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Cour criminel de septembre 1869 [microforme]

Plata au terme Criminel de Septembre, sous la ‘Présidence de l’Hon. Juge Drummond.

“M. Piché ‘représente la Couronne, MM. JA. Chapeleau et Hugh McCoy sont au banc de lu Défense.

Le jury suivant est assermenté.

: Benjamin Deguire, Pierre Dubé, Camille Gentès, Désiré Behnäre, Pierre Lefebvre, Laurent Verdon, Bernard Marcotte, Désiré EH ep t Michel Sauriol, Avila Barbarie, Joseph Boileau, et Gabriel

anc. |

Après l'exposé de la: cause par le savant Conseil de la Reinv, on procède à la preuve.

‘Les Témoignagnes.

M. me coroner Jones prête serment et:dit:--J'ai eu occasion de constater la mort de Louis Labonté, le 7 août dernier, alors que.je tins une enquête sur son cadavre: Æn voici tous les témoi nages. J'ai connu que le défunt était. mort de mort, violente. . Le, prisonnier a été examiné volontairement par. moi. (Lceture est, donnée de la déposition volontaire du Prisohniei qui rétonnait avoir tué le

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“Tdi. qu'il n'eët! ‘pas été ‘Éans, le. but .de: de tuer, mais del 1.0 £ cheat di la maine Lo EE HE ET Sespast seandalisai s se8 € ect fl ai O0) If DO BA AUTRE ee

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Le coroner continue: Le cadavre a été trouvé dans une maison qu'on m adit être occupée par Mme Bélanger. (Les témoins reçoivent ordre de se retirer de la cour).

Joseph Narreau, Journalier de Waterloo, prète serment et dit:

Je suis arrivé chez Mme Bélanger vers sept heures, vendredi soir, d'août dernier, Madame Bélanger était seule. Je suis entré avec ma prétendue qui me dit que c'était sa mère. J’allais pour faire la demande;de laÿplus' âgéeides de $s an magrjag (SP ue je fis en entrant. J'étais allé Fute l Li Lol. duf van j n'avais pas connu ma prétendue auparavant. La mère ne n'avait pas vu avant cela. Elle donna consentement à notre mariage. Mme Bélanger dit qu'il fallait avoir le consentement du père, et elle partit pour aller chercher son mari. Elle resta, 2ou 3-minutes absente. Elle revint seule, disant que Ie père ne-voulait pas venir.

Nous sommes restés seuls une couple de minutes, alors que le prisonnier arriva avec un autre homme,que je reconnais pour être M: François Gougeon que je vois ici présent. Alors j'ai fait la grande demande au père. Il a consenti. Il me dit que sa, fille était gâtée,

mais gheisi jefaisaik dtténtidn, j'en fernis une bonné Run adame Bélarel LE an EU J th d as. È ét an céla. Le prisonnier me demanda d'aller prendre un verre de liqueurs. Nous done laissant à la maison la; fille; la femme et les petits enfants

Nous sommes allés dans un hôtel pas bien loin, où nous avons pris

chacun 2 verres de boisson. En sortant il me dit de revenir le lende-

main matin 4 cêt Hôtel 8ù je le’ trodver#ffs.INohS nbusi séparâmes,

laissant le prisonnier à l'hôtel, je regagnai la maison de madame Bélanger, où je trouvai le défunt, ma future et Madame Bélanger ;

. je ne me rappelle pas si les enfants y étaient. La mère mit ensuite

a table à laquelle prirent place le défunt, madame Bélanger et moi. Les;enfants jonaïent, dans la-chambne,, J'avais, précédemment d@nné

un autre équ: Nous étions.eneore,itable.quand; lg, prisonnier arriva

Aussitot la chicane s’éleva entre le prisonnier et sa femme. J'ai

entendu ce qui s’est dit mais je n'ai pas compris. On parlait fort.

Hs ont échangé une dizaine de paroles, Le prisonniera levé la main

sur sa femme qui s'enfuit en criant. Je ne l'ai pasi vx frapper. ; Le prisonnier se tourna alors vers le défunt qui.était:assis à table. | Le

défunt, s'est levé. Ils ont échangé quatre, ou cinq. paroles, ça: m'a

pas pris plus.d'une minute. Je, n'airien retenu, car j'avais si peur

que je: ne, pouvais me,lever.de ma chaise. J'étais en arrière: du prisonnier et je lui vis remuer les épaules, comme s'il eut été aux

prises avec quelqu'un. Le défunt ast tombé, la face.et, les) genoux à

terre, le long du mur. Le prisonnier lui donna alors cinq, à,.six

te coups de pied. Je me suis enfuis de la maison et je me refugiai au milieu de deux femmesiquiseitmonvaient sur le trottoir. Cinq ou

13 six minutes après j'ai vu sortir le prisonnier, l’habit sur le bras, . düuis'énfuyait entôute hâte: lTlétaitchanssé, mhis'je ne sais dômei ment #0 coiiob ion T at otaodnl ainoil 9h bras af topaparro - ‘Je ‘suis retourné à: 18 maisôn, j'y pris mon habit étimon chapeau

Ï< etijeine suis seuvé. J'étdis' tellement tratisi que” jai n'airienitet marqué. !- 1: 4H) out TANIA sole URLS 6Ù9 & AOL

Be lendemain ‘j'ai assisté à une-enquêtessL'ai vu un cadayre et je

rois bien qué c'était celui de l’homme battu.la veille par le prisônt

2 Q, R. ler! En:sortant, j'ai rohoëntié à an’ parie, ds: mme de: Bélahgbr.

o v:n6: lui ai pas parlé, Jene connais atourie ruë dela ville etrjeme

is pas où j'ai couché. Il y avait de la lumière dans la maisotii *0-

i mil

Transquestionné par M. Chapleau : — Quand la bataille a commencé le prisonnier était auprès de moi. Je n’ai rien Compris dec e qu'ils se sont dit. Quand le prisonnier se leva, le défunt lui a fait face ; ilest tombé comme à huit pieds du lieu de la bagarre. La transquestion continue longtemps sans amener d’autre réponse que ‘J'en sais rien, j'avais peur.” ) bertsta) il

Le témoin est un parfait imbécile, comme il est facile de s'en convaincre par le témoignage ci-dessus. Durant l’examèn de Narreau, le prisonnier à souris fréquemment. À

Adolphe Bélanger, enfant de 8 ans, fils du prisonnier, prête ser ment : Îl déclare qu'il ne sait ce que c’est qu’un serment. Le juge dit que dans une pareile affaire il serait très mal à propos d'entendre ce témoin, :

Le témoin est renvoye. |

Malvina Bélanger, enfant de 14 ans, fille du prisonnier prète serment et dit .——-Le jour de la mort du défunt Louis Labonté, j'étais chez M. Bayard, coin des rues Ann et Wellington. J'étais chez ma mère quand Narreau est venu demander ma sœur en mariage à ma mère qui a consenti. J’aiallumé le poèle et je suis retourné chez M. Bayard. Je ne suis retourné qu'après l'accident. J'ai vu le ccdavre du défunt Louis Labonté dans la maison près du mur. Je n'ai pas vu mon père quine demeurait pas dans cette maison. Il y avait six jours que ma mère y était rendue avec nous. Îl y avait une couple d'années que papa no restait pas avec maman, qui soutenait la maison. Elle cousait et allait en journée. Nous étions trois enfants, celle qui devait se marier avec Narreau, est marié il y a près de deux mois avec un autre. J'étais en service et je gagnais $1. 50 par mois

Transquestionnée par M. Chapleau —Mon père a voulu que nous restions dans la rue Lartante Le printemps dernier, ila couché à la maison. Je connaissais M. Labonté. Le lendemain du jour en question, il est venu chez nous. Il y avait des difficultés entre le prisonnier et sa femme au sujet de ce Labonté. Mon père a souvent fait à ce sujet des reproches à ma mère. J'ai connaissance que l'hiver dernier, mon père fit des reproches à ma mère à cause de Labonté.

Il est une heure de l'après-midi et la Cour s’ajourne à deux heurés.

Jeudi, 30 septembre 1869, — Séance de l'après-midi. — La Cour s'ouvre à deux heures précises. Joseph Parent prête serment et dit:=—Je connais le prisonnier à la barre. Le 6 du mois dernier, : j'étais sur la rue Commune, vers 3 heures, j'entendis un nommé Gougeon crier : ‘“ Bélanger viens donc ici.” Je venais d’appréndre que Bélanger avait battu un nommé Labonté. En entendänt Gougeon, le prisonnier, qui était en voiture, s'arrêta, Je lui dit qu'il ferait mieux de se remettre entre les mains de la policé, et il y consentit, et 8e remit entre mes mains. Il me demanda s'il était mort, (parlant du défunt.) Je lui répondis que non. Je'le conduisis à la station de police riveraine où il résta en chargé de l’homme de garde du jour. Je retournai à la rue Queen où le meurtre avaït eu lieu. Quand j'entrai, il n’y avait personne à 14 maison, excepté le nommé Labonté qui était étendu par terre, un oreiller sous la tête. J’examinai s’il était mort, et il mé paruv vivant, lé poalx'battait encore. J'envoyai Gougeon chez le médecin. Le docteur Châapnian

arriva au bout d'une dizaine de minutes. Il examina le défant et déclara qu'il était mort. Je fis la recherche dans la maison et: je trouvai deux morceaux de bois sur l’un desquels il y avait un peu desang. Je les aiemportés à la station et livrés entre les mains du Grand Connétable. Ces morceaux de bois sont exhibés à la Cour.

Le Grand Connétable assermenté dit: Je produis deux morceaux de bois que j'ai reçu du Constable J. Parent le 10 Août, aussi. une paire de: bottes que j'ai reçue du mème le 17 Août. M; Parent continue : C’est moi qui ai remis cesbottes: Je les ai prises chez madame Grenier, dame de M. Grenier, charretier. Quand je les ai données en garde à la station, je les ai laissées partir. : On me les à remises eñsuite., Le. Grand Connétable m'a envoyé les chercher: Je n’ai pas vu le prisonnier au sujet de ces bottes. Je suis retourné à la station. J’ai vu le prisonnier le lendemain. Quand le prisonnier m'a demandé si Labonté était mort et que j'eusse dit non, il m'a répondu; c’est bon. Je n'ai pas eu occasion de , ‘ti parler ensuite. Je connaissais Labonté. Je connais le prisonnier * la barre depuis deux ou trois ans. Ep / Le Grand: Connétable : — J'ui entendu l'examen: volontaire du prisonnier, il m'a dit que ses bottes étaient chez son ancien maitre. Ce sont les morceaux de bois et les bottes que j'ai trouvés. Les deux morceaux de bois étaient sur le plancher à 7 ou 8 pouces du défunt. Je:n'en ai pas vu d’autres. J'ai trouvé ces bottes ailleurs. (Les morceaux de bois sont examinés par les jurés). J'ai cru reconnaître des taches de sang seulement:sur l’un des deux. Il:y avait du sang par terre, près du défunt. Le défunt en avait dans le visage. Le défunt avait des blessures sur la tête.

Transquestionné par M. Chapeleau : — L'appartement était très petit, 8 à 11 pieds carrés. Le cadavre était dans le milieu de la chambre. Le morceau de bois était près de la cheminée Je n’ai pas examiné les murs de la maison. |

. Madame Grenier prête seiment et dit: J'ai vu le connétable Parent une dizaine de jours après l'accident; :il est venu chercher les bottes du défunt. J'ai porté au prisonnier des bottes neuves et il m'a remis celles-ci qui ont été remises au connétable Parent. (Les bottes sont mortrées au jury.) | sl

Tranquestionnée par M. Chapleau. Je connais le prisonnier. C’est un homme d’un bon caractère, bon travaillant. Il paraissait exister des difficultés dans sa famille, et il disait souvent que s’il avait la tranquillité chez lui comme: chez nous, il se croirait l'homme le plus heureux du monde. C’était. un excellent homme.

Le Dr. Chapman est assermenté et dépose comme suit: J'ai été appelé. le 6 août dernier, vers 9 heures du. soir, pour aller voir un homme qui avait été blessé. Je me rendis au No. 14, rue Queen: En entrant j'apperçus un homme sur le dos, un oreiller sous la. tête. 11 y avait du sang sur l'oreiller et à terre. Je constatai que le détunt était mort: J'ai apperçu deux petites blessures sur la tempe droite; et.une autre à la lèvre supérieure une autre de trois quarts de pouce sur lo derrière de la tète., Je suis ensuite parti de la maison qui était en. charge de la police. Le lendemain, je fus appelé à l'enquête du ;coroner. J'ai fait l'examen interne et externe du cadavre, Tous.les. organes vitaux étaient sains, Après avoir enlevé:le cuir chevelu, je. trouvai, une contusion. qui correspondait à la; blessure

uej'avais remarqué sur.le front, il y avait une contusion consi- Le à amet le muscle temporel, qui était bleu. ,Uneautre contusion

se trouvait derrière la tète corréspondant avec la blessure remarquée la veille. Les vaisseaux du éervoan étaient fortement contusionnés. La substance du cerveau: paraissait saine. [La mort a été causée ar la congestion du cerveau produite ‘par des coups sur la tête.] es contusions remarquéés sur les tempes ‘ont pu être produites par un instrument conternidant; celles sur-le derrière de la tête par un instrument plus où moins incisif Après avoir examiné lès: morceaux de bois et les bottes, le témoin dit que les morceaux de bois auraient pu causer les blessures à la tempe droite, mais l’incision n'aurait pu être faite que’si lé bois se fut brisé. - Le bout des bottes aurait pu causer les blessures du derrière de Ja tête. En! examinant le cadavre! jai trouvé que la mort n’a pas pu être causée autrement que pas des actes de violence. Cinq ou six coups de pieds donnés par un homme du poids du prisonnier auraient pu causer la mort d’un homme. sril

Transquestionné par M. Chapleau : — Je n’ai pas analysé/la tache

qui se trouvait sur le bois, ne Fayant pas analysée je ne puis jurer: que ce fut du sang. [1 n'était pas nécessaire que le coup fut donné par ce morceau de bois pour qu'il y eût du sang dessus! Les blessures n'étaient pas sériéuses en elles-mêmes. Le défunt paraissait un homme fort et en bonne santé, il portait une bande. I] était d'un tempérament nerveu, sanguin. La congestion du cerveau pourrait être produite ‘par une grande excitation, causée par la crainte, la colère ou l'amour. Dans une lutte, un homme frappé de congestion du cerveau, : La'blessure du'défunt sur le derrière de la tête était horizontale. Aucune partie du ‘crâne n'était fracturée. Les blessures étaient dans un état d’inflammation.- Elles n’atteignaient que la chair. En luttant, un homme qui tomberait sur le dos d’une chaise ou le bord d’une table pourrait recevoir les mêmes blessures que le défunt. | | |

François Gougeon prête serment et dit: Je connaisle prisonnier. C’est moi qui l’ai appelé après la bagarre. Je lui dis que je croyais le défunt mort. Ilrépondit: Est-ce possible? Et il s’est livré à la police. La nouvelle de la mort de Labonté lui a causé beaucoup de peine. S'il eut voulu:se sauver il en avait toutes les facilités. Le prisonnier est un homme tranquille ; il n’est pas très brave, il n’est ni batailleur ni querelleur.

Je demeure à peu de distance du prisonnier: [l y'a eu beaucoup d troubles dins cette famille, à cause du défunt, Madame Bélanger était souvent avec le défunt comme mari et femme et je sais qu’ils avaient des relations criminelles entre ‘eux. Ces troubles causaient beaucoup de peine au prisonnier, il paraissait beaucoup aimer sa femme et Ses enfants. Le défunt était un homme fort, c'était un: homme brusque. (agi)

Ré-examine par M: Piché — Il y aura deux ans cet automne que j'ai entendu parler des difiicultés entre le prisonnier et sa femme. J'ai vu l’été passé partir Madame Bélanger avec le défunt pour aller dans les maisons de rendez-vous. Je l'ai vu entrer moi-même. Je suis aini du prisonnier. Je n'ai jamais connu qu’il se conduisait mal. Je l'ai‘ vu-6|baître une fois il y a trois ans:et d'un coup de poing il: fut jeté par-terre.s 111000! 1: und tit al 6h 8 gites

Édousvdr Doribn, hotellier, prête serment et, dit: = Le jour mêmo j'ai entendu parler dela mort de: Louis 'Labonté. Ce même: ourij'aï væile prisonnier chez moi, Ilétait venu prendre un verre do vin, ‘Il me dit qu'il avait entendu dire que sa fille allait so marier et

qu'il irait à sa maison voir ce que ce Labonté faisait avec sa femme. Il revint entre quatre et cinq heures et m’apprit qu'il avait donné so® consentement au mariage de sa fille. Il revint une troisième fois et dit que s'il trouvait Labonté avec sa femme il lui donnerait une bonne volée. Je lui dis de n’en rien faire. Une heure ou une heure et demie plus tard, je le revis et il m’apprit qu'il avait donné une volée à Labonté. En même temps, il m’a montré qu'il avait son habit sous le bras, et du sang sur ses pantalons. Il y avait des taches rouges sur son pontalon. Alors j'ai dit à François Gougeon d'aller voir ce que s'était passé. Celui-ci revint disant qu’il croyait Labonté mort, Le prisonnier était présent et dit que s’il était mort il ne le déshonorerait pas ce soir-là. Je l’avertis de s’en aller de chez moi. Il partit Mais je renvoyai Frrnçois Gougeon lui dire qu'il ferait mieux de se remettre entre les mains de la police. Il retourna et se livra en effet à la police. Le prisonnier a eu l'air peiné quand on lui apprit la mort de Labonté. J'avais entendu le prisonnier parler deux fois auparavant de Labonté. Celui-ci passait chez moi. Bélanger me le signala, disant qu’il ne l’aimait pas parce qu'il débauchait sa femme. Le prisonnier venait souvent chez moi. Il prenait un verre de boisson de temps en temps. Labonté travaillait chez Tate, sa famille demeurait dans le foubourg de Québec. Le prisonnier m'a dit qu'il était séparé de sa femme, mais qu'il voulait se remettre avec elle. Ilest venu prendre une couple de coups chez moi dans l'après-midi du meurtre avec un jeuné homme qu'il me dit devoir être son gendre.

Transquestionné par M. Chapeleau: — Le prisonnier prenait de la boisson, mais il faisait son ouvrage. C’est un homme qui se tenait aséez bien. Je l'ai connu pour un honnète homme. C’étuit un bruit

ublic que Labonté se conduisait mal avec la femme du prisonnier. Î m'a toujours dit que la seule objection qu'il avait à se remettre avec sa femme était ses relations criminelles avec Labonté. Ces difficultés de famille paraissaient l’affecter beaucoup.

Ce témoignage conclut la preuve de la Couronne.

Preuve de la Défence.

Hermidas Xepage est assermenté et dépose comme suit. — Je connais le prisonnier et je connaissais le défunt. Celui-ci etait un homme assez capable. Il s'était vanté d’avoir étouffé le prisonnier dans sa maison. Bélanger se rendit chez le défunt pour savoir si cela était vrai: Lors de l’entrevue, le défunt dit au prisonnier qu'il avait laissé sa femme, qu'il avait été à confesse, qu’il avait communié et que si jamais il le trouvait dans sa maison il pourrait le battre autant qu'il le voudrait. Là-dessus, Bélanger lui dit: c’est bon, que je ne te trouve jamais avec ma femme, car je te battrai. |

. A M, Piché:-- C'était. sur le bord du canal, je demeure dans la rue Murray.--Le prisonnier se tenait généralement près du canal.

Alfred Bayard, briquetier de Montréal: — Je suis le gendre du p'isonnier. Je sais qu'il existait des troubles de ménage entre le prisonnier!et sa femme par rapport à M. Labonté. Le prisonnier a . essayé de le faire changer de vie. Vers le milieu du mois d'Avril il vint chez sa femme vers trois heures du matin. Le lendemain à cinq heuros dumatin, M.iLabonté arriva à la porte qui fut ouverte par la femme Bélanger, il lui demanda qui était dans le lit. Elle répondit que <’était son mari. Laboaté répartit que ce devait être un autre

homme. Sur la preuve du contraire il partit. Le prisonnier et sa femme montèrent tous deux chez nous en haut et il lui offrit de so réconcilier avec elle si elle voulait changer de conduite et de logis, Elle refusa disant qu'elle n'avait pas besoin de surveillance. Je sais qu'il existait des difficultés entre le prisonnier et sa femme à cause de Labonté.

Transquestionné par M. Piché:— Labonté demeurait dans le faubourg Québec et pouvait difficilement aller prendre ses repas. Madamé Bélanger a eu des relations criminelles avec le défunt. Il couchait souvent chez la femme du prisonnier.

Madame Maranda est assermentée et rend le témoignage suivant: —Je connais le prisonnier, et je connaissais le défunt Labonté. Je vis qu'il y avait des troubles de ménage pénibles dans la famille de Bélanger à cause de Labonté. Le défunt et Madame Bélanger a eu à ma connaissance des relations criminelles durant quatre mois et demi., Nous demeurions ensemble et j'ai eu connaissance de ces faits. Ces troubles causaient beaucoup de peine au prisonnier etila offert à plusieurs reprises de la réprendre si elle voulait se conduire honnêtement,

Transquestionné par M. Piché : — C’est à sa femme mème que le prisonnier a fait cette proposition. Madame Bélanger m'a dit qu'elle ne voulait pas rester avec son mari parcequ'il buvait et qu’il la maltraitait.

La Cour s’ajourne à cinq heures.

Deuxième journée.

ler Octobre. — La Cour s'ouvre à dix heures ce matin.— Antoine Léonard ‘prête serment et dit : Je connais le prisonnier depuis 25 ans. Je connais aussi le défunt depuis une couple d'années. C’est lui qui était la cause des difficultés de ménage entre le prisonnier et sa fenme. Un samedi soir, une couple de mois avant l'accident, M. Labonté et une dame Bélangor revenaient du marché St. Anne. Je me trouvais à une trentaine de pieds de quelques charretiers qui étaient sur le trottoir y compris le prisonnier. Le défunt dit qu'il ne passait pas là. Alors madame Bélanger, parlant de son mari le prisounier, dit: “je ne m'occupe pas de lui, j'y passe moi,” IL y à un an environ, je suis arrivé avec un monsieur la nuit chez madame Bélanger qui résidait dans la rue Jacques-Cartier, J e frappai à la porte et elle vint elle-même m'ouvrir. Je lüi dis que j'amenais un monsieur qui connaissait sa fille. Celle-ci arriva reconnut l'homme qui était dans ma voiture. Nous entrâmes et la‘conversation s'engagea. Le monsieur paya des traites. ÆEn descendant j'ai rencontré M. Labonté qui amenait une demi corde de bois et madame Bélanger lui mit la table. : Le défunt avait une femme ot des enfants, [ldemeurait dans le faubourg Québec. -

Rosalie Bélanger, fille du prisonnier prête 4 serment et dit: Je suis mariée depuis deux mois, c’est-à-dire huit jour après l'accident qui causa la mort de Labonté. J'étaits toujours demeurée avec:ma mèro avant cela. Je sais qu’il existe depuis ‘un än et demie des difficulté de ménage entre ma mère et le prisonnier à propos du défunt Labonté ce vivait avec ma mère comme si elle eut été sa femme. Lorsque la séparation: entre le prisonnier et ma mére:a été: décidéé, nous,

demeurions àu coin des rues Lamontagne et William. Ma mère s'était mise à boire. Le prisonnier lui dit de meiux vivre. Elle lui répondit u’elleforait ce qu'elle voudrait. Alors mon père lui dit qu’il allait partir Elle répondit: ‘ c'est bon, prends ton paquet et va-t-en. Je ne m'occupo pas de toi. Nous sommes alors allées demeurer dans la rue Bonaventure alors, que Labonté commenca à venir à la maison. Pendant ce temps.là, mon père travaillait. Lors de la séparation, mon père ne prenait pos une goutte de boisson. Il s'engagea plus tard chez M. Lallomant et c’est ma mère qui allait retirer son salaire Elle alla demeurer dans le Griffintown quand Labonté le lui dit.

Le. prisonnier venait quelquefois demander à ma mère de se conduire honnètement et c'est pour cela que Labonté l’emmena résider dans le Griftintown. Mon père lui offrit souvent de se réconcilier si elle voulait aller à confessé et se conduire honnèêtement. Elle n’en tint aucun compte et continua le même commerce. Le défunt avait dit qu'il continuerait à venir à la maison et que si le prisonnier venait il le mettrait à la porte; qu'il ne le craignait pas et pouvait lui tenir tête. Ceci s'est passé à peu près deux mois avant que l'accident fut arrivé. Quand Narreau vint me demander en mariage, le prisonnier nous dit de mieux faire que ma mère. Alors celles-ci se mit à lui diré des injures. Aussitôt après le départ de mon père, Labonté est arrivé. Je lui dis de s'en aller. Il me répondit que je n’étais pas maitresse à la maison. Ma mère se mit à me lancer des injures disant que si je n'étais pas contente je pouvais m'en aller, que Labonté resterait. Je suis parti immédiatement avec Alfred Bayard qui est aujourd’hui mon mari. C’est mon père qui habillait les enfants. Dans le cours du mois d'avril dernier, le prisonnier est venu à la maison et offrit à ma mère de lui louer. un logement duns la rue de la Montagne. Elle a refusé. |

Transquestionné par M. Piché:— J'ai vu trois fois mon père donner de l'argent à ma mère depuis l'été passé, à ma connaissance personnelle. La cause première de la difficulté a été l'ivrognerie de ma mère. Elle n’a été en journée que quelques jours quand M. Labonté commença à la soutenir il y a dix-huit mois.

Joseph Narreau est ré-examiné par la défense. Je ne sais pas s'il y avait des morceaux de bois dans la maison. Je n'ai pas vu le prisonnier prendre des morceaux de bois pour frapper le défunt, mais s’il les eut pris, je l’aurais vu faire.

Transquestionné par M. Piché. — Je ne suis pas resté jusqu’à la fin de la bagarre. 3

François Gougeon assermenté par la Couronne, dit: — Lors de la demande en mariage par Madame Bélanger à son mari, il répondit qu'il ne voulait pas aller à la maison, ce n’est qu’à ma suggestion qu'il s'y est tendu.

adame Bayard prète serment et dit: — Vers le milieu de l’été passé, Madame Bélanger était sans logis et passa trois semaines chez nous. Elle me demanda d’aller avec elle voir son mari pour lui demander do venir vivre avec elle et de lui donner un logis. Nous nous rendimes de chez M. L’Allemant ou demeurait le prisonnier qui en ce moment était absent. Nous l’attendimes. En voyant sa femme il lui demanda si elle venait le charger d’injures comme la dernière fois. Elle répondit qu’elle voulait lui demander de se remettre ensemble. M. Bélanger répondit que si elle voulait se conduire honnêtement, il se réconcilierait avec elle, mais qu’aussi longtemps qu'elle se conduirait mal elle resterait seule,

RE PS Tr:

Transquestionné par M. Chapleau.— Dans ce temps nous restions ensemble, La eoriquite de Madame Bélanger était criminelle et scandaleuse; son mari n'avait pas alors de logis.

Ce témoignage clot la preuve de part et d'autre.

Les Discours.

M. McCox parle le premier et résume ainsi la cause :—Le prisonnier vivait péniblement au milieu de sa famille qu'il élevait honnêtement. Le défunt même est venu y porter le désordre par sa conduite criminelle et scandaleuse, comme l’a dit un témoin. Cela est prouvé au-delà de tout doute par les enfants mêmes de la femme criminelle. Que devez-vous penser ? honnêtes hommes, d’une conduite semblable ? Et cependant, malgré que 'e prisonnier eût connu son malheur, il a passé deux ans sans toucher à ce misérable. Y en a-t:il un seul dans cette Cour qui eût fait preuve d'une pareille patience ? Non certainement. Obligé de laisser sa famille pur la conduite criminelle de sa femme, il va la retrouver à plusieurs reprises et lui offre la réconciliation si elle veut bien faire. Il va trouver le séducteur et l’avertit de ne plus porter le trouble dans son ménage. Il promet et dit: si vous m'y reprenez, battez-moi. Le prisonnier avait-il l'intention de tuer Labonté? Non, puisqu'il en 4 eu mille occasions de le faire et qu'il ne s’en est pas prévalu. Le 6 août dernier, sa femme va trouver le prisonnier et lui apprend qu'on demande sa fille n mariage. Il refusa de se rendre à la maison, et ce n’est que sur les instances d’un ami qu’il y va. Et quelle déclaration est-il obligé de faire: Ma fille est un peu gâtée, mais si vous en prenez bien soin, vous en ferez une bonne femme. ÆEn ce moment 1l voit arriver celui qui est l’auteur de son déshoneur. En l’apercevant il lui dit.‘ Est-ce ainsi que tu tiens la promesse de ne plus venir voir ma femme? Labonté répond que s'il à fait cette pro messe il était ivre, et qu'il était le maitre. Je vous demande ce que vous feriez en pareille circonstance. Vous prendriez des moyens de le sortir, n'est-ce pas? C’est l'intention qui constitue le crime. Or le prisonnier avait-il l'intention de tuer le défunt? Le contraire est parfaitement évident. Bélanger, dans son examen volontaire produit par la Couronne, déclare formellement qu'il n’a eu aucune telle intention. Ce qui le prouve encore, c’est que lorsqu'on lui rappela les faits, le prisonnier dit qu'il ne le savait pas et il en témoigna du chagrin.

La preuve n’a même pas établi que la mort a été causée par le prisonnier.

Le pauvre témoin Narreau prouve que c'est Labonté qui a commencé la chicane. #Voyant que Bélanger reprimande sa femme, il se léve, et une lutiiééommence dans laquelle le défunt est à terre contre un mur. Em n ajoute que Bélanger a donné à Labonté 5 ou 6 coups de pieds. gidevoir de la couronne était de prouver que la mort a été causée paŸ tes coups de pied. C'est ce qu’elle n'a pas tenté. On demande au médecin, témoin en cette cause, si la congestion n'a pas pu étre produite par la crainte ou la colère; il répond que oui. Il n’est pas prôuvé que le prisonnier s’est servit des morceaux de bois produits, ou que les taches dont l’un deux es. couvert soit du sang humain. Je citerai le cas de Kay tué par Sickles Le premier était en relations avec la femme du second. Un dimanche matin, le séducteur fut tué par son mari. Le meurtrier

subit son procès ot fut acquitté. L'hiver dernier le jeune Chaloner tua Wittaker qui avait séduit sa sœur et fut unanimement acquitté par les jurés. Dans ces deux cas il s'agissait de personnes riches et haut placées. En rendant un verdict différent, voudrez-vous déclarer qu'il y a moins d'honneur et de vertu chez le pauvre que chez le riche, et que l’humble n’a pas le droit de protéger la sainteté de sa famille ? Vous ne voudrez pas en agir ainsi et vous acquiierez le prisonnier. |

À une heure moins vingt minutes la Cour s’ajourue à une heure et demie. |

Discours de Mr. Chapeleau.

Messieurs du Jury,

Permettez-moi, avant d'exposer devant vous les faits de cette cause et les considérations que ces faits demandent, d'offrir, au nom du prisonnier, au savant conseil qui m'a précédé dans les remarques que j'ai à vous faire, les remerciments que ses efforts et son désintéressement dans cette cause, méritent.

La loi ne nous donnant pas le privilège absolu de demander, pour ceux que nous défendons, un jury dont tous les membres parlent la langue de l'accusé, j'avais, dans la crainte de ne pouvoir obtenir pour le prisonnier un jury complet parlant sa langue, retenu les services de mon savant ami. Retenu au dernier moment, le savant conseil n'a cependant pas reculé devant le devoir difficile que ma demande lui imposait, et vous avez pu apprécier ce que vaut le talent lorsqu'il s'appuie sur une bonne cause.

Le travail de mon savant confrère m'exenpte la plus grande partie de ce que j'aurais été obligé de faire pour vous convaincre de l'innocence du prisonnier qui attend de votre intégrité, comme de votre intelligence, un verdict qui lui rende la liberté en rendant hommage à la vérité et à la justice.

Mes remarques seront aussi courtes que possible. Je passerai en revue Îles faits de la cause, en les appréciant au point de vue de la loi, de la moralé, de la société.

Il y aura bientôt vingt ans, dans une pauvre chaumière habitée par un pauvre ouvrier, quatre enfants se pressaient autour du lit d'un moribond, se tordant dans les convulsions de la douleur et du désespoir. Les yeux éteints du malade jetait un dernier regard d'adieu à ces jeunes êtres désolés que la mort laissait sans appui, sans protection sur la terre ; ses mains décharnées les bénissaient üne dernière fois, et sa bouche murmurait une prière que l'ange de la mort recevait inaçchevée; à côte du grabat veillaient, priaient et consolaient, deux de ces anges que la religion envoie pour jeter un reflet du Ciel sur les derniers moments de la vie ‘l'un mortel; de. päles lumières éclairaient la chambre nue où se passaient cette scène lugubre; des sanglots étouffés.interrompaient seuls le silencé morne de cette agonie, quand tout à coup éclata ce cri déchirant; “Il est mort!”

Le père de ces quatre pauvres enfants venait d'expirer, un mois jour pour jour après la mort de leur mère, les laissant, aussi doublement orphelins dans le monde, |

Les quatre orphelins s étaient agenoullés autour du cadavre ct

priaient eu pleurant:pour le repos de l'âme de celui qui n'etait lus. 1 obtieéhs à Parmi eux se trouvait une jeune fille de dix-neuf ans, c'était l’ainée de ces enfants, qui; demandait à Dieu avec larmes la force de pouvoir élever la jeune fAmille dont la mort l'avait chargée. ;, ;:,,

Au milieu de ces larmes et de cette désolation un. jeune homme se présente ;, la mâle beauté du courage et.de la force est empreinte sur sa figure; il se prosterne un:moment à côté du cadavre, et agrès une, fervente prière, il se relève et dit à la jeune fille; avec cet accent que les grandes, douleurs. seules, peuvent, donner: “ Rosalie ne pleure pas; c'est moi; tu sais que je t'aime, et que ton vieux père a dit d'avoir soin de vous quand il ne.serait, plus à ; je.suis jeune, je suis fort ; tu seras ma-femme, et ta famille sera la mienne,, Ne pleure .pas, ma Rosalie; Dieu nous aidera, et tout: ira Dia 1 aoupue cu rl 5 | | .Deux mois après, le ministre des saints autels bénissait l'union de ces deux cœurs ; les époux se juraient une éternelle fidélité répétant cette priére, sublime dans son éloquente, simplicité, et que, je,ne puis m'empêcher de vous lire ici: "

#0, Dieu, qui, par votre puissance, avez créé de rien ;'snivers, qui, dès. le commencement du monde, après avoir fait l'homme à votre, image, lui avez donné, pour: être son, aide inséparable; la femme, que, vous avez formée de lui:mème afin de nous apprendre qu'il n'est jamais. permis de séparer ce qu'il vous à plu d'unir; à Dieu, quiavez consacre le mariage par un mystère si précieux, que l'alliance nuptial est la figure de l’union sacrée de Jésus-Christ et, de son Eglise: à Dieu, par qui la femme est unie à l’homme;,et qui donnez à leur union intime la seule bénédiction dont nous n’ayons,.êté depouillés ni par la punition du péché.originel, ni par la sentence du dèluge; regardez, d'un œil favorable votre servante qui, devant.être unie à son époux,implore votre protection.

milan : 1... Faites que son joug soit un joug d'amour et de paix; faites que, chaste et fidèle, elle se marie en Jésus-Christ ; qu'elle suive toujours l'exemple des saintes femmes; qu'elle soit soit aimable pour son mari comme Rachel, sage comme Rèbecca ; qu'elle jouisse, d'une longue vie et qu'elle soit fidèle comme Sara. Que l’auteur du péché ne trouve rien en elle qui soit de lui; que, pour. fortifier sa faiblesse, elle ait une vie, toujours réglée, quelle demeure ferme dans la foi et dans l’observance de vos commandements, afin qu'uniquement attachée à son mari, elle ne souille le lit nuptial par aucun cemmerce illégitime.”

Messieurs, ily a eu dix-neuf ans hier que ce jeune homme montait les, degrés de l'autel pour prononcer et recevoir Ces serments mt A que Dieu bénissait ; et cet homme gravissait hier les degrés du banc criminel qui devrait le, conduire à l’échafaud si notre. verdict ne devait l'acquitter de l'accusation partie contre lui. Oui, Bélanger le prisonnier, célébrait hier dans cétte Cour le dix: neuvième, anniversaire du jour où devant Dieu il levait la main pour juxer protection à celle que les dernières parples, d'un, moribond, lui avaient donnée .pour femme. Hier, dix-neuf ans après cette

solennelle protestation, il levait la main pour presenter à Dieu et à

son pays la protestation de son innocence |! AUR

essieurs, vous me pordonnerez ces rapprochements, mais l'accidenf malheureux qui,a donné lieu à l'accusation pour laquelle le prisonnier est en Ce moment à la barre, est lié si intimement avec

la circonstance solennelle de son mariage que je n’ai pu résister au désir de rapporter ces faits.

Pourquoi donc cet homme est-il à cette barre, en ce moment ? Aurait-il oublié tous ses serments? Aurait-il é le tyran de celle qu'il devait protéger? Aurait-il, par un acte criminel, fait une victime, après avoir souillé la pureté du lien conjugal ? Non, messieurs; pendant dix-sept ans, il a joui du bonheur d’une union bénie

ar Dieu; il à supporté les charges de la famille avant d'en avoir es obligations ; il a élevé la famille de son épouse en élevant la sienne. Il a accepté le legs sacré qu’un moribond lui avait fait par un testament que la douleur et la mort avaient scellé. Il avait joui du bonheur domestique dans toute sa plénitude, quand un jour, jour à jamais néfaste, le souffle du crime vint détruire pour toujours ce bonheur jusque là sans mélange. Ce jour là, l’adultère avait franchi le seuil de la maison du prisonnier. Deux ans après le même adultère y pénétrait encore, mais cette fois pour recevoir dans la mort, la juste rétribution de tant d’infamie.

Oui, Messieurs, l’adultère, voilà la cause du terrible accident qui a conduit jusqu’à la barre le malheureux prisonnier que vous voyez devant vous ; l’adultére, ce crime le plus lâche, le plus hideux, le piur infâme de tous les crimes dont soit affligée la société; crime si terrible, que l’ancienne loi judaïque, promulguée par Dieu lui-même,

unissait de mort et sans pitié celui qui s’en rendait coupable. Pour montrer la haine que ce crime devait inspirer, elle obligeait jusqu'au plus jeune des enfants à lancer, la pierre à l'auteur du crime.

Messieurs, qu’il me soit permis de vous fuire quelques observations sur ce crime; sur l'impunité que la loi malheureusement assure À ses auteurs; sur la provocation violente qu'il constitue vis-àvis celui qui en est la victime; et nous verrons ensuite si les circonstances dans lesquelles s’est trouvé le prisonnier à la barre n'étaient pas de nature à excuser, sinon à justifier l’acte dont le résultat malheureux x été la mort du défunt Louis Labonté.

Messieurs, il est pénible d'avoir à remuer les cendres d’un homme que la mort a déja envoyé devant son Juge Suprème, pour y chercher l’infamie qui fut la causede sa fin malheureuse. On ne devrait peut-être pas ouvrir un tombeau pour stigmatiser la mémoiro de celui qui y repose ; mais, Messieurs, quelque pénible que soit ce devoir la vie d’un homme le reclame de moi; je dois le remplir, malgré que ce soit avec la plus grande répugnance.

Pendant sa vie, la société n’a pas jugé la conduite criminelle de cet homme; la vérité est forcée, après sa mort, de soulever le linceul qui le recouvre pour montrer, dans toute sa nudité, le crime hideux, qu'a défaut des lois, la Providence a sans doute voulu punir.

Vous êtes appelés, par votre verdict, à faire l'appréciation de la valeur du lit conjugal, de ce sanctuaire où l’homme doit conserver intacte et pure la chasteté de son épouse, l'honneur de s4 maison.

L'adultère est un reptile venimeux qui se glisse furtivément et dans l'émbre, et vient salir de sa bave la coùché nuptiale où doivent reposer la fidélité de l'épouse et l'amour du mari. their

st-on criminel pour avoir, dans un juste mouvement d’indignation, écrasé la tête du reptile? Voilà ce que vous avez à décider. On jugera à quel prix vous estimez l’honneur de vos femmes et de les enfants, par lé cas que vous ferez dé l'honneur domestique véngé par le prisonnier.

Sorait-co, par hasard, parce que l'accusé n’est qu'un pauvre homme, sans position sociale, sans protection, sans avenir, que l’honnour dé sa maïson vaut moins que celui des riches, des heureux de la terre? Voudrait-on laisser établir que la femme du pauvre, la femme de l’ouvrier, doit être une espèce d’instrument dont le premier venu pourrait jouir avec impunité ?

Que la femme du grand monde, que la femme du riche, qu’une Madame Sickles, qu'une Demoiselle Chaloner, victimes d’une séduction infâme, trouvent dans leur maris, dans leurs frères des vengeurs inexorables, calculant de sang froid le moment où le séducteur devra tomber sous leurs coups, on exaltera la noblesse de leurs sentiments ; on ne trouvera pas d'expressions assez énergiques pour justifier leur conduite ; mais qu'un pauvre homme qui pour toute fortune, toute jouissance dans le monde, n’a que son honneuret son bonheur domestique, frappe, dans un moment de colère, celui qui lui a volé son seul trésor, on demandera à grands cris, au nom de la société outragée, la mort de cet homme qui a voulu protéger ot défendre sa propriété. C’est là, la cause. Messieurs, songez y bien ; pour le pauvre, pour le rebuté de la fortune, l'honneur de la famille doit être encore plus cher qu’au riche, qu’au puissant. Le riche, lui, peut trouver dans les fêtes, le tourbillon des affaires ou des plaisirs, une compensation à l'absence des affections de famille; mais le pauvre ! après avoir porté le poids de la journée; après avoir enduré la fatigue d’un rude travail ; lorsqu'il revient le soir, réparer par le repos ses forces, quelle jouissance lui laissez-vous, si vous lui enlevez l’amour et les caresses de sa femme et de ses enfants ? Lui ferez-vous reproche s’il veille avoc une jalousie sauvage à la conservation des seuls biens qu'il possède au monde. On excuserait celui qui, défendant son champ ou sa maison, blesserait, tuerait même le maraudeur qui se hasarderait ; malgré les défenses qu’on lui aurait faites, et le braconnier infâme qui vient jusque dans la maison, dans le chateau-fort, suivant la belle expression de la loi anglaise, dans le chateau-fort de son voisin, et qui, malgré la défense du maître, y dérobe ce qu’il y a de

lus cher et de plus sacré, il aura donc l'impunité, lui? Oh! non, Messieurs, j'ai trop de confiance dans votre intelligence et dans votre fierté, comme chefs de famille pour croire que vous n’excuserez pas l’acto de l’homme qui a l'agresseur qui le blessait dans ce qu'il avait de plus sensible, le voleur qui venait lui ravir son bién le plus précieux.

On vous dira, Messieurs, que l’homme n’a pas le droit de se venger, et que les lois fournissent à l’offensé les moyens de punir l'adultère. Messieurs, il ne me siérait pas, dans cette enceinte, do me poser en contempteur des lois; mais, qu’il me soit permis de vous dire que je n’ai Jamais compris la satisfaction de l'honneur perdu, par une misérable somme d'argent.

Quoi! on fixerait un prix pour l’adultère ! mais co serait faire de vos maisons des antres de prostitutioni Pour un certain prix, ou viendrait détruire votre Vonteur domestique, ou annéantirait l'avenir de vos familles; et quand l’œuvre infernale serait consommée et découverte, ou vous jetterait quelques centaines, quelques milliers de piastres, et on vous dirait; ‘tiens, voici pour les jouissances que ta fomme m'a procurées.”” Oh! Messieurs, laissez-moi vous dire que jamäis je ne croirai que vous iriez dire, par votre verdict, que les femmes honnêtes ne diffèrent des prostituées que par le prix que la loi fixe pour payer leur déshoneür.

. (Ici l'orateur commente longuement la preuve dans la çause.)

ani maintient, que l'origine de cette malheureuse, affaire serait. encore. une: énigme, si ce n'eût été la déclaration, du, prisonnier. Cette, déclaration doit. être prise ;en..son entier..., Or; par, cette déclaration, ilest en preuve, que l'accusé, en frappant je défunt, n'avait pas l'intention de le tuer, qu'il n avait pas meme l intention de commettre un acte illégal en, le frappant, mais qu'il avait, | intention seulement de le chasser de sa maison, ce qu'il était en. droit de’ faire.

(Le savant Conseil de l'accusé fait ensuite un, exposé | ‘aisonné des différentes, catégories . d’ homicides, en conçluant que l'homicide en question doit être rangé parmi les homicides excusables.)

Quant à, la preuve médicale, Le savant avocat maintient que: rien n’étublit que: les blessures infligées au défunt, fussent de nature à occasionner nécessairement la mort; qu'une lutte entre l’accusé.et le défunt, suivie d'une chüûte par ce dernier, était suffisante et de

‘nature à produire les mêmes blessures,

Puis le savant avocat termine son éloquent plaidoyer, à peu: près dans ces termes :

Messieurs, vous avez entendu le récit des déboires et, des douleurs dont l’aceusé à été abreuvé pendant deux, longues années par le malheureux défunt, Louis Labonté. En face de: tant de douieurs et de tant de malheurs, ne sentirez-vous pas vibrer, dans vos cœurs une fibre dont les. accents prouveront à la société que, vous: avez éncore du respect pour l'honneur de vos familles; ne direz-vous pas plutôt que le juste châtiment d’une indignation longtemps provoquée et longtemps comprimée ne peut faire d’un honnête homme qui venge: son honneur, un scélérat qui assassine lâchement, son prochain. M:

«A y avait provocation suffisante par les re apports ts adultères que. le défunt. entretenait avec l'épouse de, l'accusé ; il, y avait aggravation de provocation par le fait que le: séducteur avait l'insolence de se rendre dans la maison, qu'il avait souillée le jour méme où l’ainée des. enfants de Bélanger, allait contracter une alliance, qui devait rappeler au'père ses rêves de bonheur brisés par le crime de cet homme ; il y avait du reste, presque consentement, sinon légal du moins moral, de la part de abonté de laisser l'accusé, jse faire justice lui-même; le témoir Lepage VOUS, à rapporté ce fait: Si je retourne à ta maison, ayait dit Labonté, tu pourras me battre, et si tu me bats à me rendre malade pendant six mois, unian, j'en sérai content. .

Et c'est un mois après cette promesse, et dans une circonstance qui devait raviver tant.de pénibles souvenirs que cet homme l'eparait au seuil de cette maison, devenu, maudite par son crime. Ily revient; il y entre en maitre, et lorsque l'ainée de Ja famille Jui en défend l'entrée, il l’insulte et la force à sortir elle-mêème., N’ est:il pas évident pour vous que. l'altercatien ani a amené la Intta nù la défunt, a succombé a été Suscitée par 4 violence. même, et: l'audacieuse: insolence de ce misérable, se, PRyAR ainsi.en, maitre .sur le théatre même de son, infamie,, |

-H avait pourtant déjà assez ‘enqduré, ce, pauvre père ndignement trompé; son cœur avait du:saigngr bien souvent et bien cruellement pendant ces deux longues, années, de honte dévorée en, silence, et pour avoir longtemps tarder l explonian, d'nne duste colère, en était. clle moins légitime ? | HD rat

Messieurs, un dernier mot et je termine.

Vous appartenez tous je crois, à cette classe de citoyen, à qui un travail ardu peut seul assurer l’exitence. Ce travail est pénible mais il honore. En faisant subir à l’homme la loi du travail. Dieu n’a pas voulu lui enlever toute consolation. En infligeant la punition il a laissé le beaume qui doit rafraichir et guérir. La femme, par qui. cette dure loi du travail nous à été imposée, est ellemême la plus douce compensation que la divinité ait donnée à celui qu'il punissuit. Aussieles pures joies de la famille sont-elles la source principale du bonheur que l’ouvrier possède.

Est-il rien au monde, pour faire supporter les misères que Le pauvre ouvrier rencontre si souvent dans la vie, comme la vue de ces tètes blondes qui vous sourient, qui vous rendent en caresses l’amour que vous prodiguez à leur mère, de ces petits anges qui vous font oublier toutes les sueurs que vous a coûté le travail ardu de la journée, en

assant leur petite main caressante sur votre front encore ruisselant. Et! bien, Messieurs, quand vous avez bien caressé ces petites tètes d'anges qui vous sourient; quand vous avez embrassé ces lèvres rosées qu'aucun soufle impur n’a encore effleurées et qui ne se sont épanouies que sous les baisers d’une mère ou sous le souffle de l’ange qui les berce dans de doux rèves et les éveille à l'aube du jour pour les rendre à la tendresse de leurs parents; quand vous avez senti glisser sur vous au-dessus de ses riants visages, comme un chaud rayon de lumière le regard plein d'amour d’une femme adorée, ne vous est-il jamais arrivé de plonger au fond de ce regard pour voir s'il n’y aurait pas au foyer de cet lumière un autre image plus chère que la vôtre 2...

N’avez-vous pas écouté si un ricanement. étouffé dans l'obscurité ne vous révèlerait pas des hontes sous ses apparences de bonheur ? N'’avez-vous jamais pensé que ces cheveux blonds, que vous roulez dans vos doigts avectant d'amour ont été caresses par un autre à qui on a rendu plus de caresses qu'à vous-même ? N'avez-vous jamais senti la main glacée du doute faire frissonner votre cœur, ou la grifte de la jalousie déchirer votre âme ?......Non, je le sais ; le bonheur dont vous jouissez dans vos familles est pur et sans mélange. Mais, Messieurs, par le sentiment de votre bonheur, jugez donc des douleurs, du désespoir du pauvre prisonnier ! Voyez-le lorsque le soir, il se rendait à son logis après avoir enduré, pendant les longues heures de la journée, toutes les rigueurs des säisons, et que là, au lieu des douces caresses de ces enfants,il songeait qu'un vil séducteur souillait son lit nuptial, souillait jusqu’au l'innocence de ses enfants !...... Soyez à cela, Messieurs, et dites si ce ne serait pes un crime pour la société de punir celui qni a revendiqué les droits

e l'honneur, les droits de la famille en voulant chasser de sa maison, l’auteur de son long désespoir !

Non, Messieurs; vos épouses vos sœurs vous renicraient s' vous retourniez chez vous après un tel jugement; ce verdict serait (une tache à votre front) que vous n’éffaceriez jamais. ;

Je m'arrète Messieurs, je crains de vous faire injure en ayaut l'air de douter de vous. Je suis sûr qu’en retournant dans vos familles vous ÿ apporterez la bonne nouvelle de l’acquittement d’un homme innocent; et soyez sûrs que votre conscience et la soeiété vous en remercieront

MR. Picué réplique pour la Couronne : |

Ce discours qui occupa près de deux heures, fut apprécié par tout le monde comme une des plus éloquentes plaidoiries entendue dans l’enceinte du Palais de Justice.

Les accents les plus pathétiques mêlés à une argumentation vive et serrée, remplissaient d’un bout à l’autre ce magnifique discours qui dénotait chez son auteur un avocat accompli.

Nous sommes privés du plaisir de le reproduire, faute de notes nécessaires.

Discours du Juge.

Les jurés sont ramenés en Cour et l'Honorable Juge procède à donner sa charge. Le savant juge prit la peine, vû l’importance de cette cause, de relire tous les témoignages et de faire des commentaires sur les différents faits qui s’y trouvaient contenus.

Le fait le plus important de cette cause était certainement l’examen volontaire de d'accusé. En la lisant aux jurés, l'Honorable Juge leur fitremarquer que cette confession devait être prise en son entier. Il leur dit que dans une confession faite par un accusé, un fait désavantageux ne pouvait pas être détaché du reste de la confession pour servir de preuve contre l'accusé, mais qu'il fallait prendre tous les faits contenus dans une confession, et que par conséquent, ils devraient prendre dens cette confession ce qu'il y avait d’avantageux et de désavantageux à l'accusé.

Le savant juge émettait en cela les principes de droit les mieux établis, et cite à l'appui de son opinion Russell or Crimes vol. 1. dernère édition aux mots Admissions et Confessions.

Il parle du fait de Bélanger venant chez sa femme pour donner son consentement au mariage de sa fille, et a observer qu'il était important pour les jurés de se rappeler que Bélanger avait d'abord refusé d'aller chez lui, et qu'il ne s'était pas proposé d’y aller longtemps à l'avance.

Parlant de l'examen médical, il fit observer que le médecin avait déclaré que tous les organes vitaux était dans un état parfait de conservation, et conclut de là que le défunt Labonté avait dû mourir de mort violente.

Il y avait une contusion au dessus du muscle temporal, qui était lui-même fortement contusionné; les vaisseaux du cerveau etaient congestionnés et remplis de sang.

(Ici la charge du juge fut interrompu par un bruit de marteau assourdissant qui se faisant entendre de la fournaise ; le juge dit au Shériff qu'il avait déjà donné ordre pour que tout bruit cessât et qu’il fallait que les travailleurs abandonnassent leur ouvrage pendant que la Cour siégeait.)

Le Shériff répondit que les travaux se faisaient d'après l’ordre du gouvernement, et en réponse à cela, l'Honorable Juge dit qu’il ne reconnaissait dans cette enceinte d'autre gouvernement que le sien,

endant qu'il administrait la Haute Justice dans la première Cour u pays, au nom de Sa Souveraine, dont les pouvoirs lui étaient

délégués ; qu'il suspendrait les procédés pendant quelques instants dans l'espoir que l’on obéirait de suite à ses ordres; sinon qu'il ferait aux officiers de la Cour savoir à quoi s’en tenir.

M. Piché dit qu'il était persuadé que le gouvernement n'avait jamais donné d'ordre dont l'accomplissement pourrait empêcher les juges de tenir la Cour.

Son Honneur dit alors à M. Piché: “Je le sais; je sais même que M. le Procureur-Général avait ordonné qu'on suspendit toute espèce de travaux qui pût déranger la Cour ; et depuis l'organisation du gouvernement local, nous n'avons nous autres juges, qu'a nous féliciter de l'empressement qu'ont fait voir les membres de ce gouvernement, et surtout M. le Procureur-Général Ouimet, à nous féliciter, par tous les moyens en leur pouvoir, l'exercice de nos devoirs onéreux.

Malheureusement, nous avons encore des employés dans nos Cours de Justice qui semblent croire, suivant probablement une triste tradition, que le meilleur moyen de capter la faveur du gouvernement c’est de s'opposer aux ordres des juges.”

Le Grand Connétable ayant annoncé que les ouvriers allaient à une autre partie de la bâtisse, l’ordre fut rétabli et l'Honorable Juge continue ainsi: J'avoue que j'ai été embarrassé pour décider quelle avait été la cause immédiate de la mort du defunt; remarquons Messieurs, qu'il y avait sur le cadavre, à l'extérieur, deux blessures sur là tempe, sur la lèvre supérieure et une autre sur le derrière de la tête, et aucune de ces blessures n'était mortelle.

Je crois devoir vous faire part de mes impressions et vous faire connaître à quelle conclusion je suis arrivé après de longues et sérieuses considérations, Je suis d'opinion que le défunt Labonté est mort d’une coucussion du cerveau causée par un coup qu'il reçut dans une chûte qu'il a faite en tombant la tête contre le mur. Etant établi que le défunt était mort de mort violente, le juge dit aux jurés qu’ils devaient déterminer maintenant par le fait de qui Labonté était-il mort de mort violente. Sur ce point le savant juge n'a aucun doute que le prisonnier soit l’auteur de la mort du défunt Labonté ; que cette mort ait été causée soit par les blessures, soit par la chûte qu'il fit après avoir été lancé à huit pieds sur un mur par le prisonnier la chose est indifférente,

Le prisonnier maintenant devant vous est accusé de meurtre au premier degré, c'est-à-dire de meurtre avec préméditation.

Le juge dit aux jurés que la loi divisait les homicides en quatre classes.

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