III« RECETTES DIVERSES
Droits d'entrée et de sortie « 5,171,100.
5% additionnels pour les ouvrages maritimes « 256,775.
Droits de consommation « 70,332.
» sur le tabac « 15,000.
» de port et d'ancrage « 96,215.
» de timbre a 317,434.
» de succession . « 55,021.
» de transcription « 178,625.
» sur les bazars privés « 6,098.
» de passage « 20,000.
Capitation des esclaves « 24,768.
Droits sur chevaux et voitures de luxe . <( 66,365.
Tributs des princes indigènes <( 39,445.
Droits sur les ventes à l'encan « 290,143.
» sur les jeux chinois Pho et Topho a 445,220.
Imprimerie du gouvernement « 58,000.
Postes aux chevaux et aux lettres ... « 218,722.
Monopole de l'opium « 9,560,165.
Vente des nids d'oiseaux (Salangane), . « 221,250.
» de bois de construction etc. ... « 505,700.
Monopole sur le sel . f 4,609,908.
Vente du riz . . « 516,525.
» du sucre de palmier « 90,620.
» de sacs de Goeni « 167,860.
» d'or en poudre « 50,900.
» d'étain « 3,000,000.
» d'objets divers « 115,900.
Ces divers chiffres, qui sont extraits des comptes de 1843, ne comprennent pas le produit des denrées coloniales vendues en Europe. Nous entrerons à ce sujet dans quelques détails généraux.
Les dépenses présentées pour 1845, tant pour les Indes que dans la métropole, sont comme suit: .
lo. Gouvernement fl. 482,000. — 2o. Département de la Justice fl. 506,252. — 3®. Collèges supérieurs et inférieurs fl. 282,020. — A9. Administration générale et police fl. 3,460,610. — 5^. Agriculture , cultes, arts et sciences fl. 500,706. — 6^. Département des bâtiments civils fl. 463,785. — 7®. Finances et cultures fl. 38,317,112: dans ce chiffre figurent: a frais pour l'expédition des produits destinés pour la Mère-patrie faisant fl. 902,535; — h intérêts et remboursement de l'arriéré des Indes (à un restant du capital de fl.2,65è,317.51) fait fl. 400,000; — crentes et remboursement de l'emprunt de 1836 fl. 137,685; — intérêts et remboursement de la dette de Solo fl. 81,082; — e intérêts de la dette d'après les lois du 24 Avril 1836, 11 Mars 1837 et 27 Mars et 22 Décembre 1838 , à fl. 9,800,000; — f rentes et remboursement des obligations des Indes A\ pCt. fl. 2,850; — g intérêts
et remboursement de la dette du Handelmaatschappij û. 2,500,000. — 80. Département de la guerre fl. 8,643,834. — 9°. Département de la marine fl. 1,642,154. — 10<'. Pensions et établissements de bienfaisance fl. 995,172. — 11<>. Dépenses de diverses natures fl. 2,535,367. — 12o. Dépenses Courantes imprévues fl. 500,000. — 13®. Dépenses extraordinaires et calamités publiques fl. 500,000. — 14^ Dépenses pour Sumatra fl. 2,640,921. — Le total des dépenses pour l'administration s'élève donc à fl. 75,494,285.
Du moment que les finances de l'Inde ont pu mettre à la disposition de la métropole européenne un excédant annuel considérable, il a fallu nécessairement résoudre le problème suivant : sous quelle forme cet excédant, composé d^une monnaie exclusivement coloniale de papier et de cuivre , pourrait-il convenablement être trans^ mis à sa destination.
Le système, dit des cultures, introduit en 1832 par le Gouverneur-Général van den Bosch, est destiné à rendre cette transmission possible. L'excédant sert, en premier lieu , à fournir des avances à des entrepreneurs tant indigènes qu'européens, avances dont le gouvernement ne demande aucun intérêt. Dans un pays où les capitaux sont rares et l'intérêt fort-élevé, ordinairement à 9 pCt., des facilités de cette nature sont d'un avantage immense. Ces sages mesures, et ce désintéressement peu usité de la part d'un gouvernement, portent les plus heureux fruits. Ils sont la source du développement remarquable de l'industrie agricole dans les possessions de l'Etat. Les rentrées de ces avances ont lieu
en denrées réservées par le gouvernement, et ce n'est qu'alors que l'excédant annuel existe sous une forme qui en permet l'envoi en Europe.
Dans aucun autre pays intertropical on ne saurait établir rien de semblable^ la promptitude des résultats obtenus est due principalement au système d'administration, introduit dans ces domaines. Sans le concours des anciennes institutions javanaises, qu'on a prudemment maintenues et étendues, il eut été impossible (pour nous servir ici d'un exemple) à l'entrepreneur d'une sucrerie , d'obtenir la certitude que , pendant la durée de son contrat , la population environnante se serait prêtée à cultiver, à un taux raisonnable, la quantité de cannes nécessaires à la marche non interrompue de son usine. Otez lui cette garantie, et l'entreprise toute entière sera une spéculation hasardée, dans laquelle aucun homme prudent ne risquera ses capitaux. Ces garanties indispensables peuvent être données par le gouvernement, ainsi que la preuve en est fournie par ce qui suit.
Nous venons de parler succinctement de l'organisation communale de Java ; quelques lignes suffiront pour en donner une idée claire et nette, et pour faire apprécier l'utilité de cette organisation dans son application aux cultures qu'on avait le dessein d'établir.
D'après les anciens usages du pays, adatj le souverain a le droit d'exiger de chaque tjatjah soit une contribution en argent ou en produits, soit une quantité équivalente de main-d'oeuvre ; le gouvernement qui succédait à ce droit pouvait, donc exiger, dans telle ou
telle localité que les contributions foncières fussent acquitées en cannes à sucre ou en tout autre produit agricole.
L'organisation actuelle de l'impôt foncier a fait naître la possibilité de mettre cette exigence en parfaite harmonie avec le chiffre dû par les contribuables. Le prix de la main-d'oeuvre étant connu, il était facile de déterminer le nombre de journées à fournir par la commune pour se libérer de l'impôt; ou bien, pour en revenir à l'exemple précité, il était également facile de fixer l'étendue de terrain que la commune devrait planter en rejetons de cannes, afin d'obtenir par là un même résultat. Mais , du moment que le taux de ce travail dépasse la valeur de la dette exigible, le tjatjah obtient un droit acquis à l'équivalent de ce surplus de maind'oeuvre.
Ainsi , le gouvernement s'est vu à même de donner aux propriétaires des sucreries la certitude que la quantité de cannes, requise pour alimenter leurs établissements, serait cultivée régulièrement par les communes environnantes. Pour atteindre ce but, il n'a fallu que la simple manifestation du désir du gouvernement à cet égard , suivie du relevé servant à établir les bases du calcul, dont le résultat est, que le tjatjah se trouve libéré de son impôt foncier, dès qu'il a fourni une quantité équivalente de main-d'oeuvre représentée par des plantations de cannes.
Passons maintenant en revue l'état des nouvelles cultures si largement encouragées par le gouvernement, et qui ont été améliorées d'une manière remarquable. Mais
jetons d'abord un coup-d'oeil sur l'état dans lequel ces cultures se trouvaient avant et en 1830, et ce qu'elles ont produit en 1840, toujours dans l'espoir d'une prospérité croissante, que les résultats ne démentent pas.
Par le résumé fourni dans cet écrit sur l'histoire moderne de Java, nous voyons la Compagnie des Indes passer successivement de l'état de simple trafiquant à la domination au moyen du commerce exclusif; puis, pour soutenir ce système du monopole, faire la guerre, conquérir des provinces et devenir finalement souveraine d'une vaste étendue de pays.
Si cette Compagnie, après avoir conquis de vastes provinces, avait su se placer à la hauteur des devoirs que la. souveraineté impose, elle aurait dû changer son système d'administration, et cesser de pressurer ses subordonnés pour s'enrichir à leurs dépens. Il n'est que trop vrai qu'elle se souciait fort peu des populations soumises à son autorité , et il parait aussi qu'elle n'a jamais su tirer de son commerce tout le parti qu'une administration sage et prévoyante se serait créée au moyen de vues larges et plus libérales. Il est de même prouvé que son système n'était point basé sur un plan réglé d'une manière stable ; elle favorisait pour un temps telle ou telle culture, pour l'abandonner promptement lorsque les revenus ne répondaient pas à son attente; le prix d'une denrée augmentait-H , elle en interdisait l'exportation, et se désistait de son droit du moment que les profits ne lui semblaient plus assez considérables: mais, quoique plus constante dans la conservation du monopole sur les épiceries, elle ne s'est probable-
ment jamais rendu compte des sommes que lui coûtaient ces cultures (1).
Les terres qu'elle possédait ne rapportaient pas à beaucoup près autant que le permettait la fertilité du sol, vu qu'on ne s'occupait de ces intérêts majeurs que sous l'intendance d'employés qu'on n'avait pas le talent de choisir, et qui avaient hâte de s'enrichir aux dépens de leurs commettants, ceux-ci ne leur allouant qu'un bien mince salaire. On s'en rapportait, pour le produit de ces terres, à des contrats passés avec les régents javanais; ces contrats ainsi que les contingents manquant de contrôle, fournissaient à l'employé déloyal le moyen de commettre des prévarications et des fraudes, et le Javanais se voyait en but à maintes vexations.
Portée, par le concours de circonstances non prévues, à une souveraineté dont elle ne pouvait remplir les devoirs ni supporter les charges; grevée de dettes, et accumulant déficit sur déficit, elle se vit réduite à emprunter chaque année de quoi distribuer à ses actionnaires un semblant de profit.
Dans cet état de crise, on sentit l'urgence d'envoyer des commissaires aux Indes afin de juger sur les lieux de l'état des afiaires. Les délégués nommés dans ce but s'embarquèrent en 1791. Après un séjour de trois années à Java, ces commissaires revinrent et soumirent, le 4 Juin 1795, leur rapport à la Compagnie, qui prit connaissance du véritable état dans lequel se
(1) Nous donnerons quelques détails sur ces cultures à l'article du groupe gëog^raphique de Banda, Vol. 2 de cet ouvrage.
trouvaient les affaires de la société; elle vit alors con-^ firmer par ses agents , que le commerce se voyait à peuprès anéanti, que les ressources financières étaient épuisées, et qu'au lieu de rapporter des bénéfices, les possessions de l'Inde étaient à charge au trésor ; celui-ci se voyait à cette époque grevé d'une dette de 84 millions florins, dont 67 millions avaient été avancés par. la nation hollandaise.
Les Etats-Généraux des Provinces-Unies avaient ac^ quis, dès 1790 ^ la conviction que la Compagnie manquait de moyens pour faire face à ses affaires;. la suppression de la charte accordée à cette association, avait été mise en délibération par le gouvernement; toutefois elle n'eut lieu qu'en 1798, sous le pouvoir de la République Batave qui annula l'octroi accordé en 1602; à cette Compagnie ; l'Etat se chargea de la régie de toutes les possessions intertropicales; l'immense dettedont elles se trouvaient grevées passa à la charge du gouvernement; depuis une vingtaine d'années, la Compagnie coûtait plus de 100 millions au pays.
A la suite du déclin de^ l'association et lorsqu'elle venait de faire abandon de son pouvoir, le Maréchal Daendels se vit chargé, au nom du nouveau gouvernement monarchique établi en Hollande, d'organiser les possessions de l'Etat dans l'Inde. Il débuta dans cette administration sous les auspices les plus défavorables, ainsi qu'on peut s'en assurer par le précis que nous avons donné sur l'histoire moderne de Java.
Sous l'administration peut-être trop absolue, mais du reste intègre et ferme de ce Gouverneur-Général, la^
la coopération d'employés éclairés par la lumière des sciences et formés par l'étude de l'histoire ancienne et moderne des Javanais, n'étaient pas jugés strictement nécessaires sous une administration éminemment commerciale. Mais lorsque à ce gouvernement, qui croulait de toute part, succéda un autre régime administratif^ indépendant des vues plus spéciales du commerce, on sentit la nécessité de s'assurer des talents et de la bonne renommée des agents destinés au service du nouveau pouvoir dans l'Inde.
La levée d'impôts réguliers ayant été substitué au système des contrats et des contingents, et le pouvoir européen s'étant mis en contact direct avec ses sujets asiatiques, on sentit le besoin d'étudier les idiomes usi» tés dans chaque localité et de connaître à fond les moeurs et les coutumes des habitants, enfin de pénétrer dans tous les détails de l'histoire ancienne et moderne de leurs institutions sociales, jusqu'alors couverts d'un voile que fort peu d'employés de la Compagnie avaient tenté de soulever.
Le besoin qu'éprouvait l'autorité nouvelle de s'entourer d'hommes instruits et laborieux, fit naître l'idée de n'accorder des places qu'à ceux qui auraient les capacités reconnues, résultats d'études obligatoires, faites soit avant ou après la nomination de l'individu, soit avant ou après son départ pour l'Inde. On a finalement pris la détermination, fort judicieuse , de créer une école spéciale pour ceux qui veulent se consacrer au service civil dans l'Inde; en 1842, une chaire pour l'enseignement de la langue Javanaise et de ses dialec-
tes ainsi que de la langue malaie, a été crée à l'acadédemie royale établie , depuis peu d'années, à ï)elft. Personne ne pourra désormais obtenir un emploi de première ou de seconde classe^ sans avoir fait un cours d'études et subi l'examen à cette école. Le gouvernement se promet des résultats salutaires par cette mesure.
Les principaux revenus de nos possessions dans l'Inde Archipélagique proviennent des sources ci-après désignées, savoir: