‹ Cours abrégé d'histoireChapitre 142 sur 209 · GRECS · texte numérisé non relu

GRECS

gloire de finii' les guerres médiques et d'attacher son )m à l'un des traités les plus mémorables de l'histoi-

la

nom

ro. La lutte avait duré un demi-siècle.

La Grèce était à l'apogée de sa puissance ; aussitôt commence cette rivalité de Sparte et d'Athènes qui devait amener tant de maux.

12. Le sol de l'Attique était si fertile en grands hommes, que le génie, après Cimon, n'eut point d'interrègne dans son histoij-e. Après ^liltiade, étaient venus ensemble Aristide et Thémistocle; après Aristide et Thémistocle, Cimon ; après Cimon se présenta Périclès, le premier homme qui ait donné son nom à son siècle. Il devint l'homme le plus éloquent de son temps, et acquit tant de souplesse et d'habilité pour répliquer et se défendre, qu'un de ses adversaires disait: Quand je Cai terrassé et que je le tiens sous moi, il s' écrie ([u' il n est jjoint vaincu et le persuade à tout le monde.

13. Chef de la république, ou plutôt roi d'Athènes pendant vingt ans (449-429), grand général de terre et de mer, homme d'Etat, orateur irrésistible, Périclès sut flatter, conduire et captiver la multitude. Sous son administration, Athènes, qui cultivait tous les genres de gloire, remplit la Grèce de l'éclat de ses chefsd'œuvre. Déjà, dans la première moitié do ce siècle (Ve avant J.-C. ), l'Ionien Hérodote, le père de l'histoire, avait immortalisé les guerres médiques, et le Thébain Pindare avait donné à la musc lyrique l'essor le plus sublime. Par ses monuments, ses écoles, ses fêtes, ses spectacles, Athènes devint le rendez-vous do toute la Grèce.

14. La réT)ublique de Sparte, uniquement guerrière, était essentiellement aristocratique, tandis que celle d'Athènes était livrée aux agitations de la démocratie. Les villes de la Grèce s'unissaient à l'une ou à l'autre, selon que leur constitution les en rapprochait, et elles

12. Après Cimon, lea Athéniens trouvèreut-ila encore pour chef un grand homme? Qu'é:ait-ce q le Pér.clès? — 13. Que devnt-il? Quel était aoD caractère ? Qu'était alors Athènes ? — 14. Quel était le caractère difitinciif de la république de Sparte ? de celle d'Athènes '! Lac^uelle de3 deux cojitribua le r»lug.à l'aDaissemen; des Peraeâ '.'

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formaient ainsi deux camps ennemis, profondément divisés de race et de mœurs. Cette rivalité s'accrut encore après les guerres médiques dont Athènes recueillit presque toute la gloire ; car ses sacrifices et ses habiles généraux avaient le plus contribué à l'abaisment dos Perses.

GUERRE DU PÉLOPONÊSE (431-404).

1. Sparte cherchait tous les moyens de recouvrer la suprématie; les fautes d'Athènes lui en fournirent l'occasion. Abusant de l'autorité qui leur avait été confiée, et d'une sorte de suprématie morale, les Athéniens intervinrent dans les afi'aires intérieures de leurs alliés, et leur imposèrent des tributs, dont ils se sej-vaient pour embellir et fortifier leur cité. Ils. marchaient ouvertement, sous la conduite de Périclès, à la domination de la Grèce : de là un mécontentement général nourri par la haine jalouse de Sparte et par for et les intrigues de la Perse.

2. Les choses en étaient à ce point lorsqu'une querelle s'éleva entre Corcyre et sa métropole Corinthe, alliée de Sparte. Les Athéniens, malgré le droit des gens, se déclarèrent pour la ville rebelle ; ce fut le signal de la guerre du Péloponèse (431). Arçhiilamus, roi de Sparte, entra dans l'Attique avec une puissante armée. Périclès. chef des Athéniens, alla de son côté ravager le Péloponèse pour obliger les confédérés à courir au secours de leur paj^s. Athènes fut attaquée de nouveau; mais la peste s'étant mise dans les deux armées, les détruisit pre que entièrement ; Périclès lui-même en mourut (429).

3. Athènes tenta de prendre pied dans le Péloponèse, tandis que Sparte, pour l'en arracher, attaqua ses colonies de la Alacédoine. Une action meurtrière eut lieu sous les murs d'Amphipolis (421); les géné-

1. Quelles furent les causes de la gnere du Péloponèse? — 2. Quelle en fut 1 occasion ? Cotnmentla guerre cûminença-t-elle? Quelle ^ fut la principalo Yiciirao do la peste? — J. Quelle lut l'iasue de la bataille d'AmTDhiTjolis ?

1? I aREcs. 45

rans des deux armées ennemies y périrent à la fois, et leur mort fit triompher le parti de la paix, représenté par Nicia.-?, qui ménagea entre les deux peuples la trêve désignée par son nom (421).

4. Alcibiade, ayant succédé à Périclès, son oncle, dans le gouvernement d'Athènes, forma une nouvelle ligue contre les Lacédémoniens, et décida ses concitoyens à porter en même temps la guerre en Sicile contre Syracuse; mais, accusé d'avoir mutilé les statues de Mercure, il fut cité au tribunal du peuple, et obligé de prendre la fuite. Peu après, il apprit que les Athéniens l'avaient condamné à mort : je leur apprendrai bien, dit-il, que je miis envie; et il se retira chez les Lacédémoniens, avec lesquels il combattit contre sa patrie. Kicias, qui lui avait succédé, fut vaincu par les Syracusains. Sept mille Athéniens furent jetés dans des carrières, où ils périrent de misère, après y avoir souffert des maux inexprimables. Les Lacédémoniens, profitant de ce désastre, attaquèrent les Athéniens, qui furent obligés de rappeler Alcibiade ; ils le disgracièrent bientôt. Le commandement fut confié à dix généraux, au nombre desquels PC trouvait Conon, qui s'était déjà distingué dans différentes entreprises ; le désaccord de ces généraux amena la défaite des Athéniens.

5. Athènes, au désespoir, fit un dernier effort, et remporta la grande victoire navale des.Ai:ginuses (406) ; mais elle la déshonora par la mort de ses ge^ néraux, condamnés sous prétexte que c'était par l'effet de leur négligence que l'on n'avait pu recueillir et ensevelir les corps des guemers qui étaient tombés dans la mer, malgré une tempête qui avaient dispersé leurs vaisseaux. '

4. Que fit Alcibiale, arrivé au pouvoir ? Quels plans suggcra-t-il à ses concitoyens ? Les Athéniens furent-ils plus heureux dans leur expédition coucre la Sicile ? Pourc[uoi les Athéniens rappclèrent-il.s Alcibiade ? Par qui fut-il remplacé ? — 5. Que sait-on de la bataille des Arginases?

46 HISTOIJEIE AXCIEX>'^

6. Des regrets suivirent de yjrès une si injuste exéoution, ctLvsandre, ayant pris le commandement des Lacédémoniens, se chargea d'en punir Athènes. Il anéantit la flotte athénienne à l'embouchure de la rivière d'Aigos-Potamos (405). Ce désastre fit perdre à Athènes l'empire de la mer, qu'elle conservait dei)uis soixante-douze ans. Lysandre alla mettre le siège devam Athènes qui, au bout de six mois, fut forcée de capituler (404). Les Lacédémoniens usèrent sans pitié de leur victoire. Après avoir brûlé au son de la flûte, les vaisseaux des Athéniens, et fait démolir les murs de la ville, ils changèrent la forme du gouvernement et imposèrent aux vaincus, sous le nom d'archontes, trente tyrans qui leur étaient dévoués. Ainsi se termina la fanestc guerre du Péloponèse, qui avait duré vingt-sej^t ans (404).

7. Socratc, dans cette grande humiliation de sa patrie, s'efforçait de ranimer le courage de ses concitoyens; il instruisait la jeunesse, consolait les affligés et" soutenait les opprimés avec un courage que no purent jamais ébranler les menaces des tyrans, jusqu'à ce que Thrasj'bule se mît à la tète des exilés, et parvînt à délivrer Athènes.

Cependant Socrate, accusé de méconnaître les dieux, fut condamné à boire de la ciguë (399). A peine ce grand homme eut-il expiré, que le peuple passa de l'injustice aux remords, punit les ennemis de son bienliiiteur et lui érigea des statues.

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