‹ Costumes historiques des XIIIe, XIVe et XVe siècles, extraits des monuments les plus authentiques de peinture et de sculpture, dessinés et gravés (volume 2)Chapitre 58 sur 87 · PLACE DE SIENNE · texte numérisé non relu

PLACE DE SIENNE

La vue suivante servira à faire connaître le caractère et la disposition des édifices du moyen âge. Dans les villes libres la place publique servait à

rassembler le peuple qui y accourait au son de la cloche de la commune , ou souvent encore son enceinte servait aux exercices militaires et aux fêtes populaires.

La place de Sienne fut réduite à une meilleure forme l’an 1 240 , et les édifices dont elle est entourée furent terminés au commencement de 1 5oo. Le palais public, qui en est un des plus beaux ornemens , est remarquable par sa haute tour, ouvrage d ’Agostino et à’Agnolo , architectes siennois. Elle fut commencée l’an i32 5 et achevée l’an 1 344-

A côté de la chapelle de la place on observe à terre une pierre blanche placée pour l’effet suivant. Ceux qui se trouvaient emprisonnés pour dettes, et n’avaient aucun moyen de satisfaire leurs créanciers , pouvaient , par bénéfice d’une loi , se libérer en faisant consécutivement pendant trois matins , à l’heure que la cloche du palais sonnait , le tour de la place accompagnés des sbires et entièrement nus à l’exception des parties honteuses. Le troisième matin , après avoir terminé le tour de la place , les sbires les contraignaient de battre le derrière sur cette pierre en disant les paroles suivantes exigées par la loi : J’ai consumé et dissipé tout mon avoir, à présent je paie mes créanciers de la manière que vous voyez *.

Cet usage se pratiquait aussi à Florence et dans diverses villes libres.

* Gir. Gigli. Diario Senese. P. H.

DES XIIIe, XIVe ET XVe SIÈCLES.

MCCC. — N° 68.

JEÛNE ITALIEN

On trouve partout des preuves du goût que la jeunesse italienne du moyen âge avait pour les chevaux ; elle en faisait le plus grand usage soit pour la promenade , soit pour les exercices militaires. Buondelmonte montait un cheval blanc lorsqu’il fut assassiné à Florence par vengeance des Uberti. Cette mort, ainsi que je l’ai déjà dit, y donna origine aux cruelles dissensions des Guelfes et des Gibelins \ Les jeunes nobles assistaient aussi à cheval aux fêtes publiques ; et Machiavel , dans son Histoire de Florence 3 rapporte à l’année i3oo l’origine dans cette ville des dissensions entre les blancs et les noirs. « C’était le mois de mai , dit -il , temps pendant lequel on fait à Florence des fêtes et des réjouissances publiques. Quelques jeunes gens des Donati et leurs amis passant à cheval s’arrêtèrent sur la place de la Sainte -Trinité pour regarder danser de jeunes filles, et après eux arrivèrent quelques jeunes gens de la famille des Cerchi accompagnés de plusieurs jeunes gentilshommes qui , ne connaissant pas les Donati qui étaient devant eux et voulant voir aussi , poussèrent leurs chevaux au milieu d’eux et les heurtèrent : c’est pourquoi les Donati se croyant offensés en vinrent aux armes , et les deux partis ne se séparèrent qu’après du sang répandu * **. »

Le jeune homme suivant est extrait d’un tableau de Vanni conservé dans l’académie des Beaux-Arts à Sienne. Cette peinture représente le triomphe de la mort de Pétrarque. Une nombreuse troupe de jeunes gens à cheval précède le char de la cruelle déité. Celui que j’ai choisi est coiffé d’un bonnet écarlate ; le pourpoint est de tissu d’or , la soubreveste est écarlate et ornée

* Rie. Malespini , C. 104.

** Machiavelli , delle Istorie florentine, lib. 11°.

d’une garniture d’hermine. La ceinture est noire ; ses longues chausses sont jaunes. La soubreveste est ornée de broderies d’or et lacée sur la poitrine par un cordon noir. Les harnais du cheval sont dorés , l’étrier et l’éperon sont de fer.

Ta Z-

JWGtCO. JV!

DES XIIP, XIVe ET XVe SIÈCLES.

MCCC. — N° 69.

Page 1