‹ Coup d'oeil sur les ressources productives et la richesse du Canada [microforme]Chapitre 23 sur 27 · VA · texte numérisé non relu

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Voici comment pourrait être divisé les onz6 districts du Bas-Canada :

1.— Gaspésie. — Comprenant tout le territoire qui s'étend depuis Jes environs de ln baie de Gaspé, en remontant dans la baie des Chaleurs et la rivière Ristigouche, jus wà la rivière Patapédiac, comté Bonaventure: L'Agent devra résider au centre de la région, à un point marqué dans 1a baie des Chaleur, comme par exemple, à Paspébiac.

9°, — Sud du Bas St. Laurent.—Depuis la rivière aux Renards, en remontant le golfe du fleuve Saint-Laurent, jusqu’à la Rivièredu-Loup, comprenant partie du comté de Gaspé et les comtés de Rimouski et Témiscouata. Résidence de l’Agent à Rimouki.

30, — Partie Ouest du Sud du Bas St. Laurent.—Depuis le précédent district jusqu'à Ja rivière Chaudière comprenant les comtés de Kamouraska, Jslet, Montmagny; Bellechasse, Dorchester et partie de Beauce. Le district est traversé dans tonte Ba longueur par la voie ferrée du Grand-Trone, qui en facilitera les moyens de communications: " (Le comté de Lévis, renfermé dans le district, ne possède point de terrain à coloniser.) La résidence de Agent pourra être soit à St. Jean Port-Joli, soit au village de Montmagny. 4°,— District de la Haute- Chaud tére Comprenant tout le territoire qui s'étend de l'Est à Ouest depuis la vivière Chaudière jusqu'aux environs de la rivière Yamiaska, et du Sud au Nord, depuis la ligne provinciale à un point marqué au centre des Cantons de l'Est. Résidence de l'Agent à la Fourche des chemins Saint-François et Mégantic, canton Winslow, où à Sherbrooke. 5°.— Partie Inférieure des Cantons de l Est. — Comprenant le reste des Cantons de J'Est depuis St Giles jusqu'aux environs de la rivière Yamaska, et en profondeur depuis le fleuve jusqu’à la ligne de Îa division supérieure, qui reste à déterminer. La résidence de l'Agent pourrait être au village d’Arthabaska.

G°,— Outaouais (Partie Ouest).—S'étendant depuis les établissements de la rivière Creuse, en descendant, jusqu'à ceux situés sur Ja rivière du Lièvre, F compris les cantons de l’intérieur. Résidence de l'Agent soit à Ottawa, soit au village d’Aylmer, aû pied de la sivière Gatineau. |

7°.— Outaouais (Partie Est) —Embrassant le reste du comté d'Ottawa, depuis les environs de la rivière du Lièvre, à Est, et les comtés d'Argenteuil et des Deux-Montagnes, dans laquelle division se trouvent les rivières Blanche, Rouge, et du Nord; su’ les bords desquelles 8e développe aujourd’hui ja colonisation, ainsi que dans l'intérieur. La réidence de l'Agent pourrait être fixée quelque part comme à Grenville.

g°,— Nord de Montréal.—Comprenant les comtés de Terrebonne, Montcalm, Assomption, Joliette et Berthier. Résidence de l'Agent au village de l'Industrie.

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9°,— Région du Suint-Maurice, — Comprenant les comtés de Maskinongé, Saint-Maurice et Champlain, ainsi que la vallée de Ja rivière Saint-Maurice. La résidence de l’Agent devra être à Trois- Rivières.

10°.—Nord de Québet.—Comprenant les comtés de Portneuf,

Québec, Montmorency et Charlevoix. Résidence de l’Agent à Québec.

11°.— Territoire du Saguenay.—Comprenant les comtés de Saguenay et Chicoutimi, de même que la colonisation du Lac

Saint-Jean. La résidence de l’'Agent serait fixée soit À la Grande- Baie, soit à Chicoutimi.

Comme l’un des principaux devoirs de ces Agents serait d’être constamment occupé à promouvoir la colonisation par tous les moyens que le zèle saurait leur dicter, soit dans leur bureau ou au dehors, il serait du devoir de ces Agents d’attacher à leur service, pour demeurer permanemment dans le bureau, un Clere capable de donner tous les renseignements désirés par ceux qui se présenteraient durant les absences de l’Agent, et de lui aider au besoin de ses écritures. Cet assistant serait aux frais de l’Agent.

Afin de permettre au gouvernement de s’assurer du bon emploi du temps des Agents, et exercer sur eux un contrôle utile’ et nécessaire, chaque Agent serait obligé de tenir un Journal quotidien dans lequel serait couché tontes les opérations de la journée, telles que les demandes faites verbalement ou par écrits, les réponses données, visites reçues, etc., etc., de même que les pas et démarches de Agent au dehors de son bureau. Le premier jour du mois, chaque Agent transmettrait au Département de l'Agriculture un Rapport sur la marche de la Colonisation dans les divers endroits de son district ; et tous les trois ou quatre mois un Tubleau de l'emploi du temps, signé par l'Agent, à peu près dans le genre de ceux offerts par les Inspecteurs des Prisons, ou du Commissaire des Pêcheries, ou des Arpenteurs, en exercice. Le salaire des Agents de Colonisation serait fixe, et comprendrait toutes les dépenses du bureau, voyages, et autres déboursés quelconque.

Pour activer le zèle des Agents, le gouvernement pourrait classer les salaires en plusieurs catégories, suivant l'étendue du district et des dépenses qu’il nécessitera, et surtout en proportion des progrès que l’Agent ferait faire à la colonisation dans sa division.

Un autre moyen bien capable de contribuer au développement de la colonisation serait, de la part des Agents de Colonisation, de fournir à MM. les Curés des paroisses du district, qui en feraient la demande, une liste des terres offertes en octrois gratuits ; les conditions d'établissement et autres informations nécessaires ; ainsi que la carte des Cantons du District. Cette intervention du

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Clergé dans la colonisation du District amènerait avec elle une influence considérable, et dès lors cette œuvre nationale marcherait À pas de géant dans toutes les divisions du pays à la fois.

Troisièmement. —Le gouvernement, en acceptant cette deuxième proposition qui consiste à diviser le Bas-Canada en onze dictricts, aurait consenti par là même à rendre le système des octrois gratuits plus général, puisque chaque division devrait avoir au moins un chemin de colonisation sur lequel il serait accordé des terres gratuites. Mais ce n’est pas là toute notre pensée. Nous demanderions encore au gouvernement d'accorder un Chemin dans chaque comté, qui soit destiné à être colonisé sous l’heureux système des octrois gratuits !

L'expérience a pleinement démontré que le système des octrois gratuits, bien que très limité aujourd’hui dans le Bas-Canada, est un moyen puissant et tout à fait propre à développer l'établissement des terres inoccupées ; par conséquent, le gouvernement ne saurait mieux faire, pour l'avancement des destinées du pays, que de donner les terres le long de certaines routes, aux colons désireux de s’y établir, afin que l’ouverture de ces cantons fut plus prompte et l’entretien des chemins ouverts à grands frais mieux surveillé. Ces octrois auraient aussi pour résultats immédiats d'accélérer sensiblement la vente des terres situées dans l’intérieur des dits cantons et de les livrer plus promptement au défrichement, par l’affluence qui aurait lieu partout, dans chaque comt£.

Comme l’exprime si bien l'honorable M. Langevin, “ le système des octrois gratuits est momentanément une perte pour le revenu de la province, mais cette perte est bien vite compensée par les revenues et les richesses que le pays retire des terres qu’il contribue ainsi à faire ouvrir. ”

Quatrièmement.—En face des efforts combinés des sociétés anglaises du Canada et d'Angleterre à favoriser l’entrée de leurs nationaux en cette province, nous croyons qu'il est grandement temps pour nous de sortir de cette coupable apathie, et de percer du regard toute l'étendue de la situation que nous fait l'immigration anglaise, dans les cireonstances actuelles.

Si nous offrons aujourd’hui un plaidoyer favorable à l'immigration (trangère, ce n’est pas, certes, parce que nous aimons la panacée ; mais les circonstances le reclament, et il nous dut à tout prix profiter de cette source d’augmentation dans l'intérêt de notre race et de ses idées, et chercher de l’appui dans limmigration française et belge, et le rappel de nos nationaux des Etats-Unis, afin de contrebalancer l'augmentation qui se fait ailleurs.

Bien que nous n’y soyons point opposé, nous ne voyons pas une grande utilité d’expédier des Agents d'immigration en Angleterre et en Irlande ; car la voie est ouverte depuis déjà assez longtemps, et le sillon est parfaitement tracé et connu par les

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pehaesone destinées à sortir de ces pays. Mais ce qui doit mériter attention particulière du gouvernement, c’est l’apropos d'envoyer un Agent d'Emigration actif et bien qualifié en France, pour tenter à déterminer un courant d'immigration choisie pour le Canada, en adoptant pour centres d'opérations les endroits indiqués par M. Rameau, l’auteur de la France aux Colonies, cet ami si constant aux intérêts du Bas-Canada.

Cet Agent, qui demeurerait complètement à l'étranger, parcourerait la France et la Belgique, et veillerait à la partance des groupes d’émigrés qu'il aurait organisé dans les divers ports maritimes de ces deux pays.

La France, qui renferme dans son sein une riche pépinière de zélés missionnaires pour les besoins de tous les pays, pourrait sans doute inspirer à plus d’un membre de cette valeureuse armée, l’idée de se mêler à ces convois et d'accompagner en Canada ces groupes de familles, pour les diriger et demeurer au milieu d’elles, au centre de la paroisse naissante qui surgirait par suite de tels mouvements, comme le faisait autrefois le clergé et les communautés religieuses, lors de l'établissement de ce pays.

Quelque soit le nombre d’émigrés que la France et la Belgique aient à fournir dans une semblable occurrence, et pour une première tentative, les résultats n’en seraient toujours pas moins importants, car l'expérience démontre que les membres d’une famille qui s'exile dans un pays quelconque exercent toujours une influence immense sur le reste de la famille ou sur les amis demeurés au pays. C’est donc le point de départ qu’il faut bien ménager, et ne l’opérer que dans des circonstances parfaitement assurées,

Il est impérieusement nécessaire, aussi, de tenter la rentrée au bercail national des milliers de familles canadiennes qui demeurent dispersées et comme perdues dans les vastes et sombres eités des Etats-Unis. Cette tentative pourrait avoir aujourd’hui quelque résultat de réussite, vû la situation décourageante que la guerre crée au peuple des Etats-Unis, par les taxes exhorbitantes qu’il leur faudra payer pour aider le gouvernement à sortir de ses énormes embarras financiers, causés par cette guerre fratricide.

La nomination d’un Agent-voyageur serait doublement importante et utile, aujourd’hui, parce que outre qu’il saurait déterminer probablement un assez bon nombre de familles à revenir au Canada, cette démarche aurait aussi pour conséquence de les soustraire à.toutes les fatales obligations soulevées par la guerre, et auxquelles elles sont assujéties coiime les autres sujets de la République.

Ce système répondrait donc aux besoins de ces familles comme aux aspirations du Bas-Canada à leur égard, et épargnerait à la jeunesse, vivant aux Etats-Unis, de fréquents mécomptes.

Un moyen puissant d'encouragement pour attirer en Canada les familles toutes grandies, éparpillées aux Etats-Unis, ce serait

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d'accorder des billets de passage à destination à tous ceux qui se disposerait à rentrer au pays, quelqu’en fat le nombre. La province placerait là un argent à gros intérêt !

Cinquiémement.—Afin d'accorder une égale justice aux francocanadiens, —bienfait dont cette population est aujourd’hui presque xléshérité, suivant que nous l’avons fait voir sans illusion comme sans faiblesse, —il est important d'organiser le Bureau d'Emigration sur des bâses plus libérales et plus équitables.

Pour cela, il faudrait diviser le Bureau actuel d’Immigration en deux branches : l’une pour l'immigration britannique ou autres origines parlant des langues étrangères ; et l’autre pour l’immieration française, belge, suisse, etc., parlant le français. Cette dernière division serait placée entre Îles mains d’un Canadien- Français, chargé des intérêts généraux de l’immigration française.

Les deux Chefs du département, alors, seraient mis sur le même pied d'égalité, chacun responsable de sa division au gouvernement ; et ni l’un ni l’autre ne pourrait intervenir dans la régie du bureau de son confrère, Les deux branches du Bureau, cependant, seraient ouvertes dans la même bâtisse.

Comme l'harmonie devra régner entre les deux Agents en Chef de l’Emigration, d’après ces lignes de démarcations administratives l'un et l’autre travaillant dans l'intérêt d’une cause commune profiteraient des services des Agents d’émigration ou Agents de colonisation, placés dans les deux sections de la province, pour les fins de leurs charges respectives, et pour l’étabiisseiuent des familles qu’ils auraient à expédier sur les chemins de colonisation.

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