JE ME METS DANS LA POSITION
vu sa mère, ni ses sœurs, ni ses directeurs.
Elle voit toujours Louise, lorsqu’elle est en extase, à genoux , les bras étendus , dans Vattitude de la 'prière. »
Ainsi, Palma n’a vu ni la mère de Louise, ni ses sœurs ; elle ne peut en tracer de portrait. De même, Palma ne peut tracer le portrait du directeur de Louise. En revanche, Palma dit que la maison de Louise est petite et pauvre, deux épithètes trop vagues au point de vue descriptif pour apprécier le degré de la vue que Palma a pu retenir au sujet de cette maison.
« Je me mets moi-même devant Palma dans cette position où j’ai vu si souvent Louise. — C’est bien cela, me dit-elle. »
Le docteur Imbert voudrait-il dicter à Palma la réponse qui précède ! il ne pourrait faire mieux. Au reste, on ne saurait lui reprocher cette suggestion, car il la raconte avec beaucoup de franchise. Seulement, ce qui aurait surpris le lecteur, ç’aurait été d’entendre Palma répondre : Non , ce n J est pas cela! La tête est beaucoup plus penchée l
« Savez-vous, Palma, dis-je alors, si Louise mange ou ne mange pas ? — Monsieur , Louise ne mange plus , je crois, de -
ou j’ai VU SI SOUVENT LOUISE 27
puis trois ou quatre mois. — Et comment le savez-vous? — je le sais par l’esprit.
Louise boit un peu ; plusieurs fois je l'ai vu vomir après avoir bu. C y est depuis le carême que Louise ne mange plus. — Vous avez raison, Palma ! En effet, Louise n’a plus rien pris depuis le 31 mars 1871. »
Pourrait-on assurer que Palma n’avait pas entendu parler du jeûne de Louise Lateau? C’est la question. Un point important à retenir, c’est l’assertion de Palma qu’elle le sait par l’esprit. Quant au jeûne de Palma, il fut, paraît-il, encore plus long.
« Et moi, reprit-elle avec sa vivacité italienne, en riant et levant les bras en l’air, il y a sept ans que je ne mange plus. »
Ce jeûne constitue une dérogation marquée aux règles ordinaires de la physiologie. Un jeûne de sept ans, c’est très fort.
Là encore, même en admettant l’exactitude de l’assertion, bien des détails seraient intéressants à noter.
Le docteur Imbert poursuit sa relation en ces termes : « Puis elle me raconte qu 'elle est obligée de boire tous les trois ou quatre jours à cause du feu qui la dévore.
Elle boit alors deux carafes d'eau à la fois.