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I,ES TURCS

SECTION I

E3IPIRE D'ALLESIAGNE.

1. Après un long interrègne, les électeurs mirent fin à l'anarchie qui désolait l'Allemagne en donnant la couronne impériale à Rodolphe de Habsbourg, le fondateur de la maison d'Autriche (1273). Rodolphe 1er fit deux fois la guerre avec succès à Ottocar, roi de Bohême. Content d'avoir rendu la paix à l'empiro par sa vigueur et sa sagesse, il n'intervenait aucunement dans les affaires d'Italie. Mais il échoua en voulant faire élii-e pour son successeur, Albert son fils, auquel la diète préféra Adolphe de Nassau (1291). Celui-ci compromit bientôt son pouvoir par des entreprises injustes. Une guerre civile éclata entre lui et*

1. Quel fut lo fondateur do la maison d'Autriche ? Où Albert lep vainquit-il Adolphe do Nassau ?

EMPIRE DALLEMAtNE. lâS

son compétiteur Albert ; il périt ci la bataille de Goîheim, près de WormSj tué de la mai^ de son rival (1298).

2. Albert 1er d'Autriche, fils de Eodolphe do Hab.^bourg, après avoir triomphé par les armes, se fit élire- régulièrement. Il guerroya inutilement contre la Hollande, la Thuringe et la Bohême, et périt en marchant contre les Suisses que la tyrannie de ses officiers avait poussés à la révolte (1308). A la mort de Henri Vil de Luxembourg, successeur d'Albert 1er, Louis de Bavière et Frédéric d'Autriche s'étant disputé le trône impérial, les Suisses ayant à leur tête le célèbre Guillaume Tell, n'hésitèrent pas à se prononcer en faveur du premier. Alors l'archiduc Léopold, frère de Frédéric, envahit leurs montagnes avec une armée de six mille hommes. Ils le laissèrent s'engager dans un défilé à Morgarten, et quoiqu'ils ne fussent que quinze cents, ils taillèrent en pièces son armée (1386) Cette victoire ainsi que celle de Sempach (1386) et de Xœfels (1388), les affranchit entièrement de l'Autriche, et leur république fédérative compta bientôt sept et plus tard treize cantons.

3. Louis Y de Bavière (1314), après avoir triomphé de son compétiteur, Frédéric d'Autriche, àXulhdorf(1322), voulut rendre son pouvoir absolu, nonseulement en Allemagne, mais encore en Italie. Il prit partie contre le Saint-Siège, protégea les ennemis du pape ainsi que les erreurs condamnées, et se fit excommunier plusieurs fois. Clément YI lui opposa Charles de Luxembourg, fils de Jean, roi de Bohème, contre lequel il allait marcher lorsque la mort le surprit.

4. Charles lY de Luxembourg (1347), parvenu à l'empire, fit de grands sacrifices à la paix en Allemagne et en Italie. II céda ses droits de suzerain sur Milan, Florence, Ferrare et sur la Sicile. Dans la diète deXurembcrg, tenue par lui en 1350, fat décré-

2. Comment Albert 1er tinit-il ? Par quelles batailles les Suisses ont-ils assuré leur triomphe ? — 3. Quelle t'iit la conduiie de Louis de Bavière envers le Saint-Sit-ge ? — 4. Que! f t suu snf^ecssonr ? Qn'appelle-t-on Bulle d'or ?

164 EieroiRE du moten-aoe.

téela fameuse Bulle rTor, sorte do constitution qui réglait les droits et privilèges des sept électeurs et le mode d'élection des empereurs. Eoi de Bohème, il agrandit son royaume héréditaire ; roi d'Arles, il reconnut la cession d'Avignon au Suint-Siége et celle du Viennois à la France.

5. Wenceslas a^-ant succédé à son père Charles IV (1378), sur le tj-ône impérial, laissa l'Empire en proie à la plus honteuse dissolution pendant que l'Église était désolée par le schisme et par tous les désordres qui en étaient la conséquence. Les électeurs partagèrent le mécontentement universel et le déposèrent (1400). Au nombre de ses crimes, il faut compter le martyre de saint Jean jSTépomucène, qu'il fit noyer dans la Moldau pour n'avoir pas voulu lui révéler la confession de l'impératrice.

6. Eobert de Bavière (1400), que les électeurs mirent sur le trône impérial après la déposition de Weuceslas, essaya vainement de relever l'autorité, impériale en Italie. Il fut vaincu près du lac de Garde p^r Galéas Visconti et obligé de renoncer à ses prétentions sur ce pays. Eobert mort (1410), la diète se partagea entre trois rivaux et finit par élire Sigismond de Luxembourg, roi de Hongrie (1411). Ce prince, de concert avec le pape Jean XXIII, convoqua le concile de Constance qui devait terminer le schisme d'Occident et réformer l'Eglise. Les hérésiarques Jean Huss et Jérôme de Prague cités devant ce concile, étant demeurés obstinés dans l'erreur, furent livrés au bras séculier qui les fit brûler vifs, suivant la loi de ces temps barbares.

T. Cependant les partisans de Jean Huss, fort nombreux, surtout en Bohème, prirent les armes et vengèrent la mort de leur chef par le massacre du sénat de Prague (1419). Telle fut l'origine de la guerre religieuse et sociale dite des Hussites, dont les ravages, pendant quinze ans, s'ajoutèrent à ceux des

5. Quel fut le règne de Wenceslas ? — 6. Qui lui succéda ? Pourquoi Sigismond tit-il convoquer xm concile général ? Où se tint-il ? — I. Que firent les Hussites ?

Ottomans. Sigismond, après avoir essuyé de grands revers, eut pourtant la consolation de rétablir la paix dans ses Etats avant de mourir. Sous son règne, la mai.^on de Hohenzollern, devenue depuis la maison royale de Prusse, acquit la marche de Brandebourg et la dignité électorale (1418).

8. La maison de Habsbourg reparut ensuite dans la personne dMlbert II d'Autriche (1438). Son règne ne dura pas deux ans, mais il e»t remarquable en ce que la maison d'Autriche ressaisit alors le sceptre im];érial pourne plus le perdre. Albert II laissa sa couronne à Frédéric III, son parent, qui conclut un concordat avec le Saint-Siège et alla ensuite se faire sacrer à Eotne par ZSTicolas Y (1452). C'est le dernier des princes allemands qui reçut à Eome cet honneur. Le reste de son règne appartient à l'histoire moderne.

SECTiox n.

1. La guerre des investitures avait plongé l'It-rtlie dans une grande confusion. Les noms de Guelfes et de Gibelins y avaient perdu leur signification primitive pour s'appliquer, le premier, aux partisans de la démocratie, le second, à ceux de l'Empire. Partout ces deux factions furent une cause permanente de troubles. L'Italie, occupée au centre par le pape, comptait encore une foule d'autres États, tels que les républiques de Yenise, Gênes, Pise, Milan et Florence; enfin, le rovuume français des Deux-Siciles.

2. Yenise et Gênes. — Yenise, fondée, à l'époque de l'invasion des Huns, gouvernée, depuis 697, par des doges ou ducs, s'était donné une constitution d'un

8. A quelle ppoque et sous qui le sceptre impérial se Bxa-t-ii dans la maison d'Autriche ? Quel est le dernier empereur d'Allemagne qui ait été couronné à Rome ?

1. Quel résultat avait produit la guerre dea ioToatiturei ea Italie ? —2. Par qui Veni«© était-eUe goav«r»4© ?

caractère purement aristocratique. Malgré les révoltes et les conspirations, cette forme de gouvernement parvint à se consolider.

3. A Gênes, au contraire, la faction démocratique, maltresse du pouvoir, amena des révolutions fréquentes, souvent même des appels à la domination élrano-ère. Les deux républiques entrèrent de bonne heure en lutte, parce qu'elles se disputaient le commerce de la Méditerranée et de l'Orient. La part active que Venise avait prise à la quatrième croisade, lui avait livré presque tous les ports du Xevant. Le retour des empereurs grecs à Constantinople fit triompher les Génois qui chassèrent leurs rivaux deja Grèce et leur interdirent le commerce de la mer Noire.

4. Les Vénitiens ne se résignèrent pas à cette décadence. Ils entreprirent conti-e les Génois la guerre de Gaffa, qui se termina en 1355, à l'avantage de leurs rivaux. Une seconde guerre plus sérieuse éclata en 1378; les Génois, aj^ant défait la flotte vénitienne devant Pola, s'étaient emparés du port de Chicxzza. Dans ce pressant danger, Victor Pisani, faisant appel au couraga de ses concito^^ens. les obligea tous,

bourgeois et nobles, à prendre Jes armes et leur fit jurer de mourir pour sauver l'État. Il fut assez heureux pour détruire la -flotte génoise en l'enfermant dans Chiozza (1380). La paix fat conclue l'année suivante. Venise reprit dès lors l'avantage pour ne plus le perdre. Supérieure par la stabilité de ses institutions, Venise fit encore d'importantes corquêtes. .

Le peuple et les patriciens de ^ enise et de b-enes avaient des goûts magnitiqucs; ils couvrirent leurs villes de palais de marbre et d'églises splendides, qui firent l'ornement de l'Italie et du monde.

5. Milan et Pise.— Milan défendit longtemps, à la tête des cités lombardes liguées sous le patronage des

3. Pourquoi Venise et Gènes étaient-elles en lutte ?— i. yui fut victorieux dans la guerre do Caffa ? Qu'arnva-t-il dans la guerre dft Chioîaa ? Quelles en furent les conséquences pour les Génois ? Que devint V»o) se?— 5. Quelle fut peii4açtivpstemp» l'attitude de ^lan ,

papes, son indépendance et ses libertés contre les empereurs d'Allemagne. La fureur des partis et la jalousie des villes compromirent une si belle cause; puis le besoin do repos favorisa i'u.surpation.

6. Au quatorzième siècle, Mathieu Yisconti reçut de l'empereur Henri VII le titre de vicaire impérial de la Lombardie (1311). Ses descendants parvinrent à dominer dans toute la haute Italie. Le plus célèbre d'entre eux, Jean G-aléas, obtint de l'empereur Wenceslas le titre de duc de Milan. Ses fils ayant laissé décliner leur famille, furent renversés par le célèbre François Sforza, chef de condottieri ou mercenaires italiens.

T. Pise, très-florissante à l'époque des croisades et sous les princes de la maison de Souabe, prit part à toutes les luttes de l'Italie. Menacée dès l'origine, par l'inimitié des Génois, elle leur disputa la possession de la Sardaigne, et perdit la bataille de Méloria (1284) . Un traité signé avec Gènes, força Pise à combler son port, source de toute sa richesse et de toute sa prospérité (1284). Il lui resta, pour se consoler, sa parui'o d'admirables éditices, et surtout le Campo Santo où survirent encoio sa gloire et son génie.

8. Florence. — Cette industrieuse et opulente ville, la cité des métiers et des arts, fut, plus que toute autre, en proie aux querel les des Guelfes et des Gibelins. Le iCénie du Dante se forma au milieu de ces luttes politiques, mais ce poète erra pauvi-e et proscrit dans les campagnes désolées de la Ptomagne. L'illustre famille de Médifis s'éleva du milieu de ces troubles et parvijit au souverain pouvoir. Jean de Médicis, leur chef, prit lo titre de prince au commencement du XYe siècle et mérita, par sa i:énérosité et la protection qu'il accorda au peuple, le titre de Père des paucres. Cômo de Médicis, qui lui succéda dans sa dignité et sa puis-

C. Quelles sont les familles qui ont régné à Milan? Quelle est la dynastie qui a succodé aux Visconti ? — 7. Qu'ét*it nlors Pise ï Par quelle ville fut-elle vaincue ? — 8. A quelle famille Florence dut-eKo 8on illustration ? Que fit Jean de Médicis? Quel était le caractère d» Côoae?

eancc (1429), était un riche négociant qui se servait de ses revenus pour multiplier ses bienfaits. Les Florentins firent inscrire sur sa tombe le titre glorieux ue Fèrc de la patrie.

9. EoME ET LES États DE l'Église. — La voix paternelle des papes invitait en vain tous ces furieux à la réconciliation et à la paix. Eome ressentait toutes les agitations de l'Italie, en même temps que des familles puissantes s'y disputaient le pouvoir les armes à la main. Souvent aussi les empereurs d'Allemagne renouvelaient leurs entrcpri-es de dominatio i. Au milieu de ces troubles, la politique de Philippe-le-Bel transporta le Saint-Siège au-delà des A'pes. Eome se dépeupla pendant cette C«jD^/t7Yf6?e JBabylone, qui dura 70 ans (1308-1378), et elle subit, plus que jamais, les misères de l'anarchie. La tentative républicaine de Eienzi, d'abord très-populaire, aboutit à une tyrannie qui fut fatale à son auteur (135-4). Six papes se succédèrent à Avignon, tous asservis à l'influence française. Enfin, Grégoire XI étant venu à mourir à Eome (1378), les Eomains forcèrent les cardinaux à nommer un pape de leur nation ; ce fut Urbain YI. Bientôt une fraction du sacré collège, révoltée contre le pontife légitime, élut, à l'instigation de Charles Y, roi de France, l'antipape Clément YIII, qui vint résider a Avignon (1378). La chrétienté se partagea entre les deux compétiteurs : de là le déplorable schisme d'Occident qui se termina seulement en 1448, par l'élection de -Nicolas Y.

• 10. Deux-Siciles. — Xous avons vu qu'après la conspiration des Yèpres siciliennes, les Siciliens appelèrent à leur secours Pierre d'Aragon. Après la mort d«> o dernier, Frédéric d'Aragon fut reconnu roi de Sicile par le traité d'Agnani (1302), et Charles II, le successeur de Charles d'Anjou, resta roi de Xaples. Le parti des Aragonais fut soutenu par les empereurs d'Alloma-

9. Que devint Rome pendant l'absence des pnpes ? Combien de papes se succédèrent à Avignon ? A quel pape commença le schisme* d'ôcciJent ? Comu.ent le schisme se termina-t-il ? — 10. Que se passat-il dans les Deux-Siciles après les Vêpres siciliennes ?

gne et les Gibelins, tandis que celui des Angevins représentait la politique du Saint-Siège et du parti ÊTuelfe en Italie. Robert-Ie-Saice, fils et successeur de Charies II d'Anjoû (1300-1343), n'^ut pour héritière qu'une lil.e, Jeanne 1ère. Cette princesse, mariée an tils du roi de Hongrie, ne laissa que de honteux souvenirs. Son héritier était Charles de Duras, mais elle lui préléra Louis 1er, frère du roi de France, Charles V, le fondateur de la seconde maison d'Anjou (1382). Charles de Duras l'emporta sur son rival en faisant étrangler Jeanne.

11. La maison de Duras ou de Durazzo eut une fin presque semblable à celle de la maison d'Anjou. Jeanne II de Xaples, n'ayant pas d'enfants, adopta d'abord Alphonse d'Aragon. Eené d'Anjou, descendant de Louis, adopté lui-même par Jeanne II, en 1434, voulut en vain faire valoir ses droits : il légua ses domaines et ses prétentions à Louis XI, legs funeste qui devint plus tard le prétexte des guerres d'Italie.

12. Les Lettres et les Arts ex Italie. — La langue et la littérature italiennes profitèrent du voisinage de la langue et de la poésie provençales, très-florissantes dans le onzième et le douzième siècle. Les troubadours provençaux furent les première maîtres des plus anciens poètes de l'Italie. Mais, par un effort de son génie, le Florentin Dante créa, pour ainsi dire à la fois, la langue et la poésie de son pays, en élevant l'idiome populaire à la hauteur de ses inspirations. La D'aine comédie nous offre le spectacle attachant d'une âme forte, tendre et sincère qui, de VjEnfer au Purgatoire, du Purgatoire au Paradis, monte, s'épure et se dépouille peu à peu des passions violentes et grossières pour arriver, par le repentir, à la sérénité de la résignation et de l'espérance. Pétraque, d'Arezzo, célèbre tour à tour dans ses Canzoni, la fontaine de Vaucîuse, la liberté et la gloire de l'Italie. Il reçut à Rome, le jour de Pâques 1341, la couronne de laurier, date mémorable dans l'histoire des lettres. L'historien Villani, contemporain de Dante, et le conteur Boccace, ami de Pétraque, fixèrent la prose italienne.

Terre privilégiée, la Toscane fut le berceau des arts comme des lettres. C'est Pise qui, la première, élève des monuments remarquabl'^s, oiî l'architecture nouvelle commence à déployer son génie en dehors du genre byzantin et du gothique. L'Ar-

11. Comment finit la maison de Durazzo ? — 12. Oïl en étaient, à cette époque, les lettres et les arts en Italie ?

ItO HISTOIRE DU MOYEN-AGE.

chitecte Bninelleschi, les sculpteurs Ghiberti et Donatello, tous trois Florentins, régénérèrent l'art, dans la prfniière moitié du XVe siècle, en s'inspirant, avec une originali'é puissante, des modèles antiques. Cmiabué et Giottode Florence, furent les pères de la peinture moderne. Masaccio, leur compatriote, mort en 1443, à vingt-six ans, laissa des sujets d'étude à Léonard de Vinci et à Kaphaêl.

SECTIOX III.

1. Phili]>pe-lc-Bel avait laisse trois fils, Louis dit le Hutin, Philippe Y, dit le Long et Char!es-le-Bel, qui montèrent successivement sur le trône, mais aucun d'eux n'eut le bonheur do transmettre la couronne à nn de ses enfants. Louis X ne ré:^na*que deux an- (1314). Sous son règne, Charles de Yalois exerça la plus grande autorité; il fit augmenter les impôts, vendit les charges judiciaires, et rappela les Juifs moyennant une contribution qu'il leur fit payer. Louis X permit aux serfs royaux de racheter leur liberté, eu disant que suivant le droit de la nature c/iacun d'At nafitre franc.

2. Peu après le couronnement de Philippe Y, le Long, plusieurs provinces furent affligées d'une cruelle mortalité; les Juifs, accusés d'avoir fait empoisonner les puits et les fontaines, furent de nouveau chassés de France et dépouillés de leurs richesses.

3. Charles lY, dit le Bel, étant monté sur le trône, fit la guerre aux Anglais, leur prit plusieurs villes; mais, plein de justice et d'équité, il les rendit ensuite. Par le même motif, et pour ne pas rallumer le feu de la guerre, il refusa la couronne impériale que lui fit offrir le pape Jean XXII. Avec lui s'éteignit la première branche des Capétiens, qui avait régné do 987 à 1323, et donné quatorze rois.

1. Combien Philippe-le-Bel laissa-t-il ù© fils ? Quel fut son successeur ? — 2. Que sait-on de Philippo-le-Long ? — 3. Que se passa-til sous le rèsne de Charles-le-Bel ?

4. En vertu de la loi salique, Philippe YI de valois, )etit-filsde Philippe III dans la ligne masculine, fut

élevé sur le trône do France (1328). Il fut le premier roi de la branche des Yalois, seconde des Capétiens. Son règne fut signalé pur de grands événements. Ce fut sous lui que commença (1338), entre la France et l'Angleterre, la guerre dite de Cent Am. Elle eut pour cause les prétentions d'Edouiard III à la couronne de France. i)'abord ses. troupes de terre gagnèrent la mémorable victoire de Cassel (1328) sur les Flamands révoltés; mais son armée navale fut défaite par les Anglais au combat do l'Écluse (1340). Six ans après il perdit la bataille de Crécj, où périrent une multitude de gentilshommes français. Par suite de cette victoire, Edouard III. roi d'Angleterre, se vit maître d'une partie de l'Artois, et en particulier de la ville do Calais (134T). Une épidémie, jusqu'alors sans exemple, vint se joindre aux malheurs de la guerre et aux désastres d'une horrible famine. Sous lui la France fut écrasée d'impôts. C'est par lui que tut créé l'impôt du sel ou ^aèe//e. Philippe VI, de Yalois, accrut le domaine de la couronne de la seigneurie de Montpellier, du Yiennais et du Dauphiné, qui lui fut cédé par Humbert II, à condition que l'héritier présomptif tlu trône de France porterait le titre de dauphin.

5. Philippe de Yalois eut pour su'cesseur, Jean, surnommé le Bon, son fils (1350) ; ce prince ayant surpris Charles-le-Mauvais, roi deXavarre, qui ravageait la France, le fit mettre en prison. Alors quelques mécontents, profitant de l'occasion, embrassèrent lo parti de Charles, et continuèrent d'agiter l'Etat.

6. Edouard III, roi d'Angleterre, croyant le moment favorable, déclara de nouveau la guerre à la France, et s'avança vers Poitiers. L'ardeur de l'armée

^Irançaise la précipita dans le malheur ; elle fut défaite, et le roi Jean tomba entre les mains do l'ennc-

4. Quel fut le premier roi de la br^mche des Valois? Que sait-ou d^plu? remarquable du règne de Philippe de Valois ? — 5. Qui est-ce qui suooéda à Philippe de Valois ? — Où et par qui le rci Jean fut-il fait prj80wU-er ?

172 HISTOIRE DU MOrEX-AGÈ.

mi (1356). Alors Charlcs-le-Mauvais sortit de prison, fie joignit.aux Flamands et aux Anglais, et en peu de jours la France se vit presque entièrement envahie par de puissantes armées; Paris môme ne dut son salut qu'à la valeur de ses habitants, commandés par llnrcelj prévôt des marchands.

7. Le roi Jean, fatigué de sa captivité, fit conclure avec le roi d'Angleterre, qui avait de nouveau envahi la Fiance, le traité de Brétign}', un des plus désastreux de l'histoire de France (1360). La (xuyenne, le Poitou, la Saintonge, le Limousin, le Périgord et l'Angoumois étaient abandonnés aux Anglais avec une rançon de trois millions d'écus d'or, ^'ayant pu payer toute la somme promise, et apprenant que le duc d'Anjou, son fils, retenu comme otage à Londres, venait de s'évader, il retourna en Angleterre par un scrupule de loyauté, se constitua prisonnier et mourut peu après (1364), sans avoir revu son pays.

S. Pendant la détention de Jean-le-Bon, son fils Charles V, surnommé le Sage, gouverna la France. Ce prince, qui prit le titre de roi après la mort de son père, aidé du fameux DuGiiesclin, défit Pierre-le Cruel, roi de Castille, battit plusieurs fois les Anglais, et reprit sur eux un grand nombre de villes et de provinces qu'ils avaient envahies sous le règne de ses piédécesseurs. Il protégea !e commerce, l'agriculture et les sciences, fit construire la Bastille et les châteaux de Yincennes et de Saint-Germain. Ce bon prince disait souvent: " Je ne trouve les rois plus heureux que les autre«i hommes, que parce qu'ils ont plus de pouvoir défaire le bien."

9. Charles VI n'avait pas douze ans à la mort de son père Charle -le-Snge (1380). Sa minorité fut remplie de troubles. Ayant perdu la raison (1392), ses onc es, les ducs de Bourgogne et de Berry, se disputèrent l'administration des aftaires, et bientôt la

7. Quel fut le résultat du traité de Erét^y ?— 8. Qui «at-oe qui gouverna la France pendant la détentiun de Jean-lo-Bon? — 9.* Quel l'ut le successeur de Charles-le-Sage V Que le fut la minorité d© Charles VI ? Que so pasaa-t-il durant la démène© 4u roi ?

FEAXCE. 173

Frar.cc fut pioT^gée dans tous les malheurs qui résultent d'une guerre civile. Henri Y, roi d'Angleterre, profitant de ces tristes circonstances, s'empara de presque toutes les places importantes, et se fit déclarer régent et héritier présomptif de la couronne de France, Le jeune Dauphin s'était retiré à Bourges avec le peu detroîipes qui lui étaient restées fidèles. A la mort de Charles YI, Henri YI fut proclamé à Paris roi de France et d'Angleterre, par une faction qui s'était vendue à lui. ^

10. Le dauphin, Charles A II, devenu roi, faisait d'inutiles eflbrts pour repousser les Anglais, lorsque Jeanne d'Arc, jeune bergère de la Lorraine, lui fut nrésentée comme ayant reçu du Ciel l'ordre "t le pouvoir de délivrer la France. Sous ses ordres, les troupes de Charles battirent les Anglais d'abord à Orléans, et ensuite sur tous les points de la France jusqu'à Eeims, où elle conduisit le roi pour le faire sacrer. Jeanne voulut alors se retirer; mais elle s était rendue trop nécessaire, et le roi la retint.

Peu après, elle tomba entre les mains des Anglais, qui se couvrirent à jamais de honte en la condamnant à une mort atroce, qu'elle subit avec une résignation toute chrétienne (1431).

11. Cette triste vengeance ne servit qu'à affaiblir la puissance des Anglais. Bedford fut défait à Gerberoy, et le connétable de Itichemond détacha de son alliance le duc de Bourgogne. Charles YII fit son entrée à Paris l'année suivante, et revint habiter le palais de ses ancêtres. On reprit aux Anglais Meaux. Fontoise, Dieppe et presque toutes leurs provinces. Une trêve fut conclue à la suite de toutes ces guerres : mais a son expiration, les succès des armées françaises continuèi'ent. Elles s'emparèrent de toute la Picardie (1450). et Dunois, chargé de la conquête de la Guyenne, s'empara de Bayonne et de Bordeaux, et ruina les espé-

10. Qui succéda à Char es VI? Rncontez l'histoire de Jeanne d'Arc. Comment raourur-e le? Quels furent .es succès des Français après la mort de cette héroïne? Quelles provinces enlevèrent-ils aux Anglais ? Que leur rcsta-t-il en France"?

174 EISTOiiUC Dtr 3J:0T£N''AQ£.

rances des insulaires par la défaite et la mort de Talbot au combat de Castillon (1453). La faute de Louis-lc- Jeune, les revers de Phi lippe-de- Valois, de Jean-le- Bon et de Charles YI étaient réparés. Plus heureux encore que son aïeul Charles-le-Sage, Charles TII, justement appelé le victorieux, ne laissa aux Anglais que la ville de Calais et rendit à la France l'intégrité do son territoire. La guerre de Cent Ans était terminée, l'autorité royale affermie, la nation constituée. C'est alors que s'ouvre l'histoire modorne.

/J- SECTIOX IV.

1. Ldouard II (1307), fils d'Edouard 1er, se déshonora aux yeux de la nation en se laissant gouverner par des favoris. ' Il fut obligé de céder au ressentiment des barons qui obtinrent d'abord l'éloignement, puis le supplice de Gaveston, objet de leur haine. Hobert Bruce, que l'Ecosse s'était donné pour roi (1306), remporta sur les A:nglais deux victoires, dont la plus célèbre, celle de Bannockburn (1314), assura l'indépendance de l'Ecosse. Le malheureux roi d'Angleterre, en butte au mépris des barons, et à la haine de sa femme, Isabelle de France, fille de Philippe-le-Bel, fut jugé par le Parlement et condamné à une prison perpétuelle, qui ne fut pas de longue durée, car des assassins mirent fin à ses jours (1327).

2. L'histoire d'Angleterre, depuis la conquête, ne présente donc au lecteur que guerres civiles, persécutions religieuses, révoltes des fils contre leur père, luttes des frères contre leurs frères, meurtres domestiques, faiblesse extrême ou tyrannie des princes. Cependant la noblesse et la bourgeoisie, trouvant le bien dans l'excès même du mal, avî^ient obtenu de fortes garanties contre l'arbitraire, lorsque s'alluma

1. Quel fut le caractère d'Edouard II? Comment l'Éousse recoQ- Trft-t-el;e son indépendance? Comment mourut Edouard II? — 2. Que présente l'Angleterre depuis la conquête, jusqu'à ce jour ?

cette longue rirai ité entre la France et l'Angleterre, si célèbre >ous le nom de o-uerre de Cent- Ans.

(iouard III, fils et succes.'ieur d'Edouard II, fut obligé, au début de son règne, de reconnaître Robert Eruce et ses descendants (1328). Il voulut revendiquer le royaume de France, au nom de sa mère Isabelle, sœur des trois derniers monarques de ce pays; mais ses prétentions furent repoussées par da nation française, qui lui préféra Philippe YI de Yalois, cousin du feu roi Charles lY; en vertu de la loi salique, on refusa de reconnaître qu'une femme eût le pouvoir de transmettre à son fils de^ droits qu'elle n'avait pas elle-même. Le dépit qu'Edouard en éprouva s'accrut davantage lorsque le roi de France exigea que le roi d'Angleterre vint en personne lui prêter hommage

Four son duché de Guyenne. Edouard, s'étant assuré alliance des Fhimands et la protection de l'empereur d'Allemagne, prit solennellement le titre de roi de France. Les premiers succès furent pour Philippe YI, mais sa flotte, composée de 120 vaisseaux, essuya une sanglante défaite devant le fort de l'Ecluse (1340), à l'embouchure de la Meuse. Les deux partis épuisés conclurent alors une trêve d'un an.

4. Edouard recommença bientôt les hostilités. Il débarqua à Harfleur, dévasta la Xorm?ndie et brûla les villages qui entouraient Paris. Quand il apprit que Philippe s'avançait à sa rencontre avec une armée formidable, il repassa la Seine et la Somme, et vint prendre une position très-forte sur les hauteurs do Crécy (1346), avec ses archers gallois, irlandais et gascons, les meilleurs de TEurofie. Malgré l'infériorité du nombre, la valeur froide des Anglais triompha de la témérité française. Philippe YI fut vaincu. Edouard m, voulant s'assurer l'empire de la mer marcha sur Calais dont il s'empara après un siège de onze mois.

3. Quel fut le successeur d'Edouard II ? Pourquoi prétendait-il à la couronne de France ? Quelle défaite essuya Philippe VI ? — 4. Que sait-on de la bataille de Créoy ? Où 5e rendit ensuite l'armée anglaise ?

176 HISTOffiE DU }*10YEN-AQE.

5. Pendant que ]e monarque anglais guerroyait sur le continent, les Écossais firent une irruption dans ses États en Angleterre, mais ils furent défaits à la bataille de la Croix, do Nevillc, et leur roi fut fait prisonnier. *

6. Lo roi Jean, qui avait succédé à son père Philippe YI, ayant résolu de chasser les Anglais de ses États, se mit en campagne avec une armée de soixante mille hommes. Il tut rencontré près de Poitiers par le prince de Galles, surnommé le Prince ^N'oir. Celui-ci y remporta une victoire éclatante, malgré la valeur héroïque de Jean-le-Bon et de sou jeune lils Philippele-Hardi (1356). Les deux princes furent emmenés à Londres (1356), où ils demeurèrent prisonniers avec David, le roi d'Ecosse.

7. Edouard III, qui avait acquis une si brillante renommée militaire, tomba, vers la fin de son règne, dans l'indolence et la faiblesse, tellement qu'avant^ sa mort, il avait perdu toutes ses conquêtes, à l'exception de Calais. La mort du Prince Noir, dont les actions héroïques n'étaient surpassées que par les vertus aimables qui ornaient son esprit, jeta toute la nation dans le deuil et laissa le père inconsolable. Edouard III ne survécut à son fils que de quelques mois; il mourut dans la soixante-cinquième année de son âge et la cinquante-unième de son règne (1377).

8. Edouard III fat un des princes les plus illustres de son temps. Ses gueiTCS en France comme en Ecosse, bien qu'injustes, mais couronnées de succès, ont fait de son règne un des plus brillants de l'histoire d'Angleterre. Sous lui, la chevalerie fut portée à sou apogée en Angleterre. Edouard lui-même et son fils, le Prince Noir, possédaient à un haut degré toutes les qualités chevaleresques. Il institua l'ordre de la Jarretière et bâtit le magnifique château de AYindsor. Sous son règne la langue française cessa d'être en usage dans les cours de justice.

5. Que se passait-il en Angleterre pendant ce temps-là ?— 6. Dan^ quelles circonstances eut lieu la bataille de, Poitiers et quelles en furent les suites ?— 7. Quelle fut la conduite d'Edouard III vers la fin

8. Eichard II, fils du Frince Xoir, arriva au trône en 1377. Comme il n'avait que onze ans, ses trois oncles, les ducs de Clarence, de Lancastre et d'York, exploitèrent le pavs sous le nom d'un roi enfant. Un impôt odieux excita une insurrection formidable; cent mille paysans, conduits par un forgeron nommé Wat-Tyler, s'emparèrent de Londres(1381). Après avoir apaisé la sédition, il fit une expédition stérile en Ecosse et acheva de mécontenter les Anglais en cédant Cherbourg et Erest à la France, pour prix de son mariage avec la fille de Chai-Ie.s VI. Il revenait de l'Irlande où une révolte avait éclaté, lorsque Henri de Lancastre soulevant le royaume ^contre lui, le vainquit et le fit prisonnier. Comme Edouard II, il fut jugé et déposé; comme lui, il périt de mort violente dans sa prison (1399).

9. L'usurpateur, en montant sur le trône, prit le nom de Henri lY. Il eut d'abord à combattre les prétentions de la maison d'York, rivale de celle de Lancastre. Il affaiblit l'Ecosse et découragea le parti contraire et les barons révoltés, par la victoire de Shrewsbury (1403). Cette querelle devait renaître un demi-siècle plus tard; mais Henri lY, mourant dans la force de l'âge, laissa à son fils Henri Y un royaume affermi, en état de recommencer la guerre avec la France, qui alors était en proie à la plus déplorable anai-chie.

10. A la mort de son père(U13), Henri Y s'empressa de mettre ordre aux affaires intérieures de son royyaume, et envahit la France avec une armée de cinquante niille hommes pour faire revivre les prétentions d'Edouard III. Il débarqua en Normandie, s'empara de Harfleur, et remonta vers Calais à travers la Picardie pour éviter l'armée française. La retraite hii fut coupée dans l'Artois, près d'Azincourt, par des forces plus considérables que les siennes. Ce qui avait perdu les Français à Crécy et à Poitiers, les

d« sa Tie ?— 8. Qui gouverna sous la minorité de Richard II ? Par oui fut-il détrOné ?— 9. Quel fut le successeur de Henri IV'— lu Quelle en la grande batailla r^uo Henri V remporta sur Ua Français '

perdit encore à Azincourt (1415) ; ils se précipitèrent aveuglément sur les ennemis et s'enfoncèrent dans les marais, où les archers anglais n'eurent que la peine de les bien viser. Il resta sur le champ de bataille dix mille morts, parmi lesquels sept princes et cent vingt seigneurs. Après avoir réduit la Normandie, Henri V se fit déclarer régent du royaume de Franco et héritier de Charles YI. Il mourut à Yincennes, en 1422.

11. Henri Y ne laissait pour successeur qu'un enfant de dix mois qui fut proclamé roi de France et d'Angleterre sous le nom de Henri YI. Le duc de Bodford son oncle et son tuteur, soutint ses intérêts avec autant de vigueur que d'habileté. Les Français, trouvant le moment fiivorablo, résolurent de secouer le jou^ anglais, et revendiquèrent de nouveau l'indépendance de leur pays. '

12. Cependant le duc de Bedford avait mis le siège devant Orléans, ville alors très-forte, que fermait le passage de la Loire (1429). La France eut été perdue si la mésintelligence, survenue entre le duc de Bourgoo-ne et les Anglais, ne leur eût enlevé un allié précieux, et surtout, si la mission de Jeanne-d'Arc n'eût fait éclater dans le bras le plus faible une force divine. Cette jeune fille, à la tète des guerriers français, enleva bientôt toutes les bastilles des Anglais devant Orléans, et le siège, qui durait depuis sept mois, fut levé. Peu après, les Anglais avaient perdu toutes leurs possessions en France, Calais excepté.

SECTION Y

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