‹ Costumes historiques des XIIIe, XIVe et XVe siècles, extraits des monuments les plus authentiques de peinture et de sculpture, dessinés et gravés (volume 2)Chapitre 83 sur 87 · FIANÇAILLES · texte numérisé non relu

FIANÇAILLES

Dans le treizième siècle , les lois lombardes étant encore en vigueur dans

la majeure partie de l’Italie , lorsqu’un homme voulait engager sa parole

d’épouser une femme , il lui mettait un anneau au doigt : cette cérémonie

• « ». **■>* * * précédant toujours celle qui se célébrait en présence du prêtre , et dont je

traiterai dans le numéro suivant. Dans cette occasion la fiancée recevait de son père ou de ses frères un don nommé phaderphium 3 comme équivalent de l’héritage paternel , quelle qu’en fût la valeur. Les Lombards , pour protéger la faiblesse d’un sexe trop faible , ordonnèrent qu’aucune femme ne pût se passer de la tutelle ou protection d’un homme ; de sorte que tout acte consenti par la femme seule était déclaré nul. Cette tutelle se nommait mundium , et l’homme qui en était investi avait le titre de mundualdus. Lorsqu’une femme se mariait, il ne s’ensuivait pas pour cela que le mari en obtînt la tutelle , mais il fallait qu’il l’achetât de son frère ou de tout autre parent au prix qu’ils fixaient entre eux. Ce prix se nommait meta 3 mephium, methium 3 et devait se constituer et même se payer le jour même qu’on cé-

lébrait les fiançailles. Si le mari venait à mourir , la femme restait sous la tutelle de son héritier : et si elle voulait contracter un nouvel hyméuée , le second époux , pour en obtenir la tutelle, devait rembourser à l’héritier du premier le prix que ce dernier avait payé *.

Les figures suivantes sont extraites d’un manuscrit latin de la bibliothèque

du Vatican, coté n° 1 389. Un jeune homme en présence des parens met un anneau à l’index de la main droite de sa fiancée ; cet usage a varié dans la suite, puisque aujourd’hui l’anneau se place à l’annulaire de la main gauche.

* Murator. Antiq. Italie, medii ævi. Diss. XX.

La jeune fille porte une petite couronne d’argent retenue sur le front par un filet noir. Le manteau est ouvert sur les côtés , et doublé d’hermine ; il est de damas ainsi que la robe , dont les manches sont de la même étoffe. Les broderies du manteau et de la robe sont d’or sur des bandes alternativement vertes et couleur de laque ; la dernière dans le bas de la robe est couleur de laque. La chaussure est noire. La mère est coiffée d’un voile blanc ; le reste de ses vêtemens est de couleur minium. Le père est vêtu d’écarlate avec un capuchon de même étoffe et garni d’hermine. L’habillement de l’époux est entièrement d’une étoffe bleu de ciel.

Une pierre sépulcrale de Jean des Fuschi, dans l’église de Sainte-Françoise- Romaine à Rome, et une autre appartenant à un jeune homme de la famille Porcari , dans l’église de Saint-Jean délia Pigna , offrent toutes deux une répétition du costume du jeune fiancé représenté dans la planche suivante. Cependant la première de ces deux tombes porte la date de l’an 1342 , et la seconde celle de l’an i4o3; ce qui confirme encore ce que j’ai déjà dit sur le peu de variations qu’éprouvèrent les costumes pendant près de deux siècles.

DES XI1I% XIVe ET XVe SIÈCLES.

MCC. — N° 98.

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