LA PATIENTE NOUS REMIT LES
couvrir les pieds de la patiente , ce qu’elle fit, mais non sans une répugnance assez visible. Nous les trouvâmes dans le même état que les mains, avec cette différence merveilleuse qu’au lieu de suivre son cours naturel, le sang coule sur les doigts des pieds, comme il coulerait si Marie- Dominique était réellement attachée à la croix. Nous avions déjà entendu parler de cette dérogation aux lois de la nature et nous fûmes bien aises de pouvoir la constater de nos propres yeux. »
La dérogation précédente avait déjà été observée de visu par des témoins dignes de foi ; nous l’avons noté : cependant il serait contraire à une saine critique d’omettre que la relation du docteur Dei-Cloche est muette sur cette particularité de l’effusion du sang dans une direction ascendante, c’est-à-dire du milieu du pied à sa partie supérieure, le talon étant posé sur le drap, et la plante des pieds voisine y de la verticale. Pourquoi ce silence du docteur? Estce faute d’avoir constaté cette particularité? Est-ce pour avoir considéré ce détail comme indigne de figurer dans une notice médicale? Le critique ne sait supposer rien de précis. Le phénomène minuscule de l’as-
IMAGES SANS DISJOINDRE LES MAINS 291 cension de quelques milligrammes de sang sur une rampe de quelques centimètres n’est pas de ceux qui s’imposent à l’attention ou à la discussion scientifique. Encore faut-il remarquer le silence du docteur Dei-Cloche sur ce détail.
Lord Shrewsbury poursuit ainsi la relation de son pèlerinage à Capriana : « Sachant que l’Addolorata distribue quelquefois aux personnes qui viennent la voir de petites images pieuses , nous lui demandâmes par l’entremise de notre guide ecclésiastique de vouloir bien aussi nous en donner. Le bon prêtre en tira une certaine quantité d’une boîte, les lui laissa choisir elle-même et la pria en notre nom de les baiser avant de nous les remettre. »
Le choix d’images de ce genre avait donné lieu à des considérations sur l’esprit de discernement dans diverses relations des visiteurs de Marie de Mœrl, notamment chez M. de Cazalès. Ici aucune réflexion de ce genre. Cette originalité de chacune des stigmatisées est à noter. Elle permet de distinguer nettement la physionomie de chacune des patientes ayant un seul trait commun, les stigmates,
La relation de lord Shrewsbury poursuit