Qu'étajoDt les Francs
2. Ils passèrent le Eh in vers l'an 420, sous la conduite do Pharamond, qu'ils s'étaient choisi pour chef. Sous Clodion, qui succéda à ce dernier (428), ils s'emparèrent de Cambrai, de Tournai et d'Amiens. Après la mort do Clodion, Mérovée fut élu pour lui succéder (448). Ce prince contribua puissamment à la victoire dans les plaines do Châlons contre Attila, et son nom devint si célèbre qu'il a servi à désigner tous les rois francs de la première race. Childéric, son fils et son successeur (456), donna le jour à Clovis, que l'on doit considérer comme le véritable fondateur de la monarchie franquo (481).
3. A son avènement au trône, le jeune Clovis, possédait déjà les vertus et le génie qui font les conquérants. Les Bourguignons occupaient encore les provinces comprises entre le Ehône, la Saône et les Alpes ; les Yisigotns étaient maîtres des pays situés entre les Alpes, les Pyrénées et la Loire, etlesEomains avaient conservé le reste de la France, à l'exception de quelques provinces du nord-est, que les Francs avaient conquises. Clovis triompha successivement de tous ces puissants rivaux. Syagrius fut le premier qui éprouva l'effet de sa valeur ; par la défaite et la mort de co général, la puissance des Eomains dans les Gaules fut annéanlie. ^ '
4. Gondebaud, roi des Bourguignons, accorda à Clovis, son redoutable voisin, la main de Clotilde, fille de l'un de ses deux frères, qu'il avait assassiné. Clotilde^, qui était catholique, usa de toute son influence pour attirer son époux à la foi qui était la sienne. Un événement merveilleux hâta la conversion de Clovis, d^nt le paganisme était déjà fort ébranlé. Les Allemands ayant fait invasion dans ses États, Clovis marcha à leur rencontre et leur livra bataille près de Tolbiac; voyant ses soldats plier, il leva les yeux aux ciel, et
2. Quel fut le premier roi des Francs? Où se distingua Mérovée ? Quel fut le père de Clovis ? — 3. Quelles é aient les puissances qui dominaient en Gaule, à ravéncment de Clovis ? Quelle est celle qu'il attaqua la première ? — 4. Qui Clo^is épousa-t-il? Racontez sa conversion.
LES PRAXCS SOUS LES MÊROVINGIEXS. 105
s'écria : ^' Dieu de Clotilde, si tu me rends victorieux, jamais je n'aurai d'autre Dieu que toi. " Aussitôt ses troupes se rallient, retournent à l'ennemi et remportent la victoire. Fidèle à sa promesse, il se fit instruire et reçut le baptême à Eeims des mains de saint Eémi, avec trois mille de ses soldats (496) ; bientôt cet exemple fut suivi par la plupart de ses sujets.
5. Clovis, entre autres succès, remporta encore une célèbre victoire sur Alaric II, roi des Visigoths, qu'il tua de sa propre main à Touillé, près de Poitiers (501). En agrandissant ses États et en affermissant son pou- Toir, Clovis s'efforçait d'organiser le gouvernement et de maintenir la discipline par des règlements qu'il fit dresser dans le concile d'Orléans, en 511 ; mais son ambition insatiable le porta à des actions injustes et violentes bien indignes du nom de chrétien et de la gloire du monarque. Il mourut à Paris, dont il avait fait sa capitale (511).
6. Après la mort de Clovis, son royaume fut partagé entre ses quatre fils : Thierry, l'aîné, régna à Metz, Childebert à Paris, Clot^ire à Soissons et Clodomir à Orléans. Ces princes vécurent en paix tant qu'ils suivirent les avis de sainte Clotilde, leur mère ; mais l'ambition et la jalousie vinrent bientôt troubler cette heureuse harmonie. Clodomir étant mort, Clotoirc et Childebert égorgèrent ses enfants afin de s'emparer de leur patrimoine ; le plus jeune nommé Clodoald et depuis saint Cloud, échappa seul au massacre ; il se retira près de Paris, dans un village qui porte aujourd'hui son nom. Clotaire survécut à ses frères, et régna seul près de trois années (55S-561).
7. Clotaire laissa quatre fils, savoir : Caribert, qui fut roi de Paris, Gontran, roi de Bourgogne, SigeberL I, roi de Metz ou d'Austrasie, et Chilpéric T, roi de Soissons. Ce nouveau partage occasionna de grands
5. Quelle victoire Clovis remporta-t-il sur les Visigoths ? A quoi son ambition le porta-t-elle ? Quel est celui des enfants de Clovis qui resta seul maître de toute la monarchie ? — 7. Quels sont les fils de Clotaire? Quelle fut la cause de la rivalité entre l'Austraîic et la Neustrie?
troubles dans l'Ëtat et fut la cause d'un grand nombre de meurtres et de scandales. L'Austrasie, en contact direct avec les Germains, conserva le caractère propre à ces barbares ; tandis que la Neustrie inclinait davantage vers les mœurs gallo-romaines. Il s'établit entre ces deux royaumes, de même origine, mais de tendances différentes, une rivalité, personnifiée tout d'abord dans l'ardente inimitié de deux reines trop célèbres, Frédégonde et Brunehaut.
8. Brunehaut, fils du roi des Visigoths d'Espagne, était épouse de Sigebert. Frédégonde, d'une naissance obscure, était arrivée par le crime à partager le trône de Cbiliéric, en faisant assassiner sa seconde femme, Galswintbe, sœur de Brunehaut. Telle fut d'abord la cause de la guerre entre les deux frères. Sigebert fut assassiné par Frédégonde comme il marchait contre Chilpéric (575). Son fils Childebert lui succéda sous la 'protection de Gontran. Brunehaut régna sous le nom de son fils, et fit bénir la sagesse de son administration en Austrasie.
9. Frédégoudc; pour assurer le pouvoir entre ses mains, fit assassiner Chilpéric (584), et prit la tutelle de son fils Clotaire II, âgé seulement de quatre mois. Le roi d' Austrasie, Childebert II, étant mort, elle crut le moment favorable pour attaquer ses fils, Théodebert II et Thierry II qui régnaient, l'un en Austrasie, l'autre en Bourgogne. Elle gagna sur eux la victoire de Leucofao, près de Laon. Ce fat son xlernier succès ; elle mourut la même année ( 596 ), justement détestée pour ses forfaits.
10. La division s'étant mise entre Théodebert et Thierry, le premier périt en combattant son frère," et le second l'année suivante (613). Clotaire II, instruit par les leçons de sa mère Frédégonde, fit périr Brunehaut au milieu de cruels supplices, égorgea ceux de sa famille qui pouvaient lui porter quelque ombrage, et réunit toute la monarchie franque sous sa domination. Son règne est surtout remarquable par
8. 9. Qu'étaient Brunehaut et Frédégondo ? Quels orimes commit Frédégonde ?— 10, Que devint Brunehaut?
LES FRANCS SOUS LES MÉROVINGIENS. lOÎ
les commencements d'une puissance nouvelle, celle des maires du palais.
11. Après Clotaire II, son fils Dagobert I (628) éleva tout d'abord la monarchie franque à l'apogée de sa pui.-ssance. ]\Iais il se laissa ensuite entraîner par ses passions, et au lieu d'écouter les sages ministres que son père lui avait laissés, il s'empara des biens des églises pour subvenir à ses dépenses, négligea ses affaires pour se livrer au plaisir, et prépara ainsi la décadence de sa dynastie. Cette décadence fat mémo si rapide que ses deux fils, Sigebert, en Austrasie, et Clovis II, en Xeustrie, ouvrirent la liste des rois fainéants ( 638 ).
12. Ces deux princes étant trop jeunes pour régner -seuls, l'administration resta entre les mains des
maires du palais. Dans l'origine, ces officiers étaient presque sans importance ; ils n'étaient que des intendants, et le roi les nommait et les révoquait à volonté. Sous les rois fainéants, ce sont les maires du palais qui régnent, et qui doivent seuls attirer l'attention. L'un d'eux. Pépin de Landen, gouverne avec sagesse le royaume de Sigebert; Grimoald, son fils, qui lui succède dans l'administration, fut cruel et ambitieux. Après la mort de Sigebert, l' Austrasie se réunit ellemême à la Xeustrie, où régnait Clovis, qui devint ainsi seul roi ( G50 ).
13. A la mort de Clovis II, ( 656 ) la monarchie fut encore divisée entre ses fils. Clotaire III eut la Xeustrie, et Frédéric II, l'Austrasie ; Thierry étant encore au berceau, n'eut d'abord aucune parî à l'héritage de son père. Sainte Bathilde, mère des deux souverains, eut la principale part dans le gouvernement des Etats de Clotaire, âgé seulement de cinq ans. Mais Ebroïn, maire du palais, l'obligea, à force do vexations, de lui abandonner la direction des
11- Quel fut le successeur de Clotaire II? Que fit Dagobert au commenoemont de son règne ? — 12. Qui succéda à Dagobert ? Quelle était la charge des maires du palais ? Que sait-on de Pépin de Landen et de Grimoald ?— 13. Quels furent les fila de Clovis II ? Qu'était sainte Bathilde ? Que ût Ébroïn ?
108 HISTOIRE DU ilOYEX-AGE.
affaires. La reine se retira dans son couvent de Chelles.
14. Clotaire III étant mort en 670, Êbroïn fit proclamer son frère, le jeune Thierry III. Celui-ci eut pour successeurs Clovis III et Chilcîebert III. Pépin d'Héristal, maire du palais, et petit-tils de PéDin do Landen, continua de gouverner en leur nom. Ébroïn ayant été mis à mort en 6S1, Berthaire, son successeur, n'eut pas la force de résister à Pépin. La bataille de Testry donna la prépondérance à l'Austrasie. Depuis ce moment, la famille des Pépin fut à la tête des affaires. Pépin d'Héristal administra le royaume jusqu'en 714.
15. Les derniers rois de la dynastie mérovinc^ienne furent Dagobert II, Clotaire IV, Chilpéric II, Thierry lY et Childéric III. Les maires du palais, et notamment Charles Martel, fils de Pépin d'Héristal, eurent toute la gloire du gouvernement et des victoires que les Francs remportèrent sur leurs ennemis.
16. Charles Martel fit d'abord la guerre aux Allemands, qui attaquaient sans cesse les frontières du nord, et ensuite aux Sarrasins ou Arabes, qui s'étaient emparés de l'Espagne. Une armée innombrable de ces derniers, sous la conduite d'Abdérame, s'avança vers la Loire, après avoir ravagé toutes les provinces méridionales. Charles marcha à sa rencontre et la joignit entre Tours et Poitiers (732). Après un jour entier d'une lutte terrible, les Francs se préparaient de nouveau à combattre lorsqu'ils aperçurent le camp des Sarrasins désert; ils s'étaient enfuis, laissant sur la place, dit-on, trois cent soixante-quinze mille morts, du nombre desquels était leur général. Cette ^'ictoire, qui valut à C-îlarles le surnom de Marte! (marteau), sauva l'Europe. Sans le génie du chef et le courage des soldats, les Arabes, déjà en possession 'de la plus
14. Quels furent les successeurs de Thierry III ? Q li gouvernait en Austrasie ? Qu'est-ce qui donna la prépondérance à l'Aiistrasie ? — 15. Quels furent. les derniers rois de la dynastie mérovingienne ?— * 16, A qLui Charles Marf*^^ tU--] la guerre? Racontcz'la bataille de Poitiers."
L ESPAGNE ET LA GIU.>vDE-BIlErAaXE. 109
grande partie de l'Orient, auraient imposé leur joug au reste du monde chrétien.
17. Les deux fils de Charles Mart<3l, Carloman et Pépin, succédèrent à leur père dans le gouvernement do la monarchie. Bientôt Carloman, renonçant à toutes les grandeurs humaines, se retira dans le monastère du Mont-Cassin (7-47), où il vécut et mourut sain*ement. Pépin, resté seul, fut invité par les seigneurs à prendre le titre do roi, puisqu'il en avait toute l'autorité. Le pape Zacharie consulté à ce sujet, lui ayant fait une réponse favorable, les Francs rélevèrent siîT le pavois dans la ville de Soissons, et il fut couronné par saint Bonifacc, l'apôtre de l'Allemagne (752). -
SECTIOX III.