GASTON DE FOIX
Je n’aurais peut-être pas dû placer ici le portrait de ce jeune héros. Il semble devoir plutôt appartenir au XVI* siècle. Mais comment se refuser au désir de reproduire l’image d’un capitaine qui, à l’âge de vingt-quatre ans , avait déjà captivé l’admiration de l’Europe. D’ailleurs il est incontestable que le costume est encore absolument semblable à ceux que m’ont offert la plupart des monumens de la fin du XV* siècle. Gaston de Foix , duc de Nemours, après avoir gagné la bataille de Ravenne, le ii avril i5i2, fut tué en poursuivant avec trop d’ardeur un gros d’Espagnols.
J’ai extrait le portrait suivant du monument que détruisirent, par une basse vengeance, les ennemis qu’il avait vaincus en bataille rangée. L’effigie de ce jeune guerrier fut préservée, et a été depuis transportée dans une salle de Bréra, à Milan. Elle est due au ciseau à' Augustin Busti, dit le Bambaja.
MCC. — 65.
COSTUME MILITAIRE
J’ai emprunté le costume suivant à une ancienne peinture presque effacée de l’église de Saint-Zénon à Vérone. Les armures et ornemens militaires des guerriers de la Lombardie ont tous une analogie parfaite avec ceux des monumens sépulcraux de France et d’Angleterre.
Ce chevalier porte un casque d’acier avec une armure au cou et des manches de mailles d’acier. La soubreveste est jaunâtre avec des broderies et une ceinture blanches. Le bouclier ainsi que le petit écusson sur la poitrine offrent pour armoirie une croix blanche en champ de gueule. La manche et les chausses sont brun rouge^ et la chaussure est rouge. Le manteau est écarlate et doublé d’hermine. L’arçon de la selle est jaune , et la housse est verte avec une frange rouge et une bordure noire. Le fourreau du poignard est noir.
L’antiquité de cette peinture peut faire supposer que l’artiste y a représenté un de ces preux fanatiques qui se croisaient à cette époque contre les hérétiques.
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MGCC. - 66.
NOBLE ITALIENNE
Le temps où de barbares restaurations ont successivement altéré et ^fait disparaître la plupart des monumens de peinture et de sculpture qui pouvaient nous transmettre des notions précises sur les costumes des XIII* et XIV* siècles. Heureusement les bibliothèques conservent parfois de précieux fragmens avec lesquels on parvient à remplir les lacunes que laissent la rareté des monumens des arts. J’ai extrait le costume suivant d’une miniature d’un petit manuscrit de la bibliothèque de Brèra à Milan. Il offre as sez d’analogie avec quelques costumes français et anglais delà même époque pour démontrer que la Lombardie avait plus de rapport avec les peuples septentrionaux qu’avec ceux du reste de l’Italie.
Cette femme porte une coiffure conique en velours cramoisi, entourée d’une espèce de turban formé par un voile jaunâtre qui lui repasse sous le menton. La robe de dessus est d’un tissu d’or avec une garniture verte aux manches au-dessus du coude. Les autres manches sont grises. La robe de dessous est blanche et celle de dessus est garnie d’hermine dans le bas.
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