‹ Coups de clairon; chants et poèmes héroïquesChapitre 4 sur 69 · MA PATRIE · texte numérisé non relu

MA PATRIE

Me voyant marcher de l'avant, Des gens sont venus, quatre à quatre, Me dire : « On te voit trop souvent Contre des montagnes te battre ! »

— Et moi j'ai répondu : « Voilà Pourquoi je charge avec furie :

Derrière ces montagnes-là

Est prisonnière ma Patrie ! »

D'autres m'ont dit : « Ferme les yeux Ton existence sera belle :

Fortune, honneurs à qui mieux mieux Vers toi viendront en ribambelle! »

— J'ai répondu : « Gardez pour vous Les bravos de la galerie...

Moi, j'estime qu'il est plus doux De ne songer qu'à la Patrie ! »

On m'a dit : « On sent dans tes vers La pitié des nobles détresses; N'as-tu pas pour tout l'univers Mêmes bontés, mêmes tendresses ? »

— Alors j'ai dit : « En vérité, Ai-je l'air d'avoir l'âme aigrie?

J'aime, certes, l'Humanité...

Mais j'aime, d'abord, ma Patrie! »

Des poètes m'ont dit : « Jamais Près de nous ne prendras-tu place?

Viens donc rêver sur nos sommets :

Ne vois-tu donc plus le Parnasse? »

— J'ai répondu : « Bien au-dessus Je vois le Calvaire où, meurtrie, Ainsi qu'on a cloué Jésus

On voudrait clouer ma Patrie ! »

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