‹ Coups d'aile et coups de bec (volume 2)Chapitre 58 sur 92 · EN VERS ET CONTRE TOUS · texte numérisé non relu

EN VERS ET CONTRE TOUS

C'EST LEGEE

Air : De l'échaude.

Quand de près on examine Le discours trop envergué, Aussitôt on élimine Le pathos trop prodigué.

Ça suinte la redondance,

On aurait pu l'abréger, Mais, pour de la vraisemblance, Il n'en faut pas exiger Mettez ça dans la balance, C'est léger, léger, léger, léger, léger; C'est léger, léger, C'est léger, bien léger.

Chacun dit : Quelle logique !

C'est un discours sérieux.

Mais pour peu qu'on le critique, On n'y trouve que mots creux.

Dans sa crasseuse ignorance, L'orateur croit nous juger; Il ment avec assurance Et ne fait que patauger.

Mettez-le dans la balance, C'est léger, léger, léger, léger, léger ; C'est léger, léger, C'est léger, bien léger.

Mousseau fait la propagande Pour être élu député ; Il croit que la fée Urgande Va lui donner un comté.

Des Castors la turbulence Lui fait courir un danger,

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Car malgré sa corpulence,

On pourrait le déloger.

Mettez-le dans la balance,

C'est léger, léger, léger, léger, léger ;

C'est léger, léger,

C'est léger, bien léger.

Il dit que ses adversaires, Par les Castors suscités, N'ont jamais été sincères Et ne sont pas redoutés.

Froissé de cette insolence, Décary, pour se venger, Sur le gros Mousseau s'élance Et jure de l'égorger.

Mettez-le dans la balance, C'est léger, léger, léger, léger, léger; C'est léger, léger, C'est léger, bien léger.

Montréal, 18 septembre 1883

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