SEIGNEUR DE RIMINI
Pendant que la malheureuse Italie, ravagée par les féroces compagnies d’aventuriers , voyait ses campagnes abandonnées en proie à ces hordes indisciplinées qui foulaient aux pieds toutes les lois divines et humaines , les princes placés à la tête des petits états qui divisaient la patrie commune , trop faibles ou trop désunis pour la sauver , tâchaient du moins de la consoler de ses maux et de la perte de la gloire militaire, en protégeant les œuvres du génie nouvellement excité , et menacé dès sa renaissance de périr dans la ruine générale.
Les nombreuses copies manuscrites des ouvrages classiques , trésors ines-
timables des bibliothèques modernes, attestent l’amour de ces princes pour
les lettres, et leur générosité pour transmettre aux générations futures les productions du génie et de la science. C’est avec un sentiment de joie et de reconnaissance que souvent l’on retrouve, parmi le£ miniatures qui embellissent ces manuscrits, le portrait ou du moins les armoiries de celui qui légua un don si précieux à la postérité.
Le costume suivant est extrait d’un manuscrit des poésies de Pétrarque conservé dans la bibliothèque Barberini à Rome. Les armoiries qu’on y voit sont celles de la famille Malatestaqui a régné à Rimini, et la figure suivante représente un de ces princes *. Il y est coiffé d’une toque rouge ; la soubreveste est de damas couleur de laque, garnie et doublée de poil de vair. Ses longues chausses sont de diverses couleurs : celle de la jambe gauche est verte , l’autre est noire dans la partie supérieure ; le reste , ainsi que le pourpoint , sont bleu de ciel. Ce seigneur porte une baguette d’or, emblème d'autorité*
Giovanni Mai’c. Ant. Arte del Blasone.
Ce costume a été d’un usage presque général pendant le quinzième siècle : plusieurs manuscrits de la bibliothèque royale de Paris m’en ont offert d’exactes répétitions ; on le trouve aussi dans les sculptures des portes de bronze de l’église de Saint - Pierre à Rome , parmi les nobles Allemands de la cour de l’empereur Sigismond , et celui qui figure dans la planche suivante est lui-même une répétition de celui du jeune Siennois que j’ai donné au n° 52.
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TM. /Vf 76.
DES XIII% XIVe ET XVe SIÈCLES.