‹ Cours abrégé d'histoireChapitre 172 sur 209 · EA^•CE · texte numérisé non relu

EA^•CE

TTestphalie. 3Ia*rchant contre la Prusse^ nui venait de lui déclarer la guerre, il est vainqueur a léna et à Lubcck, et fait son entrée à Berlin, le 6 novembre 1806. Les victoires d'Eylau et de Friedland amenèrent le traité do Tilsitt (ISOT), qui eut lieu entre la France, la Prusse et la Pussie, et qui était hosfCo à l'Ancrleterre.

20. Xapoléoii, enflé par ses étonnants succès, porta bientôt toute son attention sur l'Espagne et le Portugal. Terrifiée devant les mesures menaçantes de Terapereur des Français, la famille royale de Portugal émigra au Bi-ésil; et Charles IV, *roi d'Espagne, fut obligé d'abdiquer en faveur de Joseph Bonaparte. Le trône de îsTaples, déjà occupé par ce dernier, fut alors donné à Murât, beau-frère de îsTapoléon (1808).

La nation espagnole se souleva partout contre les Français^ et commença, aidée de l'Angleterre, une guerre qui dura jusqu'en 1814. Les Français y remportèrent plusieurs victoires; mais Sir Arthur Wellesly, depuis duc de "Wellington, qui^ commandait les forces réunies d'Espagne et d'Angleterre, gagna les batailles de Talavera, Saîamanque et Yictoria.

21. L'empereur d'Autriche, voyant les forces des Français occu^^ées en Espagne, crut le moment favorable pour recouvrer ce qu'il avait perdu et commença la guerre. Xapoléon se reporta rapidement en Allemagne, envahit l'Autriche, et gagna les batailles de Katisbonne. d'Essling et deTVagram. Cette guerre fut bientôt conclue par le traité de Vienne (1801»). L'empereur d'Autriche ne fut pas seulement obligé de céder plusieurs provinces, mais encore condamné à l'humiliante nécessité de promettre sa fille Marie-Louise, en mariage à son ennemi victorieux. Afin do consommer ce mariage, iXapoléon se sépara par un divorce de sa première femme, la vertueuse imjiératrice Joséphine.

.'•». Quels pays appelèrent ensuite l'attention de Napoléon ? A quoi > uiigca-t-il CliarlcB IV ? Les Français eurent-ils des succè» en Espagne?—21. Contre qui Xapol/on eut-il à combattre, en 1809 ? Qui éftooia-t-il ensuite?

210 HISTOIRE Morrr.NE.

22. Pondant la campagne qui vient <io se terminer par la victoire de "\Vagram, Xapo!con autorisa un acte barbare de tyrannie et de cruauté, qui a laissé à sa mémoire une tache des plus dégoûtantes, et qui est devenue le point rétrograde de sa fortune, parce que à partir de cet acte, on peut dater sa chute précipitée du bommet de la puissance à une triste et languissante captivité. Cet acte déploi-able fut le détronement et l'emprisonnement du vénérable pape Pie Vil, et la violente annexion du patrimoine de saint Pierre <}t de la Ville Eternelle à l'empire français, parce que le pape avait refusé de se conformer aux demandes arbitraires et injustes du conquérant impérieux. Cet événement eut lieu le G juillet 1800.

23. Alison, célèbre historien anglais, conclut son récit de cette transaction infâme par le remarquable passage suivant : — '' Que prétend donc le pape, " dit Jsapoiéon à Eugène, en 1807, " en menaçant de m'excommunier ? Pense-t-il que les armes tomberont des mains de mes sold'uts ? " Il y avait à peine deux ans que ces remarquables paroles avaient été prononcées, quand le pape l'excommunia, en retour de la contiscation de tous ses États; et, quatre ans s'étaient à peine écoulés, que les armes tombaient des mains de .ses soldats ; les légions, invincibles en apparence, qu'il avait réunies, étaient dispersées et ruinées par le souffle de l'aquilon. Il extorqua au pape, à Fontainebleau, en 1813, par les terreurs et l'épuisement d'une longue captivité une renonciation des droits de l'Eglise sur les États-Pomains; et, deux ans après, il était lui-même forcé, à Fontainebleau, de signer son abdication de tous ses états. Il ûi garder pendant quati'e ans en prison, au milieu des neiges des Alpes, le cardinal Pacca et plusieurs autres prélats, conseillers courageux de la bulle d'excommunication ; et luimême fut bientôt après condamné à un douloureux exil de six années, sur le rocher de Sainte-IIélène !

22. Qu'arriva-t-il en Italie pendant la campagne de AVagram ? — 23. Quelles réflexions l'hittorien anglais .Ali?on fait-il touchant U conduite de Xapoloon envers le papu ?

raANCî. 211

"Il y a ", continue Alison, ''dans ces coïncidences merveilleuses, quelque cho^o au-dessus des opérations du hasard, et que même un historien jjrotestant se sent tenu de noter pour servir de leçon aux siècles à venir. Le monde n'a pas rétrogradé de mille ans ; mais cet Être existait, devant qui mille ans sont comme un jour, et un jour comme milie ans. "

24. En attendant, l'ambition inquiète de l'empereur (le^ Français ne se ralentissait pas. Eu 1S12, au fort • le sa lutte dans la Péninsule, il déclara la guerre à la Russie, sous le prétexte que, contrairement au dispositif du traité de Tilsitt, cette dernière puissance avait favorisé le commerce britannique. En conséquence, à la tête d'une immense armée, il envahit la liiissie, défit les Eusses à Smolensk, livra la teiTible l»ataille de Borodino, où périrent près de trente mille hommes de chaque côté, et, à la tète de ses légions victorieuses, s'avança sur ^Moscou qu'il trouva enveloppée par les flammes et abandonnée de ses habitantfj. Les Eus>es avaient mis le feu à la ville, afin trempêcher l'armée française d'y trouver asile. Bona- ]>aile crut alors prudent de retraiter vers les frontières. On pourrait à peine trouver dans les annales de l'histoire le parai le !e des souffrances qu'eut à endurer l'armée française par suite du froid et de la famine. Il e.-t reconnu que près de trente mille chevaux périrent en un seul jour, par suite de la sévéi'iîé du climat. Des quatre cent mille hommes (|ui entrèrent en Eussie avec Napoléon, trente mille seulement repassèrent le Xiémen.

25. Napoléon, abandonnant le reste de son ai'mée sur les frontières de la Eussie, s'enfuit, déguisé, à Paris oii il leva une autre armée de trois cent cinquante mille hommes; mais il se forma alors contre lui une cinquième coalition, con:^oosée de la Eussie, «le la Prusse, de l'Autriche, de la Suède et de l'Angleterre. Sans perdre un moment, il se mit à la tète de t^on armée, défit les puissances alliées aux batailles de

24. Qno fit Napoléon, en 1812? — 25. Que fit-il aprè» la retraite de Rusiie V (^iii gngna iu bataille <le Leipsic ".'

212 HISTOIRE M0DEEN5.

Lutzen etdeEautzcn, les repoussa ensuite de Dresde; mais fut complètement battu à Ixi terrible bataille de Leipsic (1813).

26. Après cet écrasant revers, Xapoléon s'enfuit de nouveau à Paris, et essaya vainement d'exciter le peuple français. Les Alliés, sans perte de temjjs, traversèrent le Eliin. pénétrèrent au cœur de la France, et entrèrent dans la capitale, le 31 mars 1814. Napoléon, voyant sa position déses])érce, abdiqua, et reçut des alliés la possession de l'ile d'Elbe pour y faire sa résidence à l'avenir; il lui fut permis de retenir le titre d'empereur. La dynastie des Eourbons fut alors ré tiiblie; le frère de l'infortuné Louis XVI monta sur le trône sous le titre de Louis XVIII. et le pape, après une captivité de cinq an?, retourna à

Lonie.

27. Tout alors promettait une paix durable ; mais une année ne s'était point écoulée que Xapoléon avait quitté l'île d"Elbe, avec la détermination de reprendre le pouvoir. 11 débarqua dans le sud de la France, le 1er mars 1815; fut reçu de Tarmée avec enthousiasme; reprit le titre d'empereur, et marcha rapidement sur Paris où il entra le 20 Mars. Louis XVIII et sa famille s'étaient enfuis à son approche. Il se vit encore maître de la France pendant cent jours. Toutes les puissances de TEupope, réunies au Congrès de Vienne, le proclamèrent traître et hors la loi, et lui déclarèrent la guerre II ouvrit la campagne en pénétrant en Belgique. Il battit d'abord les Prussiens à Fearus; mais il fut finalement et complètement défait par les Alliés, sous Bltacher et Wellington, à la mémorable bataille de TTaterloo, le 18 iuin 1815. Forcé d'abdiquer pour la deuxième fois, il se rendit de lui-même au gouvernement anglais, qui l'exila à l'île Sainte-Hélène, oii il est mort en chrétien, le 5 mai 1821, dans la 52e année de son âge. Se<

26. Où alla Nipoléon après la bntaille de Leipsic ? Où se retira-* t-il après son abdication ? Qui f \t place sur le troue de FraiiCe "? — 27. Napoléon demeura-t-il longtemps à l'île d'Elbe '' Qui gagna la bataille de Waterloo ? Que devint S'^.Tpoî^on ? •

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restes, i\ipportés en France, en IS-IO, reposent aujourd'hui dans un magnifique tombeau soas le dôme des Invalides.

28. Xapoléon fut, sans contredit, un des hommes les plus remarquables qui aient figuré dans l'histoire du monde. Selevant, par Ténergie de son propre génie, de l'obscurité jusqu'à la position la plus magnifique et la plus paissante qu'on ait pu atteindre dans les temps modernes, il s'est présenté an monde comme guerrier, comme souverain et comme homme d'état, combinaison de grandes et de brillantes qualités qui se voient rarement chez le même individu. Mais il avait de grands défauts. Il gouverna ses États avec le despotisme militaire ; et son ambition insatiable le porta à sacrifier, sans scrupule, les droits et l'indépendance des autres nations, si bien que sa chute fut saluée avec joie par les amis de l'humanité dans le monde entier.

SFXTION V.

Restauration; gouccrncment de Juillet ; seconde Uéj>u-

blique; second Empire et troisième Répiibb'que.

1. Après le second détrônement de Bonaparte, Louis XYIII remonta sur le trône, et la France fut réduite à peu prés aux mêmes limites qu'elle avait avant 1.-* Eévolution. Ce prince donna une charte constitutionnelle, et établit ainsi le gouvei-nement représentatif en France. Louis XYIII mourut sans enfants, H l'âge de soixante-huit ans, en 182-1. Son frère, le comte d'Artois, lui succéda sous le nom de Charles X ; il fut sacré à Ptcims.

2. Depuis 1821, les Grecs cherchaient à se soustraire cà la domination ottomane; en 1827, les flottes

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