‹ Courbet selon les caricatures et les imagesChapitre 2 sur 49 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Ces caricatures, ces charges et ces images, que nous avons recueillies, au fur et à mesure de nos recherches, un peu partout (i), permettent déjuge/- des attaques, souvent violentes, dont Courbet fut Vobjet, pendant plus d'un quart de siècle; attaques qui réjouirent ses adversaires et ils étaient nombreux. Rarement un peintre a été bafoué, outragé, vilipendé avec autant d'âpreté.

Ces charges suggestives qui donnaient satisfaction an goût du public qu'elles représentaient fidèlement, croyons-nous, montreront l'évolution accomplie dans l'opinion.

Un tel ensemble ne peut être présenté pour aucun autre artiste, peintre ou sculpteur, remarquons-le, car on pourrait penser qu'un semblable ouvrage sur Rembrandt, pour choisir un exemple illustre, apporterait des renseignements précieux.

(i) Nous avons comptoir notre collection en puisant (tans le petit carton laissé par Georges llial à la Bibliothèque Nationale. A ce propos, nous remercions M. François Courboin, conservateur du Cabinet des Estampes, de sa parfaite obligeance. Nous exprimons aussi notre gratitude à M. Ernest Chapuis; à MM. Poète et llenriot. de V Institut d'Histoire de la Ville de Paris et enfin à M. Georges Gazier, conservateur de la Bibliothèque Publique de Besançon. Nous leur devons plusieurs pièces incluses dans cet ouvrage.

Nous ne l'aurons point. Si quelques artistes considérables comme Ingres et Puvis de Chavannes, Delacroix et Manet ont été combattus et ridiculisés dans des dessins burlesques, Corot, longtemps méconnu, n'a pas excité de vives passions. Et il s'en faut qu'on puisse réunir, pour chacun d'eux, une moisson d'attaques graphiques, comparable à celle que nous avons rassemblée sur le Maître d'Ornans. Ce fut à l'époque de Courbet une éclosion, telle qu'on n'en avait encore vue et qu'on n'en verra plus, de dessinateurs de divers poils, qui exercèrent leur verve aux dépens de la peinture réaliste.

Nous avons disposé nos documents selon l'ordre chronologique, ce qui permettra de suivre la carrière artistique de Courbet. En outre, nous estimons que, en dehors du texte et des légendes qui accompagnent les caricatures, des explications complémentaires, aussi sobres que possible, s'imposaient pour établir un lien et conserver à notre travail son unité de signification. Ces notes, nous avons tenté d'en ajuster la forme à l'objet et au fond. Dans la bibliographie, on trouvera nos sources auxquelles nous avons joint nos renseignements personnels.

Pour ce travail, M. Théodore Duret, vieil ami de Courbet, a bien voulu nous écrire une préface et nous faire profiter de ses conseils. Il nous mit en re/a lions avec un éditeur dont il connaissait V admiration pour la peinture de Courbet : M. Paul Rosehberg.

l 'ne tâche restait à réaliser, l'exécution matérielle du volume. D*un commun accord, elle fut confiée à M. André Martj', dont un nombre respectable de livres d'art n'a cessé de confirmer le talent dans l'estime des bibliophiles.

Charles LÉGER.

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COURBET, par Baudelaire

Extrait d'une page de Caricatures par Baudelaire publiée dans un opuscule : Charles Baudelaire, Feli Gautier. Edition de la Plume. MCMII1. page 80.

Vers 1848, Courbet et Baudelaire étaient en relations très cordiales. Mais qu'y avait-il de commun entre eux? Le logis seulement que le porte partagea avec le peintre, en des heures d'impécuniosilé. Est-ce durant leur intimité que Baudelaire esquissa celte caricature de Courbet avec son profil de roi assyrien? On peut le supposer. En tous cas. c'esl en iH^H que fut peint le portrait du poète des Fleurs du Mal (Musée de Montpellier). Bracquemond, qui a gravé ce portrait à l'cauforte, 1 atteste : « Peint par Courbet, iH/JH. »

Il convenait de préciser, attendu que Georges Rial. le plus complet def biographes du maître d'Ornans, donne la date de i853 ou plutôt « vers i853 ».

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