‹ Coup d'oeil sur les ressources productives et la richesse du Canada [microforme]Chapitre 5 sur 27 · COMMUNICATIONS INTÉRIEURES · texte numérisé non relu

COMMUNICATIONS INTÉRIEURES

L'importance commerciale d’un pays se mesure en grande partie sur l'utilité et l'étendue de ses communications. Elles rendent éminemment favorable l'échange des produits internationaux, en même temps qu’elles concourrent au développement plus général des recettes publiques et privées.

Dans le relevé succinct que nous allons faire des principales voies de communications du pays, il convient de les classer en trois catégories, comme suit : 1° Communications par eau ; 2° Chemins de fer ; 3° Télégraphes électriques.

1°.— Communications par eau.—Nous devons mettre en première ligne le fleuve Saint-Laurent, qui prend sa source dans les grands Lacs de l'Ouest, mesurant une longueur d’environ 700 lieues, depuis son embouchure jusqu’à sa source.

La rade de Québec, qui est située presqu’à mi-chemin de son cours, est aussi sûre que spacieuse, fréquentée ‘aque année par des flottes très considérables de navires transatlai .iques, qui viennent chercher nos produits agricoles et nos bois en échange des marchandises qu’ils nous apportent.

Pour faciliter la navigation du fleuve Saint-Laurent jusqu'aux vastes et fertiles régions des grands Lacs Ge l'Ouest, des travaux considérables ont été exécutés par le gouvernement provincial, par le ereusement du Lac Saint-Pierre et la confection des Canaux.

MU

Grâces à ces gigantesques travaux, notre commerce s’est considérablement accrû, surtout depuis une quinzaine d’années.

Par le moyen de ces Canaux, les eaux au fleuve Saint-Laurent se trouvent donc reliées à celles des Lacs, que les vaisseaux cauadiens ou étrauogers fréquentent avec des chances de succès commerciaux qui vont toujours en augmentant.

Les dimensions des Canaux du Canada se résument comme suit : le canal de Welland, qui unit le lac Erié au lac Ontario, a une longueur de 28 milles; le eanal de Williamsburg, 94 milles ; le caual de Cornwall, 114 milles; le canal de Beauharnais, 11H miles ; enfin le canal de Lachine, 8 milles : formant en tout une longueur de 684 milles.

Quant à ia‘navigation des Lacs de l'Ouest, elle embrasse une longueur de 360 lieues comine suit :

Lac Ontario..........70 lienes de lcng, sur 18 de large,

Lac Erié................,.80 L 20 “ Lac Huron 90 L 50 “ Lac Supérieur... 120 «4 52 1e

Entre les deux premiers lacs ci-dessus se trouve la fameuse et célèbre cataracte de Niagara ; précipice d’une élévation de 180 pieds, et dont il est impossible de sonder la profondeur.

Outre la grande voie du fleuve Saint-Lauront, conduisant à l'océan atlantique, le pays possède aussi plusieurs rivières navigables très importantes, notamment les rivières Outaouais, Saguenay et

tichelieu ; cette dernière, au moyen du canal chambly est devenue une des principales voies de communication avec les États-Unis.

En vue de développer l’industrie du pays et l’exploitaticn de nos immenses forêts, le gouvernement a eu soin d'améliorer la navigation ou le flottage de certaines autres rivières, par le moyen de glissoires, écluses, digues, etc., telles que la Grande-Rivière, qui se jette dans le lac Erié ; le Trent, qui va aboutir dans la baie de Quinté ; le Rideau, le Pétéouaoua, la Madaouaska, la Gatineau et autres, qui vont se perdre dans l'Outaouais. Les deniers dépensés pour lamélioration seule de cette dernière rivière, l'Outaouais, s'élevait déjà à la somme de #689,811, à la date du ler janvier 1863. L'amélioration de la rivière du Saïnt-Mavwrice coûtait à la même époque $#258,000 ; et celle Au Saguenay, 841,000.

On évalue à 25 millions &e piastres la somme dé ensée pour la confection des canaux et l'amélioration de: principales rivières du Canada, pour les fins du commerce.

29,— Clemins de fer. —Avant la construction des chemins de fer, les communications étaient difficiles, longnes et coûteuses, surtout pour les produits agr:voles, qui ne pouvaient point toujours arriver en temps opportun aux endroits d'embarquements ou aux marchés : effet désastreux qui fesait peser sur le cultivateur de nombreux frais de transport de ses denrées, et qui l’entraînait à une plus grande perte de temps.

enay et levenne Unis.

| de nos orer ja ) moyen ière, qui baie de ineau et épensés taouais, janvier ait à la

pour la ères du

s de fer, surtout arriver archés :

mbreux ne plus

mn Ds

La première entreprise de la construction d’un chemin de fer, en Canada, date de 1835.

Ce chemin avait 16 milles de longuenr et s’étendait depuis Laprairie jusqu’à Saint-Jean d’Iberville, dans le Bas-Canada. !1 fut ouvert à la circulation en juillet 1836, et les chars étaient alors traînés par des chevaux ; ce ne fut que l’année suivante qu’on y ajouta une locomotive,

Aujourd’hui le Canada-Uni possède 1,900 milles de chemins de fer et on évalue à 100 millions de piastres, le capital employé dans la confection de ces chemins. Le gouvernement provincial a aidé de ses ressources et de son crédit quelques compagnies, pour une valeur prâtée d’environ 21 millions de piastres, laissant à l’entreprise privée le devoir et le soin d’y contribuer pour le reste, soit environ 60 millions de piastres.

Les recettes de l’année 1860, de toutes les voies ferrées du pays, donnèrent un revenu brut de 6 millions 722,666 piastres ; les dépenses ont été de 5 millions 675,511 ; laissant au profit général des Compagnies, les dépenses payées, la somme de $1,046,316. La Compagnie du Grand Tronc figure dans ce bilan pour 3 millions 349,658 piastres de recettes, contre 2 millions 806,583 piastres dépensée:, laissant un profit net à la Compagnie de $533,075 réalisé durant l’année : profit qui va toujours en augmentant.

39.— Télégraphes électriques.—Les lignes télégraphiques sont le complément obligé des lignes ferrées. On compte à l’henre qu’il . deux Compagnies en opération : celle de Montréal et celle de

oston.

C’est la compagnie de Montréal, toutefois, qui a le monopole des affaires, puisqu'elle possède une longueur de 3,087 milles de ligne télégraphique et 145 stations ouvertes au public, tandis que l’autre Compagnie n’a qu’un seu! bureau d’ouvert et ne possède que 43 milles de voie télégraphique dans les limites de la Province, suivant que ie constatent les importantes statistiques de M1. Arthur Harvey, du département des Finances, à la bienveillance duquel je dois la connaissance de ces renseignements.

La longueur totale des lignes télégraphiques du Canada s'élève donc à 3,130 milles, avec 146 bureaux ou stations, qui ont transmis 332,779 dépêches durant l’année 1863.

‘“ La seule Compagnie de Montréal, dit M. Harvey, transmet à 22 journaux deux fois et quelquefois trois fois par jour des rapports publics qui contiennent rarement moins d’une demiecolonne de matières imprimées, et souvent même une colonne et demi à deux colonnes. En eus de ce travail, chaque bureau rend compte de la somme d’argent reçue. Les rapports publics et dépêches reçues, calculés à une moyenne de dix mots, donneraient un chiffre plus considérable que celui inscrit plus haut, car, sens crainte, le nombre en peut être porté à 750,000 par année, ?”

Nous ne possédons point de données précises, paraît-il, sur la valeur du capital employé dans ces entreprises, ainsi que du revenu des communications télégraphiques ; au moins le livret de M. Harvey n’en fait pas mention.

Notons, toutefois, qu'aujourd'hui les communications télégra- Se s'étendent à toutes Le villes de l'Amérique Britannique du Nord et à celles des Etats-Unis, depuis ia Nouvelle-Ecosse jusqu’à la Nouvelle-Orléans, dans le golfe du Mexique.

Page 1