‹ Coups d'aile et coups de bec (volume 2)Chapitre 27 sur 92 · LES CLOCHES DE NOËL · texte numérisé non relu

LES CLOCHES DE NOËL

Minuit sonne au beffroi ! Dans l'ombre et le silence,

La cloche a tressailli ; sa grande voix s'élance

De son gosier d'airain pour redire aux mortels

Que le moment béni, le grand anniversaire,

Dans un suprême élan de piété sincère,

Réunit les chrétiens aux pieds des saints autels.

Tels,dans les champs sacrés, les échos sympathiques, Redisant les accords du plus beau des cantiques, Transmettaient aux tyrans comme aux persécutés Le message d'amour apporté par des anges, Lorsque le genre humain garrotté dans ses langes. Succombait sous le poids de ses iniquités.

Chaque année, à minuit, chez nous l'airain sonore Redit ce chant joyeux qui signala l'aurore Du jour où l'opprimé put dire avec orgueil :

" N'en déplaise aux puissants tous les hommes sont frères ; " On l'oublie ici-bas, mais les lois arbitraires " Jamais du Paradis ne franchiront le seuil. "

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