PARALYSIES
Si elles dépendent de causes, d'affections rhumatismales, de faiblesse générale, de pertes considérables, on peut espérer un soulagement sinon une guérison.
Si la paralysie est la suite d'une apoplexie, sanguine, Femploi des bains et douches exige un grand discernement, car ils pourraient congestionner la tête et renouveler les attaques apoplectiques.
On peut aussi espérer un soulagement prononcé, sinon une guérison durable, quand le mal, étant l'effet d'une apoplexie et celle-ci bien combattue , le système nerveux est resté torpéfié , comme ayant oublié de reprendre ses fonctions dont il a, pour ainsi dire, perdu l'habitude.
Les paralysies, suites d'apoplexie nerveuse, se trouvent bien de nos bains.
Cas de guérison observé par M. le docteur Ruffinelli.
Michel Barmaverain, de Rhême-Notre-Dame (Aoste), 35 ans , marchand ; tempérament bilioso-nerveux. Il eut une hémiplégie gauche avec perte de la parole (alalie), à la suite d'une chute violente sur la tête; une saignée, pratiquée sur le champ, en fit bien vite justice. Il se portait bien lorsque, quelques mois plus tard, la même infirmité se répéta du même côté. Il attribua son malheur à la fatigue qu'il éprouva en traversant , au mois de juin , trois jours avant l'accident, des montagnes couvertes de neige , pour se rendre de Cuorgnè à Rhême son pays. Il recourut, mais inutilement cette fois, à la saignée qui lui avait été si utile lors de sa première disgrâce. Il resta paralysé.
Au mois d'août , il vint à Pré-St-Didier. Il y prit des bains accompagnés de frictions le long de la colonne vertébrale. Après quelques jours, le mouvement et la sensibilité reparurent dans les membres malades, la parole revint jusqu'à un certain point ; vers la fin d'août, il put marcher
sans béquilles. 11 ne lui restait que de la gêne à prononcer certains mots, de la faiblesse et un léger tremblement dans les membres primitivement affectés. Un an après cette amélioration si remarquable, Barmaverain était complètement rétabli.
En 1853, Mme la princesse de Bazincourt vint à Pré- St-Didier pour s'y guérir dune parèse des extrémités inférieures , qui avait résisté à divers modes de traitement. Cette infirmité était survenue à la suite d'une chute. On dut la porter aux bains les premiers jours; bientôt elle s'y rendit à l'aide de béquilles; en moins d'un mois, elle marchait d'elle-même sans difficulté. Cette guérison merveilleuse ne s'est pas démentie depuis.