‹ Coups d'aile et coups de bec [microforme]Chapitre 48 sur 118 · REED LE · texte numérisé non relu

REED LE

Pas +?

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CHANSONS DIVERSES

Dès que les dernières gelées

Font rougir les nez restés blancs, Que les dernières giboulées

Nous annoncent le doux printemps, Vous voyez fuir le mandataire,

De politique dégoûté,

Qui retourne au fond de sa terre

Jouir de son indemnité.

Si, par bonheur, dans le voyage, Il avait un bon mouvement,

S'il descendait sur une cage

A la fin de l'hivernement,

Pour être utile à l’industrie, S'il ramait d'un bras vigoureux, Il servirait mieux la patrie,

Qu'en nous débitant des mots creux.

Mais loin d’imiter l’hirondelle Amoureuse du gazon vert,

Il revient brûler la chandelle

Par les deux bouts pendant l'hiver.

Trois mois durant, le mandataire

Se prélassant dans des traineaux, Vit aux dépens du prolétaire,

Tout comme les autres moineaux.

PARODIE

Chez nos frères les Esquimaux, On dit qu’il tombe de la neige !

Même on assure qu'en Norvège On peut se servir de traineaux !

(L'histoire est vraiment singulière !) Voilà qu'ici l’on fait courir Le bruit que la blanche poussière, Qui menace de tout couvrir, C'est la neige, Mon cher Elphège,

On la dit froide et c'est bien vrai n'en doutez pas, P

Elle pelote Sous votre botte, Elle gémit,

Son bruit

Fait résonner vos pas.

À Québec, depuis bien longtemps, On travaillait avec mystère, À composer un ministère,

Qui put durer jusqu’au printemps :

CHANSONS DIVERSES

Un parti qui venait de naître

A détrôné le gros Mousseau ;

Mais, lorsqu'il croit parler en maître,

Qui donc l'étouffe en son berceau ?

C’est la neige, etc.

Pour se livrer aux longs débats, Il faut de la chaleur vitale,

Et notre pauvre capitale

N'a pas le plus doux des climats.

Tel qui parle avec assurance

Et d’être honnête fait semblant, Tache sa robe d'innocence.

Qui donc le fait paraître blanc ?

C'est la neige, etc.

Certain de nos législateurs

Est honnête homme à sa manière,

Il croit posséder la lumière

Et fait fi de ses électeurs.

On le voit souvent à son siège

Parlant au nom des imposteurs.

Quel est donc le mal qui l’assiège

Et qui glace ses auditeurs ?

C’est la neige, Mon cher Elphège,

PARODIE 115

On la dit froide et c'est bien vrai, n’en doutez pas Elle pelote Sous votre botte, Elle gémit, Son bruit

Fait résonner vos pas.

* Composé à la deminde du club de raquettes Le Trappeur et mis eu musique par Callixa Lavallée.

l'A Allons! gais trappeurs, ch iussons la raquette,

14 Qui, d’un pas léger,

Nous fera voyager

Du froid, parmi nous, nul ne s'inquiète,

Nos torses vaillants

NAETE Portent des cœurs bouillants.

pis Joyeux et dispos, sur la blanche plaine, tit Nous nous élançons ; Al à } » civre en gl:

| Que le givre en glaçons fre Vienne transformer notre chaude haleine, HE Nul ne s'en plaindra,

Et chacun redira :

Refrain : En avant mes braves,

Jamais le trappeur

Ne connaît d’entraves.

Il n’a jamais peur.

Il rit des autans, marche sur la neige, Acclame l'hiver et son blanc cortège, Mais les noirs frimas De nos durs climats Le laissent, ma foi, Passablement froid,

Nous perpétuons le nom, la mémoire Lane Des hardis trappeurs, Héroïques supeurs, Dont l'historien raconte la gloire, Et qui, sans broncher, Savaient toujours marcher, Ces fiers rejetons de la vieille Gaule, La hache à la main, Se frayaient un chemin ; Ro = Ils se sont rendus jusque près du pôie, Et chez l'étranger Ils ont su nous venger,

En avant mes braves.

Avec d’autres clubs nous entrons en lice ;

Sans les J‘louser,

Voulant rivaliser ME à:

Convenablement, les soirs d'exercice,

Nous nous rassemblons h Se 4 Et d'efforts redoublons, D 4

118 CHANSONS DIVERSES

Contre nos riv:ux nous luttons en frères, Nous avons prom!s De rester leurs amis;

Aux jours de gala, fêtes populaires, Costumés, joyeux,

Z - « SR en | É

Nous marchons avec eux.

En avant mes braves,

En cépit du froid, Je trappeur s’enflimme Très facilement Pour le sexe charmant ;

Il sait entourer sa blonde ou sa femme D'un amour ardent,

Sans cesse débordant.

Conservant toujours âme noble et fière Et cœur généreux

Dans un corps vigoureux

Si, dans le pays, nous avions la guerre, Vite il accourrait À son poste, et dirait :

Refrain: En avant mes braves, Jamais le tranpeur | Ne connait d’entraves, nl 3 Il n’a jamais peur, Il rit des autane, marche sur la neige, LR Acclame l'hiver et son blanc cortège.

Mais les noirs frimas De vos durs climats

Le laissent, ma foi, AU UUr Passablement froid. RS Eu M

Là CUITE DU VOISIN

AIR :—Mon oncle Gaspurd est mort.

Mon Dieu, quelle histoire !

Tout le monde en a Jasé, Qui donc aurait pu le croire ?

Notre voisin s’est grisé (bis)

Il ne songeait pas à boire ; Des amis l’ont entraîné :

Il a bu comme un damné Jusqu'à perdre la mémoire.

D'abord, il fut triompharnt,

| mugissait comme un buffle, Me traitaic de mufle

Puis, pleurait comme un enfant.

Mon Dieu, quelle histoire, ete.

C'était bien triste, à son âge , Aussi, dès le lendemain, Se mettant sur le chemin,

Les femmes du voisinage

LA CUITE D VoIsIN 121

Répétaient à tout venant :

Il faut que je vous révèle La grands nouvelle, Ma foi, c’est bien étonnant | Mon Dieu quelle histoire ! etc.

Comme il n’avait pas de trogne Qu'on put remarquer, d’abord, Tout le monde fut d'accord A dire : C'est un iviogne, ne Véritable sac à vin, Ce pothard, il faut le croire, Se cachait pour boire, On le connait donc enfin.

Mon Dieu, quelle histoire ! etc.

Pendant ce temps-\à, notre homme, Qui n’a fait qu'un seul faux pas, Travaille et n avale pas

Un seul verre de rogomme,

En vain sa femme f-rait

L’éloge de sa conduite,

Après cette cuite,

Qui d’entre nous la croirait ?

Mon Dieu, quelle histoire !

Tout le monde en a jasé ; F4 el Qui donc aurait pu le croire ? |

Notre voisin s’est grisé. (bis)

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