CRÉOLE A CHEVAL JETANT LE NŒUD COULANT
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Amour sacré de la patrie, c'est toi qui enfantes les prodiges de la vertu et du courage. Noble enthousiasme , élan généreux , tu élèves l'homme à légal des dieux; d'un pâtre tu fais un héros, et du fer destiné à ouvrir le sein de la terre, tu faconnes le glaive qui porte la terreur au cœur des tyrans. Le fanatisme aveugle peut pousser l'Arabe du désert devant les bataillons hérissés
de fer et de feu, mais une illusion plus puissante que la vérité le traine au
danger, une récompense inimense lui sourit, les houris cél:! ‘+ nt Sil périt dans le combat; mais le patriote qui brave", ionn., la liberté à son pays, se dévouc à ses semblables ; nul TRE icncourage, si ce n'est celui qu'iltrouve dans la conscience n 56, S'iltombe , s'il meurt, sa récompense ne l'accompagi esur la
terre, gravée sur quelque pierre ou dans le souvenir dé ses concitoyens. Nul égoisme ne ternit Péclat de son action. Le sentiment du joug qui l'opprime est son aiguillon, et Le désir de la liberté lui donne des ailes. Ce Créole mexi ain, ce simple habitant des campagnes, rempli d'idées naturelles, voit des soldats etrangers fouler le sol de son pays pour l'asservir ; son cœur se gonfle et Senflamme d'une juste indignation il ne compte pas le nombre de ses ennemis, il ne consulte pas la bonté de ses armes : le méme nœud qu'il lance aux laureaux sauvages pour enlever leur dépouille lui servira au besoin. Son coursier de noble race d'étalons andaloux comprend sa haute mission et dévore le sol de sa course rapide. Déjà il atteint Le front des ennemis , il enlève un chef et le traine attaché à la corde fatale parmi les siens. En vain une gréle de plomb meurtrier siffle à ses orcilles, la mort étonnée n'ose atteindre le héros. Sa bravoure téméraire recoit le prix de la réussite. C'est le seul qu'il ambitionne. Satisfait d'avoir payé sa dette à la patrie, il se retire dans son humble ferme, et anime par ses récits la jeunesse qui l'écoute à imiter son
exemple.