‹ Cosmos. Essai d'une description physique du monde (volume 3)Chapitre 3 sur 11 · AVERTISSEMENT DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT DU TRADUCTEUR

Les unités de mesure adoptées dans cet ouvrage sont les unités légales de France. Les indications thermométriques se rapportent à l'échelle centigrade. Les longitudes sont comptées à partir du méridien de Paris. Les distances itinéraires et toutes les grandes mesures linéaires ont été données par Fauteur en milles géographiques de 15 au degré équatorial: je les ai converties en myriamètres à raison de 7420 mètres par mille géographique.

Ce premier volume forme un corps d'ouvrage complet. Deux autres volumes doivent le suivre bientôt, en Allemagne et en France; F un d'eux sera consacré

à développer les hautes considérations d'histoire et de philosophie qui se rattachent à ridée principale dont le premier volume contient l'exposition.

On regrettera que M. de Humboldt n'ait pas donné lui-même la traduction du Cosmos: des travaux dont l'importance est connue du monde savant Pont décidé à me confier ce soin. Cependant, pour ne pas rester étranger à l'édition française, M. de Humboldt a traduit lui-même les prolégomènes, ou plutôt il a écrit en français une nouvelle introduction (p.4-56); c'est un gage de plus de la sympathie qui unit depuis si longtemps à notre pays l'illustre voyageur, et qui lui a fait donner à la France ses plus importants ouvrages.

Une autre partie, relative à la grande question des races humaines , a été traduite par M. Guigniaut , membre de l'Institut. Cette question était étrangère à mes études habituelles; d'ailleurs elle a été traitée, dans l'ouvrage allemand, avec une telle supériorité de vues et de style que M. de Humboldt a dû chercher parmi ses amis l'homme le plus capable d'en donner l'équivalent aux lecteurs français. M. de Humboldt s'est naturellement adressé à M. Guigniaut, et ce savant a bien voulu se charger de traduire les dix dernières pages du texte, ainsi que les notes correspondantes.

Le reste m'appartient. Heureusement, je puis offrir au lecteur une garantie de l'exactitude de ma traduction, au point de vue scientifique, en déclarant que M. Arago a bien voulu revoir et corriger toutes mes épreuves. Qu'il me soit permis de lui offrir ici

l'hommage de ma profonde reconnaissance. Au moment où ce livre va être soumis au public, je sens plus vivement encore la valeur d'un pareil appui. Les liens d'une vieille amitié donnaient à M. de Humboldt le droit de réclamer cet appui pour son traducteur ; mais je crois pouvoir en attribuer une partie à la bienveillance généreuse dont M. Arago entoure et soutient tous ceux qui, comme moi, sont assez heureux pour recevoir sa haute direction scientifique.

Avant de terminer, je demande la permission d'aller au devant d'un reproche auquel je me suis exposé. A l'époque où le Cosmos parut en Allemagne (avril 1845), il fut considéré comme l'expression fidèle de l'état des sciences physiques. Or, j'ai été forcé, par mes devoirs, mes travaux personnels et par les difficultés inhérentes à la traduction d'un ouvrage qui embrasse tant de sujets divers, de retarder en France, de près d'une année, la publication de l'œuvre de M. de Humboldt: c'était risquer de lui faire perdre quelque peu de son mérite d'actualité. On sait qu'une brillante découverte a été faite , en astronomie, pendant ce court laps de temps; notre système planétaire a été enrichi d'un nouvel astre par M. Hencke, de Driessen. Au lieu de 44 planètes, il faut désormais en compter 42. Mais les appréciations de M. de Humboldt n'en ont reçu aucune atteinte; au contraire, cette découverte leur apporte une force nouvelle, une vérification de plus. Il n'est pas jusqu'à certaine épithète, répétée par M. de Humboldt avec une prédilection visible, qui n'ait échappé au danger de devenir moins juste, d'une année à l'autre:

je veux parler de « ces orbites si étroitement entre- 'lacées des petites planètes » (die sogenannten kleinen Planeten in ihren so eng verschlungenen Bahnen). Ce qui est si vrai pour les orbites de Cérès, de Pallas, de Junon, de Vesta, ne Fest pas moins, et même ne devient que plus frappant, quand on leur adjoint celle d'Astrée.

Page 1