'on lee rencontre en si grand nombre à de grandes distances de la Voie lactée, et même dans les Nuées de Magellan. Dans ces Nuées, les étoiles isolées, les amas globulaires à tous les états possibles de condensation intérieure, et les taofces nébuleuses ovales ou irrégulières sont abondamment mêlées les unes aux autres. Toutefois une partie de la' Voie lactée fait exception sous ce rapport; ou trouve des amas nombreux de fbrme sphérique dans la régicm comprise entre i&' 45" et 18" 44" d'asc. dr., c'està-dire entre l'Autel, la Couronne australe, la Idie et le corps du Sagittaire, et la queue du Scorpion. On voit même, entre c et 6 du Scorpion , une de ces nébuleuses annulaires, si rares dans le ciel austral (52). Dans le champ de vision des grands télescopes (et il faut se rappeler ici que les télescopes d'Hersdiell de 20 pieds et de 40 pieds pénétraient dans l'espace jusqu'à 900 et 2800 fois la distance de Sinus à la Terre), la Voie lactée se mpntrait aussi variée, quant h sa constitution sidérale, qu'elle eU peu régulière à l'œil nu, dans ses limites toujours mal accusées. Si quelques régions présentent de grands espaces où la lumière est uniformément répartie, il vient immédiatement après d'autres régions où des espaces brillants du plus vif éclat alternent avec des espaces pauvres ea étoiles, et dessinent sur le ciel des réseaux irrégulièrement lumineux (53). On trouve même, jusque dans
3,q,i,i=dbvGoogIe
l'iMâieur de la Voie lactée, des espaces obscurs où il cet impoasiUe àe découvrir une seule étoile, fût-elle de IS* ou de 20' grandeur. A l'aspect de ces régions atsolwQeat ^des, <^t m saurait se défendre de l'idée ^ le rayon visuel a pénétré réellement dans l'espace, ea traversant l'épaiseeur entière de la couche stellaire qui DOQS «iviroDoe. Lee mêmes irrégularités se maniJestaDt dajas les jauges : quand celles-ci présentent une moywiie de AO à 50 étoiles pour l'étendue d'un damp de 'vision de 15' en diamètre, les jauges sui- Tutes en comprennent souvent dix fois plus. Quelquefois, des étoiles d'un éclat supérieur brillent au mibta de la plus fine poussière stellaire, et les ordres de grandeur iotermédiaires manquent totalement. Il Eut pourtant remarquer ici que les étoiles dites d'ordre id^ieur ne &oot pas néc^isairement les plus élragoées ; il est possible qu'elles soi«it d'un volume plus laible, oa (^ la lumi^ s'y développe avec une moindre
. Pour bien saisir le contraste que présentent les diwses parties de la Voie lactée, quant à l'éclat et k faccaBulatioo des étoiles, il faut comparer des (épim Irès-étoignéw l'une de l'autre. Le maximum de ricbesse et d'éckl stellaire se trouve entre la proue du NavÏK et le St^taire, ou, pour parler plus exactemsit, entre l'Aulel, la queue du Scorpion, la main et l'anc du Sagittaire, et le pied droit du Serpentaire. « Anciuke n^ion du àd ne prés^ile autant d'éclat et de wiété par la ricbesse et le nombre des objets qiù s'y trouvent réonis » (5/i). La région de notre ciel bo-
réal qui s'en rapproche le plus est située daos l'Aigle et dans le Cygne, vers le point de partage de la Voie lactée. Le minimum d'éclat se trouve dans les environs de la Licorne et de Persée, et le minimum de largear sous le pied de la Croix. *:•'
Une circonstance digne de remarque augmente encore la magnificence de la Voie lactée , dans l'hémisphère austral : c'est qu'elle est coupée sous un ang^e d'environ 20*, entre les parallèles de 59* et de 60*, par la zone stellaire où se trouvent les étoiles les plus brillantes et sans doute aussi les plus voisines de nous, zone à laquelle appartiennent Orion, le Gra|}(l- Chien, le Scorpion, le Centaure et la Croix. Un arc de grand cercle, passant par ■ d'Onon et le pied de la Croix, dessine assez bien la direction de cette zone remarquable, dont rintersection avec la Voie lactée tombe entre « de la Croix: et n d'Âi^, devenue si célèbre par sa variabilité. L'effet vraiment pittoresque de la Voie lactée est encore augmenté par les diverses ramifications qu'elle présente sur les 3/5 de son trajet. La bifurcation principale a lieu près de a du Centaure, suivant sir John Herscbell (55) , et non près de ^ du Centaure, comme l'indiquent nos cartes célestes, ni près de l'Autel, comme le veut Ptolémée (56). Les deux grandes branches se réunissent dans la omsteilation du Cygne.
Pour embrasser dans son ensemble le cours entier de la Voie lactée et de ses ramiTications, nous ferons ici une revue rapide de ses diverses parties, en suivant l'ordre des ascensions droites. Elle passe par
3,q,i,i=dbvGoogIe
f el ( de Cassiopée, covoie aa sud, vers i de Persée, un rameau qui se perd près des Pléiades et des Hyades;^ elle traverse, faible encore et peu brillante, les Chemaux (Haedi) dans la main du Cocher, les pieds des Génteaux, les coraes du Taureau, coupe l'écliptique au poiDt solslicial d'été, couvre la massue d'Orion et traverse l'équateur vers le col de la Licorne par 6*' 5/i" d'ascensioQ droite (en J 800). A partir de ce point son édat augmente notablement. A l'arrière du Navire, die éinet un rameau vers te sud Jusqu'à y d'Argo, où ce rameau disparaît brusquement. La braoche principale c(»)tiDue jusqu'à iiS' de déclinaison australe; b ê\e s'étend en éventail sur 20° de large, puis elle E'ÎDierrompt encore et laisse un large espace vide, EuiraDt la ligne qui joint ■)■ et ). d'Argo. Elle reprend «DEuite, avec la même largeur; mais elle va en se ré- Wcissant vers les pîeds de derrière du Centaure. Dans b Croix du Sud, où elle atteint son minimum de lar^ geur, elle n'a pins que 3* ou k". Un peu plus loin, eiie s'ét^d de nouveau, et se transforme en une ■Basse plus brillante où ^ du Centaure, a et f) de la Crois se trouvent compris, ainsi que l'espace obscur n forme de poire, qu'on nomme Sac de Charbon et doQl j'aurai à parler bientôt dans le VII* chapitre. Cest vers cette région remarquable, un peu au-dessous do Sac de Qiarbon, que la Voie lacl^ se rapproche le ftedap<Ue austral.
BUe se divise près de a du Centaure, comme je r« dit plus haut, et sa bifurcaticNi se maintient, suinM les aneieones descriptions, jusque dans la con-
3,q,i,i=dbvGoogIe
steltatioD do Cygne. D'abord, en partant de k du Geolaure, on voit ud rameau étroit se diriger au nord et Be perdre vers le Loup. Puis une division se montre dans le Compas, près de -j de la Règle. Le rameau aeptentrional présente des formes irrégulières jusque vers les pieds du Serpentaire; là il s'évanouit UHit à bit. Le rameau méridional devient alors la branche principale, traverse l'Âutel et la queue du Scorpion, eo se dirigeant vers l'arc du Sagittaire, et coupe l'écliptique par 276' de longitude. On le reconnaît pbs loin courant à travers l'Aigle, la Flèche et le Renard jusqu'au Cygne, mais sous une forme accidentée, interrompue çà et là. En cet endroit commence une région extrêmement irrégulière; on y voit entre e, k et ^ du Cygne, une large place obscure que FÏr John Herschell compare au Sac de Charbon de la Croix du Sud (57), et qui forme une espèce de centre d'où divergent trois courants partiels. Le plus brillant est focile à suivre, si on remonte par de là fi du Cygne et X de l'Aigle; mais il ne se réunit point avec le rameau mentionné plus haut, lequel s'étend jusqu'au pied d'Ophiucus. Une partie plus considérable de la Voie lactée s'étend en outre à partir de la tête de Céphée, c'est-à-dire près de Cassiopée , point de départ de toute cette description , et se dirige vers la Petite Ourse ou ie pâle nord.
Les progrès extraordinaires dont l'étude de la Voie lactée est redevaUe à l'emploi des grands télescopes, ont fait succéder, à l'étude purement descriptive ou optique de celle partie du ciel , des
3,q,i,i=dbvGoogIe
aperças plus ou moins heureux sur sa constitutioD lAysqoe. Thomas Wright (58), Eaut, Lambert et William Herschell lui-même ne voyaient dans cette iinmnise accumulation d'étoiles que la simple perspectÎTe d'une strate stellaire aplatie et plus ou moins tégulièTe, au sein de laquelle notre système solaire serait placé. Quant à l'hypothèse opposée, celle de r^ale grandeur des étoiles et de leur uDiforme disbributioD dans ]'es}>ace, tout concourt aujourd'hui à r^ivanler. Cependaut William Herschell a fini, dans «s derniers travaux, par modifier lui-même sa preni^ idée : au lieu d'une immense couche d'étoiles^ Kt balûle et hardi scrùlateur des deux a préféré ad- Dettre enfin l'hypothèse d'un vaste anneau stellaire, ^'il avait pourtant combattue dans son beau Mé- Doin de 1.78A. (59). Les dernières observations paniaaeot décider eu faveur d'un système d'anneaux Bttceolriques, d'épaisseurs très-inégales, et dont les irerses couches, plus ou moins lumineuses pour nous, lenient placées à des profondeurs diverses dans l'es- FKo. Mais l'éclat relatif de ces petites étoiles, commises entre la 10* et la 16* grandeur, ne saurait ici ■MIS doaiMT la oKsure de leur distance ; il est impos- Ale d'en rien conclure de satisfaisant quant à Téva- IsatioD numérique du rayon des sphères auxquelles ces «loiks appartiennent (60).
Dans beaucoup de régions de la Voie lactée, la piiwaice de pénétratitm de nos instruments optiques nSt pour résoudre tes nuées slellaires dans toute leur 'teodae, et bire vtur les pointe lumineux sur le foui
3,q,i,i=dbvGoogIe
TÏde et noir des espaces sans fin. On peut dire alors que la vue pénètre librement dans t'espace. « It leads us, » dit sir John Herschell, « irresistibly to the conclusion, that ÎD thèse régions we see fairly Ihrough the starry stratum (61). » Dans certaines régions, la Voie lactée livre elle-même un passage par ses hiatus ou ses fissures. Ailleurs elle est restée impénétrable (fathomless, insondable) , même pour le célèbre télescope de 40 pieds (62).
La théorie actuelle du système des anneaux galactiques et la détermination de ce que l'on appelle hardiment II le lieu du Soleil dans ce système », sont dues, en grande partie, aux récents travaux de sir John Herechell dans l'hémisphère austral.' Pour obtenir ces résultats dont on ne peut contester la Traisembtance et surtout l'intérêt, John Herschell a étudié la distribution de la lumière stellaire dans 1^ diverses régions de la Voie lactée, et les ordres de grandeur des étoiles qui s'accumulent de plus en plus à partir des pdles galactiques, accumulation qui a été constatée, dans un espace de 30°, de chaque cdté de la Voie lactée, pour les étoiles inférieures à la 11* grandeur (63), par conséquent pour les 16/17 de la totalité des étoiles. Le lieu que l'on est ainsi conduit h assigner au Soleil est excentrique : on le place sur la ligne d'intersection de l'une des couches secondaires avec le plan de l'anneau principal (64), dans une des ;régi(H]B les plus vides, plus près de la Croix du Sud que de la région oh se trouve le nœud opposé de la Voie lactée (65). « La profondeur à laquelle notre
MbvGoogle
— i65 — système solaire est placé, dans la couche d'étoiles qui Ibime la Voie lactée, doit donc être égale à la distance des étoiles de 9* à 10* grandeur, et dod point à cdie des éloilefi de il* grandeur, cette profondeur étant d'ailleurs comptée à partir de la surface méridionale de la strate stellatre (66). > Hais là où les mesures directes deviennent imposables, par la nature même du pn^lème, l'^rit humain, tout en pressentant la Térilé, ne parvient cependant qu'à saiàr une lueur iDcertaioe.
DiqiiiicdbvGoogle
ÉTOILES NOUVELLES. — ETOILES CHiNfiEANTBS A P^ EIODES CONSTATICBS. — &STHB8 DOIïT L'ÉCLAT SUBIT DBS VASIATIONS, HAIS DONT LA PÉRIODICITÉ N'A POINT ENCORE ÉTÉ RBCOHNUB.
Étoiles nouvelles. — L'apparition d'une étoile nouvelle a toujours excilé rétonnement, surtout quand le phénomène a été subit, quand l'étoile était de première grandeur et fortement scintillante. Cest là, en effet, ce que l'on pourrait nommer à bon droit un événement dans l'uniTers. Ce qui était resté, jusque-là, caché à nos regards, devient viable et révMe tout à coup son existence. La surprise, d'ailleurs, esi d'autant plus vive, que de pareils événements se présentent plus rarement dans la nature. Du jn' au XIX* siècle, les habitants de l'hémisphère boréal ont aperçu, à l'œil nu, &2 comètes, soit ik comètes en moyenne par siècle; tandis qu'ils n'ont été témcMus que de 8 apparitions d'étoiles nouvelles, dans le même laps de temps. Leur rareté devient bien plus frappante, si on embrasse des périodes plus longues. Depuis l'époque, importante i^ns l'histoire de i'asr tronomie, où tes Tables Alphoosines furent achevées, jusqu'à celle de William Hei^hell, de 1252 à 1800, ou a compté environ 63 comètes non télescopiques,
3,q,i,i=dbvGoogIe
et weaitttteut S éUàks DOuveltes. Daos cette période donc, où la dvilisatioa européeoQe permet de compter sur une attention scientifique suffisamment soute- Doe, le rapp(Hl des étoiles nouvelles aux comètes râiUes est o^uî de i à 7. Nous ferons voir bientôt qne, si OD distingue avec min, dans le catalogue cbiDOtB de Ha-tuan-lin, les étoiles nouvelles des co- QtèleB d^KHirvues de queu^, et si l'on remonte, k l'ùde de cette précieuse collection, jusqu'à l'année ISO aranl notre ère. on trouve encore à p«ne, en 2000 ans, 20 à â2 apparitions d'étoiles dont on puisse garanUr la réalité.
Avant de passer aux considérations générales, il nous parait bon de nous arrêter, un moment, k
■ cas particulier, et d'étudier, dans iœ écrits d'un témun ocolaire, la vive impression que peut causer l'a^Mol inattendu d'un phénomène de ce genre.
■ LtHSqne je quittai l'Allemagne pour retourner dans )n fies danoises, dit Tycho-Brabé, je m'arrêtai (ut adicnvits fastidium lenirem) dans l'ancien cloître ■dmirablefflent situé d'Herritzwaldt, appartenant à tua (Hicle Si^on Bille, et j'y pris l'habitude de rester dws mon laboratoire de chimie jusqu'à la nuit tombale. Un soir que je considérais, comme à l'ordi- Bûre, la^ voûte céleste dont l'aspect m'est si familier, je vis avec un élonnunent indicible, près du zénith, 4bds Cassiopée, une étoile radieuse d'uue grandeur atraordioaire. Frappé de surprise, je ne savais si j'en dnais croire mes yoix. Pour me convaincre qu'il n'y avait point d'illusion, et pour recueillir le té-
3,q,i,i=dbvGoogIe
— les —
moignage d'autres persoDoes, je fis sortir les ouvriers occupés dans mcm laboratoire, et je leur demandai, ainsi qu'à tous tes passants, s'ils voyaient, comme moi, l'étoile qui venait d' apparaître tout à coup. J'appris plus tard qu'en Allemagne des voituriers et d'autres gens du peuple avaient prévenu les astronomes d'une grande apparition dans le ciel, oe qui a fourni l'occasion de renouvder les railleries accoutumées contre les hommes de science (comme pour les comètes dont la venue n'avait point été prédite).
« L'étoile nouvelle u, continue Tycbo, était dépourvue de qœue; aucune nébulosité ue l'entoorait; elle ressemblait de tout point aux autres étcnles; seulement elle scintillait encore plus que les étoiles de première grandeur. Son éclat surpassait celui de Sirius, de la Lyre et de Jupiter. On ne pouvait le comparer qu'à c^i de Vénus, quand elle est le plus près possible de la Terre (alors un quart seutem^it de sa surface est éclairé pour nous). Des p^sonnes pourvues d'une bonne vue pouvaient distinguer cette étoile pendant le jour, même en plein midi quand le ciel était pur. La nuit, par un ciel couvert, lorsque toutes les autres étoiles étaient voilées, l'étoile nouvelle est restée plusieurs fois visible à tnvers des nuages assez épais (nubes non admodum densas). Les distances de cette étoile à d'autres étoiles de Cassiopée, que je mesurai l'année suivante avec le plus grand soin, m'ont convaincu de sa complète immobilité. A partir du mois de décembre 1572, son éclat
3,q,i,i=dbvGoogIe
— 1C9 — commença îi diminuer; elle était alors égale à Jupiter. En janvier 1573 elle devint moins brillante que Jupiter. Voici les résultats de mes comparaisons photomâriques : en février et mars, égalité avec les étoiles dit premier ordre (slellarum affixarum primi honoris; Tycbo paraît n'avoir jamais voulu employer l'expression de Manilius, sleilae fïxae); en avril et nai, édat des étoiles de 2' grandeur; en juillet et aoât, de 3' ; en octobre et novembre, de &* grandeur. Vers le mois de novembre, l'étoile nouvelle ne surpassait pas la 11* étoile dans le bas du dossier du trône de Cassiopée. Le passage de la 5* à la 6* grandeur eut lieu de décembre 1573 à février 157&. I^ mns suivant, l'étoile nouvelle disparut , sans laisser de bnce visible à la simple vue, après avoir brillé 17 mois. 0 Le télescope a été inventé 37 ans plus tard. Ainsi l'étoile perdit son éclat d'une manière successive et parfaitement régulière, sans présenter des périodes de recrudescence, comme l'a fait de nos jours n d'Ai^, étoile qu'on ne peut assurément apfàer nouvelle. La couleur changeait aussi bien (pe l'éclat, ce qui donna lieu, plus tard, à une Ibole de conjectures erronées sur la vitesse de propagation des divers rayons colorés. Dans les premiers temps de son apparition, lorsqu'elle égalait en éclat Vénus et Jupiter, elle resta blanche pendant deux iMHS; die passa ensuite au jaune, puis au rouge. Prad&nt l'hiver de 1573. Tycho la compare à Mars; pois il la trouve presque semblable à l'épaule droite d'OrioQ (Béteigenze) . Il lui trouvait surtout de l'ana-
3,q,i,i=dbvGoogIe
logie avec la couleur rouge d'Aldébaran. Au priatomps de 1673, priDcipaleuieot vers le mois de mai, la couleur blanchâtre reparut : n albedinem quamdam subUvidam induebat, qualis Saturai stdise Eubesse videur « . Elle resta ainsi, en janvier 157&, de 6' grandeor et blanche, mais d'une blancheur moins pure; elle scintillait avec une vivacité extraordinaire pour sa graodeuT; en6n elle conserva les mêmes apparences jusqu'à aa disparition totale en mars lS7ft.
Ces détails circonstanciés (67) montrent l'influence qu'un td phénomène devait exercer sur les esprits à une époque si brillante pour l'astronoaue, et l'importance qu'on attachait déjà aux problèmes qu'il soulevait. Comn», malgré la rareté des étoiles nouvdtes, dffî phénomènes de ce genre se reproduisirent 3 fois en 32 ans, sous les yeux des astroncunes «uvpéens, ces événements extraordinaires et réitérés excitant au plus haut degré l'intérêt universel. On reconnut de plus en plus l'importance des catalogues stdlaires, qui seuls peuvent donner le moyen de contrôler la nouveauté de l'étoile. On discuta leur périodicité possible (68), c'est-à-dire leur réapparition après plusieurs sièdes. Tycho avança même hardiment une théorie sur la manière dont les étoiles se forment aux dépens de la maUère cosmique, et sa tiiéorie présente beaucoup' d'analogie avec celle de William Herschell. Il croit que cette matière céleste est d'abord à l'état de nébulosité; qu'elle devient lumineuse par sa condensation; qu'elle s'agglomère enGn en fcH'mant des
3,q,i,i=dbvGoogIe
étdte : a Cœli materiam tenuissimam, ubique Doslro TÎstri et PlaDetarum circuîtibus perviam, in unum gk^nun condensatum, stellam effingere ». Cette matière cosmique, UDiversellemeot répandue, aurait acquis déjà un certain degré de coudensatioD dans la Vue lactée , où elle brille d'une douce lueur argentée. C'est pourquoi l'étoile nouvelle se trouvait, comme cdies qui parurent en 9&5 et 136&, au bord même de la Voie lactée « quo factum est quod nova steOa in ipso Galaxis mai^ine conslilerit »; et même on reconnaît encore la place (le hiatus) que la matière de ta Voie lactée a laissée vide en se condensant (69). Ces aperçus rappellent des théories qui eormt cours au commencement du xix* siècle, la transformation de la matière nébuleuse en amas stellaires, la force de concentration qui condense fn à peu cette matière, en dounant naissance à une étoile centrale, et toutes ces hypothèses sur la marche que suit la matière nébuleuse, pour former des globes «Ëits. Ces idées ont régné un instant; aujourd'hui ïOes sont rejetées comme douteuses. Tel est le sort des kjpothèsÊs, dans rétemelle fluctuation des opinions et te systèmes.
Je rassemble ici toutes les apparitions des étoiles Boorclles temporaires sur la certitude desquelles on peut compter jusqu'à un certain point :
(a) 13Â avaDtJ.-C. dans le Scorpion, (fi) 123 après J.-C. dans Ophlucus.
(c) 173 dans le Centaure, (rf) 369?
3,q,i,i=dbvGoogIe
{«) 386 dans le SagitUfre.
{f) 389 dans l'Aigle.
ig) 393 dans le Scorpion.
(A) 8377 daas le Scorpion.
[ i } 9â5 entre Cépbée et Gasslopée.
[k] 1012 dans le Bélier.
( / ] 1203 dans le Scorpion.
(m) 1330 dana Ophlucua.
(n) lï6â entre Cépliée et Caaslopéo.
(0) 1579 dans Gasslopée.
(q) isSù dans le Scorpion.
(r) 1600 dans te Cygne.
( I ) 16Dâ dans Ophlucus.
(u) 1670 dans le Renard.
(v) 1848 diuis Opbiucos.
Èdairàssements.
(a) Première apparition, entre ^ et p du ScoTpi<ai, eo juillet de l'an 13& avant J.-C. ; extrait de la Collection chinoise de Ma-tuan-lîn, traduite et coordonnée par le savant linguiste Edouard Biot (Connaissance des temps, pour l'an 18^6. p. 61). On trouve, dans ce catalogue, la description des étoiles exlraordâiaïres, d'un aspect étranger, que les Chinois nommaient iioites hôtes (Ke-sing, étrangers d'une pby«0Qomie singulière). Ces étoiles sont distinguées, par les observateurs eux-mêmes, des comètes pourvues de queue ; mais les étoiles nouvelles immobiles sont mêlées d'un certain nombre de comètes sans queue et changeant de position. Cependant on peut trouver un critérium important, sinon infaillible, pour les distinguer, dans l'indication d'un mouvement (Ke-sing de 1092, 1181 et 1E|58) ou dans l'absence de toute indication de ce genre, comme dans la formule : n le Ke-sing s'est dissous n et a disparu. On peut rappeler encore que la tête des comètes.
3,q,i,i=dbvGoogIe
avec ou sans queue, tnille toujours d'une lumière fàMe et dooce, et ne scintille jamais, tandis que l'éclat des étoiles eitnordinsires signalées par les Cbiooîs est comparé à celui da Vénus, ce qui ne saurait convenir aux comètes en g^ Déni, et encore moins aux comètes sans queue. L'étoile qui puni en 13{| avant J.-C, sous l'antique dynastie des Han, poamil être, stùvant àt loab Herschell, l'étoile nouvelle dont parie Pline, celle qui aurait déterminé Hipparque à entrqa«D(lre son catalogue. Le dire de Pline a été traité dliislorietle par Delambre {Hisl, de l'Astr. onc, t. I, p. 290, et Bin. dé l'Astr. mod., t. I, p. 186). Mais comme Ptolémée affirme expressément {Almag. VII, 2, p. 13, éd. Halma) que le catalogue d'Hipparque est relatif à l'an 128 avant notre ère, et comme Hipparque observait & Rhodes et peut-^tre aussi à Uoiodrie, entre les années 162 et 127 avant J.-C., ainsi que jeraj déjà dit dans un autre endroit, il n'y a rien à opposer il'issaticHi de Pline, ou à la conjecture d'HerschelI. On peut liieo croire, en effet, que le grand astronome de Nicée a obterré longtemps avant l'époque où il se détermina à conrinire un catait^e d'étoiles. L'expressicm de Pline « suo tevo gnila « se rapporte évidemment à la vie entière d'Hipparque. Unqw l'éloile de 1572 apparut (celle de Tycbo), on disputa loeglemps sor ta question de savoir si l'étoile d'Hipparque fiait bien une étoile nouvelle ou une comète sans queue. Tjd» avait adopté la première opinion (Progymn., p. 319- 315). Les mots a ejusque tnotu ad dubitationem adductus » pmmient faire penser qu'il s'a^ssait d'une comète faible ou ont qœae ; mais le langage un peu factice de Pline s'accom- ■ode de toute espèce d'ambiguïté dans l'expression.
[b] Apparition signalée par les Chinois, en décembre de rmnée 123 après notre ère, entre a d'Hercule et a d'Ophiueu; collection de Ha-tuan-lin, d'après Éd. Biot. (Il paraîtrait qu'il y aurait eu encore une autre apparition d'étoile nouvelle mu Adrien, vws l'an 130.)
(^ Êtwle ainguli^ et très-grande , tirée de Ha-tuait-lio,
3,q,i,i=dbvGoogIe
— 17ft — ainsi que l«s trois suivantes. Elle parut, le 10 décembre 173, entra a et ^ du Centaure, et dispanit bnit mois |dus tard, après avoir montré les cinq coxUettn Vtme oprh (autre. Ëdmianl Biot dit successivement, dans sa traduction : on pou^ rait conclure de cette expression que cette étoile a présenté, à diverses époques, une série de couleurs analo^es à cdles de l'étoile de Tycho; mais ur John Herscbell croit qu'il s'agit seulement d'une scintillation colorée {Outlines, p. 563); c'est la même interprétation qu'Arago a donnée d'une expression [«■esque identique àaat Kepler s'était servi, pour l'étoile doih velle de 160fk dans le Serpentaire (Ara^, Àstr. pop. 1. 1,
(d) Elle brilla depuis le mois de mars jusqu'au mois d'août de l'an 369.
(e) Entre > et f du Sagittaire. Le catalogue diinois indique encore ici expressément le lieu « oii Pétoile demeun depuis le mois d'avril jusqu'à celui de juillet 386. » Elle était donc immobile.
(/) Étoile nouvelle près de a de l'Aigle; d'a[ffès le récit de Cuspinianus, témoin oculaire, elle brillait avec l'éclat de Vénus, du temps de l'empereur Hfmorius, elle dispimt tioé semaines «près sans laisser de traces (70).
{g) Mars 393; encore dans le Scorpion, mais cette fiaii dans la queue; tirée du catalogue de Ma-tuan-lin.
(h) L'année 827 est douteuse ; il est plus sûr de dire : dans la première moitié du a* aècle. C'est, en effet, vers cetle époque, et sous le règne du calife Al-Mamoun, que deux célèbres astnnwmes arabes, Haly et Giafor Ben- Mohammed Alboumazar, observèrent, à Babylmie, une étoHe nouvelle « dont la lumière égalait celle de la Lune dans siMi premier quartier! u Cet événement eut encore lieu dans le Scorpion : l'étoile s'évanouit après un intervalle de quatre mois.
{*) L'apparition de celte étoile, en 9ii6, soos l'empereitr Othon le Grand, ainsi que celle de l'an 136b, reposent imiqnement sur le téinoignage de l'astronome boMmien Cj'
3,q,i,i=dbvGoogIe
pfiiDiii LeOTÎtius, qui assure avoir puisé ses raDsei(pMmeiUs dans nue Chronique manuscrite. Cet astronome fait remarqoer «o mémo temps que les deux apparitions de 9ti5 et de l!6ï ont en lieu entre Cépbée et Cassiopée, tout près de la Voie lactée, précisément à l'endroit oii l'étoile de Tycbo s'est DKmtrée en 1572. Dans les Progymnasmata (p. 3S1 et 709), l^cho prend parti pour Cyprianus Leovitius contre Pontanus «I Oimerarius qui le soupçonnaient d'avoir confondu des ONDèteB à longues queues avec des étoiles nouvelles.
(i) D'après le témoignage d'Hepidannus, moine de Saint- Gall, mort en 1088, et dont les annales s'étendent de 709 i Whkt une ^ile nouvelle, d'une grandeur extraordinaire et d'm éclat éblouissant (ocalos verberans) parut vers la fin du Bois de mai 1012, dans le signe du Bélier, au point le plus Béridional du ciel, et y resta visible pendant trois mois. Elle pint tantôt plus grande, tantôt plus petite, et quelquefois on «sait de la voir, u Nova Stella appaniit insolîtœ magnitu- (finis, aspectu fulgurans, et oculos verberans non sine teirora. Q«e mirom in modum aliquando contractior, aliquando difbnor, ettam extinguebatur interdum. Visa est autem per très Koses in intimis fînibus Austri, ultra omnîa ugna qute vitetur in cœlo. h Hepidanni Àrmales brèves daris Ducbesne, Bùtorùe FrancorumScriplores, L III, 16^1, p. &77; Cf. aussi Sduiurrer, Gironih der Senàien, 1" part., p. 201.) Le ma- ■aicrit consulté par Ducbesne et par Goldast place cette appaliliea ai 1012 ; mais, d'après de récentes critiques bistoriques, il b«t prélérer les iodications d'un autre manuscrit qui est en étaecMd fréquent avec le premier, et qui recule, par exempla, loalea les date* de 6 ans. Il place l'apparition de l'étoile ■ouTeUe dans l'année 1006 (Cf. AnncAes Sangailenset mtgora dMs Perti, MotMmenta Germanùe hUtorica, Scriptorum, t. I, 1836, p. 81). De nouvelles recbercbes ont même rendu douiHi qaHepidBanus ait jamais écrit. Le singulier phénomène fchDorMiMttéaéténommépar Chladni la comfrujlion et la AuractiM d'une étoile. Uind pense que l'éUMle d'Hepidannus
3,q,i,i=dbvGoogIe
est identique avec une autre étoile nouvelle de Ha-toan-Iin, qui aurait été me, en Chine, dans le mois de février 1011, entre a et ^ du Sagittaire. {Notices of tlu R. Astr. Soc, t. Vllt, 18(|8, p. 156.) Mais alors îl faudrait que Ma-tuan-lin se fût trompé à la fois sur l'année et sur la constellation où l'étoile a fait son apparition.
(f) A la fin de juillet 1203, dans la queue du Scorpion. u Étoile nouvelle, de couleur bleu&tre, sans nébulosité lumineuse, et semblable à Saturne, » d'après les catalogues chinois. (Edouard Biot, dans la Connaiss. des Ictt^j pour t84B,
(m) Encore une observation chinoise tirée de Ma-tuan-lin, dont le catalogue astronomique, contenant les positions assez exactes des comètes et des étoiles, remonte à 613 ans avant I.-C, c'est-à-dire à l'époque de Thaïes et de l'expéditM» de Colieus de Samos. La nouvelle étoile parut, vers la milieu de décembre 1230, entre Ophiucus et le Serpent, Elle s'èvanùuH à la fin de mars 1231.
(n) C'est l'étoile dont parle l'astronome bohémien Cyprianus Leovitius (voir plus haut (i) l'étoile de l'an 8fi5). A II même époque (juillet 126{i) parut une grande comfete dont la queue embrassait la moitié du ciel , et qui , par conséquent, n'a pu être confondue avec l'étoile nouvelle qui apparut enUe Céphée et Cassiopée.
(o) L'étoile de Tycho, du 11 novembre 1572, dans le trAne de Cassiopée ; Asc. dr. = 3° 2V; Décl. = 63* 3' (pour 1800).
(p) En février 1576, d'après Ma-tuan-lin. La consldlation n'est point indiquée. Il faut que l'éclat de cette étoile ait été bien extraordinaire pour que le catalogue diinois ajoute : u.une étoile grande comme le Soleil I »
(q) Le 1" juillet 158&, près de it du Scoipion ; obserralion chinoise.
(r) L'étoile 34 du Cygne, d'a^w^ Bayer. Quillaume iansoot géographe distingué, qui avait observé quelque temps sous la direction de Tj'cho, est le [Nremier qui ait fixé son attention
3,q,i,i=dbvGoogIe
sor tOie noavdle étoile située dans la poitrine du Cygne, eu cûoniKOceiDait du col; c'est ce qae prouve une inscripUw) de «00 globe céleste. Kepler, manquant d'instruments depuis b mort de Tycbo, et empéclié d'ailleurs par ses voyages, ne commença à l'observer que deux années pins tard ; il n'apprit mSaie son existence que vers cette époque; circonstance SDgulière, car l'étoile était de 3* grandeur. « Cum mense Haio ïDDJ 1602, dit-il, primum litteris monerer de novo Cygni ptKDCoiKOO. . . n (Kepler, de Stella nova terlii honoris in Cygno im, tddition à l'ouvrage de Stella nova in Serpent., p. 152, Mh, itk et 167.) On ne trouve nulle part, dans le traité de lépler, que l'étoile nouvelle du Cygne ait débuté par être de ["grandeur, quoiqu'on l'ait dit souvent dans des écrits réeaKs. Kepler la nomme porva Cygni sieUa, et la classe toufms dans la 3* grandeur. 11 la place par 300" Z|6' d'Asc. dr, cl + S6*52'de Décl., ce qui donne pour 1800 : 302^36' H -t 37* 27'. L'étoile diminua d'éclat, surtout à partir de 1619, et finit par disparaître eu 1621. Dominique Cassini l'a ■en» en 1655; elle atteignit Is 3* grandeur et disparut de ■ouveis (CT. Jacques Casûni , Èlim. dAnr., p. 69). Uév^ins rahtervsde nouveau en novembre 1665; elle était d'abord liii-&ibte; pois elle augmenta, mais sans atteindre cette Tins Ii3*gruideur. Entre 1677 et 1682, elle était déjà descendue 1 b 6* grandeur ; elle est restée au del dans cet ordre d'éclat. Srlofao Heracbell la cite dans la liste des étoiles changeantes, ■lit UH) Argelander.
^) Après l'étoile que l'on vit, en 1573, dam Cassiopée, la ffaa célèbre eA celle qui parut en 160/i dans le Serpentaire, r»359* 42' d'Asc. dr. et 21° 15' de Décl in. australe (pour 1800). A Tune, comme à l'autre, se rattache un grand nom. L'étoile ■ouveOe du pied droit du Serpentaire ne fut pas découverte, à ti vérité, par Kepler lui-même, mais par son élève Jean Bm- ■omki, de Bohême, le 10 octolne 160{|. » Elle surpassait les ^loâes de 1'* grandeur, elle surpassait même Ju[Hter et SbloiK; mais elle était moins taillante que Vénus, n Holidus
3,q,i,i=dbvGoogIe
prétend l'avoir observée dès le 27 septemln^. Son édatétùt moindre que celui de l'étoile de Tydio, en 1572 ; «isu n'^lelte pas visible en plein jour coanne celle<i ; mais sa scintillation était beaucoup plus vive, et c'est par là «tftont qu'elle excitait l'étonnement des observateurs. Comme la sciutillatioii se rattache toujours au phénomène de la dispersiffii des cou* leurs, il n'est pas surprenant qu'on ait tant parlé de ss lumière colorée et de ses continuelles variations. Arago {Âoronomie popxtlaire, t. I,p.I|l^) a déjàfait remarquer que l'étuils de Kepler n'a nullement présenté, comme celle de Tycho, des variations de couleur permanentes, en passant succesuvsmont, et pour un temps considérable, du blanc au jaune, do jaune au rouge, et enfin du rouge au blanc. Kéi^er dit, de It manière la plus nette, que cette étoile paraissait blanche, quand elle s'était élevée au-dessus des v^>eurs de l'horizon. S'il parle des couleurs de l'fris, c'est seulement pour nneiix peindre le phénomène de sa scintillation colorée : a Exemple adamantis multanguli, qui Solis radios inter converteudiira ad spectantiom ocuIog variabili fulgore revibreret, colores Iridis (Stella nova in Ophiu^o) successive vibratu commua leciprocabat. » {De Nova Stella Serpent., p. 5 et 135). Au commencement du mois de janvier 1605, l'étoUe étaitencore plus brillante qu'Antarès, mais un peu inférieure à Arcturos. A la fin de mars de la même année, on la fait de 3* grandeur. Le voiuoage du Soleil vint interrompre les observations pendant quatre mois. Entre février et mars lGft6, elle dispwul sans laisser de traces. Certaines obscrvationt fort inexactes de Scipioa daraoïontî et du géographe Blaeu (Blaew), sur la* diangements de positûnde l'étoile ntmvBllerméritefitàpeiM une mentioo, ainsi que le remarque déjà J . Gasein, dans ses ÈUm. iFAstron., p. 65; elles Paient d'ailleurs en coctradictiwi avec le travail beaucoup plus sâr de Kepler. Le calalogns efainois de Martuan-lin ooatient une apparition qui, pow !■ date et la position, présesie quelque analogie avec oeBe de L'étwle nouvdle du Serpentaire. Le 30 septembre lÔOk* o»
3,q,i,i=dbvGoogIe
fit a Chine, prts de tc du Scorpion , une étoile de couleur (mogée (« de k grosseur d'une boule n7). Elle brilla au sudomst jDacfa'aD mois de novembre de la même année, et denitilws inviâUe. Elle reparut, le \lx janvier 1605, au sud- «I; nuit elle devint un peu plus obseure en mars 1606 [Cmummce des temps pour 186/t, p. 59). Le lieu désigné ici pu X du ScorfHon peut être aiséntent confondu avec le pied du Serpentaire ; mais les expressions sad-ouest et audnt, Il réaf^iarition, et surtout la circonstance qu'aucune dîa- {Éfitioa finale n'est indiquée, répandent quelques doutes sur l'ideotité des deux astres.
(t) fïicore tHie nouvelle étoile de Ma-tuan-lin ; grandeur coandénble; vue an sud-ouesl. li n'y a pas d'antres indiotioos.
(k) Étoile nouvelle, découverte le SO juin 1670, par le charkm Aalliebne, dans la téta du Renard, assez près de ^ du Cnne, Asc dr. =e 294" iT; Décl. » + 36* kT. Elle était d'ilnrdde 3* grandeur seulement; elle descendit ensuite à b 5*giiDdear, vers lelOaoât. Elle disparut au bout de S'mois, Bù pour reparaître le 17 mars 1671, avec t'édat d'une étoile àt i* ijnndmr. Dominique Cassini l'observa assidûment en mil 1671; il U» trouvait une Jumiëre fort varialde. (te pensa ^'tBe reviendrait, avee le même éclat, au bout d'une périodede 10 mois; il n'en fut rien. On la chercha vainement « février 1672. Ce ne fut que le 29 mars de la même année ^'éle fit sa réapparition, mais elle était sealement de C pandeor, et depuis ee temps on ne l'a jamiûs revue. (Jac- ^m CêmàÊÊi, Slèwima tTAtir., p. 69-71.) Cette apparition enpftk Doaoiniqne Casnn à rechercher les étoiles qui n'avaient faut encore été vnes (par luit). Il pense en avoir bvuvé U de 4*. 5' et 6* grandeur (8 dans Cassiopée, 2 dans TÉridan M b près du pôle boréal). Comme nous manquons de tout RnietgDenient sur ces étoiles, de même que sur celles dont ■nUi s'est eenipé de 169b à 1749, on doit tes considérer «■■Me étiat pl«s qoe dooteuses, et û nous est impossible
3,q,i,i=dbvGoogIe
d'en faire autrement mention. (Jacques Cassini, Èlèm. dAur., p. 73-77; Delambre, Hist. de VAstr. mod., t. U, p. 780.)
(v) Depuis l'apparition de l'étoile Douvelle du Renard, il se passa 1 78 ans sans qu'un phéDOmèaie semblable se présentit; cependant le ciel avait été exploré avec le plus grand sun, pendant cet intervalle, grflce à l'emploi assidu des lunettes et & la construction de catalogues stellaires de plus en ^«s exacts. Enfin le 28 avril 182i8, Hind découvrit une étoile nonvelle à l'observatoire particulier de Bishop (Sonth Villa, Begent's Park). Son étoile était de 5* grandeur, de couleur roogefttre, et située dans le Serpentaire parl6*50"'59*d'Ascdf. et 12° 39' 16' de Décl. australe (pour 18i:i8). Pour aucune autre étoile nouvelle, la nouveauté de l'apparition ou l'invariabilité de position n'ont été constatées avec autant de soin et d'exactitude. Elle est aujourd'hui (1850) de 11* grandenr è peine; d'après les observations assidues de Uchtenberger, il est probable qu'elle va bientôt disparaître totalement. {Votices oflheAstr. Soc, t. VIH, p. 1Û6 et 155-158.)
Ce tableau des étoiles nouTelles qui ont paru et disparu depuis 2000 ans est peut-être uu peu plus complet que les tableaux du même genre publiés jusqu'à ce jour. Il nous suggère les remartpies suivantes. On doit distinguer trois classes de phéDomènes : les étoiles qui apparaissent subitement et disparaissent au bout d'un temps plus ou moins long; celles dootl'édat est soumis à des variations périodiques déterminées dès à présent; et celtes qui, comme » d'Argo, augmraitent tout d'un coup d'éclat, et présentent ensuite des variations dont la loi nous échappe. L'étoile nouvelle de l'an 1600 (dans le Cygne), qui disparut (ont à fait, mais seulement sans doute pour l'œil nu, et reparm9>
3,q,i,i=dbvGoogIe
Baot eosuite, resta défiailivemeot à l'état d'étoile de 6' grandeur, nous montre bien l'affinité des phénowèDes des deux premières classes. On croyait déjà, du lenips de Tycho, que l'étoile nouvelle de 1572 (dans Cassiopée] pourrait bien être la même que celles de 9&5 et de i26ft. Comme les intervalles, peut-être un peu inoertains, sont de 319 et de 308 ans, Goodricke Goupçouna une période de trois siècles ; Eeill et Pigotl la réduisirent de moitié et en firent une période de 150 ans. Hais Arago a montré que l'étoile de 1572 ne saurait être rangée, avec vraisemblance, au nombre des étoiles périodiquement variables (71) . Rien , jusqu'ici, n'autorise à considérer toutes les étoiles nouilles comme de simples étoiles variables à longue période, qui nous seraient restées inconnues, à cause de b longueur même de leur période. Si, par exemple, la hunière propre de tous tes soleils du firmament résulte du jeu des actions électro-magnétiques dans leurs photosphères, il n'est pas nécessaire de recourir à une condensation locale et temporaire de l'éther, ou à l'interposition momeulanée de prétendus nuages cosmiques, . pour expliquer les variations de cette lumière, que ces variations soient d'ailleurs régulières ou non, qu'elles se re)Mt>dnisent à des époques marquées, ou qu'elles aient lieu une smile fois. Les phénomènes de lumière (pi naissent des actions électriques à la surface de notre propre globe, le^ éclairs, par exemple, ou les aurores polaires, ne monlreot-ils pas, au milieu de Dombreuses irrégularités apparentes, une certaine pérùdirilé dépendant des saisons ou même des heures du
3,q,i,i=dbvGoogIe
|our? On pevt en dire aiUant des petite nna^ qui se forment souTent, plusieurs >otirs de «uite, par un cid ser^, et toujours aux mêmes places; témoin les anonialies persistantes qu'on retrouve ensuite dans les obserratioQs astrcnomiques instituées dsos de pareilles circonstaoces.
Une des particularités les phis intéressantes i mes yeux, dans ces phénomèoes, c'est que les étoiles nouvelles af^araissest presque toutes avecle plus vif édat: ^Ifô surpassent, de prime abord, les étoiles de première grandeur, et pour la vivacité de la lumière et pour celle de la sdntîllation; en un mot, on ne les voit pas, du moins à l'œil ou, atteindre par degrés leur nuiximum d'édat. ^ler attadiait tant d'importauce Il cette espèce de criterium (7S), qu'il s'^ faisait un argument oonlte les assertions du Politien. Ce denier prétendait avoir découv^ l'étoile nouvelle du Serpentaire (en 160A) longtemps avant Bruno\i^ ; sa réclamation, etsilestée par Eépl«r, était conçue en ces termes: a Apparaît nova st^la parva, et poste» de die in diem crescendo apparuit lumine non mullo inforior Venere, superior Jove. » I^yms étoiles seulffluoit font ezcejrtion à la règle, et ont pnéseoté une augmeolatîon d'éclat progressive; ce simi : l'étoile de 3' grandeur de leoo (dans le Cygne), oelle de 1670 (dans le Benard), et l'étoile aouvrile de Hiad dans le Strçmtaire (en LSAS).
Il est bien à regretter que ces phâkomènes soient devenus si rares depuis 178 ans. Ils ne se sont présentes, en eRét, que deux fois peodant ce long inter-
3,q,i,i=dbvGoogIe
nHe, landis qu'ils s'étaient coacentrés, pour aimi dire, dans lee siècles [H^cédeots : & ea 34 aos, vers la fio An IV* siècle ; 3 eo 61 ans, au xnr ; et 6 en 37 ans, ven r^ioque de Tycho et de Kepler, entre la ûd du xn' et le commeocemeDt du xvn* siède. Je compte ici, iHcn entendu, les étoiles exlraorditiaires enserrées par 1(6 ChincMS, car, au dire des juges compétents, ta majfBuK partie de ces observations est digne de conâance. A la vérité, les étoiles vues en Europe n'oOL pcunt toujoorsété consignées dans la collection de Ha-tuan-lin; œUe de I^cho (1572) ne s'y trouve point; peut-être mtmB crile de Képlet (160A) ne sanrait-elle être idenb6ée avec aucune ^ étoiles observées en Chine. La Tiison de ces discordances m'échappe; il est tout aussi lËffidle &0a rendre compte, que d'expliqué comment le grand phénomène lumineux, obswvé en Chine au mois de févriw ll»70, n'a point été aperçu et moilionaé par les Européens. Dans tous les cas, ce n'est pu la diffîrence des Imgitudes des deux pays (llb") ^ pourrait expliqua ces contradictions. Mais les personnes habituées h ce genre de recherches savent qw l'absence de toute ntenlion historique, en fait d'évéaements politiques ou célestes, ne prouve rien contre leur existence. Que l'on conpare d'ailleurs nire eux les trois caialognes compris dans la collec- (ioB de Ha-tuan-Jin, et !'(») trouvera dans l'un d'eux àa apparitions de comètes, par exemple cdles de 1385 et de 1495, qui ne stMit point rapportées dans les autres ou dans l'un des antres.
Us anciens et les modernes, Tycho et Kepler,
3,q,i,i=dbvGoogIe
comme sir Jobn Herschell et Hind, oot faitrwiaFqaer que la plupart des étoiles nouvelles parurent dans l'atérieur ou sur les boràs de la Voie lactée. Les Ji/5 de ces étoile observées en Europe ou eu Chine sont dans ce cas. La Voie lactée est-elle un simple agr^t d'étoiles t^escopiqufô, dont la réunion en strates ao- Dulaires nous offre l'apparence d'une douce lumière nébuleuse? Alors l'idée de Tycho porte complètement à faux ; il n'est plus permis de se r^résenter les étoiles QouTClles comme de simples formations opérées sous nos yeux aux dépens de la maUère cosmique. Sans doQle la gravitation générale s'exerce aussi dans ces coucbœ stellaires, dans ces amas d'étoiles plus ou moins otHMiensées; on peut même concevoir un mouvement de rotation autour d'un centre commun; mais on ne saurait aller plus loin sans tomber dans le domaine de l'indétermination et des mythes astrognosiques. Parmi les 21 étoiles nouvelles citées dans la liste précédente, 5 appartiennent au Scorpion (13ù, â93, 827, 1203, 158/i); 3 à Cassiopée et à Céphée (9/l5, 126fi, 1573); k au Serpentaiie (123, 1230, 160ft, 18&8). Celle de 1012, l'étoile du moine de Saint-Gall, a paru dans une région U-ès-éloignée de la Voie lactée, dans le B^ier. Kepler a même cité, comme une seconde exception à la règle générale, l'étoile de la Baleine qui passait alors pour nouvelle, parce que Fabricius, afsès l'avoir découverte en 1596, l'avait vue disparaître au mois d'octobre de la même année. (Kepler, de Stelia nova Serp., p. 112.) Toujours est-il que la fréquence de ces apparitions dans les mêmes coostdtalions, c'est-
3,q,i,i=dbvGoogIe
à-dire dans de certaÎDes direcUons détermiDées par les étoiles du ScorfHOD, par exemple, ou œlles.de Cassiopée, peut porter à croire que la productioQ de ces pbâHHD^MS est foTorisée par des causes tout à fait locales.
la fias courte durée de l'incaDdesceDce des étoiles Domefles s'est présentée dans les apparitions des années 389, 827 et 1012. La première a brillé 3 semaines, la seconde 1 mois, et la troisième s'est éteinte au boal de â mois. L'étoile de Tycho, au conlratre, a duré 17 mois; celle de K^ler (eo 1600, daos le Cygne) est RSlée visible pendant 21 aoné^ entières. Elle reparut eo 1655, de 3' grandeur comme la première fois, mais pour se fixer ensuite à la 6* grandeur. Cependant Ai^aoder n'a pas cru devoir la placer dans la classe des étoiles périodiquement variables.
Étoiles disparues. — L'étude et l'énumération exacte de ces étoiles sont importantes pour la recherche des petites planètes, qui existent probablement en si grand nombre dans certaines régions de notre système plaoétaire; mais, malgré l'exactitude avec laquelle les poàticHiB d'une multitude d'étoiles télescopiques ont été enr^istrées dans les catalogues et ]es cartes modernes, il est souvent difficile de constater d'une manière irré- QuaUe, qu'une étoile manque au ciel depuis une époque déterminée. Les meilleurs catalogues sont souvent attachés de Tautes provenant de l'observation, des catcuIe de réduction et surtout de l'impr^sion (73). D'ailleurs ce fait, qu'un astre disparaît de la place où il a été vu une première Fois, peut tenir tout aussi bien à
3,q,i,i=dbvGoogIe
un mouTament propre qu'à un affliesemuit réd de sa lumière. Ce que nous ne 'royous plus n'a donc pas nécessairement disparu. L'idée d'une destniction, d'une combustion réelle des étoiles devenues invisibles, appartient à l'époque de Tycho. Pline lui-même pose cette quesUoD, dans un beau passage sur Hipparque : <c stellse an obirent □escerenturve. » L'élemel jeu des créations et des attractions apparentes ne condnt point à un anéantissement de la matièro; c'est une pure transition vers de nouvelles formes , déterminées par l'action de forces nouvellee. Des astres devenus obscurs peuvent redevenir sabiten]ent lumineux, par le jeu renouvelé des mêmes actions qui y avaient primitivement développé la lumière.
Étoiles pénodiqueraent variable. — Puisque tout est en mouvement sur la voûte céleste, puisque tout change dans le temps et dans l'e^oe, l'analogie nous conduit h admettre que si les étoiles, prises dans leur ensemble, possèdent des mouvements réels, et non point de simples mouvements apparents, de même leurs surfaces ou leurs pbotospbères peuvent être le siège de variations réelles de lumière. Pour le plus grand nombre des étoile, ces vaiiatioDS se reproduisent périodiquement, mais par périodes excessivemeot longues, qui n'ont pu être encore délerminéee, et sont peut^tre même à jamais indéterminables. Pour le petit nombre, ces variations non périodiques se produisent pendant un temps plus ou moins court, comme par une révolution subite. Je n'ai point à m'occuper ici de cette demi^ dasse de phénomènes, dont une belle
3,q,i,i=dbvGoogIe
ikSe da Navire doue a offert réoeaunnit un remarquMe exemple : je ne veux parler que des étoiles cliiageaDtes dont les périodes ont été déjà recoDoues et sentrées. Il était essentiel, avant tout, de distinguer soigneusement entre trois grands phénomènes de la nature sidérale, dont on s'a pu «Dcore saisir la con- ■exilé, à Bavoir : la périodidié ccHistfUée de certaines élaâes variabW; l'apparition des étoiles nouvelles; les chaa^ements subite d'édat que présentent d'autres étoiles, oonmies depuis longtemps pour avoir toujours conservé jnsqne^i le même éclat uniforme. C'est uniquMnent, ai-je dit, de la première classe de variations ipt BOUS auroBS à nous occuper ici. Mira Ceti, étoile sitoée dans le col de la Baleine* en a offwt le pr^er exanfde, exactement observé (1638) . Un pasteur prototant de la Frise orientale, David Fabridus, père de Fastronome auquel on doit la découverte des tacite du Sded, avait déjà remarqué cette étoile en 1596; le 13 août, elle hn paraissait être de 8* grandeur, et il la vit disparaître dans le mois d'octobre de la même année. Hais ce litt an professeur de Franeker, Jean Hiocylides Holwanda, qui découvrit, à2 ans plus tard, les altemativee d'édat et d'extinctim, en un mot la nuiabilitâ de cette étoâe. Cette découvwte fut suivie, <bi3 le Blême aède, de celle de deux autres varia- UcB : ^ de Persée (1669), décrite par Moatanari, et X (k Cygoe (1667), par Kirch.
Les irrégtriarilés singalières qu'on ne tarda point à KSBarqaer dans les périodes, et le nombre croissant Aes étoiles variaUes, ool appelé le plus vif intérêt sur
3,q,i,i=dbvGoogIe
188 œtte élude dès le commencement du \ix* siècle. Considérant la difficulté du sujet, animé d'ailleurs du désir de présenter, dans cette partie de mon ouvrage, les éléments numériques de la variabilité, avec toute l'exactitude requise par l'état actuel de la science, je me sois déterminé à invoquer le secours amical de l'astronome qui s'est le plus occupé de cette question et dont les brillants travaux ont fait faire tant de progrès à l'étude des étoiles périodiquement variables. Les questions et les doutes auxquds mon prcçre travail a pu donner lieu ont été soumis avec confiance à m(Mi excellent ami Ai^lander, directeur de l'observatoire de Bonn; c'est à ses communications, encore entièrement inédite, que je dois ce qui suit.
Les étoiles variables sont, pour la plupart, tout à fait rouges ou rougeâtres, mais toutes ne le sont pas. Par exemple, p de Persée (Algol dans la tête de Méduse), ^ de la Lyre et e du Cocher sont des étoiles blanches; n de l'Aigle est un peu jaunâtre; Z des Gémeaux l'est aussi, mais moins. On a affirmé autrefois, sans preuve bien réelles, que certaines étoiles variables, particulièrement Mira de la Baleine, sont plus rouges, lorsque leur éclat va en décroissant, que dans la période inverse. Dans l'étoile double a d'Hercule, la composante principale, rouge suivant sir William Herschell, jaune suivant Struve, est une étoile Variable ; ^e a pour compagnon une étoile d'un bleu foncé que l'on a crue également variable, parce que les estimations de sa grandeur présentaient de notables divergences (de la S" à la 7° grandeur) ; mais cette opinion parait
Irès-problémaltque. Struve lui-même dit seulement : . Stis[ncor miaorem esse variabilem (74) ■ La variabilité n'est nullement liée à la teinte rouge. Il y a beaucoup d'étoiles rougeâtres et même fortement teintes en rouge, comme Arcturus et Aldébaran , dans lesquelles OD n'a pu découvrir le moindre changement d'éclat. II est encore fort douteux qu'on doive ranger parmi les variables une étoile de Céphée, à laquelle W. Herschell donnait, eu 1782, le nom d'éloile grenat^ à cause de sa couleur d'un rouge extrêmement vif. C'est le a" 7582 da Catalogue de l'ÂssociaiioD Britannique.
n est difficile d'assigner exactement le nombre des étoiles périodiques, parce que les périodes actuellement déterminées ne méritent pas toutes une égale confiance. Par exemple, lès deux variables de Pégase, a de THydre, e du Cocher, x de Cassiopée, n'offrent pas ta même certitude que Mira de ta Baleine, Algol et  de Céphée. Si donc il s'agit de former un tableau des étoiles périodiques, la première chose à faire est de fixer le degré d'exactitude dont on veut se contenter. Ai^elander porte à 2ft seulement le nombre des périodes actuellement connues avec une précision satisfoisante (75). Tel est aussi le nombre des étoiles inscrites dans la liste qu'on trouvera plus loin.
De même que le phénomène de ta variabUité se retrouve à la fois dans 'des étoiles rouges et dans des étoiles Uancbes, de même il paraît affecter indifféremment divas ordres de grandeur. Par exemple, ad'Orioo est de i'* grandeur; Mira de ta Baleine est de 2*, comme k de l'Hydre^ a de Cassiopée et p de Pégase;
3,q,i,i=dbvGoogIe
^ de Persée est de 2' à â* grandeur; -n de l'Aigle et P de la Lyre, de S' à &'. Il y a aussi des variables parmi les étoiles comprises eutre la 6* et la 9' grandeur, et même elles sont là beaucoup pins nombreuses. Telles sont les variables de la CourODoe, de la Vierge, de l'Écrevisse et du verseau. L'étoile x du Cygoe présente en outre de grandes oscillations d'éolat à son maximum.
Que les périodes des étoiles variables soient trèeirrégulières, c'est ce qu'on avait reconmi depuis longtemps; mais que ces irrégnlantés mêmes soient soumises à certaines lois axes, c'est ce qu'Argelander a su établir de ta manière la plus irrécusable : il se propose d'en donner les preuve dans un Mémoire détaillé qu'il prépare en ce moment. Pour x du Cygne, il admet aujourd'hui deux perturbations dans la période, l'une de 100, l'autre de 8 1/2 périodes élémentaires; ces deux perturbations lui paraissent plus prcdiaUes qu'une seule de 108 périodes. A quelle cause faut-ii rapporter ces perturbations? Faut-il chercher cette canse dans l'atmosphère propre de l'étoile même, ou dans la ré- Tolution d'un satellite circulant autour de x du Cygne, comme autour d'un soleil, et agissant par attraction sur sa photosphère? Ce sont \à des qnestions auxquelles il est encore impossible de répondre.
L'étoile qui présente les irr^larités les plus fortes, dans ses changements d'éclat, est assurément la variable de l'Écu de Sobieski, car cette étoile descend parfois de la 5.^' grandeur à la 9*. Elle a même disparu complètement, au dire de Pigott, vers la 6n du
3,q,i,i=dbvGoogIe
dernier sîède. A d'autres époques , ses oscillations se Boal restreintes entre la 6.5* et la 6' grandeur. Le nmimuiD d'éclat de x du Cygne varie entre la 6.7* et la &' grandeur; celui de Mira entre la 4* et la S. 1" grandeur.
La variable J de Cépbée présente dans ses périodes une r^atarilé firappante; elle surpasse, à cet égard, lontes les autres étoiles changeantes, comme le proufeat les observations de 87 minîma, qui ont eu lieu iotre le 10 octobre 18^0 et le 8 janvier 18&8. Pour I du Cocher, un infatigable observateur, M. Heis, à Aix-la-Cbapelle, trouve que les variations du maximum d'éclat sont comprises entre la 3.&* grandeur et la U*.
Mira ou ft de la Baleine présente de grandes diflérraces, aux époques du maximum d'édat. Le 6 no- Tembre 1779, par exemple, Mira était à peine inférieore à Aldébaran; plus d'une fcûs elle a dépassé la t grandeur. Mais, à d'autres époques, elle n'a même pas atteint l'éclat de J de la Baleine (&* gr.) . Sa grandnir moyenne est égale à celle de y de la Baleine (3* gr.) . Si l'on déàgne par 0 l'éclat des dernières étoiles visiUee à l'œil nu, et celui d' Aldébaran par 50, OQ peut dire que Hira oscille, vers son maximum, entre 20 et /t7. Son éclat probable peut être représenté par 30; mais die est plus souvent au-dessous qu'audessus de cette limite. Ces derniers écarts sont, du raie, les plus frappants. On n'a pu, jusqu'à présent, rattacher les oscillations de Mira à aucune période hien nelle; il y a seulement quelque raison de soup-
3,q,i,i=dbvGoogIe
çonner une période de hO ans et une seconde période de 160 ans.
D'une étoile à l'autre, les durées des changements d'éclat varient beaucoup : les extrêmes sont dans le rapport de 1 à 250. La plus courte période est, sans codtredit, celle de ^ de Persée, dont la durée est de 68 heures h9 minutes; à moins pourtant qu'une période plus courte (moins de 2 jours), attribuée à la Polaire, ne se confirme. Après p de Persée, viennent i de Céphée (5 jours 8" à9-), -n de l'Aigle (7' k" ilT) , et i des Gémeaux (IC 3** âS"). Les plus longues périodes sont celles de SO de l'Hydre d'Hévélius (ftdS'), de X (lu Cygne (&06'), de la variable du Verseau (3880 <1« S du Serpent (367'} et enfin de Mira ou 0 de la Baleine (332') . Pour [Juâeurs variables, il est parfaitement établi que l'éclat augmente plus rapidement qu'il ne décroît, phénomène dont S de Céphée présente l'exemple le plus remarquable. Pour d'autres étoiles, par exemple ^ de la Lyre, c^ deux phases sont d'égale durée. Quelquefois ces rapports présentent euxmêmes des anomalies dans la même étoile, mais à des époques difTérentes de leurs variations. En général, Mira augmente, comme J de Céphée, plus rapidement qu'elle ne décroît; mais on a pu aussi observer l'inverse dans la même étoile.
Pour ce qui est des périodes de périodes, on peut citer Algol, Mira, p de la Lyre et très-probablement X du Cygne, qui en présentât plusieurs avec beaucoup de netteté. On ne doute plus aujourd'hui de ta décroissance progressive des périodes d' Algol. Goodriclœ ne
3,q,i,i=dbvGoogIe
s'oa élait pas aperçu; mais elle De pouvait échapper à Argeiaoder qui avait rassemblé, en 18^2, plus de tOO bonnes observations dont les extrêmes embrassaient 58 années, c'est-à-dire 7600 périodes (Schumadter's Aslron. Nachr., d." 472 et 62/i.). La décroissance de la durée devient actuellement de plus en plus seosiUe (76) . Quant à la période des maxima d'éclat de Mira, Argelander a discuté toutes les observations, y compris le maximum observé en 1596 par Fabrictus, et il eu a déduit une formule par laquelle tous les maxima sont représentés avec une erreur probable de Vjoars (sur une longue période de 331' S*"). Cette er- Rur prc^Ue serait de 15 jours, si on adoptait une période constante (77).
Le double maximum et le double minimum , qui oat lieu à chaque période de ^ de la Lyre (près de 13') , naient été déjà signalés par Goodricke, à qui nous devons la découverte de celte étoile variable; les obsenratïMis récentes ont fait disparaître tous les doutes à («égard (78). Il est bien remarquable que l'étoile atle^ le même éclat dans ses deux maxima, tandis ^, vers le minimum principal , elle est d'une demignndeur plus faible qu'au second minimum. Depuis la dimuverte de la variabilité de p de la Lyre, la période iant la période est devenue probablement de plus en plag lingue. D'abord les changements étaient plus rapides; puis ils se ralentirent de plus en plus jusque •cTs l'époque comprise entre 18&0 et IShk; alors cessa l'accroissement de la durée qui devint sensiblement coastante. Aujourd'hui elle commence certainement à
3,q,i,i=dbvGoogIe
décroître. La variable è de Céphée présente quelque chose d'analogue au double maximum de p de la Lyre ; car la décroissance de l'éclat ne suit point un cours uniforme. Après aroir été d'abord assez rapide, eile offre ensuite un temps d'arrêt, ou du moins une vitesse bien plus faible, jusqu'à un certain mom«it Ik partir duquel la décroissance reprend son cours avec rapidité. Les phénomèDes se présentent en effet, pour certaines étoiles, comme si une cause quelconque empêchait la lumière de s'élever librement à un deuxième maximum d'intensité. Quant à x du Cygne, il y a trèsprobablement deux périodes de variabilité : une longue période formée de 100 périodes secondaires et une autre de 8 1/2 périodes.
Il est difficile de dire, même d'une manière générale, si les étoiles variables à courtes périodes présen.tent plus de régularité que les étoiles à lentes variations. Les déviations relatives à une période constante ne peuvent être raisonnablement présentées en nombres absolus; il faut les évaluer en parties de la période même. Commençons par les étoiles à longues périodes, (elles que x. du Cygne , Mira de la Baleine et 30 de l'Hydre. Pour x du Cygne, la période la plus {Htdiable est de /l06',063&, en suivant l'hypothèse d'une variatioa unirorme; les écarts vont alors à 39,â jours. En faisant la part des erreurs d'observations, les écarts s'élèvent encore à 29 ou 30 jours, c'est-à-dire à I/IA. de la période entière. Pour Mira de la Baleine (79), une Période constante de 331' ,340 donne des écarts de 55',5, même en laissant de oâté r(^)servation de David Fabri-
dos. Veut-on réduire ces écarts à kO jours, aSn de t^ir compte des erreurs inévitables de l'observation , les erreurs iront encore à 1/8 de la période, c'est-k-dire au double, en proportion, des écarts relatifs à x du Cygne. Ed6q, pour âO de l'Hydre, dont la période est de idS jours, les écarts sont encore plus considérables; ils vont peut-être à 1/5. C'est depuis 18&0 seulement que les étoiles variables à périodes très-courtes odI été ob- SCTvéesd'une manière continue et avec toute l'exactitude requise. Le problème que nous agitons ici devient donc plus difficile, quand il s'agit de cette classe d'étoiles, où Kpeudant les écarts semblent être réellement moins lonsidérables. Pour ii de l'Aigle, dont la période est de 7jours 4 heures, ils ne sont que de 1/16 ou 1/17 de la période entière; dans p de la Lyre (période^l2'21''), ris descendent îi 1/27 ou même à 1/30. Mais ces redtetdies sont encore exposées à bien des incertitudes. On a observé de 1700 à 1800 période? de ^ de la Lyre, fJ9 de Mira, 1&5 seulement de x dn Cygne.
On deosMdera si les étoiles, qui ont procédé longtemps par périodes régulières dans leurs variations, peuvent cesser d'être variables : la réponse pardtt derà- être négative. De même qu'il existe des étoiles dooi les variatioDS sont tantôt faibles, tantôt plus martelées, par exemple, la variable de l'Ëcu de Sobieski, de même il parait y avoir des étoiles dont les variations sort par moments si faibles, qu'elles écbappent à nos wojeas bornés d'investigation. On peut compter, parmi ces dernières, la variable de la Couronne boréale {o* 5336 du Catalogue de l'Association britannique).
3,q,i,i=dbvGoogIe
— 196 ~ que Pigott a découverte et observée quelque temps. Pendant l'hiver de 1795 à 1796, cette étoile était restée complètement invisible; plus tard, elle reparut; 6es variations Tureot alors observées par Kocfa. En 1817, Harding et Wesiphal lui trouvaient une lumière presque constante; en 182ft, Olbers put observer de nouveau ses cbangements d'éclat. Les variations ont cessé encore une fois, et cette nouvelle phase a été étudiée avec soin par Argelander, depuis le mois d'août 18A3 jusqu'en septembre 18&5. A la fin de septembre, l'étoile recommença à diminuer; en octobre, elle n'était plus visible dans un chercheur de comètes; elle reparut en février 1846, et atteignit sa grandeur ordinaire (la 6' gr.] vers le commencement de juin. Depuis cette époque, elle a conservé le même éclat, sauf de petites osdllations dont on oe peut être bien certain. La variable du Verseau appartient à cette classe mystérieuse d'étoiles variables; peut-être en ^t-il de même de l'étoile de Janson et de Kepler (dans le Cygne, en 1600), dont nous avons déjà parlé, quand il était question des étoiles nouvelles.
3,q,i,i=dbvGoogIe
LISTE DBS ÉTOILES VÂBIABLBS
NOUS
DU ÉTOUIS,