LA PROCESSION DE LA FÊTE-DIEU
Gœrres a dû être renseigné exactement sur tout ce qui concernait Marie de Mœrl.
Notre opinion est que les réticences ou le vague de certaines de ces assertions lui ont été imposées par ceux-là môme qui, lui ayant communiqué les renseignements, n’ont pas jugé bon que lui-même publiât ce qui n'était pas mûr à leur avis.
« Les phénomènes devenant plus fréquents et mieux caractérisés, confirmèrent les soupçons du R. P. Capistran. Enfin, un fait qui se passa dans l'année 1832 ne lui laissa plus le moindre doute. La procession de la Fête-Dieu fut célébrée cette année à Kaltern, comme partout ailleurs, avec une grande solennité. On tira des boîtes, la musique parcourut les rues, et tout le bruit, tout le mouvement passa sous les fenêtres de Marie. Or, tout le temps, la musique bruyante avait produit sur elle une fâcheuse impression ; le son d’un simple violon ou d’un instrument à vent suffisait pour lui occasionner les crampes les plus violentes. Son confesseur, donc, sachant qu’après avoir communié, Marie restait six ou huit heures et même davantage en extase, et désirant qu’elle fût tranquille toute la matinée, désirant lui-même n’être
EN 1832 A KALTERN
pas distrait pendant la fête, alla lui porter la sainte hostie dès trois heures du matin. »
Cette circonstance particulière se produisit à la fin du printemps de 1832 : elle marque nettement un point important de la vie de Marie de Mœrl. L’extatique n’avait pas encore vingt ans accomplis.
« Elle fut en effet ravie à l’instant même.
Le R. P. Capistran se trouva occupé toute la journée,, et comme ses devoirs le retinrent encore une grande partie du lendemain, il ne retourna voir Marie qu’à trois heures de l’après-midi. Elle était agenouillée dans la même position où il l’avait laissée trente-six heures auparavant. »
La longue durée de cette extase fut l’indice des facultés extraordinaires de l’exta~ tique de Kaltern.
« Le confesseur, étonné, interrogea les personnes présentes ; celles-ci lui dirent que depuis la veille Marie était toujours demeurée dans cet état. En général, on faisait peu attention à elle dans la maison ; on la laissait à ses prières et à son mode particulier d’existence, sans beaucoup y prendre garde, et quand elle avait besoin de quelque chose, il lui fallait appeler quelqu’un pour le demander. Le R. P. Ca-