AH ! LE CRUCHON
Lorsque je vois une coquette Qui suit partout un amoureux, Je dis, à la bonne franquette :
Ce din‘on parait très heureux.
Il est coiffé, mais tout le monde Rit de l'absürde capuchon Dont l’affuble la tendre blonde.
Ah! le cruchon. (bis)
Les membres de la cavalcade, *
En Espagne voudraient aller Dire au j''ze: À la cave alcade, Nous voudrions nous régaler.
Chacun doit rester sur sa selle Bien solide, à califourchon ;
On dira, si quelqu'un chancelle :
Ah ! le cruchon. (bis)
Gazette infinitésimale L'Etoile du Nord** entreprend
De traduire en langue esquimale
Un anglais que nul ne comprend.
* La cavalcade des croisés dont il a déjà été question dans cet ouvrage.
+* Journal disparu depuis. Elle publiait alors, dans une ville où toute la population était française, des annonces ec mauvais anglais, qu'elle traduisait en mauvais frauçais. RigE
142 CHANSONS DIVERSES
Un Canadien d'humeur servile,
Aux Anglais offre ce torchon :
Ils sont deux Anglais dans sa ville.
Ah ! le cruchon. (bis)
J'ai vu du grand cinquantenaire
Le beau programme officiel
Un chef-d'œuvre extraordinaire,
Plus bizarre que l’arc-en-ciel. *
Le texte anglais y symbolise
Le servilisme godichon ;
Honte à qui nous ridiculise !
Ah! le cruchon. (bis)
* Ce programme était imprimé en couleurs voyantes et émaillé de dorures.
LA VILLEGIATURE
AIR : Tu vas quitter notre montagne.
Tu vas partir pour la Campagne ; Petit crevé, tu veux, hélas !
T'éloigner de notre montagne
Et Montréal n’en mourra pas.
Le sot que l'été vous envoie q ,
Vous le choyez, bons habitants,
Vous le recevez avec Joie ;
Gardez-le donc jusqu'au printemps,
Nous lui disons : Adieu!
Ne reviens plus, morbleu |
Adieu ! ne reviens plus, morbleu !
Parcours les monts et la vallée,
Pavane-toi sous d’autres cieux ;
Plus d’une nymphe échevelée Vers toi tournera ses beaux yeu
CHANSONS DIVERSES
Car, le gommeux qui se dandine Et veut posèr en Appollon, En faisant siffler sa babine,
Aux champs passe pour un aiglon.
Nous te disons : Adieu!
Ne reviens plus, morbleu!
Adieu, ne reviens plus morbleu !
Prolonge ton heureux voyage ; Tâche de ne plus revenir ; Etablis-toi dans un village, Nous garderons ton souvenir.
I1 te faudrait une chaumière,
Une chaumière avec un cœur,
Gagne celui d’une fermière,
Cela te portera bonheur.
Nous te disons: Adieu!
Ne reviens plus, morbleu !
Adieu ! ne reviens plus,. morbleu !
Il s'en va done à la Malbaie, Puis il descend à Cacouna, I] faisait sauter la monnaie
Qu'un jour sa mère lui donna.