‹ Courmayeur et Pré-St-Didier (val d'Aoste) leurs bains, leurs eaux & leurs environsChapitre 18 sur 29 · PROPRIETES PHYSIQUES — PROPRIÉTÉS CHIMIQUES PROPRIÉTÉS MÉDICALES · texte numérisé non relu

PROPRIETES PHYSIQUES — PROPRIÉTÉS CHIMIQUES PROPRIÉTÉS MÉDICALES

Cette fontaine est placée à 400 mètres environ du cheflieu de Courmayeur. On y arrive en descendant de l'hôtel Angelo et en tournant le premier mauvais sentier à gauche. La fontaine jaillit sur la rive gauche de la Doire qui la menace à chaque instant. Elle n'est abritée que par un pavillon circulaire éclairé seulement par la porte d'entrée. Le jaugeage de La-Marguerite n'a pas été fait, et son aménagement laisse fort à désirer. La route projetée entre Courmayeur et Pré-St-Didier pourra lui donner une nouvelle vie.

L'ouverture du bassin de caplage occupe le coin gauche du pavillon; ce bassin a 1 mètre de diamètre et 15 centimètres de profondeur; une couche de rouille de 1 centi-

mètre d'épaisseur en couvre le fond ; cette couche est crevassée sur trois points différents par où se dégagent de grosses bulles gazeuses en chapelet, qui montent à sa surface (Rotureau).

Propriétés physiques*

Elle sort d'un terrein d'alluvion. Elle est limpide, cristalline. Elle exhale une très-légère odeur d'acide carbonique ; sa saveur est acidulo-salée-atramentaire. Elle est moins acidulé, mais plus pesante, que celle de La-Victoire. Sa saveur est aussi moins salée que celle de St-Vincent. Sa température est de 21° 1 G., celle de l'air étant à 13° 5 C. Elle ne paraît pas être gazeuse lorsqu'on l'examine à travers les parois d'un verre rempli au milieu même du bassin où les bulles se succèdent le plus promptement. Laissée en repos durant un quart d'heure, elle forme à peine quelques perles sur les parois du vase qui la contient (Rotureau). Elle dépose le long de son parcours une bouerougeâtre, douce, quasi oncteuse au toucher , et que recouvre sur plusieurs points une pellicule irisée très-ténue. Comme pour La-Victoire l'eau de La-Marguerite bouillonne plus tumultueusement lorsque les orages sont prochains, qu'après une succession de beaux jours. Ce phénomène peut être attribué à l'électricité qui, dans ses communications de la terre à l'atmosphère et réciproquement, suit de préférence les ramifications tortueuses des sources minérales. Ce phénomène

s'explique aussi par la diminution dans la pression atmosphérique qui permet alors aux gaz souterrains de sortir plus librement.

Propriétés chimiques*

Chaque litre d'eau contient :

Acide de carbonique

libre; cent, cubes . . 949,981

Sulfate de magnésie,

grammes 0,5817

« de chaux

Chaux

Sel marin

Silice et alumine

Fer

Grammes 2,8717

Je suis autorisé à y supposer l'existence de la lythine , de l'acide crénique, de l'iode, du brome et de l'arsenic.

Propriétés inédî «cales.

Si l'on considère d'une part la richesse de minéralisation et la fréquence de nos sources ferrugineuses, et, d'autre

part, les manifestations nombreuses de la scrofule dans notre pays, on est obligé de penser que la main prévoyante de la nature a mis le remède à côté du mal, comme ces plantes qu'on remarque toujours près du poison dont elles sont destinées à neutraliser les effets.

La-Marguerite vante une foule de guérisons radicales et d'améliorations très-sensibles dans les conditions où le lymphatisme prédomine chez les enfants faibles, aux fonctions digestives languissantes et dont, par suite, la nutrition est incomplète, chez les jeunes des deux sexes dont l'évolution des phénomènes de la puberté est en retard, chez ceux qui sont épuisés par des excès ou des maladies , mais qui ne présentent aucune phlegmasie des voies respiratoires avec tendance à la phtisie et aux crachements de sang.

Je pourrais citer des cas nombreux de guérisons de pâles couleurs, de fleurs blanches, avec ou sans engorgement de la matrice, de faiblesse avec irritation lente des voies digestives, d'engorgements chroniques des viscères du bas-ventre , etc. etc.

On peut affirmer, sans crainte de se compromettre, que La-Marguerite réussit dans la majorité des cas où Pré- St-Didier est indiqué, et que ces deux sources sont destinées à se compléter, à s'entr'aider mutuellement.

La-Marguerite est plus ferrugineuse, moins gazeuse et moins froide que La-Victoire, mais elle est moins laxative que celle-ci, parce qu'elle contient moins de sels correctifs de l'action astringente des sels de fer.

Les boues de La-Marguerite ont été utilisées avec succès dans les engorgements articulaires scrofuleux et ceux consécutifs à diverses causes traumatiques.

Quant aux principes hygiéniques à observer, je renvoie

le lecteur à ce que j'ai dit pour Pré-St-Didier et La-Victoire.

Embouteillée, l'eau de La-Marguerite supporte très-bien le transport. Ici encore je m'appuye volontiers sur l'autorité d'un hydrologiste éminent (Rotureau, p. 267), qui dit: « Cette eau martiale, dune saveur relativement agréable, est dans d'excellentes conditions pour supporter le transport, car elle ma paru plus fixe qu aucune des eaux ferrugineuses qui sont dans le commerce (sic). Aucun flocon rouillé, en effet, ne se lorme dans l'eau de La-Marguerite depuis long temps exposée au libre contact de l'air. Sa saveur, piquante comme celle du vin de Champagne, et le peu de bulles gazeuses qui la traversent, indiquent qu'elle tient en dissolution plus de gaz acide carbonique qu'elle n'en contient à l'état de liberté » .

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La Jeanne-Baptiste.

Je n'ai pu retrouver cette source non plus que l'analyse qu'en firent les docteurs Ravetti et Campeggio. Dans son traité des Eaux de Courmayeur (1728) , Mollo s'exprime ainsi, page 10 : « Autrefois il y avait une troisième fontaine qui était assez proche de cette seconde. {La- Marguerite) et du même côté de la Doëre, mais à présent elle ne parait plus, parce que la rivière ayant rongé ses bords petit à petit, elle l'a minée et confondue avec ses eaux .... Cette fontaine se nommait Marie- Jeanne-Baptiste > .

Fantoni dit (1747) que, jadis connue, elle a été détruite par un torrent qui l'avoisinait.

Gioanetti se contente de s'exprimer ainsi (1779) : «...

Argentier q

Je ne dirai rien de la Jeanne-Baptiste ; elle est presque toujours ensevelie dans un torrent qui passe auprès ; elle était dans cet état lorsque j'étais à Courmayeur (1778) ».

Verra* (1809), Berno (1817) , Ruffinelli (1825) et ceux qui ont écrit après eux sur la matière, ne daignent pas même s'occuper de savoir si elle a existé ou non.

Bertini (1840) dit: « La prima (la GiovannaBattista) non esiste più da un secolo. Vassalli-Eandi è di parère esser quella che per i suoi salutiferi effetti indusse Madama Reale a farne far Tanalisi (1687) ».

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Excursions.

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