‹ Coup d'œil sur les thaumaturges et les médiums du XIXe siécleChapitre 127 sur 264 · DE M. LITTRE · texte numérisé non relu

DE M. LITTRE

« Quoique occupant une position modeste et inférieure, j’appartiens à la science aussi bien que MM. Maury, Renan, Littré, et je déclare que le principe essentiel de la science est avant tout de ne pas faire abstraction des faits. Un homme s’élève dans les airs et y reste suspendu ; voilà un fait d’observation pure qui relève de la science la plus expérimentale et la plus positive.

Avant de savoir s’il est surnaturel, il s’agit de savoir s’il est vrai. Il serait par trop commode de supprimer les faits sous le prétexte qu’ils sont surnaturels. » En cela, le docteur Imbert a raison. Il s’explique en bons termes ; toutefois, il n’insiste pas assez sur le sens complexe du terme observation . L’observation scientifique demande certaines garanties assez rarement réalisées. Le docteur Imbert poursuit (pages 229 et 231) : « Je n’ai pas la prétention d’établir ici historiquement la vérité de l’extase ascensionnelle, elle s’affirme d’elle-même par une multitude de documents. Saint Thomas de Villeneuve, cité par M. Maury parmi les extatiques qui croyaient être suspendus dans les airs, fut pris d’extase un jour de l’Ascension en pleine église, au moment où l’on chantait l’antienne Et videntibus

FAITS Qü’lL AVAIT VUS

illis, elevatus est : il s’éleva, lui aussi, comme Notre-Seigneur dans les airs et y resta douze heures suspendu et immobile à la vue de tout le peuple. »

Certes, les témoins d’un pareil fait, s’ils sont témoins d’autorité, méritent d’être crus, à la condition d’avoir rédigé leur déposition en termes clairs, précis et quand leur mémoire était parfaite. Le docteur Imbert reproduit ensuite Gorres. Gorres a écrit :

« Personne n’eut le don de l’extase volante à un si haut degré que saint Joseph de Cupertino, et comme il a vécu dans un temps très rapproché du nôtre , il est très facile de constater en lui d’une manière authentique cette propriété merveilleuse.

Né en 1603, il mourut en 1663. Deux années à peine après sa mort, on commença les informations pour le procès sur sa vie et ses miracles à Nardo, à Assise, à Osimo, lorsque les témoins vivaient encore; et toutes les pièces furent examinées très sévèrement par la congrégation établie à Rome à cet effet. » Examinons la vie de saint Joseph de Cupertino, un contemporain de Louis XIV et de Bossuet.

« Déjà, l’année même de sa mort, le général de l’ordre des Frères Mineurs, Jac^-

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