PRÉFACE
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Les lecteurs non initiés aux idées philosophiques spirites du jour auront, sans doute, beaucoup de peine à suivre et à comprendre les argumentations et les déductions contenues dans cet ouvrage. Cet écrit est, en quelque sorte, un résumé, sur plusieurs points, des lumières nouvelles du jour; du moins l'auteur visible le considère ainsi; les aperçus nouveaux qu'il offre à l'intelligence, sur la chute et la mission de l'homme, sont hardiment et clairement dessinés et sont de nature à faire concurrence aux idées reçues.
L'auteur visible se considère comme n'ayant été qu’un instrument dans la production de cet ouvrage. Le soufile de l’inspiration est venu l’instruire et lui faire écrire ce qui suit. Les médiums inconscients qui—attendent l’inspiration—lorsqu'ils veulent écrire quelque chose de bien, et qui ne savent ou ne veulent pas reconnaître ce que signifie le mot inspiration, regarderont peut-être comme une fiction l'aveu franc et loyal de l'auteur. ‘
La publication de cet ouvrage en ce pays où les idées nouvelles ont encore si peu d’embpire et où les éléments même du spiritisme sont si peu connus, n’est certes pas de nature à lui assurer le succès. L'auteur ne s’abuse pas de chimériques espérances à cet égard ; il sait, néanmoins, que les penseurs 1 lui sauront gré de briser ainsi la monotonie de l'atmnsphère ! mentale et de mettre en mouvement les intelligences qui sommeillent sous le poids de l'autorité et de l'indifférence,
Les catholiques sont spirites, quoiqu’on en dise, puisqu'ils | croient à la ce .nmunication des deux mondes. Que signifie La |
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présence constante, aux côtés de chacun, d'un bon ange et d'un mauvais ange, dont l'un porte au bien et l'autre an mal ? Que veulent donc dire les prières aux saints et la croyance à l'intervention des Esprits dans nos affaires ? Les mauvais anges, d'après le catholicisme, sont les plus nombreux instigateurs | des faits humains : les spirites le croient aussi,
Le spiritisme n’est que le développement du catholicisme, comme l'adolescence est le développement de l'enfance, comme le Christianisme fut le dévelappement du Judaïsme, L'avenir vient toujours remplacer le passé et le présent, et amène toujours le progrès en tout.
Pourquoi l'Eglise combat-elle le spiritisme ? Parce qu'il est de la mission du présent de combattre l'avenir qui le remplace ! Cette définition large et complète, tout pensuur devra la comprendre. Les représentants du présent et les représentants de l'avenir seront toujours des ennemis, au moins d’une manière nominale sinon en toute vérité, tous deux au service de la Providence qui les met en mouvement et les guide. Qu'on veuille donc croire que les alarmes et les attaques de l'Eglise ont leur raison d’être, mais que ces alarmes et ces attaques se modifieront avec le temps, lorsque les faits accomplis viendront donner raison au spiritisme. Tout naît dans la souffrance, mais tout croit et arrive aux fins voulues malgré les difficultés qui en entravent et en règlent la marche.
On apprendra par l'étude d'ouvrages sur le spiritisme, plus élémentaires et plus détaillés que celui-ci, une foule de choses à la portée du grand nombre, et qui serviront naturellement d’index aux révélations présentes.
Chaque chapitre de ce livre est le produit d’une inspiration différente. Les inspirateurs montent graduellement les degrés de la pensée, présentant une gradation de théorie dont le ; dernier terme est abstrait ou philosophique. Aucun d'eux, | néanmoins, ne se pose en autorité absolue, à l’instar des faibles
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intelligences ; tous comprennent que l'avenir recèlr des aspects nouveaux de la vérité et que la lumière qui éciaire toutes choses cst encore loin d'être bien connue,
On verra, par cet écrit, que les idécs nouvelles s'annoncent comme hypothèses dans l'autre monde comme dans celui-ci, et que chacun là est libre de les accepter on de ne pas les accepter, Le progrès existerait dans l’autre monde comme sur la terre, et ses habitants, par conséquent, ocuperaient des degrés différents d'intellectualité,
Un homme inspiré sut connaître l'existence du Nouveau Monde avant d'y avoir touché du pied. Le Nouveau Monde, dans notre siècle, est venu apprendre au vieux monde de l'Europe que ses aspirations ne se bornent pas à la connaissance de ce qui l'entoure immédiatement et qu'il sait hardiment franchir les limites du visible et du concrèt, et plonger ses regards investigateurs dans la sphère fluidique qui l'entoure,
La question de la Réincarnation qui forme en partie le sujet de cet écrit a été peu étudiée par les spirites des Etats-Unis. Les Invisibles prétendent que les américains, comme initiateurs de la nouvelle philusophie, n'ont eu, à proprement parler, qu'une mission de pionniers à remplir et que le temps n’est pas encore venu où celte vérilé sera proclamée d’une manivre générale aux habitants du Nouveau Monde. L'Europe est le champ où les Invisibles ont semé l’idée de la réincarnation, ou de la renaissance, d'une manière particulière. En France, la nouvelle doctrine est répandue par une douzaine de revues et de journaux. On compte à Paris cent mille spirites. Le nom-
‘bre des nouveaux disciples en France est tellement grand et
s'accroit avec tant de rapidité que les évêques croient devoir souvent recourir aux mandements, etc. Les malveillants en intention sont souvent, comme malgré eux, bienfaisants en action. Aux Etats-Unis, il y a au-delà de quatre millions de spirites ou de spürituulisles, comme ils se nomment.
Une idée nouvelle exige des mots nouveaux : voilà la raison donnée pour la création du mot spirite, par ceux qui l'ont introduit dans le langage du jour. j
Quelques-uns des lecteurs seront peut-être étonnés de ce que la «chute » prenne une si petite place dans cet ouvrage ; ce fait se trouve dans l'arrière-plan de ce tableau pour la raison toute simple que le présent et l'avenir de l’homme offrent plus d'intérèt et méritent davantage l'examen.
HENRY LAC'iOIX.
Monrnéar (Canada), 1866.
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