COMTESSE MATHILDE
Il serait inutile de faire ici une digression sur l’héroïne du moyen âge. La comtesse Mathilde a été célébrée non seulement par des écrivains contemporains , mais encore elle a été l’objet de savantes recherches d’hommes de lettres plus modernes. J’y ai trouvé un grand accord d’éloges sur sa beauté , sur sa force dame , et sur sa générosité : son érudition paraît avoir été supérieure à son siècle , mais sa piété et son dévouement au Saint- Siège l’ont surtout rendue à jamais célèbre *.
J’ai extrait le costume de la comtesse Mathilde du poème de Donizon. Si la peinture , tombée dans la décadence la plus complète daus le onzième siècle, a été insuffisante pour nous transmettre les traits d’une princesse si illustre , elle a du moins compensé en partie ce défaut en nous en conservant le costume. La même miniature a servi encore à me confirmer l’exactitude de ce que j’ai déjà dit sur les vêtemens ecclésiastiques , qu’ils ne différaient pas de ceux des séculiers. On y voit en effet le chapelain de Canossa n’y avoir d’autre signe apparent du sacerdoce que la tonsure. Du reste , son costume est entièrement semblable à celui des séculiers qui figurent dans les autres miniatures.
La comtesse Mathilde est coiffée d’un bonnet d’or de forme conique orné de pierres précieuses dans la partie inférieure ; il repose sur un voile couleur de rose , mais dont la couleur varie dans d’autres costumes , où elle est souvent blanche. La chlatnyde est couleur de laque et ornée d’une bande dorée enrichie de pierres précieuses. La robe est bleu de ciel avec de larges
manches terminées par une bande dorée , qui se revoit encore autour du
* Florentini. Memorie per la gtoria délia contessa Matilda.
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cou. La chlamyde est retenue sur l’épaule gauche par un cordon rouge , et laisse entièrement libre l’épaule droite : elle diffère en cela de la chlamyde des hommes. Cette manière d’attacher la chlamyde paraît générale dans les costumes de femmes. La manche de dessous est couleur de laque. Le coussin et le marchepied sont verts et ornés de fleurs. La traverse de la chaise est rouge et repose sur deux petites colonnes vertes avec le chapiteau bleu. Le fond est de velours cramoisi. Les deux pilastres supérieurs sont noirs avec des ornemens bleus et deux filets jaunes. Les colonnes torses sont rouges et terminées par un fleuron rouge sur un fond bleu. L’encadrement supérieur est fond noir avec des ornemens verts et des filets jaunes. Le fleuron du milieu est rouge et la petite boule est verte. La partie supérieure du fond de la chaise est bleue.
Dans le même manuscrit est également représentée la duchesse Béatrix , mère de la comtesse Mathilde. Son costume est entièrement semblable ; il n’y a de différence que dans le bonnet : celui de Béatrix est sémisphérique , tandis que celui de sa fille est de forme conique. L’observation que j’ai faite sur l’époque du numéro précédent est encore applicable au costume
suivant.
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DES XIIIe, XIVe ET XVe SIÈCLES.
MCC. — I \° 94.
COSTUME MILITAIRE
Le père Montfaucon , dans ses Antiquités de la Monarchie française , prouve par plusieurs exemples extraits des monumens que l’usage de porter des casques aplatis sur le sommet se conserva jusqu’au treizième siècle ; il en déduit même un signe caractérisque des temps antérieurs à saint Louis, roi de France. J’ai extrait le costume suivant du même manuscrit qui m’a fourni le n° 91. Il servira encore à expliquer plus clairement la manière de tenir le bouclier. Les chevaliers portaient aussi généralement leurs casques ornés des mêmes emblèmes qui figuraient sur leurs écus , et cela pour être reconnus dans les combats , ainsi que je l’ai dit au n° 80. C’est de cet usage qu’ont pris origine les armoiries qui servirent ensuite à distinguer les familles nobles.
Le guerrier dont j’offre ici le costume militaire porte un casque bleu traversé par une bande dorée. On voit , d’après d’autres figures sans casques, que sous cette arme défensive on portait encore un capuchon de mailles d’acier , dont le costume n° 42 peut donner l’explication. Le reste de l’armure consistait entièrement en mailles d’acier qui couvraient aussi les mains et les pieds. La soubreveste était de diverses couleurs , celle de la figure suivante est violette et ouverte sur le devant. Le bouclier était soutenu par trois courroies noires , et le bras posait sur un cuir blanc. Le fond du bouclier est vert, mais la partie extérieure était semblable au casque.
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DES XIIIe, XIVe ET XVe SIECLES.
MCC. — N° 95.