UN PACTE TÉNÉBREUX
Ce n'est pas toi qui nous l'as rendu maire.
Tu t'efforçais de nous le dégommer :
Comme il voulait rendre guerre pour guerre, Tu commencas toi-même à t'alarmer :
— “Reste au Sénat, donne-moi ln mairie, ‘Tomber tous deux ce serait trop nav rant ; ‘Que l’Z{endard protège la Patrie,
‘ Cela vaut mieux.” te dit maître B augrand. (bis) u Le)
Défenseur né de notre Chambre Haute, Trudel à dit que ce vaste entresol
Ne pouvait point contenir un seul hôte Qui ne fut pas un possesseur du sol.
Mais, tout-à-coup, ce grand propriétaire Est, sur ce point, devenu moins trance hant, Et prise enfin les droits du prolétaire,
Plus haut encor ue SO:1 ami Beaugrand. bis l {
0 sénateur! que devient ton beau zèle ?
Tu foudroyais les franc-maçons partout !
Est-ce Beaugre and, qui t'a pris sous son aile ? Serait-ce toi qui lui pardonne tout ?
Est-ce intérêt ou charité chrétienne
Qui t'a soudain rendu si tolérant ?
Ménages-tu sa place où bien la tienne,
En pactisant avec maitre Beaugrand, (bis)
Février 188 5,
LES FESSIERS .*
AIR :—— (est pas vrai.
Un Canadien qu'est pas un homme, A Fall-River, on le surnomme Le fessier, Ce sobriquet n'sent pas la rose, Mais il communiqu'la névrose Au fessier ; Cet être, qui nous fait la guerre, Très-souvent, par l’ami Ti-Pierre * * S'est /'ail scier.
Lorsque Ti-Pierre vous l’arrange, Il faut voir comm’ la peau démange Au fessier,
* A Fall-River, ce nom était donné, par dérision, aux rares Canadiens qui s':»posaient au mouvement organisé par leurs compatriotes, dans le but d'obtenir un prêtre de leur nationalité pour leur église de Notre-Dame de Lourdes. On sait que ces derniers ont obtenu gain de cause à Rome.
*%* Nom de plume de l’un des collaborateurs du journal l’'Indépendant.
LES FESSIERS
Il est facile à rec onnaître, Il écoute par la fenêtre, Le fessier, Son chapeau qui m'fait toujours rire, Comme un accordéon s'étire, Le fessier Porte une chevelure inculte, Et s'occupe beaucoup du culte, Pour nous scier.
Quand pour combattre on entre en lice, Il nous montre, en criant 4 Police,
Son fessier.
Il marche comme une écrevisse,
Et met bientôt hors de service Son fessier ;
À reculons dans son ornière,
Il place sans devant derrière Son fessier ;
Au lieu d'vend’ du rhum ou d’z' z'épices,
S'il y trouvait des bénéfices, Le fessier
Vendrait bien son compatriote,
Il vendrait mêm’ de sa culotte, Le fessier,
Chez nous, resterons-nous les maîtres ?
—Non, repondent q’ ignobles traîtres [Des fessiers. ]
“pre “mu:
TERRE-A-TERRE
Lorsque la paroisse proteste,
On fait signer un manifeste Aux fessiers ;
Onze cafards signent la liste, Là
Prouvant que chez-nous il existe On?’ fessiers,
Dont cinq de la même famille ;
On n'peut pas dire que ça fourmille,
Les fessiers.
Une chose les scandalise :
C'est qu'on ne livre pas l’église Aux fessiers. À
Or, les Canadiens de l'Irlande
Accepteraient, bien sûr, l’offrande Des fessiers.
Ces conteripteurs de notre race 4 Installeraient à notre place Les fessiers.
Si nous voulions les laisser faire, Mais mieux vaut laisser dans leur sphère
Les fessiers.
Fali-River, Septembre, 1885.