‹ Costumes historiques des XIIIe, XIVe et XVe siècles, extraits des monuments les plus authentiques de peinture et de sculpture, dessinés et gravésChapitre 29 sur 78 · JEUNES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

JEUNES FRANÇAIS

Les juges diseurs devaient, autant que possible, être logés dans un couvent, où ils étaient défrayés par les seigneurs chefs du tournoi. Le lendemain chacun des concurrens devait envoyer ses armoiries et bannières chez les juges diseurs, qui les faisaient disposer tout le long du cloître pour y être passés en revue. Lorsque toutes les bannières , pennons et heaumes étaient ainsi disposés, les dames, demoiselles , et tous les seigneurs et chevaliers les examinaient en présence des juges diseurs , assistés d’un héraut, qui disait le nom du chevalier auquel appartenait chacune des armes; et s^il s’en touvait quelqu’un qui eût médit des dames , elles touchaient son heaume afin qu’il fut recommandé pour le lendemain. On était exclu du tournoi : i° pour foi mentie; 2° pour être publiquement connu pour un usurier; 3“ pour s’être ravalé au point d’épouser une roturière.

Dans les deux premiers cas tous les seigneurs et chevaliers du tournoi devaient s’arrêter sur le coupable et le battre jusqu’à ce qu’il fût contraint de dire qu’il donnait son cheval. Alors on faisait couper les sangles de la selle par les gens à pied et on faisait enlever le délinquant qu’on plaçait avec sa selle à cheval sur les barrières de la lice , et il était contraint de rester dans cette humiliante position jusqu’à la fin du tournoi. Son cheval appartenait aux trompettes.

Dans le troisième cas on battait le coupable de la même manière jusqu’à ce qu’il se rendît ; mais on se contentait alors de lui faire regarder la joute d’un des coins de la lice comme prisonnier, cependant, s’il tentait de s’évader, il était traité comme dans les cas précédens.

Un quatrième cas d’exclusion, c’était d’avoir médit des dames. Le coupable était battu jusqu’à ce qu’il eût crié merci aux dames à haute voix, et de manière que chacun l’entendît.

Après la revue des heaumes et armoiries, chacun les faisait remporter chez lui dans le même ordre qu’on les avait apportés, et la journée se terminait par un souper et un bal.

Les deux jeunes gentilshommes qui figurent dans la planche suivante sont extraits de la miniature qui représente la revue des armoiries.

Le premier est coiffé d’un bonnet vert. La bande de son chaperon lui passe autour du cou ; elle est couleur de laque. La soubreves'e est bleue, avec un filet d’or. Les chausses sont rouges.

L’autre porte une soubreveste jaune, un pourpoint noir, et des chausses vertes. Ils ont tous les deux la chaussure noire.

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MCCCC. — N® 56.

NOBLE FRANÇAISE

Le lendemain de la cérémonie décrite au numéro précédent , tous les seigneurs et chevaliers richement habillés, mais désarmés, avec leurs chevaux caparaçonnés, faisaient la montre devant les dames dans la lice, tenant chacun un bâton ou un tronçon de lance à la main.

Le soir on annonçait le tournoi pour le lendemain à une heure après midi. Les juges diseurs choisissaient parmi les dames deux des plus belles et des plus nobles pour les prier de nommer le chevalier d’honneur , c elui qui, pendant le tournoi , devait, au nom des dames , faire cesser le combat lorsqu’un chevalier était en danger de périr.

La noble française suivante est extraite de la même miniature que les costumes précédens. Elle porte cette coiffure en pain de sucre qui fut si en usage en France pendant tout le XV® siècle : elle est garnie sur le front d’une bande de velours noir orné d’une broderie d’or. La partie de la robe qui se voit sur la poitrine est de velours noir ouvragé dans le haut, et de tissu d’or jusqu’à la ceinture. La robe de dessus est de velours bleu, brodée en or, et doublée et garnie de velours cramoisi.

L’extrémité des manches est aussi en velours cramoisi. Le voile est d’un tissu blanc et transparent. La ceinture est verte avec des ornemens en or. La partie de la robe de dessous qu’on voit dans le bas est violette j la chaussure est noire.

La jeune fille qui porte la queue est coiffée d’un bonnet de velours noir. La robe est jaune et garnie sur la poitrine de velours noir j la robe de dessous est verte et la chaussure est noire.

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MCC. — 37.

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