LES DEUX BANNIERES
(Celle de Jeanne D'arc
et celle des zouaves pontificaux)
[Poésie-impromptu pour la fête anniversaire de la bataille de Patay, célébrée à Domrémy le 2 décembre i8gg.)
Vers le Tien; — 0 Jehanne! — un Etendard se penche! Et ces deux Etendards, sur l'horizon noirci, Ressemblent à deux lys bravant une avalanche !
— Ta bannière — 0 Jehanne! — est très pure et très
La nôtre est pure et blanche aussi! [blanche :
Comment toi, l'humble enfant, la timide bergère, As-tu pu guerroyer, as-tu pu vaincre ainsi? C'est qu'avant le départ un Ange de lumière Avait écrit ce nom : « Jésus », sur ta bannière : Ce nom est sur la nôtre aussi!
Brandissant ta bannière encore immaculée, Tu quittas Domrémy, n'ayant que le souci D'obéir aux deux voix qui t'avaient appelée...
— Ta Bannière, à Patay, flotta dans la mêlée :
Or, Patay vit la nôtre aussi!
Sous le fer de l'Anglais quand tu tombas, meurtrie. Sans te plaindre un instant, sans demander merci, Tu baignas de ton sang ta Bannière chérie! — D'un noble sang versé gaîment pour la Patrie Notre bannière est teinte aussi!
Enfin la France voit la petite Lorraine Rendre à la Royauté son éclat obscurci : Le Roy prend l'Etendard de Jehanne et le mené A l'Honneur... Lui qui fut si souvent a la Peine.. . ... Le nôtre, y sera-t-il aussi'/
< I Jehanne! 0 .Martyre! Ange de la Victoire! A genoux devant toi, regarde! nous voici : Si l'on revient aux jours mauvais de notre Histoire. Fais que notre étendard flotte au vent de la gloire Et sauve la Patrie aussi!
Pour la Liberté !