‹ Costumes et moeurs de Mexique [microforme]Chapitre 26 sur 29 · ÉCRIVAIN PUBLIC · texte numérisé non relu

ÉCRIVAIN PUBLIC

Ce nest pas seulement au pied des autels que Les femmes du peuple deposent leurs secrètes pensées et laveu de leurs faiblesses; peu d'entre elles sachant confier au papier Les peines de leur cœur et les tourmens de la ja lousie, elles ont recours à l'écrivain public établi au milieu de la grande place de Mexico où il n'a pour se garantir des feux du soleil que le chétif abri de son /etate (natte de jonc). Cest d'ordinaire un Espagnol à qui la fortune n'a pas souri dans le Nouveau-Monde , ce qui équivaut à peu près à un certi ficat de peu de conduite. Réduitau métier de barbouilleur de papier, il pos sede le secret de bien des ménages, le fil de bien des amourettes, le mystere de bien des infidelités : que d'humbles adresses , que de pétitions , que d'atfaives ne passe-Lil pas par ses mains” on dirait quil est l'écueil contre

lequel viennent se briser tous Les cancans dela ville.

Malgré lhumble apparence de son établissement, il suifit pour lui procurer laisance, La vente de l'encre. des plumes taillees , des pains à cacheter. des chansons et des complaintes, grossit ses revenus. et ne laisse pas au metier d'écrivain public que d'avoir ses agrémens.

Son costume à demi-curopéen démontre son origine espagnole. La jeune Créole assise à coté de lui, à la mode du pays, à renonce au tapalo; Le mou choir de casimir ou de crêpe de Chine le remplace , et couvre sa tête et ses épaules; car si la mode francaise a étendu son empire sur toute la toilette des personnes d'une certaine aisance, elle n'a pas envahi la coiffure aucune n'oserait entrer dans le temple de Dieu avec a tète ombragee d'un

immense chapeau comme en Europe.

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