L. Feydeau parut fort peu satisfait
“Vous ne sauriez reconnaître votre oncle, si complètement effacés de mon souvenir.
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LEZ +4 pawratte da voa val abbé, je regreètie de vous avoir
fait venir. Vous ne pouvez me rendre le service que j'attendais de vous.
— Mais, dis-je fort inquiet, je désire cependant avoir Une explication concernant mon oncle et ce qui lui arrive,
-—Cet homme n’eit pas votre oncle.
—En vérité?
— Votre oncle, Je véritable abbé, a été tué par le bandit qui a pris son nom et son titre, ainsi que je vous l'ai dit, et qui, Pour se mettre, à Paris, à l’abri de mes recherches, voulait Porter ce nom et ce titre.
— Mais il m'a écrit qu'il arrivait !
— Naturellement, Vous déclarez vous-même ne pouvoir reconnaître voire oncle. L'autre se serait servi de VOUS pour mieux tromper.
— Miséricorde !” m'écriai-je,
Puis mettant à contribution l’amitié de M. de Marville :
“Le nom de ce bandit qui se prétend mon oncle ? demandai-je,
—Ce nom, me répondit le lieutenant de police, je Puis vous le dire, car il est connu: c’est celui de Poulailler. .
—Poulailler! dit le roi avec un mouvement rapide, Feydeau a arrêté Poulailler ? :
Oui, sire, répondit Bernis.
—Et depuis quand ?
— Depuis hier soir.
—Et je n’en sais rien!
—-Sans doute le lieutenant de police se rendra ce matin à Choisy.”
En entendant prononcer le nom de Poulailler, Dagé avait fait un pas en arrière,
“Poulailler ! Murmura-t-il: celui qui a frappé ma
fille.”
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Tavanne, qui était près du coiffeur, lui lança un regard sévère.
“Taistoi tt" fui dit-il à voix basse.
En entendant prononcer l'arrestation du fameux ban-
lhnz es
dit, dont le nom était dans toutes les bouches, tous assistants se regardèrent.
-Poulailler arrêté! répéta le roi Allons! j'en suis bien aise,”
Et se retournant vers Berms:
“Mais, dit-il, je ne vois pas trop, monsieur l'abbé, quelle sorte de malheur vous frappe dans cette cireonstance ?
Mais beaucoup de malheurs. sire! S'écria l'abbé. D'abord, si Poulailler n'avait pas été arrêté, je l'aurais embrassé comme sil eût été réellement mon oncle, et il eût appelé son neveu. Ji se serait servi de oi pour commettre ses erimes et j'eusse été son complice sans le savoir.
C'est vrai, dit le roi en souriant; mais cela n'est pas arrivé heureusement.
I] a tué ion oncle qui était fort riche. I la don: dépouillé et je suis dépouillé moi-même.
Dans ce cas, l'abbé, vous êtes à plaindre.
Enfin, sire, pour beaucoup de gens je passerai maintenant pour le propre neveu de Poulailler; et cette affaire, dans laquelle le nom de ma famille sera prononcé à tout propos, peut me faire le plus grand tort.
—Poulailler! Poulailler!” dirent plusieurs seigneurs.
{veut un monent de silence dans la chambre.
Tout ‘à coup, un formidable kokoriko retentit au dehors.
Le ri et les gentilshommes se regardèrent avec étonnement.
Deux autres eris de coq retentirent à même intervalle, puis tout rentra dans le silence.
“Parbieu! dit le roi, voici un Co qui à chanté à pro- Pos pour célébrer la fin de l’histoire du sire du Poudailler !”
En ce moment, un huissier entr
a (ans la chambre e \int Ss'incliner profondément des
ant le roi.
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Le roi n'avait pas reproché à Bover d'avotr fait venir la reine.
Une preuve encore plus récente, car elle remontait à quelques semaines à peine, de la ténacité, de linilexibilité et de la pu sance de Le veque, pretnier aumôonier de la Daphine, ét: it son affaire avec le due de Richelieu.
Mme de Richelieu, sur du duc, et abbesse du Trésor, à Roue, désirait ardemment obtenir l'Abbave-aux- Bois, que la mort de me de Carignan rendait libre.
Louis NV, dont Richelieu était le favori, avait promis, en janvier, cette abbave à la soeur du due, En février, l'évêque de Mirepoix nomma de son chef une autre abhesse, déclarant simplement que la conduite privée de labbesse qu Trésor ne lui paraissait pas convenable.
Le roi n'osa rien dire,
Richelieu, furieux, réclamia: mais Louis AV le prit de ne plus insister.
D'ordinaire, l'évêque ne quittait jamais Versailles. Le Dauphin, qui avait pour son ancien précepteur un profond attachement, aimait à l'avoir près de lui.
Jamais Boyer n'était venu à Choisy dans cette rési- Gence royale, dont la reine et les princesses étaient éloignées ; Jamais il n'avait franchi le seuil de ce château dont les invitées, femmes, recevaient, avec l'invitation de séjour, la défense de se faire accompagner par leurs maris. (C'est bien étrange, mais c'est strictement exact.)
L'arrivée de l'évêque pouvait done et devait donc. non-seulement étonner le roi, mais encore l’inquiéter.
Un sentiment de gène et d'ennui était peint sur la physionomie de tous les assistants.
La porte se rouvrit; un huissier annonça :
“ Monseigneur de Mirepoix ! ”
Le vénérable prélat entra dans la chambre du roi. Il avait soixante-dix ans alors, mais il supportait bravement le poids de la vieillesse. Haut de taille. de con-
ER es
lormation sèche 6° maigre et nerveuse, il avait la démarche noble et digne QUI convenait à son rang,
Il salua le roi sans adresser Meme un resarl aux gentilshoutines oui assistalent au petit lever,
Qu y at-il done, M. di Mirepoix, et quelle cause vous amène? dit Louis XV. Dans tous les cas sovez le bienvenu. Est-ce que la reine est malade ?
Na Majesté est heureusement en excellente santé, sire, répondit l'evéque,
—Mon fils :
Monseigneur le Dauphin, Mme la Dauphine et toltes lex princesse du sang se portent à merveille,
— Alors, à quoi devons-nous le plaisir de vous recevoir à Choisy,
L'évêque fit un pas en avant et étendant le bras :
“ Sire! dit-il. Je viens demander justice !?°
Le ton avec leqnel ces paroles avaient été prononcées était si grave ot ai éalme qu le roi tressaillit, Il devinait que de la marche de l'évêque, il aflait résulter quelque embarras pénible,
“Justice! reprit Louis NV. et en faveur de qui?
— D'une wictime innocente, sir, répondit M. du Mirepuix. Un acte arbitraire vient d'avoir lieu. Un homme a été arrété au nom de Votre Majesté comme bandit, et cet homme est nn saint serviteur de Dieu, cest l'humilité et la vertu même.
De qui voulez-vous parler ?
—De l'abbé des Rosniers de Nt-Ange, Je chanoine doyen du chapitre noble de Bruxelles. Cet homme a été indignement arrêté à son arrivée À Paris et conduit à l’hôtel du lieutenant de police. Victime d'une erreur, que je ne puis expliquer, il a été jeté au fond des prisons. Ce n’est pas la liberté de l'abbé des Rosniers de St-Ange, mon ami depuis vingt ans. que je réclame, c'est simplement que justice Jui soit rendue! ”
Et croisant ses bras sur sa poitrine, l'évêque attendit.
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