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Courrier de la Sainte "Petite Thérèse"

Le Jésus que j’ai tant aimé sur la terre et pour lequel j’ai souffert, s’est montré prodigue à l’excès pour moi.

La gloire dont II a daigné me couronner est en raison inverse de la « petite voie » que j’ai voulu suivre sur la terre. Autant j’ai cherché à me faire petite, autant II m’élève maintenant.

Je suis placée tout près de son Cœur; c’est son amour qui m’embrase et c’est sa gloire qui fait la mienne.

Comme je suis infiniment récompensée de tout ce que j’ai fait pour

Lui ! Moi qui reconnaissais ma petitesse et mon impuissance, Il m’a donné une mission universelle et m'a confié sa puissance pour l’exercer.

On m’appelait la « petite reine »

et maintenant je me promène dans l’univers comme dans mon royaume.

Mon bonheur est d’exaucer les prières de ceux qui s’adressent à moi et de les combler de bienfaits.

J’aime toujours de préférence les « petites âmes », celles qui suivent ma voie « d’enfance spirituelle », mais qui en même temps vivent d’amour et se livrent à l’amour miséricordieux de Jésus.

Chère petite âme que j’aime, je vous prends sous ma protection ; aimez Jésus, et je répondrai de vous devant Lui ; aimez Jésus et nous régnerons ensemble dans la Patrie de l’éternel amour.

Petite Thérèse

Paris — Avec permission de l’Ordinaire

Du séjour des Bienheureux

Chère petite âme,

Il est un secret, et un secret puis-, sant de la puissance même de Dieu, pour accomplir son devoir à la perfection, pour marcher sans défaillir dans la voie de la vertu, et pour atteindre la cime de la perfection :

c’est l’amour.

Et cet amour, votre cœur est fait pour le posséder, tout autant que pour vivifier éternellement le mien ,

Ma jubilation au ciel, c’est l’amour ! C’est le même amour que j’ai goûté sur la terre et qui m’a consu mée. Quand j’aimais dans l’exil, je me sentais au ciel. Maintenant que j’aime sans limite et sans fin, je retrouve tous mes élans d'amour

d’autrefois et je vois qu’ils servent de base à mon amour éternel.

Faites comme moi : aimez !,., Aimez et vous serez victorieuse de tous les ennemis, Aimez, et vous vous relèverez vite de vos défaillances , Aimez, et rien ne vous coûtera au service de Jésus, dussiez-vous mourir pour Lui prouver votre amour.

Il n’y a que l’amour qui fait les saints. Si vous n’aimiez pas, il fau droit renoncer à la sainteté.

N’oubliez jamais que plus vous aimerez sur la terre, plus vous aimerez dans le ciel. Que ce soit le suprême objectif de votre vie !

Oh ! que je serais heureuse pour vous, si à partir d’aujourd’hui vous viviez d’amour, comme moi-même j’ai vécu d’amour,

Aimons ensemble et ensemble nous jouirons dans l’éternelle compagnie de Jésus,

Petite Thérèse

Paris — Avec permission de V Ordinaire

Du séjour des Bienheureux

Je suis bien obligée de vous parler de sacrifice, puisqu’il n’y a pas de sainteté sans cela, et j’allais dire, de bonheur. Oui, de bonheur ; car Jésus a été si heureux de souffrir pour nous, et moi j’ai été si heureuse de souffrir pour Lui.

Une de mes plus grandes joies dans la Béatitude, c’est de penser à tout ce que j’ai souffert sur la terre pour rester fidèle à Jésus, pour Lui ressembler et pour accomplir ses desseins de miséricorde sur moi.

Si je n’avais pas souffert, ma gloire au ciel serait moins grande ; et si j’avais été infidèle à accepter les sacrifices que Jésus me demandait, j’aurais contrecarré ses desseins et je

L’aurais frustré d’une gloire extérieure qu’il avait le droit d’attendre de moi pendant toute l’éternité.

Comprenez-vous le prix inestimable de la souffrance ? Appréciez-vous, maintenant, l’importance du moindre sacrifice dans la vie spirituelle ?

Ne vous plaignez donc jamais de ce que vous souffrez. Ne trouvez jamais que c’est trop, ni trop dur, ni trop long. Laissez faire Jésus qui vous façonne pour le Paradis. Le moindre sacrifice peut vous mériter un très grand degré de gloire. Pensez-y, et soyez généreuse.

Vous avez confiance en moi, et j’en rends grâces à Jésus. Eh bien, croyez qu’il n’y a pas de vertu solide sans la souffrance et que les saints ne se façonnent que sur la croix.

Ensemble clouons-nous y avec Jésus, notre Bien-Aimé.

Petite Thérèse

Paris

Avec permission de l’Ordinaire

P. Eugène Prévos-t

Du séjour des Bienheureux

Chère petite âme,

Vous suivez la même voie où j’ai marché avant vous. Comme moi, vous vous dirigez vers le ciel et, comme moi, vous devez le gagner.

Lorsque je peinais sur la terre, que j’avais à combattre les penchants de ma nature, et que je devais faire face à chaque instant aux difficultés, aux tentations et aux attaques de l’ennemi, j’avais les mêmes secours et les mêmes moyens de victoire que vous possédez.

La vertu est faite de grâces de la part de Jésus et de bonne volonté de notre part. Seulement cette bonne volonté doit être complète, énergique, constante, invariable. Voilà ce à quoi vous devez vous appliquer.

Vous savez combien je suis bienheureuse. Vous pouvez le devenir comme moi. Mais tant que vous êtes dans l’exil, il faut lutter, souffrir, vous méfier du monde et de vousmême, vous renoncer en tout, vous montrer délicatement fidèle dans l’accomplissement de vos devoirs d’état, pratiquer toutes les vertus à mesure que l’occasion s’en présente, et ne jamais désespérer de remporter la victoire.

Lorsque vous n’en pourrez plus, faites comme je faisais, jetez-vous dans les bras de Jésus, forcez-Le à vous ouvrir son Cœur et allez vous y blottir pour vous mettre un instant à l’abri et en sortir ensuite pleine d’un nouveau courage pour conquérir la palme du salut.

Ensemble confions-nous au Jésus qui aime les âmes et fait les saints.

Petite Thérèse - -

Paris — Avec 'permission de V Ordinaire

Du séjour des Bienheureux

Chère petite âme,

J'ai connu de bien douces joies sur la terre, mais celle qui a surpassé toutes les autres a été de me garder du péché, j’ai respiré la pureté comme on respire l’air embaumé du parfum des fleurs. Je m’en suis délectée, et j’y ai savouré les suavités de mon Bien-Aimé.

Être pure et aimer, c’est déjà le ciel. La pureté contient de l’amour.

L’amour engendre la pureté. Au ciel, on aime sans mesure, parce qu’on y possède la pureté parfaite ; on y aime sans fin, parce qu’on y est éternellement confirmé en grâce.

Qu’avez-vous à faire sur la terre, si ce n’est de vous conserver pure de

tout péché, d’être prête à tous les sacrifices pour éviter la moindre souillure, de faire des efforts continuels pour développer constamment la pureté de votre âme ?

Si j’ai été si heureuse pendant ma vie, c’est parce que j’avais le cœur libre et l’âme limpide. Je pouvais regarder Jésus en face et je Le comprenais. Je m’attachais à ses pas et je volais vers la perfection, emportée à la fois par ma pureté et mon amour.

Oh ! croyez-m’en, soyez pure et vous deviendrez une sainte. Jésus verra en vous un reflet de sa pureté Infinie et II vous aimera comme un rayonnement de Lui-même. Jésus vous parlera et vous comprendrez son langage. Jésus vous appellera à la sainteté et vous y volerez.

Ensemble soyons pures par amour pour le Jésus des vierges.

Petite Thérèse

Paris — Avec permission de l’Ordinaire

Du séjour des Bienheureux

Jésus est venu à moi tout rayonnant des charmes de son enfance.

J’en ai été ravie, je me suis attachée à Lui et j’ai goûté une ivresse divine à Le contempler si petit, Lui si grand ; si faible, Lui si puissant ; si beau dans l’humiliation de son Humanité, Lui si grand dans la majesté de sa Divinité.

Et j’ai voulu Lui ressembler afin de L’aimer davantage. J’ai aimé ma petitesse et je me suis complue dans mon impuissance. Je n’ai voulu marcher qu’en mettant mes pieds dans la trace des siens, et mon bonheur a été de me laisser conduire par la main et de

rester petite sous la tutelle de mon Bien-Aimé.

C’est là le secret de ma sainteté.

Que ce soit aussi le vôtre !

Ne cherchez point à paraître, ne vous élevez jamais en vous-même, n’aspirez à rien de plus que ce que Jésus vous a donné, ne soyez ni affectée ni humiliée du peu que vous possédez. Vous êtes assez grande aux yeux de Jésus, si vous aimez la petitesse qui est la vôtre.

Faites grandement tout ce qui est petit en soi. Recherchez de préférence les petites vertus, mais pratiquez-les avec le même amour que vous apporteriez à pratiquer les grandes.

Cachez-vous dans le Cœur de Jésus et cherchez à le consoler par les ardeurs du vôtre.

Du ciel je vous protégerai et vous enseignerai les voies bénies de l’enfance spirituelle.

Ensemble aimons le Jésus des petits et des humbles.

Petite Thérèse

Paris — Avec permission de l’Ordinaire

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