SERVANTE INDIENNE
Malgre apparente soumission des Indiens, je crois qu'il faut attribuer à
un fonds caché d'antipathie le systéme qu'ils semblent avoir adopté de ne
point cohabiter avec les descondans de leurs conquérans. Pres de chaque
grande ville il y a un bourg où un village exclusivement compose d'Indiens
Is semblent étre Là pour les besoins et le service des citadins. Le villagi
fournit à la ville tout ce qui exige un travail pénible ; comestibles, fourra
ges, combustibles, tout cela arrive sur les épaules des indigènes. Dans
toutes Les bonnes maisons on tâche d'avoir cona Pditas ane jeune Indienne
pour les choses les plus essentielles du ménage, comme puiser l'eau, faire
la lessive, avoir soin des enfans , ete. Elles s'acquittent de leur che d'on
maniere qui annonce peut-être une intelligence bornée mais toujours plus
de loyaute quon n'en lrouveratchez des domestiques créoles. Les Indiens ont
des imours beaucoup plus simples que les Créoles, Dsne se Hvrent pas au
jeu avec autant de fureur, et ils ne partagent point avec le bas peuple des
illes ce penchant au vol. Is sont doux et timides: peut-étre apercoit-on que
cette midité Gent à la conscience de leur esclavage et de Finfériorité poli
tique dans laquelle ils sont tombes. Les souvenirs de leur ancien état ne sont
pas encore tout-a-fait perdus chez eux, et malgré qu'ils se soient convertis
au christianisme, 1 reste assurément an fond de leur cœur un attachement
caché aux dieux auxquels la force plus que li persuasion les a fait renoncer
Quand M. Bulloc obtint du gouvernement actuel la permission de déterrer
l'ancienne pierre des sacrifices du Dieu de la guerre, celle où Pon versait le
sang des victimes, on vit arriver à la capitale beaucoup d'indiens des envi
rons et surtout des femmes qui v jetaient des fleurs. La prudence conseilla
alors au gouvernement de ne plus laisser à la vue du publie un objet qui ré
veilluit de telles réminiscences, et maintenant elle est dans la cour de FUni-
versité, entourée d'une palissade près de Mexico. La pl. ci-jointe représente
une servante indienne de Jambaya. La tunique, appelée Guepil, quila couvre
est d'une étoffe grossière de laine, assez ressemblante à quelques-uns de nos 8 Ù Juetq
tapis pour le tissage et Le dessin
(allos.
de
Peles
Planche Dingt-Bixième.
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