AUX CHEVALIERS DU NŒUD COULANT
Enfin vous l'avez eu votre jour de victoire :
Vous avez souffleté la patrie aux abois.
Pour vous, la trahison est un titre de gloire,
Vous prodiguez l'opprobre au noble sang gaulois.
Honte éternelle à vous, renégats, mercenaires
Pour qui le vil métal est la suprême loi !
Courtisans d'une secte aux instincts sanguinaires,
Traîtres au sol natal, traîtres à votre foi,
Enfants dégénérés d'une race virile,
Conçus par l'intérêt, enfantés par la peur,
Battez des mains, riez, ô phalange servile :
On nous prend, grâce à vous, pour un peuple sans cœur.
Vous qui d'un zèle outré nous donnâtes la preuve,
Quand la patrie en deuil appela ses enfants,
Vous nous avez trahis au moment de l'épreuve,
Et vous rampez aux pieds des vainqueurs triomphants.
* Cette pièce a été imprimée aux frais du gouvernement fédéral. Elle fait partie dee archives officielles de la Chambre des Communes, et elle a valu à l'auteur l'honneur de perdre un emploi qu'il a toujours rempli avec fidélité et compétence, d'après la propre déclaration de ceux qui l'ont destitué.