JE'UNE FRANÇAIS
Jean Yillani, après avoir vanté suivant l’usage des historiens de son temps les mœurs simples des anciens Florentins , exhale ensuite sa mauvaise humeur contre les modes que les Français apportèrent en Italie lorsqu’ils se rendaient dans le royaume de Naples. « Les chevaliers , dit-il , portaient » une soubreveste serrée à la ceinture , dont les longues manches pendantes, » doublées de vair ou d’hermine , arrivaient jusqu’à terre *. *
La figure suivante est extraite d’un précieux Office de la Sainte Vierge qui fait partie de la riche collection des manuscrits de la bibliothèque Angélique à Rome. Ce livre , composé pour une famille française , ainsi qu’en font foi les deux portraits qui ornent le frontispice , renferme en outre d’autres costumes de la même nation.
La soubreveste de ce jeune homme est verte et ornée de liserés jaunes. Elle est enrichie dans la partie inférieure d’une bande noire brodée en or. Les manches pendantes sont doublées de vair. Les longues chausses sont couleur de laque , et terminées à l’extrémité du pied par ces longues pointes nommées poulaines , et dont j’ai parlé au n° 19.
On a déjà pu connaître par plusieurs des costumes précédens quelle était la forme des toques que portaient les jeunes gens. La couleur en variait quelquefois , mais ordinairement elle était rouge.
* Gio. Villani, Stor. lib. XII, cap.
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DES XIII», XIV» ET XV» SIÈCLES
MCCC. — 72.
NOBLE ITALIEN
Le costume suivant est extrait d’une miniature contenue dans un des manuscrits du quatorzième siècle de la bibliothèque de Sienne. L'hermine était un signe distinctif de la dignité des personnages de haut rang. Les magistrats élus dans les villes libres , ainsi que les juges étrangers qui y étaient appelés , conservèrent avec jalousie pendant plusieurs siècles un attribut qui leur était commun avec les nobles et les chevaliers.
Les Italiens prirent de leurs conquérans du Nord l’usage des fourrures , et le conservèrent pendant plusieurs siècles du moyen âge. Plus ces four-
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rures étaient rares ou précieuses , plus elles dénotaient le rang et la noblesse de celui qui les portait. Les religieuses mêmes rivalisèrent avec les séculiers ; mais , réprimandées sur un tel excès de luxe , elles furent obligées de s’en tenir aux seules peaux de chats ou d’agneaux *.
On trouve de fréquentes répétitions de ce costume , pour peu qu’on observe les pierres sépulcrales des nobles ou même des jurisconsultes. Dans l’église d’Araceli à Rome , Dom. Antoine Cantagallina , jurisconsulte mort l’an j 4oo , est représenté sur sa tombe avec un costume presque semblable. Dans la même église la pierre sépulcrale de Pierre Trasmondi , noble Romain , mort l’an 1 3 1 2 , n’offre de différence avec ce costume que dans la coiffure , qui est formée par un bonnet semblable à celui du sénateur n° 63.
* Murator. Antich. It. Diss.- XXV.
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DES XI1I% XIVe ET XVe SIÈCLES.
MCCCC. — N° 73.
NOBLE ITALIENNE
La figure suivante est extraite de la même miniature à laquelle j’ai emprunté le n° 70. Cette jeune personne fait partie des femmes qui sont venues pour complimenter l’accouchée : elle servira encore à faire connaître quelle variété et quelle richesse régnaient dans les vêtemens des femmes de cette époque.
Un petit filet noir lui couronne la sommité de la tête ; un autre semblable lui entoure le cou et passe par-dessous sa chemisette qui est blanche , et se revoit encore aux ouvertures des épaules. Cette chemisette est fermée par un bouton d’or. Le manteau traînant est rouge et or né, autour de la poitrine et à l’extrémité des manches pendantes , de bandes noires. Les manches de la robe sont jaunes rayées de noir. Les gants sont couleur de plomb, bordés d’un filet d’or terminé par un petit gland d’or. La partie de la robe qu’on voit sur le devant est jaune et terminée par une large bande noire. Elle tient un mouchoir blanc. La robe de dessous est bleue. La chaîne est d’or.
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DES XIIIe, XIVe ET XVe SIÈCLES.
MCCCC. — 74.