‹ Coup d'œil sur les thaumaturges et les médiums du XIXe siécleChapitre 199 sur 264 · ORDINAIRES DE LA GRAVITÉ · texte numérisé non relu

ORDINAIRES DE LA GRAVITÉ

convulsifs qui agitaient le corps de Domenica et surtout son épaule gaucho dont elle semblait souffrir plus particulièrement. Ses lèvres remuaient comme pour une prière continuelle. Quand la douleur était trop violente, elle poussait des gémissements plaintifs ; quelquefois même ses dents s’entrechoquant faisaient entendre un bruit singulier et prolongé qu’on pourrait comparer à celui d’un rouet. Il est impossible de voir une agonie plus douloureuse et mieux caractérisée, et il y a des moments où Ton croirait que la malade va expirer. »

La similitude des souffrances de Domenica avec l’agonie de l’Homme-Dieu constitue tout le phénomène. Au point de vue religieux, cette similitude révèle la main de Dieu, tant la quasi-identité est parfaite. Au point de vue médical, cette similitude reste une énigme. M. de Cazalès poursuit ainsi.

« Cependant, ce faible corps qui depuis huit ans n’a pris aucune nourriture et aucun sommeil supporte toutes les semaines, sans y succomber, ces terribles assauts ; à une certaine heure, le sang s’arrête et se sèche, les plaies se ferment toutes seules, sans aucune des circonstances qui accom-

252 MARIA DOMENICA LAZZARI,

pagnent ordinairement la guérison d’une blessure : les paroxysmes convulsifs diminuent de violence et d’intensité et la pauvre stigmatisée rentre jusqu’au vendredi suivant dans son état ordinaire, état d’immobilité absolue et de souffrances continuelles, mais qui peuvent paraître supportables par comparaison. »

Ces souffrances continuelles sont pour effrayer et pour stupéfier. Elles ajoutent à la difficulté d’expliquer d’une manière quelconque l’état de la malade sans faire intervenir une connaissance physiologique de son cas qu’il est fort difficile de posséder. M. de Cazalès poursuit ainsi l’examen de la personne de Domenica.

« Nous lui fîmes deux visites dans la matinée que nous passâmes à Capriana. La première fois, elle n’était pas encore dans toute l’horreur de son agonie et nous pûmes lui adresser quelques paroles. Je lui demandai de prier pour la France et elle me fit signe qu’elle le ferait. On nous donna de petites images qu’on lui fit baiser et qu’on fit toucher à ses mains : je dois ajouter que, malgré la pauvreté de ses parents, il est impossible de leur faire accepter aucune aumône. »

Page 1